dimanche 26 février 2012

Lettre des ministres de l’UPR à AZIZ

 

Aziz, ayant adopté depuis longtemps l’insulte comme méthode de gestion publique, ses ministres lui ont adressé une lettre pathétique.

soumission1Monsieur le Président, général, excellence,

Nous avons eu l’insigne honneur d’être vos insultés dévoués. Merci de nous avoir insulté, de nous avoir roulés dans la poussière et de nous avoir dit nos quatre vérités, en nous avilissant, en nous réduisant à des moins que rien et surtout d’avoir empêché le conseil des ministres de se tenir, en le raccourcissant grâce à votre généreuse colère et votre savoir faire de jeter dehors vos ministres pour leur permettre de prendre l’air.

Monsieur le Président, général, excellence,

Nous aimons mordre la poussière, parce qu’en  soutenant votre présidence, votre généralité et votre excellence, nous avons fait vœu de chasteté à l’égard de tout ce qui est bon pour la Mauritanie, et avons dédié nos âmes serviles à vous,  Ô source de tous le putschs, passés, présents et à venir! Avant vous monsieur le président, nous n’étions rien, avec vous nous sommes encore moins que rien , après vous nous serons encore les moins que rien d’un autre que nous rallierons. Alors faites-nous le privilège de continuer à nous insulter, cela nous rassure dans notre existence.

Monsieur le Président, général, excellence,

Si chaque jour et périodiquement à l’occasion du forum d’insultes généralisées qu’est le conseil des ministres, vous nous rendez le privilège de copieusement nous insulter, nous avons l’insigne honneur de vous informer que nous avons suivi votre honorable enseignement  au Parlement puisque nous aussi nous insultons copieusement les députés et les sénateurs. Vos insultes nous vont droit au cœur en court-circuitant notre dignité, et nous forment chaque jour à notre haute mission de vomis de l’Etat .

Monsieur le Président, général, excellence,

Au cours de nos exercices d’insultes, que vous présidez chaque mercredi, nous aimerions que vos insultes soient uniquement en langue arabe. Notre langue officielle. En effet, vos insultes sont parfois en français et, quand vous devenez rouge, vous nous insultez  en Ouolof. On sait Monsieur le Président, général, excellence, que vous êtes originaire de Louga, mais nous ne comprenons pas vos insultes en Ouolof, ce qui nous empêche de bien les apprécier à leur juste valeur avilissante. Aussi il serait  bien qu’un de vos compatriotes Ouolof sénégalais (puisqu’il n’ y a pas de Ouolofs en Mauritanie ) soit attaché au conseil des ministres pour traduction.

Monsieur le Président, général, excellence,

Vu cette belle tradition que vous avez instituée de l’insulte au service de la gestion publique, il serait important pour la République  de créer un ministère chargé de l’Insulte officielle. Ministère qui aura pour mission de collecter et d’éditer vos honorables insultes en recueils, pour pérenniser notre avilissement au service de l’Etat et montrer aux générations futures à quel niveau, bien bas, nous sommes tombés.

Monsieur le Président, général, excellence,

Quand vous avez fait votre putsch, l’UPR n’existait pas. Quand vous vous êtres autolégalisé en Président, l’UPR n’existait pas.Quand vous êtes devenu Président, nous nous sommes crées pour vous. Nous nous sommes crées de rien. Rien que pour vous. Vous ne nous devez ni votre putsch, ni votre élection, nous n’avons été ni les initiateurs de votre campagne, nous n’avons aucune idéologie, nous n’avons de membres que ceux qui vous ont suivi, ni de programme  que de vous servir au mieux de nos intérêts inavoués. Alors Monsieur le Président, général, excellence, continuez à nous insulter, nous le méritons. Vos insultes nous vont droit au cœur puisque notre dignité a depuis longtemps déserté notre corps et notre esprit.

Signé

Vos dévoués insultés, vos ministres,

membres d’un parti, parti de rien,

servant un insultant putschiste autolégalisé.

samedi 25 février 2012

Jésus blanc, Diable noir.

Voilà pourquoi il ne faut pas représenter les prophètes.

imageLes voyages dit-on “forment la Jeunesse”. On devrait ajouter aussi: “grandissent l’âme de la vieillesse”.

Lors de mes pérégrinations en Afrique Subsaharienne, que j’ai commencées il y a déjà bien des années, j’ai toujours admiré l’attachement des peuples noirs à leurs traditions et à leurs coutumes. Certaines coutumes me semblant curieuses finissaient par s’expliquer lorsque je m’immergeai dans l’environnement socioculturel.

Dans les cultures africaines la représentation des divinités (images, statue etc.) prenait une grande place . Beaucoup de ces représentations, telles les statuettes (déesse de la fécondité, de l’eau , de la vie etc.), que l’on retrouve dans les foyers continuaient à coexister avec des images et icônes de prophètes et saints de la religion monothéiste que ces foyers avaient embrassée. Situation que l’on retrouvait dans certains foyers chrétiens.Aussi, au sein de ceux auprès desquels je fus admis ( notre hospitalité africaine étant légendaire),je ne m’étais pas privé de poser des questions pour mieux comprendre, cet amalgame de croyances. A ma grande surprise, il y avait une affection pour ces statuettes de divinités qui coexistaient avec leur croyance monothéiste. En fait, la perception culturelle du monde dans le monde africain a effectivement été influencée par cette présence de la représentation physique de la divinité à travers une statue, un masque ou tout autre moyen visuel de perception de la force ou du pouvoir vénéré. Lorsque les missionnaires débarquèrent en Afrique il apportèrent avec leur message chrétien des images et des icônes qui représentaient , les saints et les saintes du christianisme et le prophète Jésus lui-même. Cette intrusion d’images, de représentations  et des figures ne trouva guère de résistance chez les Africains convertis au christianisme.Elle entrait dans une logique de la représentation de la divinité à travers les statuts,les masques etc.

Toutefois, si l’acception, des images saintes apportées par le missionnaires, par les convertis africains au christianisme s’était faite dans un élan culturel intégrant déjà la représentation des divinités, il n’en demeure pas moins que leur intégration intellectuelle en tant que tels a fait défaut et explique l’absence de réponse de ceux qui les adoptent à des questions fondamentales les concernant (I). Cette situation s’explique par le fait qu’il y a une objectif inavoué dans la représentation du prophète Jésus qui échappe à ceux qui ont adopté de telles images. S’interroger sur les origines de la représentation d’un Jésus blanc et d’un diable noir  (II) conduit à mettre à jour une imagerie qui n’est pas sans impact sur le croyant  conduisant à une conviction  manifeste de l’importance de ne pas représenter les prophètes (III)

I- Un objectif inavoué dans la représentation  du prophète Jésus

Lorsque dans leur hospitalité des familles africaines chrétiennes m’invitaient chez elle, je suis toujours frappé par les images saintes qui meublent les murs de leur maisonnées. Ici Jésus, la vierge Marie, parfois des tableaux représentant les apôtres autours de Jésus, ou des scènes de pénitence ou de jugement dernier qui rappellent le châtiment divin. Cependant ce qui m’a le plus intrigué c’est le mode de représentation. Ainsi Jésus et les apôtres sont tous blancs, Il en est de même des anges alors que les mécréants et le diable lui-même sont noirs! Souvent plongé dans mes considérations culturo-contextuelles, je m’étais pris à penser que chez des peuples noirs, le diable ne pouvait être représenté de la même couleur. Aussi, je ne manquais pas de poser cette question, que je savais impertinente  à mes hôtes: “n’est-ce pas curieux que le Diable soit représenté en noir, les pécheurs en noir et vous vous êtes noirs?”. Cette question recevait plusieurs attitudes de la part de ceux qui l’écoutent. Les réponses  pouvaient globalement se résumer en deux catégories. La première catégorie  est celle du fatalisme et de l’acceptation (genre: “il en est ainsi, nous l’avons reçu comme ça, c’est Dieu qui l’a voulu comme ça”.  ) par contre la seconde catégorie la plus fournie est celle de la tolérance et de la curiosité  (genre: “Oui tout à fait, cela nous semble injuste, mais ce n’est qu’une image”).

Ce sont heureusement des questions que l’on ne pose qu’au moment du café, ou du thé quand l’ambiance est à la détente, mais quelle que soit la réponse, je trouvais toujours chez mes hôtes une certaine gène en cherchant à y répondre sinon simplement en l’entendant. J’ai eu parfois même l’impression  que cette question ne leur avait jamais effleuré l’esprit. Une question qui menait inévitablement à son fondement éthique:  pourquoi le mal est représenté en noir et le bien en blanc?

II- Jésus était-il blanc, Satan est-il noir?

