samedi 12 juillet 2025

Le jour où Mohammed al-Amîne ash-Shanqîtî, vint en Mauritanie. Par Pr ELY Mustapha.

Un matin d’harmattan sur les dunes, alors que le vent soulevait des tourbillons de sable ocre, un homme descendit de sa monture, enveloppé dans un burnous aussi blanc que son savoir. 
Ce n’était pas un prince, ni un chef de tribu, mais un homme dont la parole valait plus que mille sabres : Shaykh Mohammed al-Amîne ash-Shanqîtî. Son regard, profond comme les puits de Tichitt, semblait lire les douleurs de cette terre qui l’avait vu naître. 
 
En Mauritanie, ce pays aux mille silences et aux sagesses oubliées, il ne venait pas conquérir, mais rappeler. Rappeler les mots d’Allah dans un désert assoiffé de justice, de vérité et d’équité. Et ce jour-là, c’est tout un peuple blessé mais digne, qui , à travers un pauvre citoyen,  l’arrêta pour l'interroger ...

 

Citoyen : Shaykh Mohammed al-Amîne ash-Shanqîtî, notre Mauritanie souffre. La corruption gangrène nos institutions . Des milliards sont détournés dans des projets fantômes, comme les 60 milliards MRO évoqués par l’Inspection Générale de l’État en 2022. Comment expliquer cette dérive ?

 

Mohammed al-Amîne ash-Shanqîtî : Mon frère, Allah dit dans Son Livre : « Ne dévorez pas mutuellement vos biens par des moyens illicites » (Coran 2:188). Ces pratiques violent le pacte social en Islam, où le gouverneur est un berger responsable de son troupeau. Ibn Taymiyya rappelait que « la justice est la base du pouvoir » – or comment établir la justice quand les caisses publiques sont pillées ? Mon ouvrage Adwâ-ul-Bayân souligne que toute richesse mal acquise corrompt l’âme et la société.

 

Citoyen : Les hôpitaux manquent de tout : 2,36 médecins pour 10 000 habitants, des maternités sans matériel, et 5 décès maternels pour 1 000 naissances. L’État n’y consacre que 4,12% de notre produit intérieur brut de la Mauritanie.

 

Mohammed al-Amîne ash-Shanqîtî : Le Prophète (ﷺ) disait : « Celui qui ne se soucie pas des affaires des musulmans n’est pas des leurs » (Al-Tirmidhî). Al-Ghazâlî enseignait que négliger la santé publique équivaut à trahir l’amana (dépôt sacré). Dans Al-Mudhakkirah fî Usool-il-Fiqh, j’écris que préserver la vie (hifz an-nafs) est un des cinq objectifs supérieurs de la Charia. Un budget sanitaire indigent est une rupture du contrat social islamique.

 

Citoyen : L’économie stagne malgré nos richesses. Le chômage des jeunes atteint ds sommets et toute une  population vit dans l’extrême pauvreté.

 

Mohammed al-Amîne ash-Shanqîtî : Ibn Khaldûn analysait déjà au XIVe siècle comment la corruption des élites entraîne le déclin des nations (Muqaddima). Le gaspillage des ressources  contredit le principe coranique de « ne pas jeter par terre ce que vous avez » (17:26.  Sans justice distributive, cette manne financière nourrira seulement l’aristocratie du pouvoir.

 

Citoyen : Familles éclatées, divorces exponentiels, violences policières… La société se délite.

 

Mohammed al-Amîne ash-Shanqîtî : « Et craignez une fitna (discorde) qui n’affligera pas exclusivement les injustes » (Coran 8:25). Quand le gouverneur ment, le peuple perd ses repères. Al-Mâwardî insistait sur l’exemplarité des juges – or comment attendre l’intégrité des citoyens quand les magistrats sont corruptibles ? Mon livre  Mandhoûmah fîl-Farâ’id rappelle que la famille est le pilier de l’Umma ; sa destruction annonce un effondrement civilisationnel.

 

Citoyen : Que proposeriez-vous, Shaykh ?

 

Mohammed al-Amîne ash-Shanqîtî : Un retour aux sources : la transparence totale des finances publiques, comme le voulait ‘Umar ibn al-Khattâb avec son registre (Dîwân), la formation éthique des juges et fonctionnaires, selon les règles de Adab Al-Bah-th wal-Munâdhara, la redistribution équitable des richesses minières et gazières, appliquant le verset « afin que cela ne circule pas parmi les seuls riches d’entre vous » (59:7) et enfin, la réforme éducative intégrant le Tawhîd et la morale prophétique pour reconstruire les consciences.

La solution est dans le Coran : « Allah ne modifie l’état d’un peuple que s’il modifie ce qui est en lui-même » (13:11).

