vendredi 20 mai 2016

Plaidoirie : Aziz, ne quittez pas le pouvoir !



Ce n’est pas parce qu’un bâtonnier, honteusement, vous a remis sa robe, qu’un juge, se déjugeant, vous a fait allégeance, que des intellectuels ont renié leur dignité, pour servir, bassement, votre cour que vous devrez compter sur leur clémence quand vous serez parti. Ils se retourneront contre vous à la même vitesse où ils vous ont rejoint. Car depuis que les régimes militaires ont assujetti ce peuple, « les vices sont devenus des vertus ».
Alors accrochez-vous et ne quittez pas le pouvoir car ce qui vous attend, sera à la mesure de l’ingratitude de vos serviteurs. Ce qui, vous vous en doutez bien, est incommensurable. 

Quelle conclusion mécanique pourriez-vous en tirer ?

La voici : n’importe quel juge d’instruction pourra lancer contre vous un mandat d’arrêt (international, si nécessaire) pour détournement de biens publics, de « génocide » économique, de fraude, de dilapidation des biens publics et même un procès pour...coups d’Etat.
Pour vous éclairer, voici une ébauche de plaidoirie à votre procès (par contumace ?) que n’importe quel avocat pourrait tenir (en votre absence, bien entendu) :

«Monsieur le Président, votre honneur, honorables assesseurs,

En prenant par la force le pouvoir en Mauritanie, Ould Abdelaziz a balayé d’un revers de baïonnette tous les espoirs d’un peuple.

Il a avili toute une nation, il a miné l’administration, crée la zizanie et la division au sein de la population, il a pillé les ressources publiques, vidé les caisses de l’Etat, soumis le pays à la pire des pauvretés, confisqué le développement du pays, hypothéqué ses relations économiques, corrompu ses cadres, spolié ses valeurs et réduit ses enfants à la misère courtisane… Et voilà qu’il se réfugie en toute impunité auprès d’un pays ami ! Ce n’est pas le culot qui manque à ce mécanicien d’infanterie qui a si bien tripoté la machine-Etat qu’à défaut de pouvoir la faire démarrer décide de l’abandonner sur la pente de ses méfaits.

Le général Ould Abdelaziz devra rendre compte de tout le mal, qu’il a causé au pays durant ses deux mandats. Il a mis le pays au banc du monde, il en a fait le pays de ceux qui ne méritent pas la démocratie. Un peuple de berbéro-arabo-négro-africains qu’il a spolié et réduit en détraqués chercheurs d’or fictif qui sont la risée de toute la planète. Il en a fait un pays que les dictatures arabes et autres veulent récupérer en en faisant l’exemple même de ce qui pourrait le mieux arriver à ceux qui aspireraient à la Démocratie.

Le général en cavale Ould Abdel Aziz doit rendre compte des crimes sociaux et économiques qu’il a commis. Il doit rendre compte pénalement et martialement de ses actes de trahison à l’égard de la nation et de ses dirigeants élus.
Pour les crimes économiques, ould Abdel Aziz laisse un pays exsangue dont les populations se démènent dans le dénuement le plus absolu, dont les hôpitaux sont des mouroirs et les enfants étalés dans les rues entre mendicité, drogue, prostitution et criminalité. Il est accusé d’avoir vidé les caisses de l’Etat et les maigres ressources de la nation dans son ambition personnelle, démesurée et sa soif d’un pouvoir qu’il a voulu conserver au mépris de l’intérêt de tout un peuple.

Il a encouragé une mafia de fonctionnaires et de politiques, issus tant du législatif, de l’exécutif que du judicaire par lesquels il s’est assuré l’assujettissement de franges entières de la population. Il a exploité les tribus, les oulémas, et même les étrangers pour s’allier à sa cause. Il a usé pour cela du Trésor public, de ses ministres qui négocient des contrats déséquilibrés et qui bradent les ressources nationales pour une reconnaissance du général et de sa junte. Il a corrompu les médias, transformé la presse officielle en ondes et papiers de mensonges ridiculisant jusque l’Etat lui-même

Ould Abdel Aziz doit être accusé d’avoir dilapidé les biens publics et reconnu coupable de détournement de biens publics et tous ceux qui ont soufferts de sa mégalomanie sont invités à se constituer partie civile, en somme tout le peuple.
Un mandat d’arrêt doit être lancé contre lui pour avoir durant ses années  embrigadé et mis tout un peuple dans un camp de concentration en usant de la peur et de la menace et en emprisonnant à tour de bras en manipulant, à travers des magistrats véreux, le système judiciaire.

Monsieur le Président, votre honneur, honorables assesseurs, 

D’avoir privé des populations entières de leurs maigres ressources entrainant leur mort dans les hôpitaux faute de soins, en les privant des infrastructures qui assurent leur protection et leurs survies, en les réduisant à la mendicité quotidienne sans espoir de relèvement, Ould Abdel Aziz se doit d’être poursuivi là où il se trouve !

 Le taux de mortalité infantile n a fait que croitre, l’espérance de vie s’est détériorée, l’éducation bat de l’aile, et aucune réalisation sociale ou économique ne s’est faite. Tirant le pays encore davantage dans les affres des pays les plus sous-développés et les plus endettés.
Ould Abdel Aziz doit rendre compte de ses actes devant la justice. Tant à l’échelle nationale qu’internationale.
A l’échelle nationale, il doit subir des sanctions que tout putschiste se doit de subir à savoir l’application des dispositions répressives du code pénal. Et aucune amnistie, ni disposition constitutionnelle n’est recevable à l’encontre du génocide socio-économique d’un peuple et de son devenir.