Si l’on s’en tient aux origines et au lieu de naissance de Jésus, juif, nazaréen, sémite, palestinien , il est fort probable qu’il n’ait ni cette blancheur de peau dans laquelle il est représenté, ni la couleur des yeux qu’on lui fait porter. Jésus est en effet, dans les portraits affichés dans les foyers africains, blanc de peau, avec une couleur des yeux qui varie du noir au bleu avec des cheveux lisses dont la couleur est, au gré des peintres, noirs, blonds ou roux. Dans tous les cas Jésus est présenté sous le type occidental , caucasien. Connaissant les origines du prophète Jésus, on comprend la curiosité qui peut naitre du comment et du pourquoi d’un tel portait.

D’où vient un tel portrait, puisque nul n’avait représenté les traits de Jésus à son époque? Pourquoi s’est-on à livré à la représentation de ce prophète? (1) Quand au diable, est-il noir? Est-ce par un parallélisme de pigmentation que l’on a ainsi décidé de la couleur du diable, puisque Jésus étant représenté en homme blanc, le diable est donc forcément noir? Ni gris, ni en demi-teinte. D’où vient cette représentation du diable en noir? (2).

1. La représentation  de Jésus en blanc: égocentrisme des promoteurs occidentaux d’une religion

JESUSSLes multiples représentations de Jésus posent la question de leur origine et de leurs objectifs. Leur origine se perd dans les tableaux de Leonard de Vinci,  comme celui du “baptême de Jésus” de Verrocchio auquel, sans en être l’auteur, Leonard de Vinci mit la main.

On retrouve dans ce tableau peint 15 siècles après l’avènement de Jésus,  le pur imaginaire de l’époque. Sans être qu’un maillon d’une longue série d’œuvres où l’église a  demandé à divers peintres plus ou moins célèbres la représentation de Jésus, le tableau du “baptême de Jésus” montre un Jésus au teint mat au cheveux noirs et frisés. Mais la floraison d’image qui suivirent montre aussi un Jésus aux cheveux longs, bruns, châtains, au teint blanc aux yeux clairs…  Ainsi l’image de Jésus changeait au gré des peintres et tableaux d’églises, comme si ce qui comptait c’était moins le visage du christ que ce qu’il devait inspirer chez celui qui le regarde. En somme un moyen visuel d’exposer Jésus aux fidèles. Or le christianisme s’étant développé en Europe, Il était évident que la représentation du christ s’en est ressentie. Les missionnaires venus prêcher leur foi en Afrique ont apporté avec eux la représentation du Jésus blanc. Cette image du Christ a donc été adoptée comme si elle coulait de source. la “sainteté” de l’image, ne pouvait souffrir remise en cause. La situation aussi compréhensible de peuples convertis adoptant des images reçues, ne pouvait empêcher de se poser des question sur la réalité des représentations surtout quand elles portent en elles un sens pour les fidèles.

De toutes les visites que j’ai eu à effectuer dans des foyers chrétiens, je n’ai pas  rencontré la représentation de Jésus en homme noir ou même bronzé. Pourtant beaucoup de mes interlocuteurs connaissaient les origines de Jésus, de sa naissance à sa mort en Palestine.

L’impact d’une telle représentation de Jésus en homme blanc, type caucasien, n’a pas été sans impact sur les populations christianisées, notamment sur les populations noires. Elle a entretenu le mythe de l”homme blanc jusque dans la foi des convertis. Cette représentation erronée de Jésus, n’ayant jamais bénéficié d’explication de la part des églises ni des missionnaires a toujours bénéficié d’une forme de consensus comme s’il y avait une volonté de maintenir une telle image dans un but inavoué. Il est certain que le  maintien d’une telle image de Jésus ne pouvait qu’entretenir un questionnement chez l’homme noir, croyant. D’abord personne ne connaissant les traits véritables de Jésus pourquoi persiste-ton à le représenter? Et si l’église a tenu à le représenter sachant pertinemment l’origine de Jésus pourquoi persiste-t-elle à le représenter en homme blanc? Ensuite, cette représentation erronée de Jésus faite par des blancs pour des blancs, n’est-elle pas plutôt l’aveu et la preuve que chaque race peut le représenter à son image et à sa couleur?

Cette persistance à maintenir une image erronée de Jésus et à la véhiculer dans le monde noir, profitant du véhicule de la foi n’est pas sans conséquence sur l’esprit du noir croyant.  L' homme blanc colonialiste, prédateur continue à entretenir son image jusque dans la représentation des prophètes et des saints. L’objectif attendu  d’une telle situation ne peut être que la volonté d’affermir la “supériorité de l’homme blanc sur l’homme noir”, de la race blanche sur la race noire, de la civilisation blanche sur la civilisation noire. L’image d’un Jésus blanc, n’est rien d’autre que la continuité d’un égocentrisme des promoteurs occidentaux d’une religion, la coupant de ses origines d’orient et la mettant au service d’une église occidentale.

Le foisonnement de représentation de Jésus, des apôtres et des saints blancs, frappe jusque les esprits les plus innocents. Que se passe-t-il dans l’esprit d’un enfant , quand il n’a de perception de Jésus, donc du salut, que le blanc? Cette représentation, du bien, de la sainteté, en blanc n’a-t-elle pas un impact psychologique sur l’enfant noir? Grandirait-il avec une telle image du blanc, quelle sera pour lui, la représentation du bien.  Et le noir alors? 

Devenu adulte, l’homme noir s’il n’acquiert pas une formation intellectuelle suffisante et s’il ne développe pas un esprit critique de la religion (ce que de toute façon le dogmatisme religieux réprouve) ne pourra se départir de cette éducation, de ce conditionnement psycho-religieux qui n’est pas sans conséquence sur sa perception du monde. Même si cela n’est pas explicitement avoué, psychologiquement,  le “blanc” sera alors craint, vénéré, source de savoir et de créativité, élu de Dieu à travers ses prophètes, sa civilisation est un exemple à suivre, sa pensée dominante…

On comprend alors, que dans la représentation de Jésus, outre sa fausseté, est une flagrante injustice à l’égard des peuples convertis au christianisme et que ses conséquences ne sont pas négligeables sur le plan psychologique et social. La domination d’une image est aussi forte que celle d’une pensée qu’elle génère. Si la pensée peu se dissiper, l’image est toujours présente.

Revenons à la question de l’enfant noir sortant de son catéchisme: “Jésus est blanc , le bien est donc blanc, le mal alors, noir?” . En effet, mis en opposition par rapport au blanc, le mal ne peut être que noir! L’église dans ses représentations de l’apocalypse, de l’enfer et des jours derniers, a toujours représenté le mal en noir. Et la personnification du mal, le diable, est noir!

Est-il possible de continuer à entretenir une telle image du christ dont on connait la fausseté et perdurer une image du diable qui est aussi erroné que la première? Ni Jésus n’était blanc ni le diable n’est noir.

2. La représentation du diable en noir: de la malédiction de Cham,  à la colonisation de l’esprit noir

DIABLESSLe diable (latin : diabolus, du grec Διάβολος signifiant « celui qui divise » ou « qui désunit ») est l'esprit du mal. Si dans le Manichéisme, le principe du mal est à égalité avec le principe du Bien, dans la tradition judéo-chrétienne, le mal est insufflé dans le monde par une entité, le Diable. S'il est donc en cela l'esprit du mal, il est aussi le bien: ange déchu, donc d'une créature de Dieu et n'a pas été créé mauvais mais s'est déchu lui-même en se voulant l'égal de Dieu et en le rejetant. Ce faisant il a rejeté le Bien et il est à l'origine du mal : « Il a été meurtrier dès le commencement, et il ne se tient pas dans la vérité, parce qu'il n'y a pas de vérité en lui. Lorsqu'il profère le mensonge, il parle de son propre fonds; car il est menteur et le père du mensonge » (Jean chapitre 8 verset 441).”

“Il n'est pas de figure qui ait plus prêté à la fantaisie des artistes que celle du Diable auquel ils donnent souvent une forme quasi humaine. Son corps est généralement couvert de poils rudes et noirs; de grandes cornes ornent son front, accompagnées de larges oreilles pendantes. Ses pieds sont fourchus; au lieu de mains, il a des griffes. Il a une longue queue, un museau fantastique, des yeux effrayants.

On ne saurait dire à quelle époque précise les peintres et les sculpteurs ont commencé à figurer le Diable, dont on ne connaît pas d'images remontant aux premiers temps du christianisme. Dans les manuscrits grecs des VIIe et VIIIe siècles, on voit les Esprits célestes, jamais le Diable. Il se montre aux côtés de Job dans une vignette au trait d'une Bible latine du IXe ou Xe siècle : il y est nimbé, ailé, avec des ongles crochus aux pieds”.1”

“Ses représentations sont d'ailleurs quasi inexistantes avant le VIe siècle et ne deviennent vraiment courantes et accessibles qu'avec les églises romanes dont la statuaire et les vitraux donnent corps au démon.”2

C’est donc l’imaginaire d’une église occidentale qui a produit des images à des fins de son expansion et qui aujourd’hui non seulement ne se justifient pas mais posent la question: fallait-il représenter le diable en noir? Fallait-il représenter un jésus que nul n’a jamais représenté de son vivant, en homme blanc?

