jeudi 12 février 2026

Bonnet d’âne : Mauritanie le mauvais élève. Par Pr ELY Mustapha

La cloche de la transparence vient de sonner… et, sans grande surprise, la Mauritanie se retrouve encore au fond de la classe, carnet rouge à la main et bonnet d’âne vissé sur la tête. Avec un score qui peine à dépasser le niveau de la nappe phréatique ,  bien en dessous des 50 sur 100 de l’indice de perception de la corruption 2025 ,  le pays vient de prouver qu’il ne maîtrise toujours pas la matière intitulée « bonne gouvernance ».


Transparency International, le professeur le plus redouté des chancelleries, a rendu sa copie : 122 pays sur 182 ont raté l’examen, et la Mauritanie figure fièrement dans le peloton de queue, là où les cancres comparent leurs zéros comme des médailles. Il faut dire que l’examen ne pardonne pas : démocratie fragile, politisation du système judiciaire, influence politique abusive, rétrécissement de l’espace civique… bref, le cahier de doléances habituel.


Mais rassurez-vous, notre gouvernement a déjà pris les choses en main. Devant un Parlement mi-somnolent, mi-amusé, le Premier ministre , a brandi sa règle : « 11 dossiers transmis à la justice et des dizaines de fonctionnaires sanctionnés ! » Tonnerre d’applaudissements dans la salle. On imagine la scène : un contrôle musclé dans le dortoir pendant que les gros poissons dorment à poings fermés. Les petits copistes, eux, finissent au piquet.


Il faut reconnaître une certaine cohérence nationale : la Cour des comptes, en octobre dernier, avait déjà souligné les copies tâchées d’encre et les signatures suspectes. Difficile donc de blâmer Transparency : quand les preuves sont écrites noir sur blanc, il ne reste plus qu’à corriger… ou à déchirer la page.


Au fond, ce résultat n’est pas un échec, mais une tradition. Dans la grande salle de classe mondiale, la Mauritanie tient le rôle du redoublant sympathique : toujours jovial, jamais studieux, et convaincu que copier sur ses voisins est une stratégie de réussite durable. Pendant que les premiers de la classe suent sur la réforme et la transparence, nous préférons l’art du « détour administratif », matière optionnelle mais très pratiquée.


Reste à espérer qu’un jour, la Nation troquera son bonnet d’âne contre une casquette de major de promotion. En attendant, bravo pour la constance : douze ans que la note stagne, c’est ce qu’on appelle la stabilité institutionnelle.

Pr ELY Mustapha


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Bienvenue,

postez des messages respectueux des droits et de la dignité des autres. Ne donnez d'information que certaine, dans le cas contraire, s'abstenir est un devoir.

Pr ELY Mustapha

Nombre total de pages vues

Nombre de visiteurs

Poésie de la douleur.