Citoyen : L’insécurité grandit avec un taux de criminalité en hausse. Les gangs contrôlent des quartiers entiers de Nouakchott. L’Islam peut-il proposer une solution ?

 

Mohammed al-Amîne ash-Shanqîtî : Le Messager d’Allah (ﷺ) a dit : « Celui qui parmi vous voit un mal, qu’il le change par sa main ; s’il ne peut pas, par sa langue ; s’il ne peut pas, par son cœur » (Muslim). Al-Mâwardî, dans Al-Ahkâm as-Sultâniyya, explique que la sécurité est un droit fondamental garanti par le gouvernant. La prolifération du crime reflète l’abandon du principe coranique de « entraide dans la vertu et la piété » (5:2). Dans Adwâ-ul-Bayân, j’ai souligné que l’impunité corrode l’ordre social – restaurer la justice préventive (hisba) est une obligation collective.

 

Citoyen : L’environnement se dégrade : les trois-quarts des terres sont touchés par la désertification, et la pêche illégale épuise nos côtes. Que dit la Charia sur ce pillage ?

 

Mohammed al-Amîne ash-Shanqîtî : Allah dit : « Ne semez pas la corruption sur la terre après qu’elle ait été réformée » (Coran 7:56). Ibn Khaldûn notait dans Al-Muqaddima que la destruction des ressources annonce la chute des civilisations. Le Prophète (ﷺ) a institué des réserves naturelles (himâ) – aujourd’hui, la Mauritanie viole cette sunnah en permettant le pillage des zones côtières. Mon traité Al-Mîthâq al-Bî’î rappelle que préserver l’environnement est une forme d’adoration (ibâda).

 

Citoyen : L’éducation islamique est marginalisée : des écoles coraniques (mahadra) ont fermé en dix ans. Comment inverser cette tendance ?

 

Mohammed al-Amîne ash-Shanqîtî : « Allah élèvera en degrés ceux d’entre vous qui ont cru et ceux qui ont reçu le savoir » (Coran 58:11). Al-Shatibî, dans Al-Muwâfaqât, lie la survie de la umma à la transmission du savoir sacré. La fermeture des mahadras trahit l’héritage de nos ancêtres, comme l’imam al-Hadramî qui fit de Chinguetti un phare du savoir. Dans Mandhoûmah fîl-Farâ’id, j’appelle à un pacte national pour revitaliser l’enseignement religieux, pilier de notre identité.

 

Citoyen : La jeunesse perd espoir – 55% des 18-25 ans souhaitent émigrer. Quel message leur adresser ?

 

Mohammed al-Amîne ash-Shanqîtî : « Ne désespérez pas de la miséricorde d’Allah » (Coran 39:53). Hassan al-Banna disait : « L’espoir est un devoir islamique ». À cette jeunesse, je rappelle l’exemple de ‘Umar al-Mukhtâr combattant le colonialisme avec patience (sabr) et ténacité. La reconstruction passe par la jeunesse – dans Adab Al-Bah-th wal-Munâdhara, je propose un programme d’autonomisation fondé sur le triptyque foi-savoir-action.

 

Citoyen : Shaykh : comment croire en un avenir meilleur ?

 

Mohammed al-Amîne ash-Shanqîtî : Le Coran nous enseigne : « Certes, avec le temps, avec la difficulté vient la facilité » (94:5). L’histoire islamique regorge de renaissance après le déclin – Bagdad renaissant sous al-Ma’mûn, Al-Andalus brillant par sa science. Notre devoir est d’agir, car Ibn ‘Âshir écrivait : « Le changement commence par la purification des cœurs avant celle des institutions ».

 

Citoyen : Les inégalités régionales s'aggravent : le taux de pauvreté atteint 57% au Guidimakha contre 16% à Nouakchott. L’Islam offre-t-il un modèle de justice territoriale ?

Mohammed al-Amîne ash-Shanqîtî : « Ô croyants ! Soyez stricts dans l’établissement de la justice » (Coran 4:135). ‘Umar ibn ‘Abd al-‘Azîz, le cinquième calife bien-guidé, instaura un système de redistribution équitable entre les provinces. Dans Adwâ-ul-Bayân, j’explique que le principe coranique de « répartition des avantages » (59:7) s’oppose aux disparités géographiques. Ibn Hazm, dans Al-Muhallâ, rappelle que le Trésor public (Bayt al-Mâl) doit prioriser les zones déshéritées – une règle trahie par l’actuel favoritisme urbain.

 

Citoyen : La dette publique excessive , à cause de nos dirigeant dépasse tout ce que nous produisons,  et nous asservit. Les prêts étrangers dominent notre économie.