Cette situation du noir avili et du blanc ennobli  est tirée du   fond idéologique de l’Eglise occidentale qui a construit une symbolique des couleurs à son avantage, justifiant toutes les crédulité du noir et de misère qu’il subira en tant qu’être humain, placé au rang inférieur.  C’est ce que Montabert au début du XIXème siècle avait résumé ainsi: « Le blanc est le symbole de la divinité ou de Dieu, Le noir est le symbole de l’esprit du mal ou du démon"3.

Cette présentation de la couleur noir, comme une couleur du mal qui  influencé toute la culture et la société occidentale  tire en ses origines d’une interprétation erronée que l’église a faite de la Genèse (premier livre de l’ancien testament). Réduisant un de ses fils à l’esclavage parce qu’il avait vu sa nudité , alors qu’il était ivre, Noé, a consacré l’esclavage parmi les hommes.

“Noé commença à cultiver la terre et planta de la vigne,

Il but du vin, s’enivra et se découvrit au milieu de sa tente. Cham, père de Canaan, vit la nudité de son père et il le rapporta dehors à ses deux frères.

Alors Sem et Japhet prirent le manteau, le mirent sur leur épaules, marchèrent à reculons et couvrirent la nudité de leur père, Comme leur visage était détourné, ils ne virent point la nudité de leur père.

Lorsque Noé se réveilla de son vin, il apprit ce que lui avait fait son fils cadet.

Et il dit : Maudit soit Canaan ! Qu’il soit l’esclave des esclaves de ses frères ! Que Dieu étende les possessions de Japhet, qu’il habite dans les tentes de Sem et que Canaan soit leur esclave !" (Génèse 9 - 20 à 27)

La genèse, non seulement, rendit l’esclavage licite, mais déclara que les descendants de Cham sont les ancêtres des peuples noirs, soit:  Canaan, Cush, Mitsraïm, Puth (Genèse, Chapitre 10, Versets 6-7).

Désormais la boucle est bouclée: le noir c’est l’esclavage, le noir c’est la malédiction, le noir c’est le mal.

On comprend donc pourquoi le diable a été représenté en noir.

Ces passages de la genèse fondirent durant des siècles l’exactions des noirs, leur esclavage et l’attribution de la couleur noire au mal.

L’Eglise en fondant cette fiction  a façonné durant des siècles le mental des peuples convertis à l’égard du noir, et incité les gouvernants a consacrer l’esclavage des peuples noirs.

Le dimension tragique d’une telle situation, n’a d’équivalent que le ridicule dont se sont entourés les théologiens chrétiens en interprétant les passages précités de la genèse. En effet, cette malédiction de Cham, ancêtre des noirs a été considérée comme une  escroquerie spirituelle de l’Eglise et a bénéficié de nombreux développements (voir notamment  l’article “ La malédiction de Cham : l’escroquerie spirituelle de l’Eglise”.

III- De l’intérêt de ne pas représenter les prophètes.

Si la représentation erronée de Jésus, nous a appris quelque chose, c’est qu’elle a servi à assoir des buts inavoués qui n’ont rien à voir avec la religion, mais avec l’égocentrisme occidental. Si l’affectation de couleurs au bien (blanc) et au mal (noir) nous a appris autre chose de plus , c’est  que l’humanité a été trompée durant des millénaires et les esprits des hommes  manipulés pour assoir encore une fois , une vision hégémonique et impérialiste de peuples et de civilisations occidentales sur d’autres peuples et civilisations, les dominant et les exploitant.

Ni Jésus n’est blanc. Ni le diable n’est noir. Affirmations qui rejettent  des contrevérités et rétablissent les injustices faites aux peuples noirs. La symbolique malicieuse des couleurs, utilisée par l’église et ses missionnaires pour imposer une vision du monde montre combien  il est dangereux de chercher à représenter ce qui relève du spirituel.

Ainsi, l’Islam en interdisant la figuration des prophètes a donné la solution à une exigence essentielle: ne pas représenter ce qui relève de la spiritualité de l’être et de l’essence qui dicte son existence. Chaque croyant, se représentant lui-même, dans son esprit et en son âme, son prophète. Il lui affecte les traits des êtres les plus chers en son cœur, il lui donne les qualités et la beauté qu’il imagine au summum de son rêve. Il voit en son prophète,  l’espérance, le chagrin, le salut, l’amour, la délivrance, ses attentes, ses vœux, ses supplications….Il l’imagine dans la réalisation de ses doléances, dans le dénouement de ses difficultés…Il le voit dans l’ombre, il le voit dans la lumière. Il le voit noir, il le voit blanc, il le voit jaune. il le voit à la mesure de ses attentes, de sa propre dimension, il le voit dans l’espace et dans le temps, dans son enfance, dans sa vieillesse, dans ceux qui l’on secourut, dans ceux qui l’ont béni…Son prophète est partout. Et nul n’a le droit de substituer une image à la sienne,celle de son âme.

Peut-on représenter un tel prophète? Une image aussi parfaite soit-elle ne saurait être tout cela. C’est autant dire, a fortiori, que caricaturer un prophète, est un acte qui bafoue toute humanité. Un acte qui piétine l’âme du croyant, en réduisant son espérance, son salut, sa croyance en un trait de crayon. En une image qui profane  son imaginaire, ses attentes, et l’être par lequel arrive son salut et à travers lequel il s’identifie.

Aussi, ayant vu ces images d’un Jésus blanc et d’un démon noir dans des foyer africains,je n’ai pu me résoudre qu’ à poser des question pour comprendre.Parfois ceux qui sont autour de moi ne comprenaient pas, mais souvent voulaient comprendre. Moi j’ai compris. Et ce que j’ai compris tient en une phrase: “les prophètes sont dans l’âme des êtres et  nul ne peut représenter l’âme de toute l’humanité.”

Pr ELY Mustapha

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1. http://www.cosmovisions.com/artDiable.htm

2. http://fr.wikipedia.org/wiki/Diable

3. http://www.africamaat.com/La-malediction-de-Cham-l

jeudi 23 février 2012

Militaires , agents de sécurité…alimentaire

 

 

securite_amelioreeDepuis bientôt plusieurs semaines, les  différents organes de presse “tympanisent” le citoyen avec cette histoire de sociétés de sécurité et de gardiennage confiées à des anciens militaires. Histoire d’un financement de l’Etat, à hauteur de 900 millions d’ouguiyas, volés indument au contribuable mauritanien et versés à quelques militaires choisis , plaisant à Aziz.

Une histoire qui a généré des tensions et des jalousies entre militaires ,nantis et non nantis. Entre bénéficiaires et laissés-pour compte. Bref, un exemple parmi tant d’autres de la gabegie mauritanienne, du “je-m’en-foutisme” qui caractérise la gestion personnalisée de l’Etat et de la dilapidation de ses ressources au profit de quelques uns pourvu qu’ils fassent le jeu du pouvoir; les asservir par ses prébendes et particulièrement, dans ce cas, pour Aziz “d’amadouer” les vieux militaires, vieux mais encore lucides.

Cependant, ce qui cloche dans cette affaire ce sont  moins  les revendications qu’elle a fait exploser que le fait que l’octroi de ses sociétés ou leur gestion à des militaires , s’est basé sur une contre-vérité: un militaire est compétent en sécurité ou en gardiennage.

Un militaire, comme le dit le dico,  peut être  engagé, conscrit, recrue, réserviste, volontaire,  homme de troupe,  sous-officier, officier,  guerrier, baderne,caporal, sergent, lieutenant,commandant,colonel, général, maréchal, mercenaire, griveton, rengagé, carabinier, guerrier, pioupiou, et même mercenaire et… putschiste  mais  pas agent de sécurité.  Ce n’est pas son métier.

“L'agent de sécurité a pour fonction d’assurer la sécurité des biens meubles et immeubles ainsi que celle des personnes qui sont liées directement ou indirectement à la sécurité de ces biens”1

Pour l’exercice d’une activité de sécurité il faut des qualifications professionnelles qui ne sont pas celles d’un porteur de baïonnette.

En France, "les dirigeants, les personnes exerçant à titre individuel (travailleurs indépendants), les salariés (agents) ne peuvent exercer leur activité dans la sécurité privée que s’ils justifient d’une aptitude professionnelle1. Et cette aptitude est justifiée par  des certificats de qualification professionnelle d'agent de sécurité  dans le domaine  de la prévention de la sécurité et de la médiation couvrant une multitude de spécialisations (sécurité dans les transports, sécurité civile et d'entreprise, des espaces ouverts au public etc. ) sans compter les formations  complémentaires souvent obligatoires dans des activités de sécurité spécifiques (secourisme, habilitation électrique des personnels non électriciens,risque Chimique,  manipulation d’appareils respiratoires divers etc.). Cette aptitude est sanctionnée par des certifications, brevets et diplômes de différents niveaux délivrés par des institutions professionnelles et universitaires agréées.

