lundi 9 août 2010

Spartacus à Carthage

 

imagesCA30LEQ5 ça IRA plus , si ça va mieux

 

J’ai rencontré Biram Ould Dah Ould Abeid  (BDA) durant son passage à Tunis. Curieusement l’homme n’est pas au rendez-vous de l’image que les medias mauritaniens donnent de lui. Il n’est ni vindicatif, ni agressif ni porté sur la polémique. Très posé, j’ai pu m’entretenir avec lui à bâtons rompus sur toute la thématique qui traverse son discours et ses prises de position qui ont fait les points d’orgue de la sphère médiatique et les bémols de la critique politique .

Voici ce que nous avons retenu de son attitude et  de ses positions ( I ) et les idées partagées avec lui  ( II )

 

I- Un homme de conviction : ça IRA, si ça va pas.

BDA, est profondément attaché à son pays et aux hautes valeurs que  prône la société mauritanienne. Seulement  BDA, n’est pas un conformiste, il préfère mettre les pieds dans le plat politique et renverser la gamelle de ceux qui en voudraient les miettes.

En cela son discours, ne plait pas. Il s’attaque à des “impondérables” et surtout à des “tabous” que certains ont érigés en juteux placements pour leur “carrière” religieusement politique ou politiquement religieuse. Au choix du moment et du revers de la veste.

Nul doute que BDA dérange. Pour preuve ces “têtes à majorité” qui s’attaquent à son discours comme si, en le faisant, elles prouvaient qu’elle valent mieux que celui qu’elles dépècent.

En vérité, l’entretien avec BDA a permis de comprendre la dérive dans laquelle se placent les médias et les détracteurs politiques. Il y a en effet, une réelle confusion entre l’homme, ce qu’il est ou ce qu’il fut et les idées qu’il véhicule. L’amalgame est facile et ceux qui le critiquent sont davantage portés sur sa personne que sur les fondements de ce qu’il prône.

Ces idées les voici:

- l’esclavage existe en Mauritanie, il doit être éradiqué

- l’éradication de l’esclavage est contrée par une mentalité ancrée dans des préceptes  auto-entretenus par une minorité religieuse;

- L’Etat est handicapé par un chapelet d’oulémas qui lui enlèvent toute volonté de combattre, dans une vision objective basée sur le droit positif, notamment les ordonnances en vigueur, le phénomène esclavagiste;

- Le citoyen mauritanien est pris au piège d’uen société mauritanienne qui n’arrive pas à se libérer du carcan politico-militaro-religieux  qui l’assujettit à sa volonté et empêche son libre arbitre dans un Etat moderne et laïc.

- Le pouvoir politique manipule et “achète” des franges de la société et notamment une part de l’intelligentsia mauritanienne (y compris des haratines) pour assujettir les contestataires de la communauté harratine et en fait ses suppôts pour faire échouer sa cause;

- La guerre contre le terrorisme est une manipulation du pouvoir (en connivence avec une puissance étrangère)  pour “accaparer” l’opinion nationale et brandir des arguments “sécuritaires” pour noyer toutes les causes légitimes, notamment la cause harratine,  et les multiples revendications du peuple et de ses représentants.

- La communauté harratine est la plus démunie et la moins instruite. Une politique entretenue par le pouvoir en place pour continuer à l’assujettir.

Pour développer ses idées , BDA utilise un argumentaire appuyé sur une approche méthodologique spécifique (voir l’article “Spartacus au pays de l’opium”) et n’hésite pas à s’inscrire en faux par rapport au milieu politqiue ambiant. Seulement si l’on a bien compris BDA et les idées qui sous-tendent son élan, il n’en demeure pas moins que par certains aspects il y a des élèments essentiels à prendre en considération qui détermineront l’avenir de son mouvement.

II- Un mouvement en deux temps: ça ira, si ça va mieux.

Lors de notre entretien, j’ai pu partager avec BDA, mon opinion sur son  mouvement. Cette opinion tient dans les quelques appréciations suivantes. 

Le “hic” du mouvement, c’est son enfermement de fait sur une frange de la population: les harratines. Bien qu’il soit certain que des membres d’autres communautés l’aient rejoint, il n’en demeure pas moins que ce flux reste peu significatif pour mettre ce mouvement dans une orbite nationale lui permettant de défendre une cause à forte assise  politique.

la stratégie du mouvement se devraient de prendre en considération les deux éléments suivants:

- drainer les membres des autres communautés nationales (Maures “blancs”, négromauritaniens) pour accroitre l’assise populaire du mouvement.

- Elargir le programme politique à des objectifs nationaux de développement ( Genre, Education, Economie, social etc.) transcendant et se juxtaposant à la cause défendue.

A travers cette approche, le mouvement revisera les modalités de son action et inscrira sa cause dans une approche intégrative d’opinions nationales, proches ou sympathisantes, qui y trouveront matière à adhésion.

Les bénéfices de cette stratégie sont multiples.

D’abord à travers un programme politique étoffé, le mouvement pourra prétendre à plus de dynamique institutionnelle et à plus d’émancipation par rapport à son statut actuel de mouvement fermé sur une cause (escalavagisme) qui le place sous le régime d’une ONG à envergure limitée.

Ce mouvement restant encore tributaire des conditions de sa naissance est encore lié à son environnement partisan (El Horr, APP, SOS Esclaves, etc…) et il ne pourra s’en détacher que s’il développe une stratégie d’autonomie institutionnelle (Statutaire et politique), s’il élargit sa base à des communautés autres que harratines qui adhèrent  à sa cause et justifient donc son universalité en Mauritanie.

Cette stratégie permettra alors de contrer  les critiques portées actuellement au mouvement. Notamment son caractère sectaire, son isolement par rapport au reste des communautés et son discours “secessionniste” et non partagé.

Enfin, dans cette optique, les idées que développe BDA, ne seront pas celles d’un homme pris singulièrement comme tel (un harratine “revanchard”), ni celle d’une communauté à velleïté spécifique (les harratines) mais de tout un mouvement à différentes composantes, développant un programme national (dans lequel s’inscrit la lutte anti-esclavagiste) et qui draine des militants de tous bords.

Il est vrai que, face à la structure sociale et politique en Mauritanie, il est vain de vouloir se battre et gagner à l’échelle nationale en étant le porte-étendard d’une communauté spécifique, sans rencontrer les infranchissables barrières des autres communautés qui, elles, n’échappent pas à des convictions tout aussi fortes que celles que véhiculent leurs “mentors” ou que leur impose, par l’autorité et les moyens,  le pouvoir en place.

Certes, un mouvement basé sur une idée force (abolition de l’esclavage), développant une communication aggressive à propos de cette problématique à haute teneur humanitaire (l’esclavage) s’attirera la sympathie et sans doute le soutien (moral ou financier)  d’une communauté internationale, mais il ne sera entendu que comme une ONG et n’aura jamais l’envergure qu’il doit avoir et qu’il recherche: devenir un mouvement politique visant à bâtir, une société meilleure par une participation effective et  programmée à l’exercice du pouvoir.

Pr ELY Mustapha

lundi 28 juin 2010

Adieu Grand Frère N’Gaïdé

 

J’ai appris avec consternation le décès de Hamidou N’gaïdé, et c’est avec une infinie tristesse que je republie ici un article que j’ai écrit à propos de cet homme il y a quatre ans.

