Lieu : Une suite privée à l'hôtel Belvédère,Janvier 2026. Davos. Dehors, il neige. Dedans, Donald Trump boit un Coca Light, entouré de graphiques boursiers. Le journaliste tente de garder le cap…
Le Journaliste : Monsieur le Président, merci de me recevoir. Tout le monde à Davos parle de votre discours sur le protectionnisme américain. Mais vous, vous semblez obsédé par une carte de l'Afrique de l'Ouest posée sur votre bureau. Pourquoi la Mauritanie, et pourquoi maintenant ?
Donald Trump : Regardez par la fenêtre. De la neige, des banquiers ennuyeux, et du chocolat hors de prix. La Suisse, c’est fini. C’est un musée. J'ai dit à Klaus Schwab ce matin : "Klaus, ton pays est minuscule". Il n'a pas aimé. Mais regardez cette carte. La Mauritanie. C'est énorme. C'est deux fois la France, mais sans les grèves et sans les impôts socialistes. C’est un terrain de jeu immobilier et énergétique vierge. La Suisse gère la richesse des autres ; la Mauritanie est assise sur sa propre richesse. Et croyez-moi, personne ne connaît l'immobilier comme moi. C’est un "asset play" (jeu d'actifs) de classe mondiale.
Le Journaliste : C'est une comparaison audacieuse. Mais parlons technique. Le FMI s'inquiète de la dette mauritanienne. Le projet gazier GTA (Grand Tortue Ahmeyim) a connu des retards techniques majeurs, l'inflation des coûts (CAPEX) a explosé. N'est-ce pas un investissement risqué pour l'Amérique ?
Donald Trump : Le FMI ? Des gens très désagréables. Ils ne comprennent pas le "leverage" (effet de levier). Vous parlez de dette, je parle d'investissement. GTA est retardé, oui, parce que BP est devenu trop "woke". Ils s'inquiètent trop des poissons et pas assez des tuyaux.
Mais voici la réalité technique, c’est du FLNG (Floating Liquefied Natural Gas). Des usines flottantes. C'est une technologie magnifique. Quand le gaz sortira - et il va sortir, croyez-moi, j'ai mis la pression sur les PDG -, la Mauritanie ne sera plus un pays pauvre. Elle aura un cash-flow en dollars US. Le ratio dette/PIB ? On s'en fiche quand vous avez des réserves prouvées de 15 TCF (trillions de pieds cubes) de gaz. C'est du collatéral pur. Je dirais aux Mauritaniens : "Ne payez pas le FMI, payez-nous en gaz". C'est le deal.
Le Journaliste : Vous abordez là un point crucial : la monnaie. La Mauritanie a sa propre monnaie, l'Ouguiya. Elle n'est pas dans la zone CFA. Est-ce un atout ou une faiblesse pour attirer les capitaux américains ?
Donald Trump : J'adore ça. Ils ont leur propre monnaie. Ils contrôlent leur Banque Centrale. Ils ne dépendent pas d'une banque à Paris ou à Francfort. C'est très "America First" dans l'esprit. L'Ouguiya... nom difficile à prononcer, très difficile, mais j'aime l'idée.
Cependant, pour faire du business avec moi, il faut parler Dollar. Le roi Dollar. Je ne veux pas être payé en Ouguiya. Ce que je propose au Président Ghazouani - un type très bien, très fort, un général, j'aime les généraux -, c'est une "dollarisation" de leurs exportations d'énergie. Ils vendent le gaz en dollars, ils achètent nos équipements miniers Caterpillar et nos avions Boeing en dollars. Le cycle est bouclé. Pas d'Euros. L'Euro est une monnaie fatiguée.
Le Journaliste : Parlons du voisinage. Le Sahel est une zone de "non-droit" financier et sécuritaire. Le Mali et le Niger ont chassé la France et l'Occident pour se jeter dans les bras de la Russie. La Mauritanie est entourée par le chaos. Le risque pays (Country Risk) n'est-il pas prohibitif pour Wall Street ?
Donald Trump : C'est là que vous vous trompez. Le chaos crée des opportunités. Si tout était sûr, les rendements seraient faibles, comme vos obligations suisses à 1%. La Mauritanie est le dernier bastion. C'est le mur. J'ai construit un mur au Mexique, je sais de quoi je parle. La Mauritanie est le mur entre l'Atlantique et les terroristes du Sahel.
