vendredi 20 mai 2016

Plaidoirie : Aziz, ne quittez pas le pouvoir !



Ce n’est pas parce qu’un bâtonnier, honteusement, vous a remis sa robe, qu’un juge, se déjugeant, vous a fait allégeance, que des intellectuels ont renié leur dignité, pour servir, bassement, votre cour que vous devrez compter sur leur clémence quand vous serez parti. Ils se retourneront contre vous à la même vitesse où ils vous ont rejoint. Car depuis que les régimes militaires ont assujetti ce peuple, « les vices sont devenus des vertus ».
Alors accrochez-vous et ne quittez pas le pouvoir car ce qui vous attend, sera à la mesure de l’ingratitude de vos serviteurs. Ce qui, vous vous en doutez bien, est incommensurable. 

Quelle conclusion mécanique pourriez-vous en tirer ?

La voici : n’importe quel juge d’instruction pourra lancer contre vous un mandat d’arrêt (international, si nécessaire) pour détournement de biens publics, de « génocide » économique, de fraude, de dilapidation des biens publics et même un procès pour...coups d’Etat.
Pour vous éclairer, voici une ébauche de plaidoirie à votre procès (par contumace ?) que n’importe quel avocat pourrait tenir (en votre absence, bien entendu) :

«Monsieur le Président, votre honneur, honorables assesseurs,

En prenant par la force le pouvoir en Mauritanie, Ould Abdelaziz a balayé d’un revers de baïonnette tous les espoirs d’un peuple.

Il a avili toute une nation, il a miné l’administration, crée la zizanie et la division au sein de la population, il a pillé les ressources publiques, vidé les caisses de l’Etat, soumis le pays à la pire des pauvretés, confisqué le développement du pays, hypothéqué ses relations économiques, corrompu ses cadres, spolié ses valeurs et réduit ses enfants à la misère courtisane… Et voilà qu’il se réfugie en toute impunité auprès d’un pays ami ! Ce n’est pas le culot qui manque à ce mécanicien d’infanterie qui a si bien tripoté la machine-Etat qu’à défaut de pouvoir la faire démarrer décide de l’abandonner sur la pente de ses méfaits.

Le général Ould Abdelaziz devra rendre compte de tout le mal, qu’il a causé au pays durant ses deux mandats. Il a mis le pays au banc du monde, il en a fait le pays de ceux qui ne méritent pas la démocratie. Un peuple de berbéro-arabo-négro-africains qu’il a spolié et réduit en détraqués chercheurs d’or fictif qui sont la risée de toute la planète. Il en a fait un pays que les dictatures arabes et autres veulent récupérer en en faisant l’exemple même de ce qui pourrait le mieux arriver à ceux qui aspireraient à la Démocratie.

Le général en cavale Ould Abdel Aziz doit rendre compte des crimes sociaux et économiques qu’il a commis. Il doit rendre compte pénalement et martialement de ses actes de trahison à l’égard de la nation et de ses dirigeants élus.
Pour les crimes économiques, ould Abdel Aziz laisse un pays exsangue dont les populations se démènent dans le dénuement le plus absolu, dont les hôpitaux sont des mouroirs et les enfants étalés dans les rues entre mendicité, drogue, prostitution et criminalité. Il est accusé d’avoir vidé les caisses de l’Etat et les maigres ressources de la nation dans son ambition personnelle, démesurée et sa soif d’un pouvoir qu’il a voulu conserver au mépris de l’intérêt de tout un peuple.

Il a encouragé une mafia de fonctionnaires et de politiques, issus tant du législatif, de l’exécutif que du judicaire par lesquels il s’est assuré l’assujettissement de franges entières de la population. Il a exploité les tribus, les oulémas, et même les étrangers pour s’allier à sa cause. Il a usé pour cela du Trésor public, de ses ministres qui négocient des contrats déséquilibrés et qui bradent les ressources nationales pour une reconnaissance du général et de sa junte. Il a corrompu les médias, transformé la presse officielle en ondes et papiers de mensonges ridiculisant jusque l’Etat lui-même

Ould Abdel Aziz doit être accusé d’avoir dilapidé les biens publics et reconnu coupable de détournement de biens publics et tous ceux qui ont soufferts de sa mégalomanie sont invités à se constituer partie civile, en somme tout le peuple.
Un mandat d’arrêt doit être lancé contre lui pour avoir durant ses années  embrigadé et mis tout un peuple dans un camp de concentration en usant de la peur et de la menace et en emprisonnant à tour de bras en manipulant, à travers des magistrats véreux, le système judiciaire.

Monsieur le Président, votre honneur, honorables assesseurs, 

D’avoir privé des populations entières de leurs maigres ressources entrainant leur mort dans les hôpitaux faute de soins, en les privant des infrastructures qui assurent leur protection et leurs survies, en les réduisant à la mendicité quotidienne sans espoir de relèvement, Ould Abdel Aziz se doit d’être poursuivi là où il se trouve !

 Le taux de mortalité infantile n a fait que croitre, l’espérance de vie s’est détériorée, l’éducation bat de l’aile, et aucune réalisation sociale ou économique ne s’est faite. Tirant le pays encore davantage dans les affres des pays les plus sous-développés et les plus endettés.
Ould Abdel Aziz doit rendre compte de ses actes devant la justice. Tant à l’échelle nationale qu’internationale.
A l’échelle nationale, il doit subir des sanctions que tout putschiste se doit de subir à savoir l’application des dispositions répressives du code pénal. Et aucune amnistie, ni disposition constitutionnelle n’est recevable à l’encontre du génocide socio-économique d’un peuple et de son devenir.