Il doit rendre compte : 


-          des agissements de sa famille : un fils impuni, détenteurs d’armes à feu, ayant porté gravement atteinte à l’intégrité physique d’une personne innocente et qui court encore les rues ; mieux encore il est gestionnaire d’une association familiale appelée avec euphémisme Fondation.

-          des biens et de l’usage des biens d’une fondation qui s’est fondée au mépris de toutes les lois de la gestion et des finances publiques

-          de l’enrichissement faramineux de ses proches et moins proches

-          des exactions subis par des centaines d’opposants à son régime

-          des jugements de tribunaux auto-administrés par l’exécutif à l’encontre de mouvements politiques.

-          de la criminalité qui a pris son essor en Mauritanie et qui est entretenue pour engendrer la peur des citoyens.

-          de l’appauvrissement du pays et de la détérioration des revenus des ménages.

-          du pillage des richesses du pays par une nomenklatura à laquelle il n’a apporté aucune limite

-          de l’octroi des marchés publics à la parentèle et autres commerçants véreux

-          du bradage et de la vente des institutions de l’Education et de la culture au profit de marchands d’accointance.

-          de la corruption qui gangrène le pays et qu’il a laissé faire.


Monsieur le Président, votre honneur, honorables assesseurs,

Le général Abdelaziz est coupable jusque dans l’origine de son accès au pouvoir au mépris de toute une nation.

Ainsi, le général Ould Abdelaziz s’étant opposé au décret du Président de la République le limogeant il soit se voir appliquer la loi pénale notamment :

ART. 182. - Tout fonctionnaire public, agent ou préposé du gouvernement, de quelque état et grade qu'il soit, qui aura requis ou ordonné, fait requérir l'action ou l'emploi de la force publique contre l'exécution d'une loi ou contre la perception d'une contribution légale, ou contre l'exécution soit d'une ordonnance ou d'un mandat de justice, soit de tout autre ordre émané de l'autorité légitime, sera puni de la réclusion.

ART. 183. - Si cette réquisition ou cet ordre ont été suivis de leur effet, la peine sera le maximum de la réclusion.

ART. 189. - Tout fonctionnaire public révoqué, destitué, suspendu ou interdit légalement qui, après en avoir eu connaissance officielle, aura continué l'exercice de ses fonctions, ou qui, étant électif ou temporaire, les aura exercées après avoir été remplacé, sera puni d'un emprisonnement de six mois au moins et de deux ans au plus, et d'une amende de 5.000 à 40.000 UM. Il sera interdit de l'exercice de toute fonction publique, pour cinq ans au moins et pour dix ans au plus à compter du jour où il aura subi sa peine, le tout sans préjudice de plus fortes peines portées contre les officiers ou les commandants militaires par l'article 87 du présent code.

Et voici les articles 87 et suivants :

ART. 87. - Ceux qui, sans droit ou motif légitime, auront pris un commandement militaire quelconque, ceux qui, contre l'avis du gouvernement, auront retenu un tel commandement, les commandants qui auront tenu leur armée ou troupe rassemblée après que le licenciement ou la séparation en auront été ordonnés seront punis des travaux forcés à perpétuité.

ART. 88. - Lorsque l'une des infractions prévues aux articles 83, 85, 86 et 87 aura été exécutée ou simplement tentée avec usage d'armes, la peine sera la mort.

A ces dispositions s’ajoutent celles prévues par le code militaire pour la trahison, la rébellion et la prise des armes contre les autorités de commandement

Ould Abdel Aziz se devrait de passer en justice et ce n’est pas en quittant son siège usurpé de chef de l’Etat qu’il échappera à la sanction.

En effet, c’est bien plus l’impunité dans laquelle baignent les putschistes depuis 1978 qui motive les coups d’Etat que la soif de pouvoir elle-même.

Tous ceux qui ont fait des coups d’Etat avaient calculé d’avance leurs « intérêts », dont le moindre est de s’enrichir et de partir rejoindre la vie civile sans être inquiétés.

Pourquoi refait-on les coups d’Etat ? Parce que ceux qui les réalisent reprennent le plus normalement du monde leur vie militaire ou regagnent la vie civile avec en prime les poches pleines et l’avenir assuré par le pillage.

Tous ceux qui ont mis à genou le pays durant des dizaines d’années de putsch ont donné l’exemple de cette impunité qui motive les putschistes d’aujourd’hui et qui motivera davantage ceux de demain.
Il faut que chacun rende compte de ses actes. Les militaires putschistes aussi bien que leurs sbires et autres malfrats civils qui les ont soutenus dans leurs forfaits devront être jugés.
Si l’on ne jugule pas cette impunité, la Mauritanie ne se relèvera jamais.

Monsieur le Président, votre honneur, honorables assesseurs,

Ould Abdel Aziz ne doit pas échapper à un procès en bonne et due forme, que toutes les forces vives de la nation se doivent de réclamer aux juridictions nationales et internationales. Et ce ne sera que justice pour le présent et pour l’avenir.

A l’échelle de la criminalité punie par les juridictions internationales, ould Abdel Aziz est passible de crimes graves.

En effet, lorsque l’on prive des populations entières, durant des années, de leurs moyens de subsistance et qu’on les réduise à vivre dans la misère et la maladie, n’est-ce pas l’équivalent d’un génocide à moyen terme. Acte dont les conséquences sont aussi désastreuses sur la vie des pauvres gens qu’un génocide froidement exécuté par les armes.