Et je le réitère encore ici avec la ferme conviction qu’avec la disparition de cet homme, il ya quelque part une Mauritanie qui s’éteint. Celle de la simplicité, de la générosité et de la tolérance envers tous ses enfants. Ina lillahi wa ina illeyhi raji’oun.

Il était une fois… la Mauritanie autrement : 

le salon de N'Gaïdé

Beaucoup d’étudiants et de familles qui sont passés en Tunisie connaissent bien ce diplomate mauritanien qui dans les années quatre-vingt avait grand ouvert les portes de sa maison à tous les mauritaniens.


Voyageurs de passage, étudiants en rupture de bourse, expulsés de pays voisins, sans papiers… tout le monde se retrouvait chez N’Gaïdé et jamais il ne se plaignait. Il recevait tout le monde et personne ne déclinait son identité pour bénéficier du toit de N’Gaïdé. Il avait besoin d’un toit, d’un gîte ou d’un couvert, N’Gaïdé le lui offrait. C’est autant dire que le salon de N’Gaïdé était le lieu de rencontre de tous les mauritaniens, sans distinction d’ethnie, de langue, de couleur ou de provenance.


Dans ce salon, les femmes maures, toucouleurs, soninké, oulofs et de bien d’autres ethnies s’occupaient des bébés des unes et des autres, cuisinaient ensemble, partageaient les mêmes lieux avec un sens infini de l’amitié et de l’entraide…. Les enfants eux-mêmes s’attachaient souvent à des femmes qui n’étaient pas leurs propres mères et quand le temps arrivait de se quitter, on assistait à d’émouvants adieux. Jamais on n’a pu voir une telle osmose de gens de différentes ethnies, de différents langages que dans le salon de N’Gaïdé.


Et ces enfants qui dans le salon de N’Gaïdé se sont assoupis dans les bras de quelque étranger de passage , ces enfants toucouleurs qui ont vécu et joué avec des enfants maures dans le salon de N’Gaïdé sous le regards de leurs pères à l’heure d’un thé partagé et ces femmes qui nourrissaient des bébés d’autres femmes en leur absence et qui ne savaient même pas comment leur dire « mange » dans leur langue, sont des images d’une grande sagesse …Et quelles images sont-elles là,  sinon ce que devrait être la Mauritanie.


Le salon de N’gaïdé, n’est pas une allégorie, il a eu l’immense avantage d’exister pour tous ceux qui l’on visité durant ces années-là . Il leur en est resté une inestimable expérience ; celle d’avoir vécu la Mauritanie autrement.


Nous voulons un Etat à l’image du salon de N’Gaïdé. Un Etat où tous nos enfants se sentent enfants de Mauritanie, sans distinction, de couleur de race ou d’ethnies. Nous voulons que l’Etat soit un toit pour nos enfants de demain tel que le fut dans la tolérance et le partage le salon de N’Gaïdé.


Le salon de N’Gaîdé où souvent a éclaté la bonne humeur en langues et dialectes multiples a certes donné à tous ceux qui y sont entré la chaleur d’un foyer loin du pays mais plus important que cela encore, il est certain que ceux , tous ceux, qui y ont trouvé cette osmose se sont certainement retournés en le quittant . Ont-ils compris que ce qui nous sépare est bien moins important que ce qui nous unit ?


A la vieille de cette démocratie naissante, faisons que pour nos enfants, demain l’Etat mauritanien ressemble au salon de N’gaïdé.


Pr ELY Mustapha

Cet article a été publié la première fois sur Cridem le 13 Mars 2007.

samedi 12 juin 2010

Bertrand Fessard de Foucault- Diplomate

Contre vans et marais

Lire les écrits de Bertrand Fessard de Foucault, ceux d’hier et d’aujourd’hui, c’est se rendre compte de l’importance que revêt cet analyste et commentateur de la vie politique en Mauritanie. Une source de réflexions qui nous renvoie une image irremplaçable de cette Mauritanie que le personnage a su saisir depuis les premiers balbutiements  de sa politique volontariste, aux heures de l’indépendance, à ce qu’elle est devenue aujourd’hui un gargouillement insipide de politiques agglutinés au giron du pouvoir.

Lire Bertrand Fessard de Foucault dans ses pages sur ce qu’était la Mauritanie, témoin vivant de l’épopée “contre vents et marées”, observateur averti des années kaki et de leur chape de plomb, c’est comprendre que ce diplomate a apporté dans ses écrits bien plus de choses à méditer pour les générations actuelles et futures qu’aucune école mauritanienne n’a su apprendre à ses  enfants.

Mais Bertrand Fessard de Foucault, est malheureusement en train de sombrer dans le piège que le microcosme mauritanien lui a tendu. Un microcosme appuyé sur un système militaro-courtisan entièrement dévoué à la désinformation, aux coups bas et à la sournoiserie instituée en politique d’Etat.

Bertrand Fessard de Foucault, en est aujourd’hui à dénoncer le piratage de son adresse mail, son faux-vrai courrier d’excuses au régime azizien publié par cridem… Bref, il utilise sa plume pour dénoncer  ce qui ne devrait pas être, mais qui, dans l’insipide politique mauritanienne, est la pratique de tous les jours.

Ce diplomate, n’a-t-il pas compris que depuis une trentaine d’années, la politique mauritanienne, répond à un seul principe: “Où tu es avec nous ou tu es contre nous”? Principe qui aurait pu acquérir une certaine noblesse (du temps révolu des mousquetaires), si dans le microcosme (“micromiasme”, devrions-nous dire)  politique on avait au moins du respect pour son adversaire politique.

Bertrand Fessard de Foucault, n’ayant jamais, dans ses écrits tels que nous les connaissons sur la Mauritanie, développé une inimitié pour personne, on comprend donc la virulence injustifié du système politique en place. Système n’épargnant que ceux qui tout en se spécialisant dans les courbettes, s’aplatissent en toute circonstance.

C’est autant dire que Bertrand fessard de Foucault est face à des vans entiers d’équidés politiques dressés à ne jamais ruer dans les brancards de leur cocher politique. Des bêtes… de “sommes” (sonnantes et trébuchantes), pour noyer dans les marais de leurs maîtres les moindres soupçons de vérité sur les relents de leur politique.

Contre vans et marais, Bertrand Fessard de foucault devra se battre s’il veut qu’un quelconque de ses écrits passe la barrière des marécages et des chevaux de Troie. Aujourd’hui plus qu’hier, la vérité n’est pas de mise; car ceux-là même sur laquelle elle porte, sont des usurpateurs d’un Etat, d’un régime.

Que Bertrand Fessard de Foucault ait exposé  les tenants et les aboutissants des tractations tout azimut  d’un régime mauritanien pour obtenir un financement international auquel ses pratiques politiques ne lui donnent pas droit;  qu’il ait contribué à mieux éclairer l’opinion nationale et internationale sur ce qui est, cela aurait dû lui attirer plus d’égards.

Mais en Mauritanie, l’analyse politique indépendante est une insulte. Nos dirigeants, cochers de leurs équidés, abhorrent ne pas être caressés dans le sens du poil. Après tout, c’est eux qui font et défont l’Etat, c’est eux qui s’identifient à leurs fonctions acquises par la voie des armes et légalisées par la voie des mauvaises âmes.