Il doit rendre compte : 


-          des agissements de sa famille : un fils impuni, détenteurs d’armes à feu, ayant porté gravement atteinte à l’intégrité physique d’une personne innocente et qui court encore les rues ; mieux encore il est gestionnaire d’une association familiale appelée avec euphémisme Fondation.

-          des biens et de l’usage des biens d’une fondation qui s’est fondée au mépris de toutes les lois de la gestion et des finances publiques

-          de l’enrichissement faramineux de ses proches et moins proches

-          des exactions subis par des centaines d’opposants à son régime

-          des jugements de tribunaux auto-administrés par l’exécutif à l’encontre de mouvements politiques.

-          de la criminalité qui a pris son essor en Mauritanie et qui est entretenue pour engendrer la peur des citoyens.

-          de l’appauvrissement du pays et de la détérioration des revenus des ménages.

-          du pillage des richesses du pays par une nomenklatura à laquelle il n’a apporté aucune limite

-          de l’octroi des marchés publics à la parentèle et autres commerçants véreux

-          du bradage et de la vente des institutions de l’Education et de la culture au profit de marchands d’accointance.

-          de la corruption qui gangrène le pays et qu’il a laissé faire.


Monsieur le Président, votre honneur, honorables assesseurs,

Le général Abdelaziz est coupable jusque dans l’origine de son accès au pouvoir au mépris de toute une nation.

Ainsi, le général Ould Abdelaziz s’étant opposé au décret du Président de la République le limogeant il soit se voir appliquer la loi pénale notamment :

ART. 182. - Tout fonctionnaire public, agent ou préposé du gouvernement, de quelque état et grade qu'il soit, qui aura requis ou ordonné, fait requérir l'action ou l'emploi de la force publique contre l'exécution d'une loi ou contre la perception d'une contribution légale, ou contre l'exécution soit d'une ordonnance ou d'un mandat de justice, soit de tout autre ordre émané de l'autorité légitime, sera puni de la réclusion.

ART. 183. - Si cette réquisition ou cet ordre ont été suivis de leur effet, la peine sera le maximum de la réclusion.

ART. 189. - Tout fonctionnaire public révoqué, destitué, suspendu ou interdit légalement qui, après en avoir eu connaissance officielle, aura continué l'exercice de ses fonctions, ou qui, étant électif ou temporaire, les aura exercées après avoir été remplacé, sera puni d'un emprisonnement de six mois au moins et de deux ans au plus, et d'une amende de 5.000 à 40.000 UM. Il sera interdit de l'exercice de toute fonction publique, pour cinq ans au moins et pour dix ans au plus à compter du jour où il aura subi sa peine, le tout sans préjudice de plus fortes peines portées contre les officiers ou les commandants militaires par l'article 87 du présent code.

Et voici les articles 87 et suivants :

ART. 87. - Ceux qui, sans droit ou motif légitime, auront pris un commandement militaire quelconque, ceux qui, contre l'avis du gouvernement, auront retenu un tel commandement, les commandants qui auront tenu leur armée ou troupe rassemblée après que le licenciement ou la séparation en auront été ordonnés seront punis des travaux forcés à perpétuité.

ART. 88. - Lorsque l'une des infractions prévues aux articles 83, 85, 86 et 87 aura été exécutée ou simplement tentée avec usage d'armes, la peine sera la mort.

A ces dispositions s’ajoutent celles prévues par le code militaire pour la trahison, la rébellion et la prise des armes contre les autorités de commandement

Ould Abdel Aziz se devrait de passer en justice et ce n’est pas en quittant son siège usurpé de chef de l’Etat qu’il échappera à la sanction.

En effet, c’est bien plus l’impunité dans laquelle baignent les putschistes depuis 1978 qui motive les coups d’Etat que la soif de pouvoir elle-même.

Tous ceux qui ont fait des coups d’Etat avaient calculé d’avance leurs « intérêts », dont le moindre est de s’enrichir et de partir rejoindre la vie civile sans être inquiétés.

Pourquoi refait-on les coups d’Etat ? Parce que ceux qui les réalisent reprennent le plus normalement du monde leur vie militaire ou regagnent la vie civile avec en prime les poches pleines et l’avenir assuré par le pillage.

Tous ceux qui ont mis à genou le pays durant des dizaines d’années de putsch ont donné l’exemple de cette impunité qui motive les putschistes d’aujourd’hui et qui motivera davantage ceux de demain.
Il faut que chacun rende compte de ses actes. Les militaires putschistes aussi bien que leurs sbires et autres malfrats civils qui les ont soutenus dans leurs forfaits devront être jugés.
Si l’on ne jugule pas cette impunité, la Mauritanie ne se relèvera jamais.

Monsieur le Président, votre honneur, honorables assesseurs,

Ould Abdel Aziz ne doit pas échapper à un procès en bonne et due forme, que toutes les forces vives de la nation se doivent de réclamer aux juridictions nationales et internationales. Et ce ne sera que justice pour le présent et pour l’avenir.

A l’échelle de la criminalité punie par les juridictions internationales, ould Abdel Aziz est passible de crimes graves.