Si l’on devait de comptabiliser combien d’individus , hommes, femmes et enfants sont morts trop tôt ou de maladies, de malnutrition ou de manque de soins et de médicaments du fait des politiques prédatrices des régimes militaires précédents et actuels , le nombre équivaudrait bien au pire des génocides, en Europe, en Asie et dans le reste de l’Afrique.

Les putschistes ont causé des « génocides » lents. Une mort lente de milliers de personnes dont les instruments ne sont pas des armes mais dont les conséquences sont les mêmes : la mort et le désarroi des populations.

C’est ainsi que les crimes économiques commis par ces juntes, constituent des crimes contre l’humanité et se doivent d’y être, par leurs effets similaires, assimilés. Une vie assassinée par une balle, et une autre morte de privation des ressources élémentaires de survie, n’est-ce pas toujours une vie que l’on a enlevée ?

Ould Abdel Aziz, en partant, a laissé les caisses de l’Etat vides, il a laissé des concessions de ressources naturelles bradées aux compagnies étrangères. Il a laissé une administration paralysée par des années de gestion par des fonctionnaires incompétents et véreux nommés à la faveur d’un soutien à sa personne.

Ould Abdel Aziz en partant, aura creusé davantage le sous-développement du pays, réduit encore pour plusieurs années les chances d’un quelconque développement, et a fait du pays l’otage futur des grands argentiers de la planète qui ne manqueront pas, vus ses besoins en ressources, à le mettre à genou sous l’endettement que Ould Abdelaziz n’a fait qu’aggraver.

En effet durant tout ce temps passé par la force à la tête de l’Etat, le taux de croissance effectif du pays fut et reste encore largement négatif, un pays dont le revenu national (provenant d’une rente minière et halieutique) a fondu comme neige au soleil, dont les réserves en devises (surévaluées) rivalisent avec le niveau de la mer et dont les entreprises ne produisent plus rien et où le chômage toutes catégories confondues est une catastrophe et une menace pour le lendemain. La crise frappant toute la planète, la Mauritanie a été plongée dans les abysses de la mendicité à venir et de la dépendance perpétuelle.

Monsieur le Président, votre honneur, honorables assesseurs,

En trente ans, et suite aux coups d’Etats successifs que Ould Abdelaziz a perpétués, la société mauritanienne a été dénaturée

La société mauritanienne était bâtie sur une universalité de codes éthiques et de valeurs sociales qui lui donnaient sa dimension de respect et de tolérance. Celle où l’on se devait d’être bon, sage et meilleur en tout. Non pas seulement pour soi mais aussi pour sa famille et pour son pays. Il y avait dans cette société une fierté et une dignité qui prenaient leurs sources non pas dans l’appropriation matérielle, mais dans la possession de l’éducation et du savoir. Cadres et repères de l’homme en société.

 Cette société où la parole était d’or et où l’attachement se faisait plus à la personne elle-même, à son origine, à son savoir, à son éducation qu’à ses biens et ses atours.
Une société matériellement pauvre et spirituellement gigantesque. Cette société où s’entremêlaient la foi, la dignité et le courage. Une société où le courage n’ignorait pas la tolérance et la dignité le pardon.

A cause de ces régimes militaires qui ont perpétué, la violence, la cupidité et la misère, la société mauritanienne d’aujourd’hui, s’entre-déchire autour d’une personne, d’un bien, d’une autorité, d’un pouvoir. Elle a perdu la foi qui maintenait sa cohésion et la conviction en un devenir commun. La société, à force de faire du pouvoir son centre d’intérêt et son ultime sujet, est devenue le reflet de ce pouvoir. Elle a confectionné ses attitudes, ses valeurs et son mode de vie à l’image de ce qui la préoccupe depuis des décennies : le pouvoir.

Ce n’est pas la société qui a imprimé ses valeurs au politique mais l’inverse. Entrainant ainsi une reproduction jusque dans la sphère sociale, des tensions qui l’animent et des tares qui le minent. Les dissensions, l’agressivité partisane, la corruption, le népotisme, l’inimitié, l’esprit revanchard et l’intolérance ont conquis une société entièrement assujettie au politique.

Les conséquences en sont une perte de repère pour toute une société et, à travers elle, sa jeunesse. Les batailles qui se livrent au sommet trouvent leur reproduction dans la violence sociale et la criminalité galopante. Le respect n’a plus de sens puisque ce sont ces personnes qui au pouvoir donnent le mauvais exemple et qui montrent les formes les plus évidentes de l’intolérance et de la cupidité.

Brassée durant des décennies par des régimes politiques entièrement extravertis ne se préoccupant que de conquérir, d’assujettir et de s’enrichir, au mépris du peuple et de sa culture, au mépris de son idéal et de ses valeurs, la société en est devenue le reflet.

Aussi tout ce que se passe actuellement au sommet de l’Etat et tout ce qui s’y est passé durant ces dernières années n’a pu trouver une réaction de rejet du profond de la société, car elle en est une fidèle reproduction. La société n’est plus le frein au rejet des valeurs, elle accompagne ce rejet, l’applaudit et l’admet. Et tous ceux qui ont conquis le pouvoir par la force savent pertinemment qu’ils peuvent compter sur l’immobilisme de cette société qui « accusera le coup » et qu’ils sauront l’associer à leurs méfaits.