Aussi on comprend que confier l’activité de  sécurité et de gardiennage à des militaires n’est pas une évidence en soi. Avoir manipulé une arme, ou avoir rampé sous des barbelés ne fait pas l’agent de sécurité. C’est un métier à part qui s’apprend et qui nécessite des compétences spécifiques. D’autre part, la confusion entre  agent de sécurité et garde du corps semble être entretenue dans les esprits. Si dans certains pays, d’anciens militaires se sont reconvertis en garde du corps, il n’en demeure pas moins qu’il s’agit de choix de personnes aptes, notamment physiquement à jouer ce rôle. Nos militaires retraités n’ont pas cette vocation et la sécurité ne se réduisant pas au veilleur de nuit, on saisit l’aberration de leur confier la gestion de sociétés de sécurité et de gardiennage.

Alors tout ce tapage , n’a qu’un seul objectif cacher la réalité des choses; à savoir notamment: distribuer indument des millions à des militaires qui n’ y ont pas droit sinon par le subterfuge de ces sociétés de sécurité et de gardiennage, dont ils sont sensé avoir les compétences pour les gérer. Quant au postulat selon lequel les militaires sont plus aptes dans ce métier de la sécurité, il est absolument faut et ne justifie pas qu’on leur confie un secteur aussi important et sensible que celui de la sécurité des personnes, des biens meubles et immeubles des entreprises publiques et privées, des entités commerciales et industrielles.

Qu’advient-il  aujourd’hui de l’attribution de la gérance de ces sociétés à des militaires. Rien. Tout ceux qui ont visité les sociétés bénéficiant de leurs services, remarqueront le caractère hétéroclites de leur personnel, constitué souvent de veilleurs de nuits recrutés à vil prix, d’ anciens militaires et policiers en rade qui n’ont d’agent de sécurité que le nom et qui ne développent aucune connaissance professionnelle du métier. Quant au gardiennage industriel et d’entreprises de grandes envergures, c’est un marché juteux confié à quelques uns de ces militaires qui ont bénéficié des largesses du pouvoirs qui le gèrent par la sous-traitance ou par sociétés interposées.

Cette situation  fait que des organisations du secteur et au-delà, à travers leur syndicats,  publient chaque jour une litanie de protestations et de dénonciation les unes des autres.


Ici, le Collectif des retraités et anciens des forces armées et de sécurité (CORAFAS), là, la Coordination des sous-officiers et hommes de troupes (CSHT), par ici,  l’Union des Sociétés de Gardiennage en Activité (USGA), par la,  la CNCIPS (Commission Nationale de Coordination des Institutions Privées de Sécurité) et parfois même des intervenants de soutien tel le Collectif des victimes de la répression (COVIR).

Tant de déploiement d’énergie “militaire”, d’invectives personnelles, de dénonciations malsaines autour d’une activité de sécurité qui, par définition, ne revient pas aux  militaires ni à leurs ayants droit, ne peuvent être justifiées que par une chose: l’appétit du gain et moins l’intérêt du pays. N’est-ce pas cela qui caractérise depuis quelques années, ceux-là même qui sont à la tête du pays. Et qui est à la tête du pays?  Un militaire, des militaires…

Voilà désormais ce que sont devenus nos militaires; transformés, sous l’impulsion d’un pouvoir corrompu, en agents de sécurité…alimentaire.

Pr ELY Mustapha

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1.http://fr.wikipedia.org/wiki/Agent_de_s%C3%A9curit%C3%A9

lundi 20 février 2012

Compte rendu de la rencontre Laghdaf-Bechar

 

La gaffe chez les (be)chars

 

CHAR2Ould Abdel Aziz a dépêché son premier ministre, Ould Mohamed Lagdhaf chez le Président Syrien Bechar el Assad pour régler le problème syrien (défense de pouffer de rire !).  En effet, tout le monde pensait ferme que c’est pour résoudre la crise syrienne (défense d’éclater de rire!),  hélas!  Tout le monde (bis) s’est trompé sauf nous. Haut-et-fort, publie en exclusivité la teneur des entretiens Lagdhaf-Bechar:

Ould Mohamed Lagdhaf : Monsieur le Président votre frère M. Ould Abdel Aziz , président de la République Islamique de Mauritanie, vous envoie ses salutations fraternelles…

Bechar el Assad: Remerciez–le de ma part et dîtes-moi rapidement , ce que vous voulez, J’ai encore plein de  civils à bombarder…

Ould Mohamed Lagdhaf : Mais monsieur le Président…

Bechar el Assad: Combien, il m’envoie de chars pour me soutenir…

Ould Mohamed Lagdhaf: Euh, aucun…

Bechar el Assad: Alors que venez-vous faire ici?

Ould Mohamed Lagdhaf: Je viens vous dire que votre frère Aziz a bien observé ce que vous faites  de bien et demande conseil…

Bechar el Assad: Des conseils?

Ould Mohamed Lagdhaf: En effet, il a vu avec quelle dextérité vous faites taire vos opposants…dans la rue, sur les toits, en prison, chez-eux…

Bechar el Assad: Simple, bombardez-les !

Ould Mohamed Lagdhaf: Justement, son problème c’est que dans son opposition à lui, personne n’est prêt à mourir! Vous vous avez cette chance d’avoir des civils qui s’exposent. Ses opposants à lui parlent trop mais ne bougent pas le plus petit doigt… Il vous demande conseil pour savoir comment il va procéder.

Bechar el Assad: Mais bombardez-les, là où ils sont !

Ould Mohamed Lagdhaf: Encore un autre problème. Ses opposants retournent tellement leur veste qu’il craint de bombarder son propre parti…

Bechar el Assad: Bon alors la seule solution c’est de bombarder tout le monde. C’est souvent ce que je fais quand je ne sais pas faire la distinction.

Ould Mohamed Lagdhaf: Mais, il ne restera plus personne, monsieur le Président.

Bechar el Assad: Mais , c’est ce qu’on veut tous, non? Présider tout seuls, c’est le bonheur. Sans opposants, sans opposition. sans idées opposées, sans avis contraire, sans son de cloche.

Ould Mohamed Lagdhaf: Sans le peuple aussi?

Bechar el Assad: Oui, si c’est nécessaire.

Ould Mohamed Laghdaf: Voilà, une bonne solution . Pourquoi le général n y a pas pensé avant…

Bechar el Assad: Automatiquement…et la Russie et à la chine vont l’appuyer aussi.

Ould Mohamed Laghdaf: C’est le bonheur…avec ces conseils, je vais encore être re-“bombardé” à mon poste

jeudi 16 février 2012

La désinformation officielle

Plumage et ramage

“La désinformation est une manipulation de l'opinion publique, à des fins politiques, avec une information traitée par des moyens détournés

V.Volkoff “Petite histoire de la désinformation : du cheval de Troie à Internet”, Éditions du Rocher, Monaco, 1999.

.

imageTout observateur des flux d’information sur le net et dans la presse mauritanienne (écrite et audiovisuelle)  se rend rapidement compte de la stratégie adoptée par le système de désinformation mis en place par l’appareil d’Etat du général (putschiste autolégalisé, rappelons-le), pour tenter de discréditer tout écrit qui dénonce les dérives de son régime.

Il suffit pour s’en convaincre de constater que chaque fois qu’un article est publié fustigeant le régime azizien, aussitôt un autre article est publié pour le dénoncer ou dénoncer ses auteurs. Mieux encore et conformément à sa stratégie de la terre brûlée (que nous avions développée:voir l’article :La politique d’Aziz : la terre brûlée), Aziz s’est spécialisé dans la fabrication des “transfuges”. Chaque fois qu’un mouvement partisan le menace, il crée aussitôt des “dissidents” qu’il présente comme étant des réfractaires à ce mouvement et met dans leur bouche les mots de dénonciation et autres calomnies qu’il veut faire porter au mouvement pour chercher à le déstabiliser, à entrainer des suspicions de ses adhérents à l’égard de leurs dirigeants.

Les termes utilisés par les transfuges d’Aziz sont d’ailleurs toujours les mêmes : “dérives du parti”, “menace contre la stabilité du pays”, “mégalomanie des dirigeants” etc. Toujours est-il que le but recherché est toujours le même: jeter le discrédit sur toute volonté de changement de refus de la dictature ou de toute pensée contraire à celle du putschiste autolégalisé.

L’appareil mis en place par Aziz utilise tout le monde, toutes les catégories et tous les corps publics ou privés. Le moteur de cet appareil  fonctionne en deux temps : des promesses de postes et des versements d’argents à ceux qui  jouent les transfuges ou autres désinformateurs. Ce moteur, est construit exactement sur la même technique que celle d’El Qaida. Il recrute en profitant de la misère, du dénuement et de la pauvreté des gens. Les “transfuges” et autres désinformateurs sont en fait des individus à plaindre, souvent démunis ou en quête de reconnaissance. On les retrouve sous des pseudos dans les sites et les blogs mauritaniens (I) et souvent reçus en grande pompe par Aziz quand ils revêtent l’habit du “transfuge” en tenant des discours discréditant et souvent incohérents(II). C’est la désinformation par le plumage et la désinformation par le ramage. Et dans les deux cas, de La fontaine occis, maitre-corbeau est au service du renard-général.