En effet, lorsque l’on prive des populations entières, durant des années, de leurs moyens de subsistance et qu’on les réduise à vivre dans la misère et la maladie, n’est-ce pas l’équivalent d’un génocide à moyen terme. Acte dont les conséquences sont aussi désastreuses sur la vie des pauvres gens qu’un génocide froidement exécuté par les armes.

Si l’on devait de comptabiliser combien d’individus , hommes, femmes et enfants sont morts trop tôt ou de maladies, de malnutrition ou de manque de soins et de médicaments du fait des politiques prédatrices des régimes militaires précédents et actuels , le nombre équivaudrait bien au pire des génocides, en Europe, en Asie et dans le reste de l’Afrique.

Les putschistes ont causé des « génocides » lents. Une mort lente de milliers de personnes dont les instruments ne sont pas des armes mais dont les conséquences sont les mêmes : la mort et le désarroi des populations.

C’est ainsi que les crimes économiques commis par ces juntes, constituent des crimes contre l’humanité et se doivent d’y être, par leurs effets similaires, assimilés. Une vie assassinée par une balle, et une autre morte de privation des ressources élémentaires de survie, n’est-ce pas toujours une vie que l’on a enlevée ?

Ould Abdel Aziz, en partant, a laissé les caisses de l’Etat vides, il a laissé des concessions de ressources naturelles bradées aux compagnies étrangères. Il a laissé une administration paralysée par des années de gestion par des fonctionnaires incompétents et véreux nommés à la faveur d’un soutien à sa personne.

Ould Abdel Aziz en partant, aura creusé davantage le sous-développement du pays, réduit encore pour plusieurs années les chances d’un quelconque développement, et a fait du pays l’otage futur des grands argentiers de la planète qui ne manqueront pas, vus ses besoins en ressources, à le mettre à genou sous l’endettement que Ould Abdelaziz n’a fait qu’aggraver.

En effet durant tout ce temps passé par la force à la tête de l’Etat, le taux de croissance effectif du pays fut et reste encore largement négatif, un pays dont le revenu national (provenant d’une rente minière et halieutique) a fondu comme neige au soleil, dont les réserves en devises (surévaluées) rivalisent avec le niveau de la mer et dont les entreprises ne produisent plus rien et où le chômage toutes catégories confondues est une catastrophe et une menace pour le lendemain. La crise frappant toute la planète, la Mauritanie a été plongée dans les abysses de la mendicité à venir et de la dépendance perpétuelle.

Monsieur le Président, votre honneur, honorables assesseurs,

En trente ans, et suite aux coups d’Etats successifs que Ould Abdelaziz a perpétués, la société mauritanienne a été dénaturée

La société mauritanienne était bâtie sur une universalité de codes éthiques et de valeurs sociales qui lui donnaient sa dimension de respect et de tolérance. Celle où l’on se devait d’être bon, sage et meilleur en tout. Non pas seulement pour soi mais aussi pour sa famille et pour son pays. Il y avait dans cette société une fierté et une dignité qui prenaient leurs sources non pas dans l’appropriation matérielle, mais dans la possession de l’éducation et du savoir. Cadres et repères de l’homme en société.

 Cette société où la parole était d’or et où l’attachement se faisait plus à la personne elle-même, à son origine, à son savoir, à son éducation qu’à ses biens et ses atours.
Une société matériellement pauvre et spirituellement gigantesque. Cette société où s’entremêlaient la foi, la dignité et le courage. Une société où le courage n’ignorait pas la tolérance et la dignité le pardon.

A cause de ces régimes militaires qui ont perpétué, la violence, la cupidité et la misère, la société mauritanienne d’aujourd’hui, s’entre-déchire autour d’une personne, d’un bien, d’une autorité, d’un pouvoir. Elle a perdu la foi qui maintenait sa cohésion et la conviction en un devenir commun. La société, à force de faire du pouvoir son centre d’intérêt et son ultime sujet, est devenue le reflet de ce pouvoir. Elle a confectionné ses attitudes, ses valeurs et son mode de vie à l’image de ce qui la préoccupe depuis des décennies : le pouvoir.

Ce n’est pas la société qui a imprimé ses valeurs au politique mais l’inverse. Entrainant ainsi une reproduction jusque dans la sphère sociale, des tensions qui l’animent et des tares qui le minent. Les dissensions, l’agressivité partisane, la corruption, le népotisme, l’inimitié, l’esprit revanchard et l’intolérance ont conquis une société entièrement assujettie au politique.

Les conséquences en sont une perte de repère pour toute une société et, à travers elle, sa jeunesse. Les batailles qui se livrent au sommet trouvent leur reproduction dans la violence sociale et la criminalité galopante. Le respect n’a plus de sens puisque ce sont ces personnes qui au pouvoir donnent le mauvais exemple et qui montrent les formes les plus évidentes de l’intolérance et de la cupidité.

Brassée durant des décennies par des régimes politiques entièrement extravertis ne se préoccupant que de conquérir, d’assujettir et de s’enrichir, au mépris du peuple et de sa culture, au mépris de son idéal et de ses valeurs, la société en est devenue le reflet.