Ould Abdel Aziz a été le continuateur et le fidèle reflet de ce génocide d’un peuple par la strangulation de ses valeurs.

Maintenant devenue une société conditionné, préparée à l’assujettissement et dont « l’élite » cupide et intéressée, véritable courroie néfaste de transmission entre la société et le pouvoir, la mettra dans l’escarcelle de ce dernier. Une élite participant à l’instrumentalisation politique d’une société sans repères et sans idéal.

Cette société est « rétroactivement » morte !  Car tolérer toutes les violences qu’on lui fait depuis tant d’années à travers des putschs successifs hypothéquant sa volonté, son développement et son devenir est la preuve évidente de son décès ! 

Ould Abdelaziz a continué l’enterrement des valeurs au nom des vices qui sont devenus des vertus prônés par son pouvoir !

Cette société est définitivement classable dans les rayons de l’ethnologie sous l’étiquette : « société détruite par absorption de son énergie vitale par un pouvoir parasite ». 

Ould Abdel Aziz devra-t-il au nom d’une quelconque manœuvre politique partir comme il est venu ?
Non. Ni notre conscience d’humain, ni celle de tout Mauritanien ne permettra une telle impunité.
Et ce n’est pas en faisant jouer des concessions pour sortir de la crise, et dont notamment son départ, qui fera oublier qu’il est responsable depuis plusieurs années et notamment depuis l’exécrable putsch qu’il a commis le 6 Août 2008 des malheurs que vit notre pays.

Le général limogé Ould Abdel Aziz devra rendre compte devant le peuple et la justice du gouffre dans lequel il a jeté, avec ses compagnons, le pays. Et à travers lui tous les putschistes qui ont détruit le pays.

Car si Ould Abdel Aziz quitte en toute impunité, on ne résoudra pas la véritable crise qui est celle de tout un pays pris aujourd’hui en otage et qui le restera encore et toujours.
Aussi nous demandons aux autorités judicaires, conformément aux dispositions 109 et suivantes du code de procédure pénale mauritanien, qu’un mandat d’arrêt soit immédiatement lancé contre Ould Abdelaziz. 

Nous refusons l’impunité, car l’impunité est, et restera toujours le gage des putschistes d’hier, d’aujourd’hui et de demain. 
Ainsi nous avons dit. » (Fin de plaidoirie)

Notez, cependant monsieur le général Aziz que l’avocat qui fera cette plaidoirie et le juge d’instruction qui lancera le mandat d’arrêt contre vous se sont tus pendant toutes ces années où vous étiez au pouvoir.

Agissez ! Demandez à supprimer le Sénat, ou n’importe quelle autre institution constitutionnelle pourvu que cela vous permette de réviser la constitution. Révision, belle occasion, qui permettra à vos juristes, en service commandé, de faire une pirouette juridique, insérant une disposition, qui sera favorable à votre maintien au pouvoir.

Ne quittez pas le pouvoir ! 

 Dialoguez et « faites dialoguer » l’opposition jusqu’à épuisement. Faîtes-lui croire que vous êtes sincère et qu’elle aura une portion du « gâteau-Etat ». Mais surtout ne cherchez pas l’avocat qui aurait à prononcer, en votre absence, cette plaidoirie. Il est quelque part dans le subconscient de toute un Nation meurtrie. Introuvable, jusqu’au jour dit.

Pr ELY Mustapha

mercredi 18 mai 2016

Le Prix de Nation Unie


 Cher Biram,

Ta libération réjouit tout un chacun, mauritanien et non mauritanien, épris de liberté et de justice. Nous la saluons à la mesure des efforts que toute une communauté nationale de concert avec une communauté internationale, a déployés pour que ta libération soit effective et que justice te soit rendue.
Cependant ne te trompe pas de combat, la communauté harratine que tu défends méritant un leader comme toi, ne doit pas cependant voir en toi un pourfendeur des « maures ». Les esclavagistes ne sont pas forcément des maures et les maures ne rejettent pas les harratines. Que tu le veuilles ou non, tu pourras développer une vision de libération d’esclaves mais tu ne pourras pas changer une réalité : les harratines resteront des maures par la langue et la culture.
Un combat s’inscrivant dans une discrimination positive doit se faire en vue d’une intégration effective à la Nation aussitôt que ce pour lequel la discrimination a été déclarée a cessé d’être (l’esclavage). Combattre l’esclavage est noble mais il faudrait le placer non pas dans une dimension conflictuelle mais dans une lutte de libération humaine n’engendrant pas la haine. La preuve en est, que ta libération tu la dois à des forces qui ne sont pas descendues dans la rue pour déloger le locataire du palais ocre mais à des forces bien plus puissantes, communautaires et internationales, qui par pressions interposées ont fait plier le régime.
Ce que tu sais aussi certainement, c’est que les pires ennemis dans ta lutte sont ceux de ta communauté qui marchandent avec le pouvoir ta neutralisation et qui monnayent fonctions et privilèges contre leur silence.
Tu ressembles un peu à cette « monnaie politique » qu’est devenue la Palestine aux mains de certains régimes arabes qui l’utilisent, de concession en concession, pour acquérir des faveurs économiques et financières de l’Occident. Où sont les harratines du « pouvoir » quand tu étais en prison ? Tu étais une monnaie d’échange de leurs privilèges. Ils monnayaient leur silence, ton silence.
Ceux qui sont au pouvoir ne sont représentatifs ni des maures, ni des harratines. L’avenir de ton combat se doit de s’inscrire à l’encontre d’un pouvoir corrompu, qui a tout corrompu jusque les communautés elles-mêmes et non point à l’encontre de ces dernières. Dans ce cas tu te serais trompé de combat et tu n’engendreras que la haine.
La cause pour laquelle pour laquelle tu te bats ne doit pas servir de prétexte pour engendrer la haine.
Le rejet d’une quelconque communauté, la haine à son égard quel que soit son mode d’expression, ne te mènera nulle part
Savoir faire la différence entre un régime qui mine le pays (et maintient des communautés entières dans la dépendance et justifie l’esclavage) que tu voudrais voir disparaître et une nation dans laquelle ton combat se doit de s’inscrire, en utilisant ses forces vives et progressistes, est le premier du combat que tu dois mener contre toi-même.
Jamais les harratines ne domineront le pays et jamais les maures ne pourront continuer à monopoliser le pouvoir en excluant une de leur composante, les harratines ; ainsi que les autres communautés. Cela ne se fera que sur la base de l’entente et de la concertation que, cependant, ton combat devrait forcer à se réaliser en éradiquant l’esclavage, en redonnant à la communauté harratine ses droits politiques, économiques et sociaux. Devenir un vecteur de libération et non point vecteur de discorde.