 

Mohammed al-Amîne ash-Shanqîtî : Le Prophète (ﷺ) interdisait l’endettement excessif : « L’emprunteur est prisonnier jusqu’à son remboursement » (Bukhârî). L’imam Abû Yûsuf, dans Kitâb al-Kharâj, condamnait les dettes compromettant la souveraineté nationale. Le FMI exige aujourd’hui la privatisation des mines de fer – une violation du hadith : « Les gens sont partenaires dans trois choses : l’eau, les pâturages et le feu » (Abû Dâwûd).

 

Citoyen : La presse indépendante est muselée : 23 journalistes emprisonnés en 2024. Que dit la Charia sur la liberté d’expression ?

 

Mohammed al-Amîne ash-Shanqîtî : « Celui qui garde le silence face à la vérité est un démon muet » (Al-Tirmidhî). Al-Juwaynî, dans Ghiyâth al-Umam, justifiait la critique constructive des gouvernants. Mon traité Adab Al-Bah-th wal-Munâdhara défend le débat public comme outil de réforme (islâh), à condition de respecter les limites de la révélation.

 

Citoyen : Shaykh : comment résister au désespoir face à cette accumulation de maux ?

 

Mohammed al-Amîne ash-Shanqîtî : « Par le temps ! L’homme est certes en perdition, sauf ceux qui croient, accomplissent de bonnes œuvres [...] » (Coran 103:1-3). L’histoire nous enseigne que les ténèbres précèdent l’aube – rappelez-vous la Nahda (renaissance) égyptienne après l’occupation française. Dans Adwâ-ul-Bayân, je cite l’exemple de Nûr al-Dîn Zankî redressant Alep, en Syrie, en une génération.

La clé ? Un peuple qui unit foi, savoir et action juste.

 

Citoyen : notre capital humain est en dégradation ainsi nos enfants n’atteindront que 38% de leur productivité potentielle . Les écoles manquent de moyens, et 25% des enfants souffrent de retard de croissance. Comment l’Islam conçoit-il l’investissement dans le capital humain ?

Mohammed al-Amîne ash-Shanqîtî : « Lisez au nom de votre Seigneur qui a créé » (Coran 96:1).

Al-Zarnûjî, dans Ta‘lîm al-Muta‘allim, affirmait que l’éducation est le fondement de la umma. Cette faiblesse du capital humain en savoir  montre la négligence du hadith : « Chercher la science est une obligation pour tout musulman » (Ibn Mâjah). Dans Adwâ-ul-Bayân, je montre que le retard de croissance physique et intellectuelle viole le droit islamique à une enfance protégée (hifz an-nasl).

 

Citoyen : Le secteur agricole, vital pour de la population, stagne avec une productivité en baisse . Les terres s’appauvrissent...

 

Mohammed al-Amîne ash-Shanqîtî : Le Prophète (PSL) enseignait : « Celui qui cultive une terre morte en devient le propriétaire » (Bukhârî). Ibn ‘Âshir, dans Al-Murshid al-Mu‘în, liait la prospérité agricole à l’équité fiscale (zakât). L’abandon des oasis , où la baisse du  rendement céréalier, contredit le principe malikite de mise en valeur des terres (ihyâ al-mawât).

 

Citoyen : La majorité  des ruraux n’ont pas d’électricité, et les populations manquent d’eau potable. L’État peut-il ignorer ces zones ?

 

Mohammed al-Amîne ash-Shanqîtî : « Et Nous avons fait de l’eau toute chose vivante » (Coran 21:30). Al-Shatibî, dans Al-Muwâfaqât, jugeait l’accès à l’eau droit inaliénable (darûriyyât). Ce sont là des besoins de base de vie . Ainsi craignat la soif des populations le alife ‘Umar ibn al-Khattâb creusait des puits publics

 De  tels actes des autorités,  rompent le pacte de Médine garantissant les besoins de base à ceux dont gère les intérêts .

 

Citoyen : Les  populations pauvres ne   bénéficient pas d’aides sociales, malgré nos richesses et les prêts contractés à tour de bras par nos gouvernants. Où va l’argent ?

Mohammed al-Amîne ash-Shanqîtî : « Malheur aux fraudeurs [...] qui refusent aux gens leurs droits » (Coran 83:1-3). Ibn Taymiyya dénonçait déjà le détournement des aumônes légales (zakât). Si 53% des nécessiteux ne sont pas couverts, c’est que le système trahit la Charia qui exige un recensement précis (hisba) des ayants droit.

 

Citoyen : La Banque Mondiale évoque une « transformation structurelle bloquée ». Quelle issue islamique ?