L’Etat mauritanien, est aujourd’hui est plongé dans un “micromiasme” politique.

Un marécage où s’affronte une opposition qui a vendu, depuis l’accord de Dakar, son âme au Diable et une “majorité” compromissoire qui applaudit, à se rompre les omoplates, un président putschiste-légalisé qui depuis son putsch a mis les pieds dans le plat face à un peuple traumatisé (lire ici)

En effet, celui qui est à la tête de l’Etat mauritanien est un individu qui fut, du temps du président soufi-sidi (lire ici), tourmenté par son “alter ego” (lire ici) et continue aujourd’hui à prendre des vessies pour des lanternes (lire ici)

Quant à l’opposition, son leader fut souvent le valet des putschistes successifs et jusque-là, il n’a jamais formulé un quelconque “mea culpa” (lire ici), on pourrait même dire qu’au lendemain du putsch de 2005, il a fait rater à la Mauritanie une occasion historique unique de chasser les militaires  du pouvoir (lire ici). Mais il s’est fourvoyé en compromissions et en égoïsme politique (lire ici) dont il a payé le prix tout en sacrifiant son pays sur l’autel des putschistes (lire ici)

Quant au reste du micromiasme politique mauritanien, il vaut ce qu’il vaut. Une opposition du ventre et une “majorité” de l’opportunisme.

Bertrand Fessard de Foucault, s’est inscrit, par ses analyses, dans cet espace.

Mais un tel espace politique mérite-t-il vraiment qu’on s’abaisse, “contre vents et marées”, à l’analyser? Ou que l’on daigne le critiquer même positivement?

La réponse, malgré tout, est oui, car on sait, depuis Camus  “ qu’il y a dans les hommes plus de choses à admirer que de choses à mépriser”.

Camus l’a compris après qu’une certaine peste soit passée… Et en Mauritanie, les rats courent toujours….impunément.

Pr ELY Mustapha

mardi 11 mai 2010

Seigneurs de la guerre et destinée d’un peuple

 

warning

Face à tant de tensions, qui risquent d’enflammer notre pays, je vous livre ici deux articles:

Le premier est un essai d’explication de ce qui arrive au peuple mauritanien:

Sur le  Divan: Analyse psychique d’un peuple qui se démène

Le second fut un amer constat qui devint aujourd’hui une douloureuse réalité :

Une société mauritanienne traumatisée : Les seigneurs de la guerre.

Pr ELY Mustapha

samedi 24 avril 2010

Spartacus au pays de l’opium


  ça ira... ça IRA


chaineL'examen des différentes sorties médiatiques de Biram, montre que le personnage tient un discours qui inquiète. Un discours dont le contenu déroge à la tradition discursive  de nos hommes politiques.
Le discours de Biram , s'inscrit comme un pavé dans la mare de nos  séniles canards politiques. Si le discours de Biram inquiète, ce n'est pas seulement pour ceux qui se pavanent depuis des années dans les rouages politiques mais aussi pour tous les tenants d'une approche de la solution des problèmes socio-ethniques en Mauritanie. Mais aussi paradoxal que cela puisse paraître le discours de Biram  n'est pas en lui-même une révolution, ni dans son contenu ni dans son mode d'expression, alors pourquoi un tel discours met-il les autorités publiques sur les dents et fait l'objet d'une telle vulgarisation médiatique?  Et,  au-delà de son contenu, le discours de Biram ne stimule-t-il pas une lame de fond qui stagne depuis des années sous le fleuve tranquille du microcosme sociopolitique. Et laquelle?
Comment donc un discours aussi commun peut-il générer des attitudes publiques non communes (représailles , interdictions à l'égard du personnage et de son mouvement...) ?
Aussi pour répondre à ces questionnements et comprendre son impact sur le microcosme sociopolitique mauritanien,  voyons d'abord quel est le contenu du discours de Biram (I), sa stratégie (II) et ses conséquences (III)


I- Le discours d’un Spartacus:  “moi” c’est “ça”

Le discours de Biram est commun, puisque regroupant les constantes du discours classique de l’opposition (intérieure et extérieure),  mais  il tire de la médiatisation du personnage et de sa provocation les premiers ingrédients de sa force.Et ce n’est pas que cela.

En effet, si l'on se devait de faire défiler les mots-clés du discours de Biram ce serait: "esclavage, racisme, droits humains, exclusion, discrimination, séquelles, impunité, classe, minorité, passif humanitaire, oppression, déni de droits, exploitation, intimidation, discrédit"
En somme son discours, en employant uniquement ces mots clefs au-delà du détail et du factuel, se retrouve dans tous les discours des dirigeants de l’opposition de Messaoud à Daddah en passant par Mouloud et Sarr.

Mais s’il est vrai que l’on retrouve dans le discours de Biram, les constantes des discours de l’opposition, il n’en demeure pas moins que ce discours a quelque chose de plus. C’est un discours qui s’enrobe d’une couche de provocation et de volontarisme que l’on ne retrouve pas chez celui de l’opposition qui se caractérise par une faiblesse apparente et un fort relent de recherche permanente de compromis avec le pouvoir.

Biram inaugure par un ton, que l’on retrouvait d’ailleurs chez Messaoud au premières heures de son engagement politique, une nouvelle façon de “traquer” les autorités sur les thèmes sensibles et les pousser à réagir en les mettant sur la défensive.

Mais pourquoi le discours d’une certaine opposition, qui reprend pourtant les mêmes constantes, n’a pas eu les mêmes effets que celui de Biram?

La raison en est simple. Le personnage s’est confondu avec son discours. Il est à la fois le dénonciateur et le dénoncé, l’orateur et le sujet, le libérateur et l’esclave, le justicier  et la victime. Le moi et le ça.

Il s’est placé tout entier dans une stratégie de matérialisation de son discours par sa propre image. Il est lui-même l’expression personnifiée de ce qu’il clame. Il est le sujet de son propre verbe.

Toute sa personne est tendue vers ce qu’il dit (racisme, esclavage, exclusion) et tout ce qu’il dit s’exprime dans son état (discriminé, esclave, exclu). Cette stratégie de la confusion de la personne et de sa cause a donné de l’effet à la cause.

Le premier des effets a été, sous l’impact des contraintes et des représailles subies par le personnage lui-même, de donner une dimension médiatique et une force de conviction non négligeables à son discours. Il fut relayé de façon systématique sous le label: “la parole confisquée du militant interdit.”

II- La stratégie de Spartacus: faire trembler l’Etat sur ses fondements 

Spartacus est dit-on “l’esclave qui fit trembler Rome sur ses fondements”. En ce sens, Biram s’inscrit bien dans cette logique.

Le second des effets a été,  du fait de la particularité de sa situation, de pouvoir dénoncer des tabous. Le premier effet médiatique hors du commun a été celui de dénoncer les dérives des “oulémas” en Mauritanie notamment en ce qui concerne le statut des esclaves, leur mutisme face aux discriminations et exclusion et leur assentiment permanent au détenteur du pouvoir. En somme, en matière d’esclavage et de soumission à la dictature , les oulémas mauritaniens  ont utilisé la religion comme “un opium du peuple”. Bien que cette expression n’ait pas utilisée par le personnage, ses attaques sur la mauvaise interprétation que font les  oulémas mauritaniens du rite malékite se situent bien dans cette direction.