Le prix que tu dois essayer, désormais, de remporter est bien plus important que celui, acquis, des Nations-unies, mais celui de la Nation unie. Et ce prix-là, ce n’est pas une organisation internationale, sous influence de la communauté internationale, qui va te l’octroyer mais ta propre Nation, afro-arabo-berbère, sous influence de sa diversité.
Alors libéré, revois ton programme politique et mène un combat juste où chaque Mauritanien (indifféremment de sa communauté), s’y verra. Car un combat pour la justice, mené avec des mots et des moyens justes, entraine l’adhésion au-delà de la tribu, de l’ethnie, de la race et de la couleur de peau.


Pr ELY Mustapha


vendredi 13 mai 2016

Huit ans déjà: Analyse psychique d’un général (deux fois) putschiste, chef d’Etat.


Alter.... ego 
Tout ce qui façonne l’homme, sa force, sa dignité et sa gloire se retrouve dans la dialectique d’un « ego » (la représentation et la conscience que l'on a de soi-même) et d’un « alter ego » (Personne à qui l'on donne toute sa confiance).

Les comportements de chaque individu sont à l’image de ce qu’il veut être et de ce que les autres veulent qu’il soit. Lorsque ces personnes emportent toute la confiance alors l’ego tend vers l’alter ego. Lorsque cette confiance brusquement se rompt, alors l’ego se détache de son alter ego. La crise nait alors de cette rupture. Chez certains elle et passive (repliement sur soi) chez d’autres , elle est réactive (actes violents, physiques ou verbaux).

Depuis les dernières élections de 2007, qui ont conduit à l’élection d’un président de la République, toute la dynamique qui a secoué l’espace politique mauritanien s’explique par la dialectique entre l’ego d’un général et son alter ego, ce président, qu’il a soutenu et auquel il a fait confiance. Et dans cette relation, l’alter ego n’avait pas le choix des armes.


I- Le général bafoué : L’éviction de l’alter ego.

Lorsqu’un militaire fait deux coups d’Etat successifs et qu’il monte en grade , l’on ne peut que se réduire à l’évidence : les coups d’Etat sont devenus pour lui un acte normal. Une forme de bonne gouvernance. Mieux, encore un acte hautement gratifiant.
Devenu général après le premier coup d’Etat, il devint chef d’Etat après le second. Il a pris le pli d’un acte qu’il ne juge même pas répréhensible, car le coup d’Etat est devenu dans la pratique politique mauritanienne, un usage au sens où l’entendraient les juristes: une pratique répétée qui entraine la conviction de son caractère obligatoire.

En effet on décompte plus d’une dizaine de coups d’Etat depuis 1978, et tous ceux qui les ont commis sont devenus des chefs d’Etat, des présidents de la République ou au moins député à l’Assemblée nationale. Le seul putschiste qui, avec ses compagnons, fut fusillé, est le colonel Kader, il eût moins de chance que les autres ou plutôt il vînt au mauvais moment, car d’autres ayant raté leurs coups sont aujourd’hui des élus du peuple.