 

Mohammed al-Amîne ash-Shanqîtî : « Ô croyants ! Craignez Allah et renoncez aux intérêts restants si vous êtes croyants » (Coran 2:278). Ibn Khaldûn prescrivait de briser les monopoles – je vois que le secteur minier mauritanien, contrôlé à 70% par des capitaux étrangers, génère des rentes anti-islamiques. La solution ? Appliquer le modèle de la sûq al-Islam (marché régulé) où production et redistribution équilibrent intérêt général (maslaha) et propriété privée.

 

Citoyen : Le taux d’alphabétisation stagne à 53%, et 38% des écoles n’ont pas d’eau potable. Comment l’Islam envisage-t-il l’éducation comme pilier du développement ?

 

Mohammed al-Amîne ash-Shanqîtî : « Allah élèvera en degrés ceux d’entre vous qui ont cru et ceux qui ont reçu le savoir » (Coran 58:11). Al-Zarnûjî, dans Ta‘lîm al-Muta‘allim, soulignait que l’éducation est la colonne vertébrale de la umma. Ce taux d’alphabétisation faible  trahit le hadith : « Chercher la science est une obligation pour tout musulman » (Ibn Mâjah). Dans Adwâ-ul-Bayân, j’explique que négliger l’accès à l’eau dans les écoles viole le principe malikite de préservation de la dignité humaine (karâma).

 

Citoyen : Le secteur informel envahit l’économie, avec des travailleurs sans protection sociale. Quelle solution islamique ?

 

Mohammed al-Amîne ash-Shanqîtî : Le Prophète (ﷺ) disait : « Donnez au travailleur son dû avant que sa sueur ne sèche » (Ibn Mâjah). Ibn Qayyim al-Jawziyya, dans I‘lâm al-Muwaqqi‘în, insistait sur la justice salariale. L’informalité massive – sans contrat – contredit le concept de ‘aqd al-ijâra (contrat de travail) en droit hanbalite.

 

Citoyen : Les routes rurales sont impraticables en saison des pluies, isolant nos  villages.

 

Mohammed al-Amîne ash-Shanqîtî : « Préparez contre eux toute la force que vous pouvez » (Coran 8:60). Al-Mâwardî, dans Al-Ahkâm as-Sultâniyya, faisait des infrastructures un devoir de l’État. L’isolement des villages  et les récoltes qui pourrissent faute de transport, viole le principe omeyyade d’aménagement du territoire (‘imârat al-arḍ).

 

Citoyen : La dette publique pesant sur  le  budget de l’État, limite l’investissement productif….

 

Mohammed al-Amîne ash-Shanqîtî : « Allah anéantit l’intérêt et fait fructifier l’aumône » (Coran 2:276). L’imam Abû Hanîfa interdisait les prêts étrangers compromettant l’indépendance. Avec sa forte  dette, la Mauritanie risque le sort décrit par Ibn Khaldûn : « Les nations s’effondrent quand leurs dépenses dévorent leurs revenus » (Muqaddima).

 

Citoyen : Shaykh. Vos paroles sont une lumière dans nos ténèbres.

 

Mohammed al-Amîne ash-Shanqîtî : « Allah ne retire pas un bienfait à Ses serviteurs tant qu’ils ne changent pas ce qui est en eux-mêmes » (Coran 8:53). La réforme commence par nos cœurs – ensuite, les institutions suivront. Qu’Allah fasse de la Mauritanie un phare de justice, comme jadis Chinguetti fut un phare du savoir.

 

 Lorsque le vénérable Shaykh se tut, le vent du désert sembla se calmer, comme s’il portait ses mots vers chaque recoin de la Mauritanie. Les dunes, témoins silencieuses, reprenaient leur veille, mais les cœurs, eux, étaient désormais éveillés. Dans les ruelles de Nouakchott comme dans les tentes des pasteurs du Hodh, résonnait un même appel : celui de la réforme intérieure, de l’éveil des consciences et du retour aux sources. Ainsi, tel un phare dans l'obscurité, la pensée de Shaykh Mohammed al-Amîne ash-Shanqîtî éclaire encore aujourd’hui les chemins sinueux d’un peuple en quête de sa lumière perdue. Car parfois, il suffit d’une voix ancrée dans le Livre saint pour réveiller une nation.

Pr  ELY Mustapha


Discours de Ghazouani à la Maison blanche: Orthographe et grammaire à la baïonnette. Par Pr ELY Mustapha



Au niveau de l'orthographe

Dans l’ensemble, le discours ne présente pas de fautes d’orthographe majeures dans les mots employés. Cependant, il est important de noter que ce type de discours oral n’est pas rédigé, et certaines formulations semblent issues d’une transcription directe de l’oral, ce qui peut expliquer l’absence de certaines marques écrites (accents, majuscules, ponctuation fine, etc.).