Il dit en effet: “ les plus grands ennemis de l'Islam dans ce pays, ce sont les Ulémas qui ont travesti ses préceptes, rendant licite l'exploitation, l'esclavage et l'oppression. Sans eux, le pays n'aurait pas connu les maux qui le minent.”

Biram en connaisseur de la philosophe, sait pertinemment que depuis Karl Marx: “la critique de la religion est le préalable à toute critique”. Elle en est le portail et la voie indiquée pour déstabiliser les consciences dont l’attachement au spirituel, entretenu par le clergé, les empêche d’appréhender leur réel, leur vécu; bref leur condition. L’esclavage en est un en Mauritanie.

Dans une démarche intellectuelle ascendante, Biram, veut faire de la critique de la religion, une critique du système juridico-politique tout entier soumis à une théologie de clergé. “Le rite Malékite n'est pas l'apanage des Ulémas du pouvoir qui le servent d'ailleurs mal, dira-t-il.”

“Ce que Biram condamne, déclare le porte parole de l’IRA, ce n'est pas le rite Malékite dans sa pureté originelle, mais cette copie travestie pratiquée en Mauritanie pour établir la domination de classe, justifier l'esclavage et l'oppression"

Et les dès son jetés. La stratégie suit alors son cours comme un vers dans le fruit. Les soubassements théologiques de tout le système sont ébranlés. Spartacus a frappé dans le pilier justificatif de tout le microcosme socio-politique mauritanien: la Religion.

La religion qui jusque-là se présentait en inquisitoire dans  le social et le politique se retrouvait, pour la première fois de l’histoire de la Mauritanie, dans une situation accusatoire. Et c’est là où le chef de l’IRA frappe les soubassements du système.

C’est la raison pour laquelle tout le système a réagi d’un seul tenant. Biram est qualifié d’hérétique, de blasphémateur et autres ingrédients de fatwas en puissance. Et ce que ce Spartacus a introduit, au-delà des constantes partagées de son discours, c’est cette stratégie qui a consisté à accompagner ce discours d’une “mécanique” intellectuelle redoutable. Dont on retrouve déjà les prémisses dans les thèses de Feuerbach et l’instrumentalisation dans la “critique de la philosophie du droit de Hegel”.

La lutte de Biram en Mauritanie , ressemble à cette lutte contre l’establishment mauritanien, comme, au début du siècle, les intellectuels allemands d’obédience Marxiste  pensaient que : "La lutte contre le présent politique de l’Allemagne est la lutte contre le passé des peuples modernes”. Et Marx n’est pas le voisin spirituel des Oulémas et moins encore de ceux que Biram qualifie “d’Oulémas du pouvoir”.

Toujours est-il que Biram, par cette stratégie, s’est placé au centre du système et y a généré un paradoxe qui semble avoir, comme un virus, commencé à grignoter les soubassements du système socio-politique mauritanien.

Et il n’est pas faux de dire qu’au-delà de sa lutte, Biram a bien touché des cordes sensibles qui liaient des tabous et maintenaient tout un peuple dans des chaines que personne, avant lui, n’eût le courage de dénoncer. Et à ces chaines, la religion n’est pas étrangères.

La religion a, en effet, pris en Mauritanie, à travers l’usage fort intéressé que certains cercles religieux et oulémas en ont fait,  une dimension qui a totalement assujetti le temporel (champ d’action de l’homme et de sa volonté dans ses rapports avec sa société) au spirituel (champ d’action du croyant dans ses rapports avec Dieu). C’est ainsi que la religion instrumentalisée a introduit deux attitudes négatives freinant le développement social et économique de l’individu et freinant sa liberté. Le fatalisme, d’un côté,  et l’obéissance aveugle à celui qui détient le pouvoir, de l’autre.

Le Mauritanien est fataliste. Tout est à Dieu, tout revient à Dieu et nul n’y peut rien. Cette attitude fataliste, a fait qu’il remet tout à Dieu, baissant les bras devant l’adversité, l’oppression et l’injustice. Et de cette situation ceux qui détiennent un semblant de pouvoir (dirigeants), économique (commerçants) social (chefs de tribus), en profitent. Ce fatalisme est pour beaucoup dans le silence et la résignation des petites gens, des faibles, des pauvres et des esclaves. Dans la société mauritanienne l’être ne prend par lui-même sa destinée par la défense de ces droits, par la révolte  et les voies institutionnalisées, civiques et légales. En somme ce que les grandes révolutions en Europe et en Amérique ont inculqué au citoyen en forgeant la démocratie, “le pouvoir du peuple par le peuple”.

Seconde attitude négative inculquée par les tenant du clergé, est la soumission sine qua non à celui qui détient le pouvoir. Et cette situation est d’autant plus dramatique que ni les voies et moyens par lesquels cette personne est arrivée au pouvoir , ni les conséquences dramatiques qui en ont découlés ne sont pris en compte.

L’obéissance, à celui qui détient le commandement, en fait  au plus fort, est d’une interprétation telle, qu’elle est pour beaucoup dans le statu quo permanent dans lequel est maintenu le citoyen. Cette situation concerne aussi bien ce dernier face aux dictateurs, que l’esclave face à son maître.

Cette instrumentalisation, de principes religieux appliqués hors de leur contexte socio-historique et de façon intéressée,  est contraire au préceptes de la religion qui dictent  la révolte contre l’oppression,  le prêche du bien et la dénonciation du mal. Mais la  réalité a est toute autre. Les préceptes religieux sont si nombreux et leurs interprétations si diverses que chacun, érudit ou bigot, pourra y trouver l’argumentaire de sa thèse et de son antithèse. Mais  le bouclier contre une telle dérive, ne peut être nullement la bonne foi ou la bonne intention (l’enfer, dit-on,  en est  pavé) mais uniquement la foi inébranlable dans le respect de l’homme, dans  ses droits et dans son être. N’est-il pas le représentant de Dieu sur terre qui l’a crée à son image?

La vérité est que ces dérives ne sont pas imputables à la Religion elle-même, mais à ceux qui s’en sont présentés comme “dépositaires”  (“oulémas du pouvoir”) au sein de l’Etat et  la société mauritanienne. Mais quelle que soit leur attitude, ils ne représentent pas la Religion  car peut-on reprocher à la Médecine, la mauvaise pratique d’un  médecin?

L’on comprend donc bien pourquoi le discours de Biram a engendré un tel lever de bouclier de la part d’une nomenklatura religieuse adossée au pouvoir et qui maintien le statu quo en instrumentalisant certains principes, au détriment d’autres, mais dont la sacralité est un bouclier que jusque-là personne n’a voulu affronter. Il fallait un Spartacus pour défier les centurions. Biram est au combat. ça IRA ou ça IRA pas. Le Rubicon est franchi. Alea Jacta est!

III- Au discours de Spartacus, la réponse de Brutus

Biram n’a pas seulement mis l’establishment religieux sur les dents, il s’est attaqué à ceux-la même qui depuis des années gouvernent, dans un silence complice, face aux malheurs du pays et ont assassiné tout espoir de son développement. Les Brutus.

Face à son inquiétant discours sur les interdits qui mettent la société en esclavage, Spartacus a subit les interdictions de Brutus. Interdiction de voyager, interdiction d’antenne, interdiction de son mouvement etc. Bref, une réaction musclée qui démontre bien l’impact  de ce discours sur le système politique en place.

