vendredi 23 janvier 2026

Depuis Davos : Les Européens regrettent d’avoir découvert l’Amérique. Par Pr ELY Mustapha


Cette année à Davos, le mot d’ordre n’était ni « croissance verte », ni « résilience numérique ». Non, l’expression la plus prononcée entre deux coupes de champagne sans bulles et trois regards crispés sur l’indice Nasdaq fut : « On aurait mieux fait de ne jamais traverser l’Atlantique. »

Dans les couloirs, un commissaire européen, manteau intelligent et conscience propre, résumait la situation :

« On a exporté la Renaissance, et ils nous ont renvoyé TikTok et Donald Trump. »

Le bilan historique, dressé à la suissesse - précis, discret et hors de prix - fut cruel. Cinq siècles après Christophe Colomb, l’esprit européen nage dans le regret : l’Amérique aurait dû rester un concept géographique, pas un modèle économique.

Pendant que les délégations discutent du futur de la démocratie libérale, un ministre portugais, nostalgique des caravelles, murmure en aparté (com vinho tinto, évidemment) :

« Se soubéssemos o que vinha aí, tínhamos virado para o sul e descoberto o Brasil mais cedo. Aí pelo menos tínhamos carnaval! » (Ce qui signifie pour ceux qui ne jouent pas des maracas : "« Si nous avions su ce qui allait arriver, nous aurions mis le cap vers le sud et découvert le Brésil plus tôt. Au moins, nous aurions eu le carnaval ! »)

Les Français, toujours prompts à dégainer des aphorismes, évoquent « le Grand Remord ». Les Allemands, eux, proposent un Green Plan pour “replanter des principes là-bas”. Et les Italiens, pragmatiques, suggèrent simplement de racheter la Californie en cryptomonnaie, « vu que tout est à vendre ».

Mais la palme du réalisme revient à un jeune économiste espagnol, ironique et goguenard :

« En fin de compte, si on regrette, c’est peut-être parce qu’on a découvert l’Amérique deux fois : une fois avec Colomb… et une autre avec Netflix. »

Au dernier jour du Forum, un vieux banquier suisse, caressant son gilet en cachemire, conclut avec un sourire :

« Et dire que tout ça a commencé par un malentendu. Ils cherchaient les Indes. Aujourd’hui, c’est nous qui les cherchons encore. »

Epílogo à la portugaise : C'est la faute à Christophe.

Le soir venu, dans les bars de Davos, les rires ont refait surface - nerveux, glacés, sincères peut-être. Entre deux gorgées de vin chauffé, un vieux fonctionnaire européen a conclu en regardant la montagne :

« Décidément, on n’aurait jamais dû envoyer Christophe Colomb. On aurait dû envoyer Spinoza. Au moins, il aurait réfléchi avant d’y aller. »

Le ministre portugais, toujours présent, a souri, le regard dans le vide :

« América, meu amor, foste a nossa maior descoberta… e o nosso maior equívoco. »

Et au loin, dans la nuit glaciale, un écho ironique sembla répondre, un écho avec une touffe orange du côté de Mar-a-Lago , porté par le vent :

« Thanks, Europe. Here the West Indies, LOL. We’ll send you the invoice. »

Pr ELY Mustapha

 


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Poésie de la douleur.