Exemples :

  • « Merci pour m'avoir donné la parole, monsieur le président. » (orthographe correcte)

  • « Je suis Ghazouani, le président de la République, donc je vous remercie monsieur le président… » (orthographe correcte)

Au niveaude la  Grammaire

Le discours présente plusieurs maladresses grammaticales, principalement dues à l’oralité, à l’hésitation et à la construction parfois inachevée des phrases. Voici les principaux points à relever :

- Phrases incomplètes ou mal construites

De nombreuses phrases sont inachevées ou comportent des ruptures syntaxiques :

  • « Un message très fort de... nous recevons bien le message que nous recevons, c'est l'intérêt que vous portez et que vous portez aussi à travers à l'Afrique en tout cela. »

    • Ici, la répétition (« le message que nous recevons ») et la structure confuse rendent la phrase difficile à comprendre.

  • « Vous êtes, au cours de cette petite période qui ne dépasse pas quelques mois, venu au secours de la paix. Vous l'avez fait en Asie quand avait commencé, et si elle avait continué, on peut imaginer vraiment les conséquences de ce désastre que cela aurait entraîné. »

    • La phrase « Vous l'avez fait en Asie quand avait commencé… » manque de clarté : il manque un sujet (« quand la crise avait commencé » ?).

- Accords et conjugaisons

Quelques accords et conjugaisons sont hésitants ou incorrects, souvent à cause de l’oralité :

  • « Vous êtes en train de travailler avec beaucoup d'enthousiasme, beaucoup d'intérêt et de force sur le Moyen-Orient. Là, il est vieux depuis des années, c'est un conflit qui est vieux d'à peu près 80 ans, 70 ans, mais c'est aussi une guerre, et puis maintenant une année, elle est à côté là, vous l'avez dit vous-même. »

    • L’enchaînement des temps et des sujets est confus, ce qui nuit à la compréhension grammaticale.

  • « Le président de la Mauritanie est un petit pays, un petit pays selon certains critères. »

    • Il s’agit d’une erreur de construction : « La Mauritanie est un petit pays… », ou « Je suis le président d’un petit pays… »

- Usage des pronoms et des articles

  • L’utilisation des pronoms est parfois maladroite ou imprécise (« Elle est aussi un petit pays… » au lieu de « La Mauritanie est aussi… »).

  • Quelques articles sont omis ou employés de manière incorrecte, ce qui est typique d’un discours improvisé.

-  Ponctuation et intonation

  • La ponctuation n’est pas marquée à l’oral, mais on note des phrases très longues, entrecoupées de pauses (« euh »), qui rendent le propos difficile à suivre et nuisent à la clarté syntaxique.

-  Répétitions et tics de langage

  • Les répétitions (« nous recevons bien le message que nous recevons ») et les tics de langage (« euh ») sont très présents, ce qui alourdit le discours et nuit à la fluidité.


Sur le plan orthographique, le discours ne présente pas de fautes majeures, mais il souffre de nombreux défauts grammaticaux liés à l’oralité : phrases incomplètes, accords incertains, ruptures syntaxiques, usage imprécis des pronoms et articles, nombreuses répétitions et tics de langage. 

Ces maladresses grammaticales traduisent un manque de préparation ou de maîtrise de la prise de parole en public, et affaiblissent la portée et la clarté du message. Pour un discours diplomatique, une plus grande rigueur grammaticale et une meilleure structuration des phrases auraient été souhaitables.

Pr ELY Mustapha



Ghazouani face à Trump: Diploma...tics . Par Pr ELY Mustapha.

Le discours

Le discours du président mauritanien lors de cette rencontre internationale souffre de plusieurs faiblesses notables qui en réduisent fortement l’impact. Tout d’abord, son propos manque cruellement de structure et de clarté. Les idées sont présentées de manière décousue, avec de nombreuses digressions et répétitions qui brouillent le message principal. Cette confusion nuit à la compréhension de son intervention et donne l’impression d’un manque de préparation ou d’assurance. De plus, le président se contente d’énumérer les ressources et les atouts de la Mauritanie sans jamais formuler de demande concrète ni proposer de partenariat précis. Ce défaut de ciblage prive son allocution de toute portée diplomatique ou économique réelle, alors qu’une intervention concise et orientée vers un objectif clair aurait pu susciter l’intérêt de ses interlocuteurs.

L’expression

L’expression orale du président est également problématique. L’abondance de tics de langage, d’hésitations et de phrases inachevées affaiblit la crédibilité de son discours. Dans un contexte international où la maîtrise de la parole est essentielle pour se faire entendre et respecter, ces maladresses sont particulièrement préjudiciables. Par ailleurs, le ton employé, excessivement laudatif à l’égard de Donald Trump, manque de mesure et de discernement. Les compliments adressés au président américain sont vagues, parfois disproportionnés, et semblent relever davantage de la flatterie que d’une véritable reconnaissance. Cette attitude peut être perçue comme un manque de sincérité et de dignité, ce qui n’est jamais souhaitable pour un chef d’État.