Mais ce Spartacus défie aussi d’autres Brutus. Ceux de la communauté arabo-berbères qui pratiquent l’esclavage et qui ne le portent pas en sainteté. Et ceux de ses frères harratines qu’il accuse de devenir des mercenaires à la solde du pouvoir pour assassiner la Cause  des harratines. L’un de ces Brutus étant au sommet de la CNDH, les autres sont à divers échelons du système.

C’est autant dure que l’attitude de Biram n’est pas partagée par tous mais il convient d’admettre qu’elle n’est pas un pis-aller dans la configuration actuelle des enjeux politiques en Mauritanie. Car le discours de ce personnage, au-delà de ses constantes, se différencie du discours ambiant en Mauritanie par la stratégie qui le sous-tend et par son adossement à une démarche provocatrice de l’establishment.

Enfin le discours de Biram a ceci d’indéniable, il déroge à celui de l’ensemble de l’opposition par la clarté, par l’absence de détours compromissoires et par un volontarisme qui s’explique davantage par l’engagement de défendre une Cause que par une frénésie irréfléchie d’accaparer le pouvoir.

Cependant, tout autant que le discours de Biram, le chemin est long, le régime est spartiate et  Spartacus doit ménager ses spartiates.

Pr ELY Mustapha

jeudi 22 avril 2010

Un Coup d’Etat

Pour quoi faire?

imagesNostradamus, n’ y est pour rien. Mais les devins mauritaniens se sont mis à l’œuvre. Et des devins nous en avons à la pelle en Mauritanie. L’on se rappelle en effet la tournée de Aziz avant son élection ce que le marabout lui a dit. Vous pas? (Alors  lire ici: “la junte recto-verso”). Eh bien, toute la classe politique est actuellement sur les dents… Et ce n’est plus seulement l’opposition, tout le monde veut la peau de Aziz.  Même les caciques du PRDS se sont ligués pour rejoindre l’opposition. Exprimant le fameux adage: “les rats fuient le bateau qui coule”. Mais le navire Azizien coule-t-il vraiment  et pourquoi cette opposition en appelle-t-elle au '”coup d’Etat”?

I- Le navire Azizien coule-t-il?

AZIZ

Une part de réponse à cette question a fait l’objet de notre article précédent ( “Aziz a besoin d’un fusible” ), notamment en ce qui concerne les risques courus  par le personnage,  du fait de ses actes, à l’échelle nationale mais Aziz est aussi victime de ses alliances à l’échelle internationale.  Sa politique de l’alliance “à tout venant”, des premiers jours de sa présidence pour compenser la carence de légitimité dont il a souffert l’a mené vers les pays les plus honnis de la communauté internationale. Mais si une telle attitude a entrainé les réserves de cette communauté quant au choix des alliances du régime azizien,  le danger semble davantage venir des pays de proximité que de ceux éloignés.

En effet, la “sympathie” de  Aziz pour son voisin le Maroc n’a pas été applaudie dans la sous-région et ses positions tacites à l’égard du “problème sahraoui”, semblent réveiller quelques démons de déstabilisation et d’appel du pied à l’affaiblissement du régime Azizien.

La diplomatie mauritanienne, incompétente par nature  et guidée par une soif de reconnaissance du régime qu’elle sert, fait feu de tout bois. Ignorant la géostratégie sous régionale, elle tâtonne. Guidée davantage par les dosages d’influence, les équilibres tribaux et la reconduction d’un personnel diplomatique pléthorique gérant ses postes à l’image de la “politique du ventre” qui prévaut au pays, la diplomatie mauritanienne n’est guidée par aucune stratégie , ni des directives inscrites dans une vision étatique du devenir du pays. La raison en est simple: celui qui est au sommet de l’Etat, n’est un politique , ni un stratège, ni un leader inscrit dans une option idéologique claire permettant de situer ses options politiques devant guidant l’appareil diplomatique et consulaire. Aziz depuis son accession à la présidence, navigue à vue. Il ne tient pas la barre, il laisse dériver le navire-nation au gré des courants (politiques) qui, dans son giron usent et abusent de son régime pour souvent mettre la nation en péril (voir nos récents articles: “Contre l’extraversion de la nation” et “des partis, mal partis” ). Aziz est davantage guidé par un élan de concrétisation “d’engagements pré-électoraux” , l’inscrivant dans une logique qui semble l’aveugler au titre de “président des pauvres” (construction de routes…) oubliant par la même que les enjeux de sa stabilité politique sont ailleurs; confondant entre superstructure (le politique) et infrastructure (le bitumage des voies et chaussées). (Voir à ce propos le paragraphe “Confusion entre superstructure et infrastructure” de notre article précité.)

Ce manque de lucidité d’Aziz est doublé d’une véritable absence de volonté de dialogue. Alors que son prédécesseur, qui fait aujourd’hui tinter son chapelet du côté de Lemden, était pour le dialogue à excès (voir notre article: “Le poison de l’opposition”) Aziz côtoie la mégalomanie et se refuse au dialogue. Cette attitude du “niet” permanent a frustré l’opposition et même ceux qui par intérêt cherchaient à se rapprocher de lui. Son dernier “niet” à l’UPR à propos de son financement en est l’expression la plus cinglante.

Aziz développant une attitude “intravertie”, ne connait pas le dialogue. L’Etat c’est lui. N’est-ce pas lui qui fit tomber son prédécesseur, n’est-ce pas lui  qui a obligé l’opposition à signer le départ de son président, n’est-ce pas lui qui a fomenté et réussi son coup d’Etat, n’est-ce pas lui qui a résisté durant des mois à la pression internationale, aux menaces des institutions mondiales et régionales? Alors, il ne “doit rien à personne”.

C’est un self-made President.

DaddahMieux encore il a trouvé devant lui une masse de" “hauts-commis” malléables et corvéable à merci. En définitive, il devient démocratiquement le berger dans la bergerie. Loup il fut, berger il devint. Et cela l’opposition boutée hors de la bergerie ne l’a pas digéré. Son appel  au “coup d’Etat” n’est autre qu’un appel à rouvrir l’enclos.

C’est cette situation de blocage qui explique ce “ras-le bol” de l’opposition mais qui paradoxalement la sert. En effet, il ne fait pas de doute que l’opposition profite de cette situation pour déstabiliser le régime. Il n’est de secret pour personne que l’opposition en Mauritanie ne joue pas son rôle et qu’elle est entièrement tendue vers l’accaparation du pouvoir. Elle ne joue aucun rôle d’encadrement et d’éducation des masses, elle patauge dans un flou idéologique permanent, ses dirigeants ne développent ni de vision partagée avec le peuple ni de programme économique et social au profit des masses. L’opposition depuis notamment 2005, est entièrement obnubilée par les diatribes politiques, les dénonciations politiques tout azimut. Bref, elle tourne à vide dans un environnement de frustration politique et de déceptions électorales, passées et récentes, qui expliquent sa position actuelle qui pourrait se résumer en une phrase: “le pouvoir nous a échappé, on est négligé par le pouvoir, nous ne pouvons y accéder de sitôt, alors plus vite sera le mieux en appelant au putsch”. Une opposition qui appelle des solutions hors-la-loi…pour accéder légalement au pouvoir. En somme, un remake par l’opposition de la “méthode Aziz”. Là ou Aziz a réussi, l’opposition le pourra aussi.