Aussi tout ce que se passe actuellement au sommet de l’Etat et tout ce qui s’y est passé durant ces dernières années n’a pu trouver une réaction de rejet du profond de la société, car elle en est une fidèle reproduction. La société n’est plus le frein au rejet des valeurs, elle accompagne ce rejet, l’applaudit et l’admet. Et tous ceux qui ont conquis le pouvoir par la force savent pertinemment qu’ils peuvent compter sur l’immobilisme de cette société qui « accusera le coup » et qu’ils sauront l’associer à leurs méfaits.

Ould Abdel Aziz a été le continuateur et le fidèle reflet de ce génocide d’un peuple par la strangulation de ses valeurs.

Maintenant devenue une société conditionné, préparée à l’assujettissement et dont « l’élite » cupide et intéressée, véritable courroie néfaste de transmission entre la société et le pouvoir, la mettra dans l’escarcelle de ce dernier. Une élite participant à l’instrumentalisation politique d’une société sans repères et sans idéal.

Cette société est « rétroactivement » morte !  Car tolérer toutes les violences qu’on lui fait depuis tant d’années à travers des putschs successifs hypothéquant sa volonté, son développement et son devenir est la preuve évidente de son décès ! 

Ould Abdelaziz a continué l’enterrement des valeurs au nom des vices qui sont devenus des vertus prônés par son pouvoir !

Cette société est définitivement classable dans les rayons de l’ethnologie sous l’étiquette : « société détruite par absorption de son énergie vitale par un pouvoir parasite ». 

Ould Abdel Aziz devra-t-il au nom d’une quelconque manœuvre politique partir comme il est venu ?
Non. Ni notre conscience d’humain, ni celle de tout Mauritanien ne permettra une telle impunité.
Et ce n’est pas en faisant jouer des concessions pour sortir de la crise, et dont notamment son départ, qui fera oublier qu’il est responsable depuis plusieurs années et notamment depuis l’exécrable putsch qu’il a commis le 6 Août 2008 des malheurs que vit notre pays.

Le général limogé Ould Abdel Aziz devra rendre compte devant le peuple et la justice du gouffre dans lequel il a jeté, avec ses compagnons, le pays. Et à travers lui tous les putschistes qui ont détruit le pays.

Car si Ould Abdel Aziz quitte en toute impunité, on ne résoudra pas la véritable crise qui est celle de tout un pays pris aujourd’hui en otage et qui le restera encore et toujours.
Aussi nous demandons aux autorités judicaires, conformément aux dispositions 109 et suivantes du code de procédure pénale mauritanien, qu’un mandat d’arrêt soit immédiatement lancé contre Ould Abdelaziz. 

Nous refusons l’impunité, car l’impunité est, et restera toujours le gage des putschistes d’hier, d’aujourd’hui et de demain. 
Ainsi nous avons dit. » (Fin de plaidoirie)

Notez, cependant monsieur le général Aziz que l’avocat qui fera cette plaidoirie et le juge d’instruction qui lancera le mandat d’arrêt contre vous se sont tus pendant toutes ces années où vous étiez au pouvoir.

Agissez ! Demandez à supprimer le Sénat, ou n’importe quelle autre institution constitutionnelle pourvu que cela vous permette de réviser la constitution. Révision, belle occasion, qui permettra à vos juristes, en service commandé, de faire une pirouette juridique, insérant une disposition, qui sera favorable à votre maintien au pouvoir.

Ne quittez pas le pouvoir ! 

 Dialoguez et « faites dialoguer » l’opposition jusqu’à épuisement. Faîtes-lui croire que vous êtes sincère et qu’elle aura une portion du « gâteau-Etat ». Mais surtout ne cherchez pas l’avocat qui aurait à prononcer, en votre absence, cette plaidoirie. Il est quelque part dans le subconscient de toute un Nation meurtrie. Introuvable, jusqu’au jour dit.