L’attitude 


En parallèle, l’attitude de Donald Trump à l’égard du président mauritanien est tout aussi critiquable. Son interruption abrupte et son invitation à « aller plus vite » traduisent une impatience manifeste et un manque de respect pour son interlocuteur. Ce comportement est indigne du protocole diplomatique qui exige, même dans un contexte de temps limité, d’écouter chaque chef d’État avec attention et courtoisie. Les gestes et le ton de Trump relèvent d’une forme de condescendance qui peut être vécue comme humiliante, non seulement pour le président mauritanien, mais aussi pour l’ensemble des représentants africains présents. Ce manque de professionnalisme et de retenue nuit à l’image des États-Unis sur la scène internationale et risque d’alimenter des ressentiments, voire de renforcer le sentiment d’inégalité dans les relations entre grandes puissances et pays africains.

En somme, cette rencontre d'anthropologie, llustre une double faiblesse : d’un côté, un message mauritanien mal préparé et peu percutant ; de l’autre, une attitude américaine expéditive et peu courtoise. Ce type d’échange, loin de favoriser le dialogue et la coopération, met en lumière les déséquilibres persistants dans la diplomatie internationale et souligne l’importance d’un respect mutuel et d’une communication efficace pour faire avancer les dossiers communs.


Pr ELY Mustapha

vendredi 11 juillet 2025

Humiliating? Inspiring? The Mauritanian president’s speech at the White house. By Prof. ELY Mustapha

 


Humiliating? Inspiring?
The #Mauritanian #president’s speech was certainly inspiring—if a bit optimistic— but the facts on the ground tell a more complicated story.


 

 

The Video on YouTube: 

Prof. ELY Mustapha



samedi 31 mai 2025

Le Tah de Lam: un état de l'âme d'une Nation. Par Pr ELY Mustapha


 « Nous sommes tous les bâtisseurs d’un même rêve. »

Il est des images qui traversent le temps et qui, en un simple geste, renversent les murs de la méfiance et de la division. Celle d’Aïssata Lam, jeune femme négro-mauritanienne rayonnante, haut responsable de l'Etat, donnant une accolade chaleureuse à son compatriote maure, Sidi ould Tah, tout juste élu à la présidence de la Banque Africaine de Développement (BAD), fait partie de ces moments rares et précieux qui réconcilient  l'espoir et l' idéal.

L’Instant où la Mauritanie s’est Reconnue

Dans cette accolade, il y a tout : la fierté d’un peuple, la reconnaissance du mérite, la joie partagée, la promesse d’un avenir commun. Aïssata Lam, par son geste, a transcendé les clivages hérités de l’histoire, rappelant que la Mauritanie, riche de sa diversité, ne saurait s’accomplir que dans l’union de ses enfants. 

Sidi ould Tah, par son parcours exemplaire, prouve que l’excellence n’a ni couleur, ni tribu, ni frontière,  Aïssata Lam se souvenant, probablement,  avec émotion que son père fut aussi un fonctionnaire respecté à la BAD. Un sentiment de continuité et de réussite partagée, renforçant son espoir pour l’avenir de la Mauritanie.

Ce geste n’est pas anodin. Il est un appel vibrant à la fraternité, à l’unité, à la reconnaissance de l’autre dans sa différence et sa complémentarité. Il dit à chaque Mauritanien, qu’il soit maure, peul, soninké, wolof ou harratin : « Nous sommes tous les bâtisseurs d’un même rêve. » Il rappelle que la grandeur d’un pays ne se mesure pas à la pureté illusoire d’une identité, mais à la capacité de ses enfants à s’aimer, à se soutenir, à s’élever ensemble.


Certains, sur les réseaux sociaux,  ont voulu voir dans cette image autre chose qu’un moment de fraternité : les opportunistes y ont cherché des calculs politiques, les racistes ont tenté d’y lire une trahison, les bigots et les religieux extrémistes y ont projeté leurs propres peurs. À tous ceux-là, il faut répondre avec force : la haine, le soupçon, la division ne mènent qu’à l’appauvrissement moral et à la ruine du vivre-ensemble.

Ceux qui refusent de voir la beauté de ce geste ne font que révéler leur propre enfermement. Ils oublient que la Mauritanie n’a jamais grandi dans l’exclusion, mais dans l’ouverture, dans la solidarité, dans la reconnaissance mutuelle. Ils oublient que chaque victoire, chaque réussite, chaque moment de joie partagé est une pierre posée sur le chemin de la réconciliation nationale et la grandeur d'une Nation.