I- la désinformation par le plumage : La plume servile ou la dignité plumée

Faire le compte des articles où d’illustres inconnus fortement intéressés, se livrent à une litanie à la gloire de leur maitre, serait trop fastidieux. Toutefois, ce qui est remarquable c’est  souvent, sinon toujours, la médiocrité de ces articles dénonciateurs.

En voici quelques exemples récents:

Il n'y aura pas de printemps arabe en Mauritanie.

Les marchands de rêves et l’obsession du révolutionnarisme.

La Mauritanie est Aujourd’hui en train de faire sa toilette.

COD: camouflet politique.

En réaction aux articles de IRA & CR  ( IRA Mauritanie / Conscience & Résistance : les milices tribales de Aziz ) et de Brahim O. Bakar O. Sneiba (Le mercenariat prépayé), en voici d’autres:

Réponse des ex-officiers et sous-officiers gérants des sociétés membres de l’USGA... à Brahim O. Bakar O. Sneiba.

A Mon Grand frère, Commandant E/R Brahim Ould Bakar Oud Sneiba ou quand le CNCIPS ...sort sa grosse artillerie.

Réponse de l’Union des Sociétés de Gardiennage en Activité (USGA) au Collectif des anciens......et retraités des Forces Armées et de Sécurité (COF).

Les rédacteurs de ces articles ne manquent pas souvent de prendre à témoin le général, et lui demandent même de “clouer le bec” de ceux qui les critiquent comme s’il ne savait pas qui les a écrits.

“ Avant de terminer notre propos, nous, ex-officiers et sous-officiers, gérants des sociétés membres de l’USGA, faisons appel à Son Excellence, Monsieur le Président de la République, pour qu’une fois pour toutes, il soit mis un terme aux agissements sournois d’individus comme Brahim O. Bakar O. Sneiba et la coterie sous la bannière de la quelle ils s’agitent ; pour qu’à l’avenir ils se tiennent très loin de nous et cessent cette croisade contre les sociétés que nous gérons et les employés qui y travaillent.”( article Réponse des ex-officiers et sous-officiers gérants des sociétés membres de l’USGA)

“C’est dire que leur désir, eux et tous les autres employés des sociétés composant l’USGA, est que le Président de la République intervienne pour qu’il soit mis un terme à la volonté sournoise de certains de leur ôter le pain de la bouche..” (Article: Réponse de l’Union des Sociétés de Gardiennage en Activité (USGA) au Collectif des anciens )

II- la désinformation par le ramage: la parole servile et la dignité ramassée.

Dans un autre genre, la désinformation par le mensonge et la politique du ventre. C’est le jeu entretenu par le système de désinformation qui consiste à façonner de rien ou de récupérer des individus qui sont dans le giron de certains mouvements virulents ou actifs pour les utiliser comme des “boulets à canons” contre eux.

On remarquera d’ailleurs curieusement que ces individus (ou groupes) dès qu’ils annoncent leur “défection”, fustigent leur supposé “ancien” parti et se précipitent chez Aziz! Curieux non?

Un individu qui quitte son parti ou qui dénonce ses pratiques, doit-il forcément aller se jeter dans les bras d’Aziz? On comprend donc le factice de telles attitudes qui ne s’expliquent que par le moteur en deux temps (poste/argent) de l’appareil de désinformation du général (putschiste autolégalisé , rappelons-le).Ainsi lorsque les jeunes mauritaniens (Jeunesse du 25 Février) à l’instar de ceux de la sous-région se révoltèrent, Aziz trouva le moyen de les diviser à travers des jeunes recrutés à cet effet et qui se constituèrent en « partis » soutenant Aziz et dénigrant le mouvement (voir: “Quand les jeunes se chamaillent pour créer un parti” ), allant même jusqu’à s’identifier faussement à d’anciens membres de ce mouvement pour entrainer son éclatement (voir : “Communiqué de la Coordination de la Jeunesse du 25 Février”) .  Aziz est en train de jouer le même scénario à l’IRA, après avoir divisé la COD (assujettissant APP,Wiam).

Voici des exemples récents  (tirés de centaines d’autres) où des individus se muent en transfuges et vont aussitôt rencontrer  le général.

- IRA : Une défection à l'heure des comptes

- Les leaders matamores de l'opposition du COD

- Discours de ralliement au Parti du Sursaut de la Jeunesse pour la Nation.

- Communiqué : Démission collective de la coordination 25 Février.

Ces articles sont écrits  soit:

- par des inconnus, signant avec des appellations fantaisistes ou empruntant des noms fictifs. Toujours est-il qu’il sont à la solde de leur mandant.

- par  des pseudo-regroupements visant à contrer des regroupements dont ils empruntent le nom en y ajoutant “défection”, “partition”…

On connaissait le “retournement de veste” qui continue encore a caractériser la transhumance politique en Mauritanie, la stratégie de désinformation d’Aziz s’appuie sur le “retournement de poches” en exacerbant la politique du ventre.

“Maître Corbeau, sur un arbre perché,tenait en son bec un fromage.”

Aziz, haut perché,  tient le corbeau … et le fromage.

Pr ELY Mustapha

dimanche 12 février 2012

La consultation du blog

 

La consultation du blog” est une rubrique qui répond aux interrogations des citoyens. Elle comble les carences  des services gouvernementaux en la matière.

Exécutif: A la gloire des armes…à feu.  
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Vous voulez être évacué sur le Maroc ?

Faites-vous immoler devant la présidence, ou faites-vous tirer dessus par le fils du général. Sinon restez dans votre lit à l’hôpital.

Pourquoi le général, ne rend jamais visite à ses victimes immolées ou trucidées ?

Parce que le général n’a pas de larmes mais des armes.

Pourquoi le général n’a pas donné une fessée à son fils qui a trucidé la demoiselle?

Parce que son fils est armé.

Pourquoi le père de la fille trucidée n’a pas porté plainte?

Parce que le père du fils est armé.

Pourquoi le procureur a relâché le fils?

Parce que le père et le fils sont armés.

Législatif: A la gloire du Sénat sénile, et des députés, dépités  
desespoir

Vous voulez être insulté par un ministre, mauritanien de préférence?

Devenez député ou sénateur mauritanien. De l’opposition de préférence.

Pourquoi  le président du Sénat M’barré a expulsé une sénatrice de l’hémicycle du Sénat?

D’abord, il ne savait pas que c’est une femme. Ensuite,il ne savait pas qu’elle était de l’opposition. Enfin, il ne sait pas lui-même pourquoi il est là.

Pourquoi Ould Boulkheir s’accroche à son perchoir à l’Assemblée nationale?

D’abord, c’est  un ancien esclave. Ensuite il y a plein de Maures, députés d’une société esclavagiste. C’est donc le seul endroit en Mauritanie où il peut les regarder de haut.

Pourquoi les parlementaires mauritaniens, sachant leur mandat terminé, ne quittent pas leurs sièges ?

Répétez: “Sachant son salaire, le parlementaire chassera ses chasseurs en ensachant sa dignité”.

 

Judiciaire: A la gloire de la Justice par procuration

 
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Vous voulez que justice vous soit rendue?

En Mauritanie on ne rend rien. Ni le pouvoir, ni la justice ni la monnaie. La répétition de l’indu est inconnue.

Comment savoir si un Tribunal mauritanien a rendu justice?

En cherchant l’innocent en prison et le criminel dans la rue.

Comment fait un juge pour accorder les circonstances atténuantes en Mauritanie?

Il regarde par la fenêtre si la tribu du prévenu s’est mobilisée.

Pourquoi le code pénal mauritanien est resté lettre morte?

Parce qu’appliqué, la Mauritanie serait une république de manchots et de culs-de-jatte.

Pourquoi certains magistrats refusent leur mutation?

A cause de la sélection des espèces…sonnantes et trébuchantes

Pourquoi ould Dadde est en prison?

Parce que tout ce qui  s’écrit comme “Dadde” doit aller aller en prison. Hanevi Ould Dedde y’était, Lemine ould Dadde , y’est encore.  Ould Daddah, en cours…

mardi 7 février 2012

Je pense, donc tu suis

 

Une alternance à l’alternative

 

alternativeLe chanteur et candidat à la présidence de la République sénégalaise  “recalé”,  “sagement” bloqué par les sages de Wade, avait déclaré en annonçant sa candidature: “Je suis une alternative à l’alternance”. Jolie combinaison phrasée. Mais le chanteur n’a pas compris que nos dirigeants se considèrent   comme, à la fois, l’alternance  et l’alternative. L’Alpha et l'Omega.