La Russie ? Poutine ? Je le connais bien. Il veut l'Afrique. Mais il ne peut pas offrir ce que j'offre. Wagner offre des mercenaires. Moi, j'offre la prospérité. J'ai dit à Nouakchott : "Si vous restez avec l'Oncle Sam, je m'assurerai que personne ne touche à votre frontière". Pas besoin de soldats américains au sol, juste notre technologie de surveillance satellite et nos drones. En échange ? Priorité aux entreprises américaines sur l'uranium et l'or. Les Chinois sont là-bas, à creuser partout. Je n'aime pas ça. Ils construisent des ports moches. Nous allons les virer, mais poliment. Économiquement.
Le Journaliste : Vous avez mentionné l'or. La mine de Tasiast est énorme. Mais la Mauritanie parie aussi sur l'hydrogène vert. Des projets à 40 milliards de dollars pour de l'ammoniac vert. C'est l'avenir de la transition énergétique...
Donald Trump : (Il lève les yeux au ciel et soupire bruyamment). L'hydrogène vert... Encore une fantaisie pour faire plaisir aux écolos de Davos. Vous savez combien d'énergie il faut pour faire ça ? C'est ridicule. Mais... attendez. J'ai vu les photos du désert mauritanien. Il y a du vent. Beaucoup de vent. Et du soleil qui tape dur.
Si les Européens veulent jeter leur argent par les fenêtres pour acheter de l'hydrogène mauritanien à prix d'or, je dis "Bravo la Mauritanie". Prenez leur argent ! C'est le business. Mais moi, ce qui m'intéresse, c'est le fer. La SNIM (Société Nationale Industrielle et Minière). Ils ont des trains... vous avez vu ce train ? Le plus long du monde. J'adore les trains. J'en ferai un encore plus grand, plus beau. Un train Trump pour transporter le minerai de fer directement vers des aciéries que je ferai rouvrir en Pennsylvanie. L'acier mauritanien pour construire des gratte-ciels américains. C'est ça la vision. Pas des moulins à vent.
Le Journaliste : Monsieur le Président. Vous semblez voir la Mauritanie comme une entreprise. Si vous deviez lui donner un conseil de "CEO à CEO", quel serait-il ?
Donald Trump : C'est simple. "Location, location, location" (L'emplacement, l'emplacement, l'emplacement). Ils sont en face de la Floride, de l'autre côté de l'étang.
Mon conseil : Oubliez l'aide au développement. C'est pour les perdants. Devenez le hub logistique de l'Atlantique Sud. Et aussi... j'ai vu la côte près de Nouadhibou. Il y a du sable magnifique. Le meilleur sable. Pourquoi n'y a-t-il pas un Trump International Golf Links là-bas ? Avec vue sur l'océan ?
Sérieusement, la Mauritanie doit choisir. Être la petite Suisse de l'Afrique - riche, neutre et ennuyeuse (mais en sécurité) - ou devenir le Venezuela - riche, socialiste et ruiné. Avec moi, ils seront la Suisse, mais avec plus de pétrole et de meilleurs terrains de golf. C'est le "Trump Guarantee".
Le Journaliste : Monsieur le Président, permettez-moi de relever une ironie savoureuse, presque comique. Lors de sa visite à la Maison Blanche, le Président mauritanien Ghazouani a fait preuve de modestie en qualifiant la Mauritanie de "petit pays" face à la puissance américaine.
Hier, ici même à Davos, vous aviez dit que le Président de la Confédération Suisse vous a dit au téléphone exactement la même chose : "Nous sommes un petit pays". Mais lui, c'était pour vous supplier de ne pas imposer vos fameux droits de douane de 39 % sur l'horlogerie de luxe.
Est-ce que "Je suis un petit pays" est devenu le nouveau mot de passe pour entrer dans le bureau ovale ? "Bienvenue au club", en quelque sorte ?
Donald Trump : (Il éclate de rire, un rire court et sec). C'est drôle que vous disiez ça. "Le Club des Petits Pays". J'aime bien le titre. Mais attention, c'est du "Fake News". Ce n'est pas le même club. Pas du tout. C'est deux salles, deux ambiances.