Un Avenir Commun à Bâtir

L’image d’Aïssata et de Sidi est une invitation à dépasser les préjugés, à rejeter les discours de haine, à construire une Mauritanie où chaque citoyen, quelle que soit son origine, a sa place, son rôle, sa dignité. Elle est la preuve éclatante que l’unité n’est pas un rêve lointain, mais une réalité à portée de main, pour peu que chacun accepte d’ouvrir son cœur.

 

La Mauritanie ne se construira pas sur la division. Les discours de haine, de suspicion, de rejet qui  ne pourront  jamais bâtir une nations forte. Ils n’engendrent que souffrances, frustrations et stagnation. Ceux qui s’opposent à la fraternité ne font que retarder l’inévitable marche de l’histoire, car la jeunesse mauritanienne, elle, a déjà choisi l’espérance. Le vouloir quotidien de notre vivre-ensemble. Elle sera celle qui aura compris que l’émotion partagée est le plus puissant des ciments, et que la fraternité est la seule voie vers la grandeur.

Un image qui renvoie  une Mauritanie, où ceux qui sont partis de gré ou de force reviendront, où  les martyrs verront, dans la justice, leur mémoire honorée, où les écoles enseignent l’histoire commune de tous ses enfants, où les places publiques résonnent de toutes les langues du pays, où l’on célèbre ensemble les fêtes communes. Un pays où le mérite, le talent, la solidarité sont les seules clés du succès. Un pays où l’on ne demande plus « d’où viens-tu ? » mais « où allons-nous ensemble ? »

Cette belle image de fraternité est une accolade qui doit rester ouverte pour nous tous mauritaniens, que nous devrions renouveler entre nous, à chacune de nos réussites et à chacun de nos espoirs exaucés.

Une accolade toujours ouverte sur notre fraternité pour que se ferment à jamais les parenthèses sur ce qui nous divise.

Pr ELY Mustapha

 

mardi 20 mai 2025

Pourquoi veulent-ils tous devenir Présidents de la BAD ? (Une enquête exclusivement désintéressée - et un manuel pour les perdants) .Par Pr ELY Mustapha

« L’humour est, dit-on, la politesse du désespoir » …ou une forme avancée d'une dépression ...à venir . LOL. Au choix.

 

Alors que la course à la présidence de la Banque Africaine de Développement (BAD) ressemble de plus en plus à un concours de promesses en prime time, cinq candidats se battent pour un fauteuil magique censé résoudre tous les maux de l’Afrique. Entre projets pharaoniques, diplomatie de canapé et ambitions personnelles masquées en altruisme continental, décryptage d’une comédie politique où chaque acteur joue « le sauveur qui n’existait pas ».

« Moi président, je ferai de l’Afrique un Disneyland du développement »

Amadou Hott (Sénégal) promet monts et merveilles : éradiquer la faim avec des drones agricoles, électrifier le continent grâce à des hamsters énergétiques, et résoudre le chômage des jeunes en les transformant en influenceurs TikTok. Son programme ? Un cocktail de mots-clés : « digitalisation, PPP, ZLECAf ». Peu importe si 40% de l’Afrique n’a pas l’électricité : il compte lancer une appli pour ça. « Le futur est dans le cloud ! », clame-t-il, sous les applaudissements de pays crédules qui oublient que le cloud a besoin… de serveurs. Et donc d’électricité.

Sidi Ould Tah (Mauritanie), lui, mise sur la magie des « infrastructures résilientes ». Après avoir triplé le capital de la Banque Arabe (BADEA) – un exploit aussi utile qu’un parapluie en plein désert –, il veut désormais séduire l’Afrique avec des routes intelligentes… qui évitent les nids-de-poule grâce à l’IA. Son atout maître ? Avoir convaincu le Congo-Brazzaville que construire un stade à Oyo était une priorité continentale.

La BAD, ce club VIP où l’on entre par coup de pouce.

Derrière les discours enflammés sur « l’autonomie financière » ou « l’intégration régionale », se cachent des calculs géopolitiques plus retors qu’un épisode de House of Cards :

·         Samuel Maimbo (Zambie), ex-banquier mondialiste, mise sur le soutien des États-Unis. Son argument choc : « J’ai réduit les délais de projets à la Banque mondiale… de trois semaines ! ». Un héros.

·         Abbas Mahamat Tolli (Tchad) joue la carte « sobriété réaliste ». Traduction : « On va arrêter de financer les éléphants blancs… sauf si c’est moi qui les propose ».