II- Un coup d’Etat sur un plateau d’argent.

Les déclarations de l’opposition ont eu pour effet immédiat de mettre le général sur ses gardes.  Suivant le principe même de conservation, tout régime aura tendance à se protéger et donc à éliminer la menace. Cependant ce qui est grave, c’est que cet appel au coup d’Etat a été formulé par le Président de l’Assemblée nationale lui-même (voir ici l’article : “Avons-nous des dirigeants qui méritent le respect des citoyens” ).

C’est autant dire qu’une telle déclaration ne peut avoir que des effets fort négatifs. A court terme, le durcissement du régime, à moyen terme le déclanchement des représailles publiques ou privées et à long terme la déstabilisation des institutions de la République. Et en cas de coup d’Etat, qui y gagnerait?

L’opposition serait naïve de croire que ceux qui feront un coup d’Etat lui serviront le pouvoir sur un plateau d’argent. Un coup-made opposition.

Il semble bien que si l’opposition a appelé au coup d’Etat, c’est bien par une volonté de faire du “forcing” sur un régime qui se refuse au dialogue.Toutefois, cela ne semble pas vouloir s’arrêter là et des sources d’informations diverses font état d’intelligence avec un pays de la sous région qui n’apprécierait pas les positions du général sur le Sahara occidental et son rapprochement de son frère-ennemi frontalier. De telles informations restent cependant à vérifier.

Cependant, s’il  n’y a pas de fumée sans feu, le doute peu être permis quant à l’ingérence étrangère.

Enfin, ce qui est sûr c’est que autant Aziz que l’opposition sont allés trop loin , chacun en ce qui le concerne, dans l’instabilité qui caractérise les institutions de la République. Aziz par son attitude, l’opposition par ses déclarations. Mais une chose est certaine un coup d’Etat est toujours imprévisible et que s’il arrivait, il  n’arrangerait personne à part ceux qui le feront. L’histoire des coups d’Etat en Mauritanie le prouve bien.

Pr ELY Mustapha

Tell me more!

_
Apprenez l'arabe!
Rappelez-vous notre vaillant président du CMJD, qui est allé apprendre l'anglais ... en Irlande et dont nous avions rapporté à l'époque (en 2008), la venue fort anglicisée à Nouakchott ( Cliquez ici pour lire l'article: "ELY ould Mohamed Vall apprend l'anglais: The little sheep in the prairie").
Et nous nous étions demandé pourquoi ELY ould Mohamed Vall était allé apprendre l'anglais, alors qu'il avait l'arabe à sa disposition? Mais il avait aussi le français, diriez-vous?
Non, il ne faut pas exagérer le français d'ELY ould Mohamed Vall était approximatif. Son discours au palais des congrès (ou il avait stigmatisé -LOL-les corrompus de l'Etat) , en disait long sur sa moliérité. Mais bon , il se débrouillait quand même, la preuve c'est qu'il avait, paraît-il inventé tout seul le fameux concept de "CMJD"! Bien que Aziz le lui renvendiqua. En effet, Aziz avait dit texto, après son putsch récent: "lors du putsch du 3 Août 2005, ELY ould Mohamed Vall était en train de dormir. On est allé le reveiller pour qu'il vienne avec nous".
Soit dit, en passant, pour le chef de la sûreté nationale de l'époque c'était pas...remarquable. Bon mais passons.
Aziz, tout bon francisant qu'il est, avait inventé encore le non moins fameux concept du CMRD (Comité militaire de redressement de la démocratie - ou de “rectification” de la Démocratie , au choix d'ahmed Daddah, un autre francisant de remplacement.). (Lire ici sur le CMRD)
Cependant, chose curieuse le journaliste, un bon francisant, qui au matin du 6 Août 2008, devait lire le discours du comité s'est rendu compte que phonétiquement CMRD se prononçait "C'est merdé", en fit part au général qui décida alors de remplacer CMRD par Haut comité militaire. C'est pourquoi durant toute la transition Azizienne (qui dura une éternité pour certains), on connait le CMRD mais on ne le prononce pas.
Et le journaliste qui a découvert çette chose, dîtes-vous, où est-il?
Réponse (pour un francisant qui se reconnaîtra) : quand vous contredisez Aziz où vous met-on généralement?
C'est autant dire qu'apprendre le français, c'est important pour nos gouvernants et il faut les encourager. En effet, quand ils se mettent à l'anglais non seulement les résultats ne sont pas probants, comme ce fut le cas d'ELY ould Mohamed Vall, mais ils sont desastreux!
En effet, ELY ould Mohamed Vall qui en apprenant l'anglais voulait se rapprocher des américains, se retrouve embauché...par Chirac pour sa fondation.
Voilà où ça mène d'apprendre l'anglais!
Maintenant, que vous voyez les desastres causés par l'apprentissage des langues française et anglaise, mettez-vous à la langue arabe! Cela vous demandera un effort supplémentaire mais ça a des avantages certains sur les autres langues.
En effet, alors que l'Anglais vous aurait permis de mieux lire, fièrement, les mentions figurant sur les sacs de dons de blé transgénique que nous envoie le peuple américain (gift of the American people....Quelle fierté nationale!) , alors que le français vous aurait permis de mieux lire les arrétés de kachérisation et autres décrets d'expulsion, en apprenant l'arabe vous serez mieux avantagés: cela vous permettra d'apprécier, en version originale, les discours de nos dictateurs arabes.... pour changer de ceux en hassania de ces trente dernières années.
Soyez arabisés, arabisants, arabes, arabesques, “arabiscotés” , arabiaisés, ....mais apprenez l'arabe. Il en restera toujours quelque chose. Tell me more ®.
Pr ELY Mustapha.

dimanche 18 avril 2010

Avons-nous des dirigeants qui méritent le respect des citoyens?

Un langage irresponsable au sommet de l'État

Les sorties récentes de Messaoud Ould Boulkheir n'ont pas été inaperçues. Elles sont, d'abord, un pavé dans la marre d'un status quo politique qui n'a que trop duré entre l'opposition et le pouvoir mais elles expriment aussi, l'immaturité de nos dirigeants politiques.

Dans le premier cas, Messaoud, exprime un « ras-le-bol », déjà fort sensible depuis quelques mois avec l'exclusion de l'opposition des rouages de la gouvernance (le « niet » de Aziz). Dans le second cas, Messaoud illustre par ses propos le niveau réel dans lequel les politiques placent l'Etat, et le respect qu'ils ont des institutions.

En effet, lorsque le président de l'Assemblée nationale, souhaite le renversement du Président de la République, le citoyen se dira alors que ce ne sont pas là les propos d'un dirigeant responsable. Et le danger est d'autant plus grand que celui qui tient de tels propos n'est autre que le Président de l'une deux assemblées représentatives du Parlement. L'un des trois pouvoirs de l'État.

« Notre programme n'est plus le dialogue, notre programme n'est rien d'autre que le départ de Ould Abdel Aziz, la chute de son régime » a déclamé Messaoud Ould Boulkheir.

Comment peut-on demander la chute d'un président en exercice de façon publique médiatique et si vulgairement exprimée?
-
Le Président de l'Assemblée nationale, reste tenu par son statut au respect des institutions, dont le pouvoir exécutif.