Regardez le Suisse. Il arrive, il tremble. Il porte une montre à 50 000 dollars, mais il pleure pour une taxe. Il me dit : "Donald, s'il vous plaît, nous sommes petits, ne nous tuez pas avec 39 %".
Pourquoi 39 % ? C'est un chiffre magnifique. Pas 40, ça fait rond. Pas 38, ça fait faible. 39 %, ça fait peur. C'est psychologique.
Le Suisse utilise l'argument du "petit pays" comme un bouclier. C'est de la défensive. Ils veulent protéger leurs marges bénéficiaires sur des produits inutiles. Des montres ? J'ai l'heure sur mon téléphone. Qui a besoin d'une montre suisse aujourd'hui ? Personne. C'est un marché de vanité. S'ils sont petits, c'est leur problème. S'ils veulent éviter la taxe, ils doivent acheter nos avions de chasse F-35, pas les Rafale français. C'est ça, la transaction.
Le Journaliste : Et pour la Mauritanie ? Le Président Ghazouani a utilisé les mêmes mots...
Donald Trump : Mais avec une intention totalement différente ! C'est là que vous devez être un expert en "Body Language", ce que je suis. Personne ne lit les gens mieux que moi.
Quand le Général Ghazouani me dit "Nous sommes un petit pays", c'est de la fausse modestie. C'est une tactique de négociation intelligente. Il sait qu'il est assis sur une mine d'or - littéralement.
En disant "Je suis petit", il me dit en réalité : "Donald, je suis une Small Cap (société à petite capitalisation) avec un potentiel de croissance de 1000 %. Achetez mes actions maintenant avant qu'elles n'explosent".
La Suisse est une "Blue Chip" mature et ennuyeuse qui essaie de ne pas perdre de parts de marché. La Mauritanie est une start-up agressive qui cherche du Venture Capital.
Le Journaliste : Donc, si je comprends bien votre "Trump Economics", être un "petit pays" pour la Suisse, c'est un aveu de faiblesse face à vos tarifs douaniers punitifs. Mais pour la Mauritanie, c'est un argument de vente pour attirer l'investissement direct étranger (IDE) ?
Donald Trump : Exactement ! Vous commencez à comprendre, c'est bien.
Le Président suisse a peur de mes tarifs parce qu'il n'a rien d'autre à vendre que du luxe et du chocolat. Si je taxe les Rolex, Genève fait faillite. C'est un "Levier Négatif".
La Mauritanie ? Je ne peux pas mettre de tarifs sur ce qu'ils ont. Vous croyez que je vais taxer le gaz naturel dont le monde a désespérément besoin ? Vous croyez que je vais mettre des droits de douane sur l'or ou le poisson ? Jamais. Ce sont des commodités stratégiques. La demande est inélastique.
Donc Ghazouani est en position de force, même s'il prétend être petit. Il a un "Levier Positif". Il vient me voir et me dit : "Aidez-moi à développer ça". Le Suisse vient me voir et me dit : "Ne me faites pas mal".
C'est toute la différence entre un partenaire et une victime. Et je préfère les partenaires. Surtout quand ils ont des uniformes militaires. Ça montre qu'ils sont sérieux.
Le Journaliste : C'est une vision fascinante. Le "petit pays" riche en ressources est donc plus puissant que le "petit pays" riche en capitaux ? C'est une revanche du Sud Global sur le Nord ?
Donald Trump : N'utilisez pas ces mots "Sud Global", c'est du vocabulaire de perdants des Nations Unies.
Parlons de Real Assets (Actifs Réels) contre Paper Assets (Actifs Papier). La Suisse, c'est du papier. La Mauritanie, c'est du réel. En temps de paix, le papier gagne. Mais regardez le monde! L'Ukraine, Gaza, la Mer Rouge... Nous sommes en économie de guerre. En économie de guerre, le papier brûle, mais le gaz chauffe et l'acier protège.
Donc oui, bienvenue au "Club des Petits Pays". Mais dans ce club, la Mauritanie est assise à la table VIP avec l'Arabie Saoudite et le Texas, tandis que la Suisse sert les cocktails et espère que je ne renverse pas la table.