Il aurait bien pu dire :“Je suis une alternance à l’alternative” au lieu de Je suis “une alternative à l’alternance”. Il aurait été encore recalé. Mais quelle est la différence entre les deux?

Si l’on s’en tient au Dico:

- Alternative: Situation à laquelle il n'existe que deux solutions possibles.

- Alternance: Succession dans le temps ou l'espace selon un ordre régulier.

Donc si on explique bien alors “une alternative à l’alternance” : c’est choisir une situation parmi deux solutions possibles (alternative) qui se succèdent dans un ordre régulier (alternance).

Qu’est-ce que maintenant “une alternance à l’alternative”? C’est choisir dans une succession de situations dans un ordre régulier (alternance), une situation parmi deux solutions possibles(alternative).

On comprend donc que dans l’esprit du chanteur, l’alternative à l’alternance c’est proposer une solution tierce à un jeu de “chaises musicales” (célèbre exemple : Poutine-Medvedev/Medvedev-Poutine). Youssou en musique, il s’y connait. Il voudrait être le troisième homme, alternatif à l’alternance.Mais le courant n’est pas passé.

Hélas! Nos hommes politiques ont depuis longtemps inventé les hommes de paille (“candidats fictifs”) qu’ils font courir (comme “le lapin” dans les stades) et qui “crédibilisent leur élection. “L’alternative à l’alternance”, ils l’on déjà expérimentée. L’alternance à l’alternative, aussi.

En effet, même dans une succession de situations dans un ordre régulier(alternance), ils font tout pour qu’il n’ y ait que deux solutions possibles (eux et eux).

Aussi tout autant que “Je suis une alternative à l’alternance” il aurait pu dire  “Je suis une alternance à l’alternative” (plus compliqué à comprendre, et moins “en bouche”, comme diraient les sommeliers) ce serait la même chose; car c’est exactement ce que nos dirigeants pensent. On refuse l’alternative  pour  l’alternance. Mais c’est une alternance…à l’alternative.

Nos dirigeants sont, de ce fait, leur propre alternative à l’alternance, ou mieux encore leur propre alternance à toute alternative. En somme, ils pensent et tu suis. Et si tu n’es pas ce qu’ils pensent ou tu ne suis pas ce qu’ils pensent, tu deviens une alternative à leur alternance. Or la seule alternative à leur alternance, c’est eux. Le chanteur, voulait donc être une “alternative à l’alternance”. On lui a coupé toute alternative et donc il n’a plus d’alternative que l’alternance. A moins qu’il n’ait un peu de l’ADN du Président. Pas d’autre alternative..en 7 secondes.

En Mauritanie, non seulement notre alternance n’est qu’une alternative, et notre alternative n’a pas d’alternance. Un alter-natif (militaire) refusant  l’alter-gouver-nance.

Mais nous, nous avons fait mieux que les sénégalais, il ont recalé leur chanteur, nous, nous avons des maitres-chanteurs calés au sommet de l’Etat.

Pr ELY Mustapha

Je suis un esclavagiste

 

Bonne nouvelle

case-630x419Je suis à la 197ème position de la liste des esclavagistes mauritaniens (voir ici http://www.haratine.com/liste1.htm). Je ne saurais dire pourquoi on ne m’a pas donné la première place!  Que mes lecteurs m’en excusent. Je ferai mieux la prochaine fois.

Je vais tout faire pour remonter à la première place. Je vais publier mon album de photos d’esclavagiste. Vous y trouverez en exclusivité des images d’une grande ferveur esclavagiste, notamment ma photo préférée avec la centaine d’esclaves que je fouette tous les jours au petit déjeuner en même temps que je touille mon café. Et surtout cette photo inoubliable, que j’ai prise un beau matin alors je poursuivais, fusil à la main,  un esclave en fuite et que je finis par retrouver et mis aux enchères avec un panneau accroché sur la poitrine disant: “Mon maitre me vend car je cours trop vite!”. Inoubliable ! Une photo que je continue à montrer à tous mes amis et visiteurs et c’est toujours avec quelques émotions que je la regarde. En effet, jamais je ne pus vendre cet esclave là. Alors je l’ai donné à un voisin. Il parait qu’il le poursuit toujours; aux dernières nouvelles du côté de Bassiknou. Il échappe même aux ligues anti-esclavagistes.

Vous voyez bien que je mérite la première place. Etre esclavagiste, ce n’est pas donné à tout le monde. Même sans bois un menuisier est un menuisier,sans farine, un boulanger reste un boulanger, mais un esclavagiste, sans esclaves ça n’existe pas. Moi, j’en ai  des bataillons entiers et pour mieux les cacher aux yeux du monde (et cacher ma vraie nature d’esclavagiste), j’avais écrit un article très évocateur de mes idées intitulé comme il se doit : “Il faut dire la vérité: Il n y a pas d’esclaves en Mauritanie.” Et qu’on peut lire ici. Comme quoi, je suis un esclavagiste honnête et humain. D’ailleurs rien qu’en disant ça, j’ai une fierté telle que j’ai envie d’aller fouetter quelques esclaves. Relaxant.

Non, non. Ne me posez pas la question si j’ai déjà affranchi ou libéré un esclave! Jamais. Comment? Vous voulez la perte de la République? Libérer un esclave pour qu’il devienne Président d’une Assemblée nationale, ou ministre ou ambassadeur ou chef de parti politique? Non, mais. Il faut savoir protéger le pays. Un esclave, c’est fait pour être esclave. Le fouetter, oui, le vendre, oui, le libérer non.

D’ailleurs je vous fais une confidence, depuis que j’ai la fierté d’être dans la liste des esclavagistes, une telle nouvelle m’a tellement revigoré, que pour remonter dans la liste, je vais immédiatement procéder, à renforcer mon image, je vais gracieusement  renforcer les fournitures et équipements de première nécessité de mes bataillons d’esclaves. Désormais, leurs menottes rouillées (facteur de tétanos généralisé), seront remplacées par des chaines et des boulets tous neufs made in Birmanie, stylés au Cambodge à la mode Pol Pot,  khmers rouges fashion. On ne dira pas que je ne suis pas assez humain pour remonter dans la liste des esclavagistes.

Maintenant que vous savez tout de mes performances esclavagistes, allez voter pour moi, pour que je remonte dans la liste. Comme vous le savez, j’ai interdit à mes esclaves de voter quoi que ce soit, ils ne savent ni lire, ni écrire. La seule phrase qu’ils savent dire depuis qu’ils sont nés avec un fouet dans le berceau: “Merci Ô maitre”. ça ne sert qu’à être fouetté, pas pour voter.

A la 197ème position? Non mais, pour qui me prend-t-on? Un anti-esclavagiste?

Pr ELY Mustapha

dimanche 5 février 2012

jeudi 2 février 2012

Un dialogue sans tabou…à bout

 

 

interdit-sourdTout le monde se pose la question de savoir ce qu’entendait le général Aziz par “Tabou”, lorsqu’il a invité l’opposition au “dialogue sans tabou”. Bien que l’opposition a refusé le dialogue, il reste cependant qu’aucun développement n’a été consacré à cette question de tabou”. Que veut entendre le président par là? .

Si c’est au sens littéral du terme, le “tabou” étant ce “dont on ne doit pas parler, par crainte ou par pudeur”(dico), alors Aziz sait très bien  qu’il va tomber dans son propre piège. Il ne pourra jamais à titre d’exemple justifier sa désastreuse gestion de l’Etat ,  la violation flagrante des droits humains, l’assujettissement de tout l’appareil d’Etat  (économique, judiciaire et sécuritaire ) à ses desseins autoritaires, le pillage organisé des ressources de l’Etat, le favoritisme, le népotisme et la main-mise sur un pouvoir usurpé.

Dialoguer sans tabou se résoudrait alors en un seul mot: quitter le pouvoir et en assumer ses responsabilités dans le désastre national qui s’annonce.

Le général putschiste autolégalisé, pouvait-il donc entendre par là  qu’il permet à ce qu’on discute de “tout “avec lui? De tout?  On pourrait en douter. Il signerait sa propre perte . Et ce n’est pas à cela qu’il pense.  Loin de là.

D’ailleurs l’opposition (qui comprend encore quelques personnes lucides) , ne s’est pas fait prendre. Et pourtant curieusement, il y a encore quelques semaines, elle appelait au dialogue avec Aziz à cors et à cris. Que s’est-il passé depuis?

Ce qui s’est passé, se résume en deux situations:

-  L’opposition a compris qu’Aziz lui tend encore l’un de ses pièges par lequel il va encre tenter de la diviser. Le dernier semblant de “dialogue”, amorcé avec l’opposition, a permis à Aziz d’acheter le ralliement de Ould Boulkheir (“Définitivement accroc de son perchoir) et celui de Boidiel  (vendu à tout vent)et quelques autres partis-poussières. Aujourd’hui, Aziz tente encore une autre adjudication (de postes et autres avantages) dans le marché public (qu’il appelle “Dialogue sans tabou”) pour trouver des preneurs dans les rangs de l’opposition et la briser davantage. Probablement que pour jeter de la poussière aux yeux du monde, il acceptera quelques critiques, mais ne changera rien au fond.