Pr ELY Mustapha

mercredi 18 mai 2016

Le Prix de Nation Unie


 Cher Biram,

Ta libération réjouit tout un chacun, mauritanien et non mauritanien, épris de liberté et de justice. Nous la saluons à la mesure des efforts que toute une communauté nationale de concert avec une communauté internationale, a déployés pour que ta libération soit effective et que justice te soit rendue.
Cependant ne te trompe pas de combat, la communauté harratine que tu défends méritant un leader comme toi, ne doit pas cependant voir en toi un pourfendeur des « maures ». Les esclavagistes ne sont pas forcément des maures et les maures ne rejettent pas les harratines. Que tu le veuilles ou non, tu pourras développer une vision de libération d’esclaves mais tu ne pourras pas changer une réalité : les harratines resteront des maures par la langue et la culture.
Un combat s’inscrivant dans une discrimination positive doit se faire en vue d’une intégration effective à la Nation aussitôt que ce pour lequel la discrimination a été déclarée a cessé d’être (l’esclavage). Combattre l’esclavage est noble mais il faudrait le placer non pas dans une dimension conflictuelle mais dans une lutte de libération humaine n’engendrant pas la haine. La preuve en est, que ta libération tu la dois à des forces qui ne sont pas descendues dans la rue pour déloger le locataire du palais ocre mais à des forces bien plus puissantes, communautaires et internationales, qui par pressions interposées ont fait plier le régime.
Ce que tu sais aussi certainement, c’est que les pires ennemis dans ta lutte sont ceux de ta communauté qui marchandent avec le pouvoir ta neutralisation et qui monnayent fonctions et privilèges contre leur silence.
Tu ressembles un peu à cette « monnaie politique » qu’est devenue la Palestine aux mains de certains régimes arabes qui l’utilisent, de concession en concession, pour acquérir des faveurs économiques et financières de l’Occident. Où sont les harratines du « pouvoir » quand tu étais en prison ? Tu étais une monnaie d’échange de leurs privilèges. Ils monnayaient leur silence, ton silence.
Ceux qui sont au pouvoir ne sont représentatifs ni des maures, ni des harratines. L’avenir de ton combat se doit de s’inscrire à l’encontre d’un pouvoir corrompu, qui a tout corrompu jusque les communautés elles-mêmes et non point à l’encontre de ces dernières. Dans ce cas tu te serais trompé de combat et tu n’engendreras que la haine.
La cause pour laquelle pour laquelle tu te bats ne doit pas servir de prétexte pour engendrer la haine.
Le rejet d’une quelconque communauté, la haine à son égard quel que soit son mode d’expression, ne te mènera nulle part
Savoir faire la différence entre un régime qui mine le pays (et maintient des communautés entières dans la dépendance et justifie l’esclavage) que tu voudrais voir disparaître et une nation dans laquelle ton combat se doit de s’inscrire, en utilisant ses forces vives et progressistes, est le premier du combat que tu dois mener contre toi-même.
Jamais les harratines ne domineront le pays et jamais les maures ne pourront continuer à monopoliser le pouvoir en excluant une de leur composante, les harratines ; ainsi que les autres communautés. Cela ne se fera que sur la base de l’entente et de la concertation que, cependant, ton combat devrait forcer à se réaliser en éradiquant l’esclavage, en redonnant à la communauté harratine ses droits politiques, économiques et sociaux. Devenir un vecteur de libération et non point vecteur de discorde.


Le prix que tu dois essayer, désormais, de remporter est bien plus important que celui, acquis, des Nations-unies, mais celui de la Nation unie. Et ce prix-là, ce n’est pas une organisation internationale, sous influence de la communauté internationale, qui va te l’octroyer mais ta propre Nation, afro-arabo-berbère, sous influence de sa diversité.
Alors libéré, revois ton programme politique et mène un combat juste où chaque Mauritanien (indifféremment de sa communauté), s’y verra. Car un combat pour la justice, mené avec des mots et des moyens justes, entraine l’adhésion au-delà de la tribu, de l’ethnie, de la race et de la couleur de peau.


Pr ELY Mustapha


vendredi 13 mai 2016

Huit ans déjà: Analyse psychique d’un général (deux fois) putschiste, chef d’Etat.


Alter.... ego 
Tout ce qui façonne l’homme, sa force, sa dignité et sa gloire se retrouve dans la dialectique d’un « ego » (la représentation et la conscience que l'on a de soi-même) et d’un « alter ego » (Personne à qui l'on donne toute sa confiance).

Les comportements de chaque individu sont à l’image de ce qu’il veut être et de ce que les autres veulent qu’il soit. Lorsque ces personnes emportent toute la confiance alors l’ego tend vers l’alter ego. Lorsque cette confiance brusquement se rompt, alors l’ego se détache de son alter ego. La crise nait alors de cette rupture. Chez certains elle et passive (repliement sur soi) chez d’autres , elle est réactive (actes violents, physiques ou verbaux).

Depuis les dernières élections de 2007, qui ont conduit à l’élection d’un président de la République, toute la dynamique qui a secoué l’espace politique mauritanien s’explique par la dialectique entre l’ego d’un général et son alter ego, ce président, qu’il a soutenu et auquel il a fait confiance. Et dans cette relation, l’alter ego n’avait pas le choix des armes.


I- Le général bafoué : L’éviction de l’alter ego.

Lorsqu’un militaire fait deux coups d’Etat successifs et qu’il monte en grade , l’on ne peut que se réduire à l’évidence : les coups d’Etat sont devenus pour lui un acte normal. Une forme de bonne gouvernance. Mieux, encore un acte hautement gratifiant.
Devenu général après le premier coup d’Etat, il devint chef d’Etat après le second. Il a pris le pli d’un acte qu’il ne juge même pas répréhensible, car le coup d’Etat est devenu dans la pratique politique mauritanienne, un usage au sens où l’entendraient les juristes: une pratique répétée qui entraine la conviction de son caractère obligatoire.

En effet on décompte plus d’une dizaine de coups d’Etat depuis 1978, et tous ceux qui les ont commis sont devenus des chefs d’Etat, des présidents de la République ou au moins député à l’Assemblée nationale. Le seul putschiste qui, avec ses compagnons, fut fusillé, est le colonel Kader, il eût moins de chance que les autres ou plutôt il vînt au mauvais moment, car d’autres ayant raté leurs coups sont aujourd’hui des élus du peuple.