Le général Ould Abdel Aziz, agit donc bien dans la droite ligne de ceux qui l’ont précédé et qui ont fait des coups d’Etat , les voies normales d’accès au pouvoir. Cette légalité dans laquelle il fut pris après l’élection du Président de la République en 2007, se devait de pérpétuer son influence et non pas la contrarier. Il avait psychologiquement besoin de continuer à perpétuer une mainmise de l’armée dans le politique qui ne doit pas s’interrompre.
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Les espaces de liberté que le président renversé avait pris sonnaient pour lui comme le glas de sa secondarité. Secondarité qu’il ne pouvait pas admettre de celui qu’il a aidé à accéder au pouvoir et qui lui devait tout. Le personnage, le président, son « alter ego » qui devait refléter en tout et pour tout son propre vouloir, lui échappait. Alors le général bafoué, trahi dans ses espoirs de continuer à asseoir son influence à travers le vieil homme décida alors de le déstabiliser. Le « coup d’Etat » armé fut l’ultime recours après que le « coup d’Etat » légal ait échoué.
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En effet, le coup d’Etat légal fut celui qui allait à travers, tous les mécanismes partisans (fronde parlementaire) et les menaces institutionnelles ( enquêtes sur la fondation, haute cour de justice pour le président ) déstabiliser le président. Mais les efforts s’épuisèrent sans succès. Et ce qui fut certainement le drame psychologique du général, c’est que face à tous ces mécanismes, le Président de la République restait imperturbable. Le Président clamant que la fondation est « sans reproche », les frondeurs c’est des « trouble-fêtes ».
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Et cause donc perdue car le président n’allait pas dissoudre l’Assemblée nationale qui permettrait de renvoyer devant le peuple une majorité qui lui était favorable et recevoir en retour une autre majorité qui le renierait vue son impopularité que les militaires ne manqueraient pas d’amplifier en cas d’élections, le Président n’allait pas accepter non plus une enquête sur la Fondation et il n y aura donc aucun scandale qui l’éclabousserait, le Président confortait son premier ministre qui battait le ralliement de la majorité qui le soutenait…
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Le général voyant le « coup d’Etat » légal piétiner, aurait pu patienter encore et d’avoir le Président par l’usure, les députés et les sénateurs de la fronde venaient , en effet, de déterrer l’argument de la Haute Cour de justice pour « juger » le Président. Mais peu habitué à l’argumentaire et bien porté sur une force à la quelle il s’est habitué, le général trouva alors dans le dernier décret du Président de la République, l’occasion inespérée de le renverser. En bon militaire et se considérant toujours l’égal du Président, il considéra que le décret le limogeant était une violence à son égard à laquelle il ne devait répondre que par la violence. Le naturel revenant comme on le sait au galop.

Psychologiquement, le Général est bien en conformité avec sa conscience. Il ne fait que perpétuer une pratique normale dans la passation des pouvoirs en Mauritanie: les coups d’Etat. Il ne fait, en bon militaire, que rendre coup pour coup ce que le Président lui a fait. En somme, il se devait de gagner au duel. Un duel commencé en Avril 2007.

Fort intéressante expérience de politique mauritanienne qui démontre comment se résout la dialectique de la force (militaire) et celle de la Démocratie (civile), lorsque la force qui a établi la démocratie se fait prendre au piège de la légalité.

II- Le général acclamé : le retour de l’ego

Il est fortement probable que le général ayant eu raison de son « alter ego », avait dans les premiers jours de son geste, l’intention de céder le pouvoir , de s’en éloigner ou tout au moins de revenir à une neutralité militaire. Hélas! C’était sans compter sur le pouvoir maléfique du microcosme politique courtisan mauritanien et sur l’hystérie populaire qui réduit souvent les dirigeants de bonne volonté en dieux de l’Olympe.

La caractéristique de la sphère politique mauritanienne est d’être absolument dénaturée par deux phénomènes qui ont un impact éminemment important sur le détenteur du pouvoir .
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D’abord les cercles courtisans et laudateurs qui très vite réalisent une approche "déïficatrice" et sacralisante du détenteur du pouvoir et lui font croire de façon sournoise mais habile qu’il est le « nombril du monde ». Ces cercles qui ont acquis leurs lettres de « noblesse » sous les régimes précédents, ont développé leurs armes et les ont fourbies pour tirer le meilleur parti de celui qui prendrait légalement ou de force le pouvoir. De ce point de vue , ils ne font pas de distinction, ce qui compte pour eux ce n’est ni les intérêts de la nation ni ceux de l’Etat, c’est de se servir du pouvoir au mieux de leurs intérêts.
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Ces cercles comprennent tous les éventails possibles : les intellectuels qui défendent , tout au long des colonnes de journaux ou d’ondes radio et télé, l’indéfendable et qui pertinemment, savent que leur mauvaise foi, à défaut de les tuer pourrait servir leur désir d’ascension auprès de celui qui les écoute; les chefs de tribus qui habitués au négoce de leur soutien au plus fort, à l’encontre des intérêts de leurs membres, se joignent aux laudateurs ; les groupuscules économiques en difficulté qui veulent profiter de la situation pour améliorer leur situation en attirant les faveurs ; les groupuscules sociaux, déçus ou rabroués durant l’ancien régime qui voudraient leur part du pouvoir etc.

En définitive, toute une mécanique laudatrice et courtisane qui rapidement prend d’assaut le pouvoir et qui finit par acquérir son oreille à son chant mielleux et trompeur. Le général doit certainement être en train d’entendre les fameux « Eddarjeu liman ? » et autres « monsieur le Président si vous ne vous présentez pas aux élections on vous attaquera devant la Cour internationale de justice pour non assistance à peuple en danger… » Etc. etc.

Une formidable machine de dénaturation de l’ego du détenteur du pouvoir, lui renvoyant une image qui très vite lui fait croire que la terre ne tournerait pas sans lui. N’a-t-on pas écrit que « les hommes politiques mesurent leur pouvoir au nombre des faveurs qu'on vient leur demander. »? (Maurice Druon, le pouvoir)

L’élément déterminant sur la psychologie du nouveau détenteur du pouvoir reste sans aucun doute l’acclamation populaire. En Mauritanie, comme pour tous les coups d’Etat , l’acclamation populaire du nouveau venu est une tradition. Un peuple qui applaudit à tout vent, pourvu que celui qui arrive lui promette de changer sa misérable situation.