Même en tant que représentant de la coordination des partis d'opposition, tant son statut de parlementaire que les lois en vigueur lui interdisent de tenir de propos appelant à la crise ou à la destitution des corps constitués.
-
On comprend que Ould Boulkheir hausse le ton, pour les raisons précitées, mais ce n'est point une raison pour déclencher la haine, les coups de forces et autres calamités politiques dont la Mauritanie n'a que trop souffert.

Ould Boulkheir devrait d'ailleurs être le dernier à demander le renversement de Ould Abdel Aziz, car ce dernier n'est pas allé tout seul aux accords de Dakar.  Ce n'est pas lui, non plus,  qui a forcé Ould Boulkheir a participer aux élections présidentielles.  Ce n'est pas lui qui fait a fait perdre ces élections à ould Boulkheir  et ce n'est pas lui ,enfin , qui lui a dit de rester à l'Assemblé nationale.

Alors Ould Boulkheir, s'étant reconduit dans ses fonctions de Président de l'Assemblée nationale, en oubliant que c'est Sidioca qui l'a placé là et non pas Aziz. Ayant accepté l'élection de Aziz, en oubliant Sidioca,    Ould Boulkheir n'est pas bien placé, politiquement,  pour demander le « renversement » de Aziz et pénalement, il court un grand risque.
Le ras-le-bol des dirigeants de l'Opposition ne doit pas les mener à l'irréparable. Le ras-le-bol n'est pas un prétexte pour déstabiliser les institutions et générer la crise et la zizanie, dont on sait qu'elle ne profite jusqu'à ceux qui ont les moyens de la coercition armée.

Et au bout du compte quelle image cette opposition (responsable?) donne-t-elle au citoyen?

Celle terriblement médiocre de chefs de partis revanchards (voir l'article : "Profession: opposant" ) qui jouent à pile ou face avec l'avenir de tout un peuple.
-
Mais ce que l'on peut constater hélas, c'est qu'à travers les propos de Messaoud, l'opposition a pris le même chemin que les squatters du pouvoirs. Elle en a pris les attitudes et le langage.

En effet, dès son arrivée putschiste au pouvoir, Aziz avait mis à la "mode" un langage qui ne convient pas aux institutions et à leurs garants. L'on se rappelle en effet ses fameuses phrases:
-
A propos de Sidioca (alors détenu au Palais des Congrès):

«  Si ce qui vous intéresse c'est seulement la personne de Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdellahi, nous sommes capables de vous exposer sa dépouille dans les rues de Nouakchott »

A propos de Ould Waghef (alors détenu pour l'affaire « riz avarié »:
-
"Si Ould Waghef mange le riz avarié, je le libère. »
-
A propos de Daddah (venant d'inventer le concept de « rectification »):

« Daddah, ne sera jamais président même si les chinois votaient pour lui. »
-

On voit bien donc que Ould Boulkheir, n'a rien inventé. Il s'inscrit dans la droite ligne phraséologique du Président-putschiste-légalement-élu.

Mais dans tout cela les institutions n'en sortent pas grandies, ni ceux qui introduisent une dangereuse vulgarité dans l'Etat, non plus.

Et face à ce manque de responsabilité et de retenue, le citoyen qui savait déjà qu'il était un dindon sait désormais que l'Etat devient une farce.
 
Pr ELY Mustapha

mercredi 14 avril 2010

Coup de cœur (meurtri) du blog

-
Défense d'en rire (ou d'en pleurer)

La Ligue arabe a demandé, mardi, « aux palestiniens de ne pas « obéir » à l'ordre israélien de les chasser de la Cisjordanie occupée ».

Vive la ligue arabe qui défend les palestiniens!

lundi 12 avril 2010

Coup de langue

 -
Le ministre et le rappeur

« Le plus grand des crimes, c'est de tuer la langue d'une nation avec tout ce qu'elle renferme d'espérance et de génie. »  (Charles Nodier.  « La fée aux miettes »)

Un ministre de l’enseignement supérieur qui « s’excuse » auprès d’étudiants pour des propos tenus par…son premier ministre, à propos de la langue arabe et son utilisation en tant que langue de l’administration.
Un rappeur mauritanien qui s’époumone devant un public surexcité au Centre culturel français de Nouakchott en clamant « Non à la langue arabe ». 
Qu’on se le dise, le Français, n’est pas une langue nationale en Mauritanie. Le français ce n’est la langue d’aucune ethnie ou tribu en Mauritanie.
Qu’on se le dise, le Français n’est pas une langue de la Mauritanie ! C’est une langue étrangère !
Que l’on se trompe pas : Le français ne peut être et ne saurait être la langue officielle de la Mauritanie, ni se substituer à la langue arabe dans quelque secteur qu'il soit de la vie mauritanienne.
Ceux qui actuellement sont pris par le syndrome de la francophonie, et qui persistent à vouloir maintenir coûte que coûte la langue française comme langue de l’administration et de l’Etat mauritanien se trompent lourdement.
Le français est une langue étrangère qui doit s’étudier , se parler en tant que telle ! Elle ne saurait se substituer à la langue arabe. Langue de Mauritanie, langue de sa confession.
Ceux qui prétendent le contraire, sont tout simplement en train de vouloir imposer une langue étrangère à leur propre pays, alors que l’arabe, leur langue, remplit et de loin le rôle que le français peut remplir (voir article "bilinguisme et langue officielle").
Ceux qui défendent l’imposition du français en lieu et place de l’arabe, sont sans aucun doute de mauvaise foi.
Que l’on demande à ce que la langue française soit utilisée en attendant que, progressivement,  la langue arabe puisse devenir une langue de l’administration partagée par tous, cela se comprend.
Une grande frange de la population actuellement n’est pas formée à la langue arabe et ne parle que français, ce serait donc une erreur d’introduire la langue arabe de façon rapide et non réfléchie (tout comme l’associer à une idéologie : voir mon article, « non à l’idéologisation de la langue arabe ! » )
 Une telle introduction de l’arabe en tant que langue officielle de l’Etat mauritanien, ne doit souffrir d’aucune contradiction mais bénéficier du dialogue sur les voies et moyens de sa réalisation. 
Il convient de la planifier, d’associer les populations sur le moyen et le long termes et de faire que les générations futures mauritaniennes puissent parler travailler avec la langue arabe, à côté des langues nationales (Voir mon article sur le plurilinguisme en Mauritanie)
En effet, il est inconcevable dans un pays disposant d’une langue  qui peut servir de ciment entre les cultures du pays et d’outil unitaire de tous ses enfants, se voit rejeter au nom d’une langue étrangère. Ceci est non seulement inacceptable et constitue la pire image d’aliénation que peut présenter un peuple.
Nul ne refuse l’enseignement du français. Comme toutes les autres langues, c’est un vecteur d’ouverture et de dialogue entre les civilisations. Elle doit être enseignée dans tous les cycles éducatifs.
Nul ne doit prôner l’introduction brutale de la langue arabe dans le système administratif mauritanien. Mais demander à le faire progressivement.
Nul ne doit revendiquer la langue française comme langue de dialogue ENTRE le mauritaniens eux-mêmes. C‘est à la fois une insulte à la langue arabe, capable de jouer son rôle unitaire,  et à nos langues nationales.
Toute velléité de conserver la langue française comme la langue de la Mauritanie est à la fois une aliénation de sa propre culture, une démonstration de son incapacité à utiliser ses propres langues pour se promouvoir et surtout un aveu d’une incommensurable faiblesse qui, comme on le sait, a toujours été le signe distinctif des nations dominées.
Alors entre la langue arabe, langue mauritanienne, langue parmi les langues de notre pays, langue de notre confession et le français, langue étrangère, que choisir. La première ou la seconde ?
La réponse, pour celui que guident le cœur et la raison, ne saurait être que la première.
Stendhal, n’écrivit-il pas que : « le premier instrument de génie d’un peuple c’est sa langue » ?  (« Des périls de la langue italienne »).
Stendhal parlait ainsi de sa langue, mais aussi de ce que celle des autres pouvait être pour leur génie.
Ce qui fait que le ministre vaut bien le rappeur. Mais, à travers l’imposition du français, c’est le pays que l’ont fait chanter.
-
Pr ELY Mustapha