Le général Ould Abdel Aziz, agit donc bien dans la droite ligne de ceux qui l’ont précédé et qui ont fait des coups d’Etat , les voies normales d’accès au pouvoir. Cette légalité dans laquelle il fut pris après l’élection du Président de la République en 2007, se devait de pérpétuer son influence et non pas la contrarier. Il avait psychologiquement besoin de continuer à perpétuer une mainmise de l’armée dans le politique qui ne doit pas s’interrompre.
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Les espaces de liberté que le président renversé avait pris sonnaient pour lui comme le glas de sa secondarité. Secondarité qu’il ne pouvait pas admettre de celui qu’il a aidé à accéder au pouvoir et qui lui devait tout. Le personnage, le président, son « alter ego » qui devait refléter en tout et pour tout son propre vouloir, lui échappait. Alors le général bafoué, trahi dans ses espoirs de continuer à asseoir son influence à travers le vieil homme décida alors de le déstabiliser. Le « coup d’Etat » armé fut l’ultime recours après que le « coup d’Etat » légal ait échoué.
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En effet, le coup d’Etat légal fut celui qui allait à travers, tous les mécanismes partisans (fronde parlementaire) et les menaces institutionnelles ( enquêtes sur la fondation, haute cour de justice pour le président ) déstabiliser le président. Mais les efforts s’épuisèrent sans succès. Et ce qui fut certainement le drame psychologique du général, c’est que face à tous ces mécanismes, le Président de la République restait imperturbable. Le Président clamant que la fondation est « sans reproche », les frondeurs c’est des « trouble-fêtes ».
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Et cause donc perdue car le président n’allait pas dissoudre l’Assemblée nationale qui permettrait de renvoyer devant le peuple une majorité qui lui était favorable et recevoir en retour une autre majorité qui le renierait vue son impopularité que les militaires ne manqueraient pas d’amplifier en cas d’élections, le Président n’allait pas accepter non plus une enquête sur la Fondation et il n y aura donc aucun scandale qui l’éclabousserait, le Président confortait son premier ministre qui battait le ralliement de la majorité qui le soutenait…
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Le général voyant le « coup d’Etat » légal piétiner, aurait pu patienter encore et d’avoir le Président par l’usure, les députés et les sénateurs de la fronde venaient , en effet, de déterrer l’argument de la Haute Cour de justice pour « juger » le Président. Mais peu habitué à l’argumentaire et bien porté sur une force à la quelle il s’est habitué, le général trouva alors dans le dernier décret du Président de la République, l’occasion inespérée de le renverser. En bon militaire et se considérant toujours l’égal du Président, il considéra que le décret le limogeant était une violence à son égard à laquelle il ne devait répondre que par la violence. Le naturel revenant comme on le sait au galop.

Psychologiquement, le Général est bien en conformité avec sa conscience. Il ne fait que perpétuer une pratique normale dans la passation des pouvoirs en Mauritanie: les coups d’Etat. Il ne fait, en bon militaire, que rendre coup pour coup ce que le Président lui a fait. En somme, il se devait de gagner au duel. Un duel commencé en Avril 2007.

Fort intéressante expérience de politique mauritanienne qui démontre comment se résout la dialectique de la force (militaire) et celle de la Démocratie (civile), lorsque la force qui a établi la démocratie se fait prendre au piège de la légalité.

II- Le général acclamé : le retour de l’ego

Il est fortement probable que le général ayant eu raison de son « alter ego », avait dans les premiers jours de son geste, l’intention de céder le pouvoir , de s’en éloigner ou tout au moins de revenir à une neutralité militaire. Hélas! C’était sans compter sur le pouvoir maléfique du microcosme politique courtisan mauritanien et sur l’hystérie populaire qui réduit souvent les dirigeants de bonne volonté en dieux de l’Olympe.

La caractéristique de la sphère politique mauritanienne est d’être absolument dénaturée par deux phénomènes qui ont un impact éminemment important sur le détenteur du pouvoir .
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D’abord les cercles courtisans et laudateurs qui très vite réalisent une approche "déïficatrice" et sacralisante du détenteur du pouvoir et lui font croire de façon sournoise mais habile qu’il est le « nombril du monde ». Ces cercles qui ont acquis leurs lettres de « noblesse » sous les régimes précédents, ont développé leurs armes et les ont fourbies pour tirer le meilleur parti de celui qui prendrait légalement ou de force le pouvoir. De ce point de vue , ils ne font pas de distinction, ce qui compte pour eux ce n’est ni les intérêts de la nation ni ceux de l’Etat, c’est de se servir du pouvoir au mieux de leurs intérêts.
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Ces cercles comprennent tous les éventails possibles : les intellectuels qui défendent , tout au long des colonnes de journaux ou d’ondes radio et télé, l’indéfendable et qui pertinemment, savent que leur mauvaise foi, à défaut de les tuer pourrait servir leur désir d’ascension auprès de celui qui les écoute; les chefs de tribus qui habitués au négoce de leur soutien au plus fort, à l’encontre des intérêts de leurs membres, se joignent aux laudateurs ; les groupuscules économiques en difficulté qui veulent profiter de la situation pour améliorer leur situation en attirant les faveurs ; les groupuscules sociaux, déçus ou rabroués durant l’ancien régime qui voudraient leur part du pouvoir etc.

En définitive, toute une mécanique laudatrice et courtisane qui rapidement prend d’assaut le pouvoir et qui finit par acquérir son oreille à son chant mielleux et trompeur. Le général doit certainement être en train d’entendre les fameux « Eddarjeu liman ? » et autres « monsieur le Président si vous ne vous présentez pas aux élections on vous attaquera devant la Cour internationale de justice pour non assistance à peuple en danger… » Etc. etc.