D'ailleurs, dites, en passant, au Président suisse que s'il veut baisser le tarif à 10 %, il devrait peut-être investir dans ce projet gazier mauritanien avec nous. On appelle ça de la "synergie". Je devrais faire payer des royalties pour des idées aussi géniales.
Le Journaliste : Monsieur Trump, avant de nous quitter, redescendons sur terre. Vos analyses macro-économiques sont fascinantes pour les banquiers de Davos, mais parlons du quotidien. Aujourd'hui, à Nouakchott, les files d'attente s'allongent devant les stations-service. Il y a des pénuries de carburant récurrentes.
C'est le paradoxe ultime : un pays qui s'apprête à inonder le monde de gaz, mais dont les citoyens ne peuvent pas faire le plein de leur taxi. Qu'avez-vous à dire au chauffeur de taxi mauritanien coincé dans une file d'attente sous 40 degrés ?
Donald Trump : (Il devient soudainement très sérieux, se penche en avant). C'est ce que j'appelle "l'Incompétence Logistique". C'est improductif. Vous marchez sur des milliards de dollars de gaz, mais votre voiture est à sec ? C'est comme mourir de soif au milieu de..de l'océan.
C'est là que "l'Effet Groenland" entre en jeu. Vous vous souvenez quand j'ai voulu acheter le Groenland ? Les médias "Fake News" ont ri. Le Danemark a été très impoli, très méchant ("nasty"). Ils ont dit : "Ce n'est pas à vendre".
Mais pourquoi je voulais le Groenland ? Pas pour la glace. Je déteste le froid. Je le voulais pour l'énergie et les minéraux stratégiques.
Voici ma promesse : Si j'avais acheté le Groenland, je vous garantis qu'aujourd'hui, chaque habitant de Nuuk (oui, oui, c'est le f... name de cette capitale de ce morceau de glace, qui est l'Iceland....ou le Gorenland...qu'importe.) aurait le chauffage gratuit et de l'essence à 10 cents le gallon. Pourquoi ? Parce que quand l'Amérique gère l'exploitation, nous ne faisons pas que creuser. Nous créons la "Verticalité".
Le Journaliste : La verticalité ? Vous voulez dire le raffinage sur place ?
Donald Trump : Exactement ! Le problème de la Mauritanie, c'est qu'ils ont le "Upstream" (l'extraction), mais ils ont laissé le "Downstream" (le raffinage et la distribution) à des amateurs ou à des traders européens qui se sucrent au passage.
Mon message aux Mauritaniens est le suivant : Ne laissez pas les bureaucrates gérer vos pompes à essence. Regardez le Groenland : ils sont toujours pauvres et dépendants du Danemark. Ils ont raté le train Trump. Ne ratez pas le vôtre.
Si je suis aux commandes, voici ce qui va se passer. Je n'envoie pas seulement des foreurs de BP. J'envoie des ingénieurs pour construire des raffineries modulaires américaines sur la côte mauritanienne.
L'Effet Groenland, c'est ça : Quand c'est "US Operated", il n'y a pas de pénurie. Jamais.
Le Journaliste : Donc, votre solution à la pénurie, c'est une sorte de mise sous tutelle énergétique ?
Donald Trump : Pas une tutelle. Un partenariat agressif.
Écoutez, j'adore les voitures. J'aime les grosses voitures. Les Mauritaniens devraient conduire des Cadillac Escalade, pas des petites Toyota fatiguées. Mais pour ça, il faut du carburant.
Si le Groenland était américain aujourd'hui, ce serait le Dubaï de l'Arctique.
La Mauritanie peut être le Dubaï de l'Atlantique. Mais pour ça, il faut arrêter d'envoyer tout le gaz en Europe pour sauver les Allemands qui ont fermé leurs centrales nucléaires.
Gardez une part pour vous ! C'est le principe "America First", appliqué à la Mauritanie : "Mauritania First".
Dites à votre Président : Donnez les clés du sous-sol à Trump Energy, et je vous promets que dans deux ans, l'essence coulera tellement à flots que vous pourrez remplir vos piscines avec. Plus de files d'attente. Juste de la puissance. C'est ça, l'avenir. Et c'est beaucoup mieux que d'être une "petite Suisse".
Ps : Interview fictive, fictivement menée.
Pr ELY Mustapha

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