vendredi 9 avril 2010

Contre l'extraversion de la Nation

-
Manifeste pour la Mauritanité

La Mauritanie est un pays extraverti qui regarde vers des pays qui ne regardent pas vers lui. Pris dans son songe d'arabité, d'africanité,  de berbérité (et que sait-on encore ?), il s'oublie pour aller  pourfendre des rêves-moulins à vent. La Mauritanie, un pays-Don  quichotte.

Rappelons-nous en 2007, si les chefs d'Etats des pays arabes ne se sont pas déplacés pour  l'investiture du président de la République mauritanien, c'est que pour eux la Mauritanie n'est rien d'autre qu'un arrière-pays, sous développé. Un grenier pour demain auquel on miroite un avenir commun qui n'a de commun que ce que l'on veut en faire.
-
De ce qui se dit tout haut (de hasseinein heykal à Gueddafi) à ce qui se dit tout bas (et que nous présumons bien), la Mauritanie est un  pays qui, pour le monde arabe, est une contrée éloignée de tribus et d'ethnies en transhumance qui vivent encore au temps de leurs ancêtres. Elle n'intéresse ses frères arabes que le temps d'un investissement, d'un soutien au sein d'une organisation  internationale ou d'une acclamation quelconque qui ne lui profite jamais.

La Mauritanie n'entre dans les préoccupations d'aucun des pays du  Maghreb et encore moins du Machrek. Elle est tolérée pour ce qu'elle peut apporter matériellement à ces pays mais elle n'est acceptée que dans le discours.

Alors, que la Mauritanie s'érige en donneuse de leçon de Démocratie, cela est intolérable.

C'est intolérable parce que justement dans la stratégie de ces pays,  elle compte pour des prunes. Disons-le sans détours, la Mauritanie est orpheline de son arabité qu'elle poursuit à perdre haleine.

C'est pourquoi nous avions appelé dans un livre largement distribué  pour demain ») à ce que la Mauritanie prenne en main sa destinée  par elle-même et qu'elle construise son avenir sans compter sur aucun  autre pays qu'elle-même. C'est en enracinant sa mauritanité qu'elle  aura sa place dans le concert du monde arabe et africain.

Hélas, le Mauritanien ne sent pas mauritanien au sens ou le Tunisien se sent tunisien ou l'Egyptien se sent egyptien…. Le Mauritanien vit  encore une arabité et une africanité qui contrairement à ce qu'elles  devraient lui apporter le déracinent. Le Mauritanien n'a pas tiré de  ces deux richesses, une Mauritanité, une unicité une identité qui  fait sa spécificité, il vit indéfiniment le supplice de  l'écartèlement culturel.

Tant que l'Etat Mauritanien n'a pas développé cette « Mauritanité »  nécessaire pour la construction d'un pays en tirant l'identité du  Mauritanien de son propre espace socioculturel (arabo-bérbéro- africain) et en faisant une spécificité qui l'identifie par rapport aux autres pays, il n' y'aura jamais de Mauritanie.

En regardant le drapeau mauritanien, nos enfants devront un jour pouvoir se dire « je suis Mauritanien ».
Non pas au sens fragile et culturellement dévoyé qui prévaut dans  les esprits d'aujourd'hui. Mais dans le sens où « je suis  mauritanien » signifie, mon pays c'est la Mauritanie, ma culture est mauritanienne, mon territoire se situe entre les 15èmes et 17èmes degrés de latitude Nord et les 5èmes et 7èmes degrés de longitude  Ouest, mon Etat est mauritanien. Je fais partie d'un ensemble naturel arabe et africain qui m'a servi une part de mon identité historique, mais je suis avant tout « Mauritanien ».

Et je mettrai ce pays au devant de tous les autres ; à l'image de ce que tous les autres Etats (arabes et africains) font de leurs pays.
L'intégration continentale, régionale, sous-régional sont des  préoccupations de peuples consentants et de nations démocratiques,  j'y adhère mais avec mon identité et mes spécificités.

Mauritanien d'abord, arabo-africain ensuite. C'est dans cet ordre que l'on devra concevoir les choses et c'est ainsi que les dirigeants arabes et africains initient leurs peuples.
-
Un peuple qui n'a pas une identité et qui poursuit des chimères ne  pourra jamais accéder à un avenir radieux. Car pendant que ses  enfants se cherchent une identité pour que demain ils aient une  nation, une patrie, l'Etat se cherche encore dans des espaces  maghrébin, arabes, africains au mépris du besoin du peuple d'être lui-même, de maîtriser son destin culturel par lui-même.
-
Or qu'on se le dise, ni les pays arabes ni les pays maghrébins, ne  voudront (même au nom de la fraternité) dans leur rang d'un maillon  faible. Identitairement, économiquement et socialement faible.

En somme, le Mauritanien devrait se regarder car son avenir demain, au-delà des regroupements continentaux ou régionaux, c'est son  identité. Celle par laquelle, il reconnaîtra son frère mauritanien.
Son frère qu'il saura identifier dans la multitude des peuples. Et avec lequel, il construit un pays appelé Mauritanie et dans lequel tous les deux ils se retrouvent.

La « mauritanité » en tant qu'identité, n'est cependant ni  nationalisme, ni isolement, ni refus du dialogue culturel.

La mauritanité c'est de se savoir appartenir à un groupe d'hommes et de femmes qui  partagent une culture commune que leurs ancêtres  ont forgée par eux-mêmes sur un territoire spécifique au cours des  siècles et qui n'envie rien à celle des autres peuples. Qu'elle leur  est égale et qu'ils défendront contre toute volonté de la dissoudre  dans un espace géographique quelconque ou de la réduire à une  dépendance d'un espace géopolitique ou géostratégique quelconque.
-
La « mauritanité » est aussi une dynamique respectueuse des volontés  des peuples de se regrouper pour un avenir commun (à toutes échelles continentale, régionale ou sous régionale) mais elle est l'unique  rempart contre le sacrifice du peuple mauritanien aux intérêts  quelconque d'une nation, d'un Etat ou d'un regroupement proche ou lointain.

L'identité mauritanienne c'est la mise en œuvre du « dialogue des  civilisations » pour un avenir commun dont le dénominateur n'est autre que la « mauritanité» d'abord et en fin.

Pr ELY Mustapha.
 2007

Nombre total de pages vues

Nombre de visiteurs

Poésie de la douleur.