Une formidable machine de dénaturation de l’ego du détenteur du pouvoir, lui renvoyant une image qui très vite lui fait croire que la terre ne tournerait pas sans lui. N’a-t-on pas écrit que « les hommes politiques mesurent leur pouvoir au nombre des faveurs qu'on vient leur demander. »? (Maurice Druon, le pouvoir)

L’élément déterminant sur la psychologie du nouveau détenteur du pouvoir reste sans aucun doute l’acclamation populaire. En Mauritanie, comme pour tous les coups d’Etat , l’acclamation populaire du nouveau venu est une tradition. Un peuple qui applaudit à tout vent, pourvu que celui qui arrive lui promette de changer sa misérable situation.

Mais les effets d’une telle acclamation populaire sont dévastateurs sur l’ego de celui que l’on applaudit. Il finit par croire que c’est lui que le peuple soutien, alors que le peuple ne soutien qu’un espoir indépendamment du personnage. Si celui qui reçoit de telles acclamations sait que le peuple est descendu dans la rue pour soutenir tous les putschistes depuis 1978, il sortirait très vite de son leurre.

Il n’est pas erroné de dire qu’entre le moment ou il a fait son coup d’Etat et celui où ils est allé recevoir les acclamations de la foule, une translation psychologique c’est probablement réalisée chez le général Ould Abdel Aziz. Son « ego » lui dicterait alors qu’il a et qu’il est le pouvoir. « Le peuple est avec lui, il a besoin de lui » . Pourquoi ne resterait-il pas plus longtemps, sinon faire que le pouvoir, directement ou indirectement, ne lui échappe pas? Renvoyer les elèctions aux calendes grecques et perdurer davantage...
Le retour d’un ego amplifié par le pouvoir.

Ainsi, l’alter ego en berne et l’ego au vent, le général deux fois putschiste est pris entre sa conscience de militaire venu rétablir une situation qu’il a jugée déviationniste et un piège qui est en train de se refermer sur lui : la mauvaise conscience des autres.

Et il n’est nul besoin de dire que c’est moins la conscience de ce militaire qui entrainera le pays dans l'impasse que la mauvaise conscience de ceux qui le soutiennent.
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Un général sans alter ego, face à son ego.... désarmé.

Pr ELY Mustapha

lundi 9 mai 2016

Un président africain fait une extraordinaire découverte !

La libido de l’eunuque...de garenne.

 
L’observation du lapin, en captivité, serait-elle la méthode la plus indiquée pour faire avancer la science politique ? La culture politique se comprendrait-elle mieux par la cuniculiculture ?
Le fait de ne pas associer l’individu à l’exercice du pouvoir engendre-t-il chez lui une libido intense ? Y a-t-il une relation entre la participation politique et la sexualité incontrôlée ? En somme, l’intense activité sexuelle chez le lapin permet-elle de déduire qu’il n y a pas de démocratie chez les lapins ? Les clapiers, terrain de la recherche en science politique ? 

Désormais ces questionnements ne sont plus de mise, un président africain a fait une découverte extraordinaire qui leur apporte toutes les réponses. Et pas n’importe lequel des présidents. 

Un président qui a tout le profil pour faire cette découverte. Un président qui a fait le « coup du lapin » à son prédécesseur, qui pose des lapins à une opposition qui ronge son frein tout en couvrant une nomenklatura qui ronge les ressources de l’Etat. C’est autant dire que son immense expérience explique cette extraordinaire découverte. 

Ainsi, ce Président a, dans un mémorable discours (voir ici), découvert qu’une frange de la population mauritanienne, avait un comportement « lapinesque » extrêmement développé. Cette frange n’est autre que les « harratines. » 

Le harratines sont, en Mauritanie, des descendants d’esclaves si, d’ailleurs, ils ne sont pas eux-mêmes des esclaves (anciens ou en cours). Ces harratines, opposants politiques, emprisonnés, spoliés et frustrés ont, suivant ce docte président des comportements ... de « lapins ». 

Le harratine, qui est issu de captifs, et lui-même captif (socio-économique), développerait des postures de lapin. Les dires du Président mauritanien sont scientifiquement corroborés par les spécialistes du lapin qui ont, en effet, noté que : 
« Le lapin a une sexualité adaptée à son mode de vie sauvage et à son besoin de se reproduire très rapidement pour assurer la survie de la garenne. Ceci peut poser de gros problèmes lorsqu'on le retire de son environnement pour le faire vivre en captivité. Le comportement sexuel est le principal facteur de troubles du comportement et d'incompréhension entre les nouveaux propriétaires et leurs lapins. » (http://www.margueritecie.com/sexualite.php) 

Notons bien que le Président mauritanien a bien compris que du moment qu’il n’a pas résolu le problème de captivité des harratines par leur « propriétaires » et qu’il les a lui-même jeté dans une autre captivité (prison), c’est donc normal qu’ils aient des « troubles du comportement ». Alors,  toute comme le lapin, le harratine en liberté a besoin de se reproduire très rapidement pour assurer la survie de... sa garenne. C’est pourquoi le Président les met en captivité...pour qu’ils ne se reproduisent pas. Trait de génie ! 

Une découverte incroyable qui vaudra certainement à ce président africain, un prix au voisinage du Nobel. 

Voilà qu’un président africain dénonçant le comportement politique d’opposants a pu faire une si importante découverte ; celle de lier la libido de l’opposant à son appétence politique ? 

C’est ce trait de génie qui caractérise nos présidents africains. C’est d’ailleurs ce génie qui fait qu’ils s’éternisent au pouvoir. Mais une question reste en suspens ? Que va faire le Président mauritanien de tout ce cheptel de lapins captifs qu’il gouverne ? 