·         Bajabulile Swazi Tshabalala (Afrique du Sud), seule femme en lice, brandit l’étendard de la parité. Son slogan : « La BAD sera verte, rose et notée AAA… comme mes chaussures ! »

Les parrains : pétrodollars vs cacahuètes

Chaque candidat a son sugar daddy :

·         Sidi Ould Tah carbure aux petrodollars du Golfe. Après un dîner avec l’Arabie saoudite, il a promis de « verdir les déserts… avec des pipelines ». Le roi Salmane aurait murmuré : « On paie, mais on veut des selfies avec les girafes ».

·         Amadou Hott, lui, mise sur la France. Macron lui aurait glissé : « Si tu nommes un Français directeur, on oublie la dette du Sénégal… et on te prête un consultant McKinsey ! ».

Et le Nigeria dans tout ça ?

Le géant africain, premier actionnaire de la BAD, observe la mêlée en ricanant. « Laissez-les se battre, de toute façon, c’est nous qui décidons », glisse un ministre nigérian, avant d’ajouter : « Et si ça foire, on créera notre propre banque… avec des jeux de cartes et des jetons ! ».

Épilogue : Et si la BAD n’était qu’un prétexte ?

Au final, cette élection ressemble à une partie de Monopoly où chaque joueur mise sur l’avenir de l’Afrique… avec l’argent des autres. Les candidats promettent des miracles, les États actionnaires rêvent de contrats juteux, et les populations, elles, attendent toujours l’électricité.

Mais ne soyons pas cyniques : après tout, comme le disait un sage (anonyme, pour éviter les représailles), « la BAD, c’est comme le café instantané… ça donne l’illusion d’être réveillé ».

(Article rédigé avec l’aide précieuse de 54 États membres et 27 pays non régionaux… qui n’ont strictement rien lu.)

 

Maintenant sachant que le siège convoité ne peut accueillir qu’une seule personne, voici un Manuel du candidat perdant à la présidence de la BAD…

Manuel du candidat perdant à la présidence de la BAD
(Édition revue et désespérée)

Vous rêvez de briguer la présidence de la Banque Africaine de Développement (BAD) sans avoir le moindre soutien politique, financier ou même familial ? Félicitations ! Voici le guide survivaliste pour survivre à une campagne « aussi utile qu’un ventilateur en Antarctique ».


Règle n°1 : Promettez l’impossible… mais en anglais

·         Exemple pratique : « Je vais éradiquer la pauvreté en recyclant les tweets de Elon Musk en monnaie locale ». Peu importe si 60% de l’Afrique rurale n’a pas internet : l’important est d’utiliser des mots comme « blockchain », « disruption » ou « écosystème ».

·         Astuce historique : En 2005, Donald Kaberuka a remporté l’élection après 7 tours en promettant… attendez, personne ne s’en souvient.

Règle n°2 : Trouvez un parrain étranger… même s’il vous méprise

·         Option Gulf : Comme Sidi Ould Tah, liez-vous à un État du Golfe. Votre slogan : « Des pipelines pour la paix ! » Bonus : offrez un chameau doré aux électeurs… virtuel.

·         Option ex-coloniale : La France adore financer des candidats francophones. En échange, acceptez de rebaptiser le siège de la BAD « Rue du Général de Gaulle ».

Règle n°3 : Ignorez les besoins réels… misez sur le folklore

·         Stratégie gagnante : Proposez un stade flottant sur le lac Tchad (même asséché) ou une usine de drones dans le Sahel (alimentée à l’énergie solaire… la nuit). Les États voteront pour vous, ravis de dépenser l’argent de la BAD.

·         Avertissement : Si on vous demande des détails, répondez : « C’est dans le pipeline » 

 

Règle n°4 : Jouez la comédie de l’unité africaine… en divisant

·         Scénario testé : En 2005, le Rwanda et le Nigeria se sont déchirés pendant 2 mois. Kaberuka a gagné en promettant aux francophones de parler anglais… et aux anglophones de parler français.

·         Technique 2025 : Dénoncez « l’impérialisme anglophone » à Libreville, puis vantez « le pragmatisme anglophone » à Lagos. Personne ne vérifiera.

Règle n°5 : Préparez votre reconversion… avant même de perdre

·         Plan B : Comme Olabisi Ogunjobi (battu en 2005), préparez votre autobiographie : « J’ai failli sauver l’Afrique… et autres blagues ».

·         Plan C : Recyclage express en consultant international. Votre expertise ? « Échec certifié par la BAD ».


Épilogue : Le seul vrai conseil


La présidence de la BAD est une loterie où les gagnants sont ceux qui savent perdre avec élégance. Comme le disait un ancien candidat anonyme : « Si vous n’avez pas de programme, inventez-en un… puis attendez que les électeurs oublient ».

(Manuel rédigé avec l’aide de 7 tours de scrutin, 14 éliminatoires et 3 crises existentielles… facturés à la BAD).

Pr ELY Mustapha

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Poésie de la douleur.