- L’opposition a aussi compris qu’Aziz est désormais frappé par un “burnout” du fait de la pression (interne, régionale et internationale), et qu’il cherche désespérément à renouer le dialogue pour désamorcer le situation explosive qui le menace (voir notre article précédent: Aziz, Burnout ). Il utilisera jusqu’au bout sa stratégie de la terre brûlée ( voir l’article :La politique d’Aziz : la terre brûlée).

Maintenant Aziz sait bien qu’ayant plongé le peuple et ses cadres dans la misère, il espère que son appel au “dialogue sans tabou”, trouvera chez quelques laissés pour compte une oreille attentive. Mais il semble que la situation a atteint un degré de pourrissement tel que croire Aziz revient à adopter Oumou Amiri:

 

ومن يصنع المعروف في غير أهله ... يلاقي ما لاقى مجير أم عامر
أدام لـها حين استجـارت بقربه ... قـراها مـن البان اللقاح الغزائر
وأسمنها حتى إذا ما تكاملت ... فرته بـــأنياب لهــا وأظافر

Pr ELY Mustapha

mercredi 1 février 2012

Aziz, Burnout

 

Analyse psychique d’un putschiste légalisé, sur le départ.

 

marionnetteComme nous le mentionnions dans un article précédent, nous avions consacré au général putschiste  tout au long de son accession au pouvoir une analyse psychique circonstanciée. Il en fut ainsi avant le putsch (voir l’article : « Le général limogé ou la solution à la crise » ) au moment du putsch ( Voir : « Analyse psychique d’un général (deux fois) putschiste, chef d’Etat ».) et au cours du putsch ( L’homme qui putsche plus vite que son ombre: Approche psychique d’un général emprisonnant  et  La politique d’Aziz : la terre brulée ).

Enfin, une analyse contextuelle,, lui fut consacrée (voir: Le manuel du parfait putschiste). Tout comme des analyses furent consacrées à ses collègues ( voir: Petit guide non illustré pour comprendre les militaires) et à leurs victimes en Mauritanie (voir l’article « Sur le Divan : Analyse psychique d’un peuple qui se démène »).

Aujourd’hui, Aziz a atteint le summum de son psyché, au sens de la  psychologie analytique. C’est-à-dire “l’intégralité des manifestations conscientes et inconscientes de la personnalité et de l'intellect humain”1. Ces manifestations apparaissent aujourd’hui chez le général Aziz comme un ensemble de comportements qui tous expriment, une prise de conscience du personnage de la nécessité… de disparaitre. “Disparaitre”, c’est bien l’état de la personnalité vers lequel tend actuellement le général. Et comme en psychologie analytique, il y a des tendances qui ne trompent pas. Ces tendances se matérialisent actuellement dans des  comportements du personnage que l’on retrouve chez les gouvernants qui cherchent  une porte de sortie. La mobilité excessive, la peur, le scandale, le pillage organisé .

Le syndrome des voyages…en classe affaires.

Aziz voyage de plus en plus. Cela nous rappelle, un précédent qui montre que lorsqu’un chef d’Etat  (ayant de surcroit usurpé le pouvoir) dans un pays sous-développé se met à multiplier les voyages, c’est qu’il a envie de…partir, ou que la pression est telle qu’il ne peut rester en place. Le précédent, c’est Taya, envolé définitivement au Qatar,mais celui qui se mit à voyager avec assiduité pour échapper à la pression (qu’Aziz justement lui faisait subir ) fut sans aucun doute Sidi Ould Cheikh Abdallahi (voir, en son temps, l’article  ici). Aziz voyage et ce n’est que le début d’un aller simple… en classe d’affaires. Des affaires qu’il a commencées depuis qu’il a pris le pouvoir et qui l’enrichissent en enrichissant son entourage. Probablement qu’il aura moins de chance cette fois de tout emporter. En effet, tout un chacun sait maintenant à quoi a servi le pouvoir sous Aziz. Un potentat, au milieu d’un cercle d’individus qu’il enrichit et qui lui retournent la monnaie de sa pièce.Ces individus sont une pléiade  de commerçants et d’hommes d’affaires qui ont négocié l’aéroport de Nouakchott, les espaces s’étendant au Nord jusque Nouadhibou, et au Sud Jusque Rosso, les blocs rouges, la “Fanfare” et jusque les blocs Manivelle. Aziz distribue à tour de bras et enrichit en même temps son BASEP qui lui sert d’anesthésiant de toute l’Armée nationale,  d’engraisser quelques un de ses généraux et autres officiers pour les maintenir dans l’allégeance.

Aziz a fait des ressources nationales son patrimoine. Il attribue les marchés publics au gré-à-gré, dilapide les fonds reçus de l’aide et de la coopération internationale (les fameux 40 millions saoudiens en sont une petite illustration), les ressources des fonds publics (qui peut dire, à titre d’exemple, où sont les millions du Fond des hydrocarbures pour les générations futures?) et ne fait plus qu’octroyer à tout azimut les permis d’exploration. Ici l’Or empoisonne, là le Fer surexploité sans aucun programme public de développement,suivant une gestion sauvage des ressources naturelles. Mais tout cela est en train de retomber sur la tête du putschiste. Aziz va quitter le pouvoir plus vite qu’on le pense. En effet, la mécanique est en train d’échapper au  mécano. Le moteur-Etat est en train de s’emballer,  victime de trop de pression et l’explosion est imminente. Le voyage aussi. Ce qui est certain, c’est que le Qatar ne sera pas la destination finale.

Le spectre de la peur…aux trousses

Aziz est entrain de subir de plein fouet , ce qui depuis son coup d’Etat, il fait planer sur le peuple mauritanien par la menace de ses armes: le spectre de la peur. Il est aujourd’hui dans une situation dont il n’a ni la maitrise ni les capacités d’en saisir les conséquences à court terme. La valse des généraux à la tête de la Sureté nationale, le mandat d’arrêt international contre Ould Chafii n’en sont que l’expression fébrile. Le général se sent plus que jamais à découvert. En effet, sa protection française qui l’a impliquée dans le piège de poursuite d’ Al Qaida hors de nos frontières (avec les désastres que l’on sait sur la sécurité du pays),ne tient plus qu’aux prochaines élections; ses voisins le Maroc et l’Algérie ne supportent plus ses volte-faces et risquent de l’abandonner dans les sables de sa médiocre diplomatie et de ses sympathies iraniennes qui ne disent pas leur nom. Aziz sait qu’il est seul, qu’il a peur.Alors l’expression, de cette peur n’est autre que l’agressivité dont il fait montre jusque dans ces relations avec ses collaborateurs. Si les ministres de Aziz insultent tout le monde, jusque les représentants du peuple (qui certes sont devenus relatifs depuis leur non renouvèlement )  au sein des Assemblées, c’est qu’ils tirent de leur maitre le même caractère. Ils perpétuent une chaine de la frustration au bout de laquelle ils se balancent. Aziz avait déjà montré ses “capacités”de dédain et de frustration dans lequel il plaçait tant ses collaborateurs que ses interlocuteurs. sa phraséologie de l’époque du putsch (voir l’article : De la phraséologie du général) présageait déjà de l’attitude du personnage.Aujourd’hui, le général, a davantage développé cette “capacité” sous le poids d’un stress que lui cause aujourd’hui l’ébullition de toute la sous-région (des révolutions aux Touaregs en passant par Al-Qaïda et le Sénégal en poudrière.). Aziz connait aussi beaucoup de choses sur ce que le pays est devenu, en servant de plaque tournante de la drogue en Afrique de l’Ouest. Il est fort probable, que la loi de l’Omerta qui existe en haut-lieu sur le grandes fortunes mauritaniennes issues du trafic de drogue et sur les couvertures qui leurs sont assurées, risque d’être bientôt levée et cela inquiète beaucoup de soutiens actuels d’Aziz, qui, sans ce dernier sont exposés au pire. Ils pourront mettre le pays à feu et à sang. Aziz, subit cette pression qu’il gère en faisant prévaloir l’impunité. Les médiocres  résultats obtenus dans la répression des acteurs de la drogue, la fuite des principaux responsables (pourtant souvent appréhendés), le laxisme de la justice en sont les signes les plus évidents . Le général ne pourra pas cacher longtemps l’hystérie qui ne tardera pas à lui faire commettre l’irréparable. Wait and see, comme disent actuellement les Qataris.

Le père, le fils…et le saint esprit

Il est certain que l’enfant du général n’est pas celui de Victor Hugo. Personne n’a applaudit quand il parut et il y eût même des victimes dans le cercle de famille. Le père sévissant sur l’Etat, l’enfant  dans la société. Détention d’arme à feu, tir à bout portant, témoins oculaires, libéré sous banale caution, libre par la volonté du père et  une justice du Saint Esprit. La trinité de l’illégalité.