Toute l’opposition politique (et sa frange lapine) est désormais accrochée au prochain discours du Président qui ne tardera certainement pas à se manifester avec une nouvelle découverte non moins importante concernant le clapier national. 

Cependant, certains milieux, bien informés, laissent, déjà, entendre que le prochain discours portera sur les bienfaits de la castration des lapins. Pour les harratines déjà esclaves et captifs, la castration est tout indiquée. 

Peuple d’eunuques et libido en veilleuse, que demande un régime stérile ? 

Pr ELY Mustapha

dimanche 17 janvier 2016

Comprendre le pire: Taisez-vous, Soral !

 
Tous ces sionistes que vous malmenez, ces impérialistes que vous secouez, ces promoteurs véreux de la mondialisation et de la bancarisation des consciences que vous indisposez, ces élites françaises alliées aux impérialismes que vous raillez et dénoncez....Tout cela ne nous fait pas plaisir. 

Taisez-vous Soral !
 
Vous indisposez nos dirigeants et leurs alliés occidentaux qui savent et qui se taisent; et vous, vous avez le culot sans autres moyens que le verbe d’aller guerroyer contre une nébuleuse qui dépasse en astres de la bêtise et de l’ignorance, tous les corps celestes inertes ou en mouvement de la Galaxie.
Soral, les propos que vous tenez, nous indisposent. A voir comment les sujets de l’Empire se comportent, il semble que vous êtes le seul à le comprendre.
L’oligarchie dominatrice est une forme organisée de gouvernance que nos élites acceptent au nom de la politique du ventre et nous, nous nous ruons, médusés, vers les pays occidentaux en rangs serrés sur des radeaux d’infortune. Merkel n’est pas marxiste mais elle nous accepte par ce que « nous sommes une opportunité pour l’Allemagne », comme quoi l’Empire à un talon d’Achille. 

Taisez-vous Soral !
Vous mettez à mal notre conscience telle que nos gouvernants du mensonge veulent qu’elle soit. Oui vous êtes bien heureux vous qui écrivez des livres, qui ne vous rapportent matériellement rien et des conférences qui constipent le mea culpa de nos élites bien pensantes. Eux s’enrichissent, de leur médiocrité et vous vous appauvrissez de la richesse de vos idées.
La franchise de vos idées lézarde la maçonnerie, mais de là à ce qu’elle se fissure, il faudrait que les murs de Wall street se craquèlent. Son mortier n’étant autre que ces capitaux de la domination financière et des pétrodollars en keffieh, il ne cédera qu’aux canons d’une prise de conscience.... plus difficile à prendre que la forteresse de la FED. 

Taisez-vous Soral !
Les intellectuels du reste du Monde, pour ne pas dire, le tiers, le quart ou tout le monde, attelés à cliquer sur leurs smartphones, happés par un immatérialisme dialectique (dial and click), n’analysent plus la réalité qu’à travers un prisme immatérialiste déformant de leur perception de leur condition sociale. Et vous, vous venez leur expliquer qu’ils doivent dénoncer la domination de leurs pourvoyeurs en kilo-octets ! Ils ont depuis belle lurette troqué leur patriotisme, au sens Bakouninien, pour un nationalisme Trumpien. 

Taisez-vous Soral !
Vous nous indisposez et mettez à mal notre douce servitude, en décortiquant les mécanismes de notre allégeance en mettant à nue les mensonges de l’Histoire « universelle ». Si l’on devait faire la même chose dans nos pauvres pays, la seule histoire vraie que nous retiendrons serait celle des mille et une nuits. Et là encore, bien avant que Schéhérazade ne soit morte dans les bombardements de Baghdâd.

Taisez-vous Soral !
 A vous lire ou vous écouter, nous donnons raison à cette Justice qui vous condamne à payer ces milliers d’Euros que vous n’avez pas. Car vous l’avez bien mérité (au sens de la Légion d’honneur). Ne pouviez-vous pas vous ranger à l’image de l’autre Soral ?
Déclarer que la Justice française est corrompue par le pouvoir des élites sous domination siono-impéraliste, et se présenter devant un juge, n’est-ce pas « héroïque » (au sens du soldat inconnu) ? Aucun Emir ne viendra vous renflouer, car vous n’êtes ni le PSG, ni le Harrods...
Quant à nous, ici de l’autre côté de la barrière broutant dans les prêts octroyés au sous-développement, nous ne pouvons que croire que si nous pouvions cloner quelques Soral chez nous, cela pourrait aider à changer le sens de notre histoire ; l’autre, l’officielle. Et faire que nos dirigeants « élus » au sens de « peuple élu », puissent rendre cette terre promise qu’est le pouvoir qu’ils squattent par la violence. 

Taisez-vous Soral !
Taisez-vous, ne serait-ce qu’un laps de temps, pour que le silence, qui après-vous certainement se fera, puisse révéler combien la nécessaire (capitale) contradiction (au sens hégélien du terme) que vous portez, à vos risques et périls, à tous ceux qui minent le corps et l’esprit des honnêtes gens est vitale pour la survie d’une conscience responsable. Une conscience avertie des choses inhumaines que des hommes et des femmes sans foi ni loi imposent à travers leur pouvoir (local et mondial) de domination économique, financière et militaire au reste du monde. 

Pr ELY Mustapha

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Poésie de la douleur.