Mais les effets d’une telle acclamation populaire sont dévastateurs sur l’ego de celui que l’on applaudit. Il finit par croire que c’est lui que le peuple soutien, alors que le peuple ne soutien qu’un espoir indépendamment du personnage. Si celui qui reçoit de telles acclamations sait que le peuple est descendu dans la rue pour soutenir tous les putschistes depuis 1978, il sortirait très vite de son leurre.

Il n’est pas erroné de dire qu’entre le moment ou il a fait son coup d’Etat et celui où ils est allé recevoir les acclamations de la foule, une translation psychologique c’est probablement réalisée chez le général Ould Abdel Aziz. Son « ego » lui dicterait alors qu’il a et qu’il est le pouvoir. « Le peuple est avec lui, il a besoin de lui » . Pourquoi ne resterait-il pas plus longtemps, sinon faire que le pouvoir, directement ou indirectement, ne lui échappe pas? Renvoyer les elèctions aux calendes grecques et perdurer davantage...
Le retour d’un ego amplifié par le pouvoir.

Ainsi, l’alter ego en berne et l’ego au vent, le général deux fois putschiste est pris entre sa conscience de militaire venu rétablir une situation qu’il a jugée déviationniste et un piège qui est en train de se refermer sur lui : la mauvaise conscience des autres.

Et il n’est nul besoin de dire que c’est moins la conscience de ce militaire qui entrainera le pays dans l'impasse que la mauvaise conscience de ceux qui le soutiennent.
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Un général sans alter ego, face à son ego.... désarmé.

Pr ELY Mustapha

lundi 9 mai 2016

Un président africain fait une extraordinaire découverte !

La libido de l’eunuque...de garenne.

 
L’observation du lapin, en captivité, serait-elle la méthode la plus indiquée pour faire avancer la science politique ? La culture politique se comprendrait-elle mieux par la cuniculiculture ?
Le fait de ne pas associer l’individu à l’exercice du pouvoir engendre-t-il chez lui une libido intense ? Y a-t-il une relation entre la participation politique et la sexualité incontrôlée ? En somme, l’intense activité sexuelle chez le lapin permet-elle de déduire qu’il n y a pas de démocratie chez les lapins ? Les clapiers, terrain de la recherche en science politique ? 

Désormais ces questionnements ne sont plus de mise, un président africain a fait une découverte extraordinaire qui leur apporte toutes les réponses. Et pas n’importe lequel des présidents. 

Un président qui a tout le profil pour faire cette découverte. Un président qui a fait le « coup du lapin » à son prédécesseur, qui pose des lapins à une opposition qui ronge son frein tout en couvrant une nomenklatura qui ronge les ressources de l’Etat. C’est autant dire que son immense expérience explique cette extraordinaire découverte. 

Ainsi, ce Président a, dans un mémorable discours (voir ici), découvert qu’une frange de la population mauritanienne, avait un comportement « lapinesque » extrêmement développé. Cette frange n’est autre que les « harratines. » 

Le harratines sont, en Mauritanie, des descendants d’esclaves si, d’ailleurs, ils ne sont pas eux-mêmes des esclaves (anciens ou en cours). Ces harratines, opposants politiques, emprisonnés, spoliés et frustrés ont, suivant ce docte président des comportements ... de « lapins ». 

Le harratine, qui est issu de captifs, et lui-même captif (socio-économique), développerait des postures de lapin. Les dires du Président mauritanien sont scientifiquement corroborés par les spécialistes du lapin qui ont, en effet, noté que : 
« Le lapin a une sexualité adaptée à son mode de vie sauvage et à son besoin de se reproduire très rapidement pour assurer la survie de la garenne. Ceci peut poser de gros problèmes lorsqu'on le retire de son environnement pour le faire vivre en captivité. Le comportement sexuel est le principal facteur de troubles du comportement et d'incompréhension entre les nouveaux propriétaires et leurs lapins. » (http://www.margueritecie.com/sexualite.php) 

Notons bien que le Président mauritanien a bien compris que du moment qu’il n’a pas résolu le problème de captivité des harratines par leur « propriétaires » et qu’il les a lui-même jeté dans une autre captivité (prison), c’est donc normal qu’ils aient des « troubles du comportement ». Alors,  toute comme le lapin, le harratine en liberté a besoin de se reproduire très rapidement pour assurer la survie de... sa garenne. C’est pourquoi le Président les met en captivité...pour qu’ils ne se reproduisent pas. Trait de génie ! 

Une découverte incroyable qui vaudra certainement à ce président africain, un prix au voisinage du Nobel. 

Voilà qu’un président africain dénonçant le comportement politique d’opposants a pu faire une si importante découverte ; celle de lier la libido de l’opposant à son appétence politique ? 

C’est ce trait de génie qui caractérise nos présidents africains. C’est d’ailleurs ce génie qui fait qu’ils s’éternisent au pouvoir. Mais une question reste en suspens ? Que va faire le Président mauritanien de tout ce cheptel de lapins captifs qu’il gouverne ? 

Toute l’opposition politique (et sa frange lapine) est désormais accrochée au prochain discours du Président qui ne tardera certainement pas à se manifester avec une nouvelle découverte non moins importante concernant le clapier national. 

Cependant, certains milieux, bien informés, laissent, déjà, entendre que le prochain discours portera sur les bienfaits de la castration des lapins. Pour les harratines déjà esclaves et captifs, la castration est tout indiquée. 

Peuple d’eunuques et libido en veilleuse, que demande un régime stérile ? 

Pr ELY Mustapha

dimanche 17 janvier 2016

Comprendre le pire: Taisez-vous, Soral !