Le comportement du fils, perpétuant celui du père.Les enfants ne sont-ils pas souvent à l’image de leurs parents. Une jeune fille innocente en a lourdement souffert, sa famille aussi et Aziz n’en a cure.c’est exactement la même image  que perpétue le père. Une société mauritanienne menacée à bout portant par un général , le fils a tiré, le père tire tous les jours sur les espoirs du pays. Le fait divers du fils du putschiste qui tire sur une innocente, avait un certaine logique car le putschiste ayant lui-même pris les armes contre la République, lequel est le plus condamnable? Attenter  à la vie d’une personne, et attenter au devenir de toute une nation, n’est-ce pas deux crimes, qui se retrouvent dans le code pénal et dans le code martial?

Seulement le putschiste a été légalisé dans le même esprit de ceux qui ont acquitté, sans procès, son fils. La Mauritanie n’en a pas fini d’abriter des fayots de la République et des sous-fifres de coups d’Etat. Comme quoi la justice est au service du détenteur du pouvoir. Psychologiquement Aziz le sait depuis qu’il vivait à l’ombre du pouvoir du temps de Taya. Il a vu comment pouvaient se manipuler les courtisans et comment les utiliser tout en restant dans l’ombre.  Aziz, à défaut d’être intelligent (peut-on être intelligent et putschiste?) est un manipulateur aguerri. Il a cependant un point  faible, il a besoin de la soumission de ceux qu’il manipule  pour arriver à ses fins, c’est autant dire que si la victime lui résiste, il est perdu. Et dans ce cas, son seul geste est de la mettre à l’ombre ( voir l’article L’homme qui putsche plus vite que son ombre: Approche psychique d’un général emprisonnant”). Et Aziz n’aimant pas qu’on lui résiste peu très vite sombrer dans le désespoir à telle point que cela transparait dans son langage ( voir l’article : De la phraséologie du général )

Mais s’il est certain que la démesure du père explique celle du fils.Tel père, tel fils. Il y a des adages qui sont très particulier en général.

Le bâton et le bâtonnier : le Guantanamo azizien

Un Bâtonnier qui écrit à un  Président de la République pour le recevoir, quoi de plus normal. Une demande d’audience dirait-on, suivant les voies administratives quoi de plus normal.  Mais un bâtonnier qui demande une audience au Président de la République…par voie de presse, cela s’est rarement vu. Mais les choses se comprennent mieux si l’on sait que si le bâtonnier est bien le bâtonnier d’un ordre (des avocats en l’occurrence), celui auquel il demande audience est  un général putschiste légalisé. La curiosité est désormais levée. Mais que demande le bâtonnier au général? De le recevoir! Mais laissons au bâtonnier sa doléance et demandons-nous pourquoi il ne veut pas recevoir. Parce que pour Aziz, bâtonnier et chiffonnier,c’est du pareil au même.Inconsciemment, il reprocherait même au bâtonnier son titre puisque c’est lui qui a le bâton…et la carotte. Mais que veux ce bâtonnier d’Aziz? A lire la lettre du bâtonnier, Aziz a tout simplement appliqué aux avocats sa “politique de la terre brulée”. Une politique à laquelle nous avions déjà consacré d’amples développements( voir l’article :La politique d’Aziz : la terre brûlée) et qui dénotait déjà de la volonté du personnage d’appliquer une vieille stratégie militaire: étouffer l’ennemi en lui coupant ses vivres; le priver de ses arrières, sa logistique  ou  son intendance. Il a interdit aux avocats les conventions d’assistance avec les entreprises du secteur public et la rupture “abusive” des conventions d’assistance en cours. Mieux encore, le bâtonnier dénonce ni plus ni moins  “la marginalisation constante de l'ordre des avocats” 2. Et quant à la “Justice” d’Aziz, elle est exposée dans son visage le plus vrai,  par le bâtonnier lui- même: - L'inexécution des décisions de justice et particulièrement les décisions contre l'Etat, l'instrumentalisation de la justice et sa soumission au pouvoir exécutif. Et pour mieux illustrer “l’état de droit” , version Aziz: “graves cas de torture et traitements cruels, inhumains et dégradants” ainsi que les lieux de détentions tenus secrets. Un Guantanamo azizien.

Ce que révèle , la lettre du bâtonnier au-delà de son caractère réquisitoire, c’est bien les dénonciations qu’elle expose au grand jour en révélant comment Aziz manipule tous les rouages de l’Etat. Si un ordre aussi indépendant que celui des avocats n’y a pas échappé, c’est que tout l’appareil d’Etat subit cette dictature du bâton et de la carotte. Dans son approche psychologique du travail,  Douglas Murray McGregor, classerait certainement Aziz chez les adeptes de la “Théorie X” (les individus sont naturellement irresponsables, il faut les contraindre). Aziz est psychologiquement dans une situation perpétuelle de recherche d’assujettissement des autres en leur imposant sa volonté . La réaction du bâtonnier est, en elle-même, une forme de révolte, mais qui ne va pas jusqu’au bout de sa logique. En effet, comment, sachant ce que ce général putschiste légalisé fait comme tort à la nation, à son droit, à sa justice, à ses citoyens, le bâtonnier termine-t-il sa lettre par: “Veuillez recevoir, Monsieur le président, l’expression de notre haute considération” ?  La loi de Murphy –appliquée depuis le putsch par Aziz- entraine-t-elle des effets placebo ?

Les islamistes aux aguets, la misère à l’affût.

Aziz, voit monter vers lui une sourde contestation de son régime et de son pouvoir qui est en train de s’exprimer tout azimut. Les islamistes d’abord qui voyant la montée et l’accession au pouvoir des courants islamistes au Maghreb (Maroc, Tunisie, Libye, Egypte) suite aux révolutions et aux pressions qu’ils ont exercés sur les régimes, n’aspirent désormais plus qu’à faire de même en Mauritanie.La montée au créneau des partis d’obédience islamique et à leur tête Tawassoul, pour vilipender le pouvoir et appeler à l’action,ne sont que les signes avant-coureur qui sont en train de miner  le moral du général. Il a tout fait pour exorciser cette situation dans son esprit, en voyageant en Tunisie (terre de révolte) , en requérant l’intermédiation de Ould deddew qui la refusa. Le laissant en rade face à cette menace.De l’autre côté gronde, ensuite, les revendications politiques de l’opposition qu’Aziz a voulu castrer en la divisant en s’assujettissant Ould Boulkheir (APP) et Boidiel (Wiiem), mais qui appelle elle-aussi à la révolte. Les “marginaux”, mais non point virulents activistes de l’IRA-Mauritanie donnent du fil à retordre à l’image du général et à sa politique ségrégationniste. Mais pire que tout cela la colère la plus profonde est celle qui gronde actuellement dans le ventre de chaque mauritanien terrassé par les conditions de vie misérables et le désespoir quant à son avenir et celui d’un pays que l’on pille sous ses yeux et que l’on piétine tous les jours. Pourtant dans son insouciance de la misère du peuple, Aziz fait augmenter les prix du carburant, faisant exploser les prix des denrées alimentaires et  frappe des billets de 2000 UM pour…résorber l’inflation dans la valeur du papier. Un refuge qui ne couvrirait pas longtemps les affres de la situation socio-économique en Mauritanie.

A force de puiser (dans les ressources), on n’épuise (ses ressources)

Il ne fait pas de doute que face à tant de pressions,  Aziz est sujet psychiquement au “burnout”, c’est-à-dire au syndrome d’épuisement professionnel.

Au sujet de ce syndrome, Herbert J. Freudenberger  écrivit: “En tant que psychanalyste et praticien, je me suis rendu compte que les gens sont parfois victimes d’incendie, tout comme les immeubles. Sous la tension produite par la vie dans notre monde complexe leurs ressources internes en viennent à se consumer comme sous l’action des flammes, ne laissant qu’un vide immense à l’intérieur, même si l’enveloppe externe semble plus ou moins intacte. »3

En effet, Aziz , ne tiendra pas longtemps face à la pression qu’il subit. Ses réactions seront certes encore des soubresauts  comme tous ceux qu’il a eu jusque-là . Diviser, acquérir, manipuler pour empêcher toute force qui le déstabiliserait de se constituer.”Le dialogue sans tabou” auquel il appelle actuellement en est l’exemple. Mais le jeu est depuis longtemps compris et face à la complexité (interne, régionale et internationale) Aziz ne saura pas gouverner. En renversant l’ex- président, Aziz est sorti de l’ombre. Il a toujours manœuvré dans l’ombre. Il ne pouvait s’imaginer que la lumière pouvait être si brutale. Burnout.

Pr ELY Mustapha

Notes:

1. http://fr.wikipedia.org/wiki/Psych%C3%A9

2. http://cridem.org/C_Info.php?article=625608

3.Herbert J. Freudenberger “L'épuisement professionnel : "la brûlure interne". Editions Gaëtan Morin. 1987

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Poésie de la douleur.