 
Tous ces sionistes que vous malmenez, ces impérialistes que vous secouez, ces promoteurs véreux de la mondialisation et de la bancarisation des consciences que vous indisposez, ces élites françaises alliées aux impérialismes que vous raillez et dénoncez....Tout cela ne nous fait pas plaisir. 

Taisez-vous Soral !
 
Vous indisposez nos dirigeants et leurs alliés occidentaux qui savent et qui se taisent; et vous, vous avez le culot sans autres moyens que le verbe d’aller guerroyer contre une nébuleuse qui dépasse en astres de la bêtise et de l’ignorance, tous les corps celestes inertes ou en mouvement de la Galaxie.
Soral, les propos que vous tenez, nous indisposent. A voir comment les sujets de l’Empire se comportent, il semble que vous êtes le seul à le comprendre.
L’oligarchie dominatrice est une forme organisée de gouvernance que nos élites acceptent au nom de la politique du ventre et nous, nous nous ruons, médusés, vers les pays occidentaux en rangs serrés sur des radeaux d’infortune. Merkel n’est pas marxiste mais elle nous accepte par ce que « nous sommes une opportunité pour l’Allemagne », comme quoi l’Empire à un talon d’Achille. 

Taisez-vous Soral !
Vous mettez à mal notre conscience telle que nos gouvernants du mensonge veulent qu’elle soit. Oui vous êtes bien heureux vous qui écrivez des livres, qui ne vous rapportent matériellement rien et des conférences qui constipent le mea culpa de nos élites bien pensantes. Eux s’enrichissent, de leur médiocrité et vous vous appauvrissez de la richesse de vos idées.
La franchise de vos idées lézarde la maçonnerie, mais de là à ce qu’elle se fissure, il faudrait que les murs de Wall street se craquèlent. Son mortier n’étant autre que ces capitaux de la domination financière et des pétrodollars en keffieh, il ne cédera qu’aux canons d’une prise de conscience.... plus difficile à prendre que la forteresse de la FED. 

Taisez-vous Soral !
Les intellectuels du reste du Monde, pour ne pas dire, le tiers, le quart ou tout le monde, attelés à cliquer sur leurs smartphones, happés par un immatérialisme dialectique (dial and click), n’analysent plus la réalité qu’à travers un prisme immatérialiste déformant de leur perception de leur condition sociale. Et vous, vous venez leur expliquer qu’ils doivent dénoncer la domination de leurs pourvoyeurs en kilo-octets ! Ils ont depuis belle lurette troqué leur patriotisme, au sens Bakouninien, pour un nationalisme Trumpien. 

Taisez-vous Soral !
Vous nous indisposez et mettez à mal notre douce servitude, en décortiquant les mécanismes de notre allégeance en mettant à nue les mensonges de l’Histoire « universelle ». Si l’on devait faire la même chose dans nos pauvres pays, la seule histoire vraie que nous retiendrons serait celle des mille et une nuits. Et là encore, bien avant que Schéhérazade ne soit morte dans les bombardements de Baghdâd.

Taisez-vous Soral !
 A vous lire ou vous écouter, nous donnons raison à cette Justice qui vous condamne à payer ces milliers d’Euros que vous n’avez pas. Car vous l’avez bien mérité (au sens de la Légion d’honneur). Ne pouviez-vous pas vous ranger à l’image de l’autre Soral ?
Déclarer que la Justice française est corrompue par le pouvoir des élites sous domination siono-impéraliste, et se présenter devant un juge, n’est-ce pas « héroïque » (au sens du soldat inconnu) ? Aucun Emir ne viendra vous renflouer, car vous n’êtes ni le PSG, ni le Harrods...
Quant à nous, ici de l’autre côté de la barrière broutant dans les prêts octroyés au sous-développement, nous ne pouvons que croire que si nous pouvions cloner quelques Soral chez nous, cela pourrait aider à changer le sens de notre histoire ; l’autre, l’officielle. Et faire que nos dirigeants « élus » au sens de « peuple élu », puissent rendre cette terre promise qu’est le pouvoir qu’ils squattent par la violence. 

Taisez-vous Soral !
Taisez-vous, ne serait-ce qu’un laps de temps, pour que le silence, qui après-vous certainement se fera, puisse révéler combien la nécessaire (capitale) contradiction (au sens hégélien du terme) que vous portez, à vos risques et périls, à tous ceux qui minent le corps et l’esprit des honnêtes gens est vitale pour la survie d’une conscience responsable. Une conscience avertie des choses inhumaines que des hommes et des femmes sans foi ni loi imposent à travers leur pouvoir (local et mondial) de domination économique, financière et militaire au reste du monde. 

Pr ELY Mustapha

mercredi 23 décembre 2015

Mon grand frère Sidi est parti




Une prière pour Sidi ould AHMED ELY

Comme pour ne déranger personne, Il s’est éteint très tôt dans la matinée de ce jeudi 17 décembre 2015. Il est vrai que mon grand frère Sidi n’aimait pas déranger.
Indépendant jusqu’à la fin de sa vie, il s’évertuait comme tout bon père de famille à joindre les deux bouts souvent dans un silence qui ressemblait à celui qu’il a toujours aimé. Celui des grands espaces, des virées de forestier dans la Mauritanie profonde. 
 
De son métier, des eaux et forêts, qu’il a souvent exercé aux confins de la Mauritanie, il a gardé cette nostalgie des campements de nuit, de la chasse et des bivouacs à la belle étoile. La ville l’ennuyait et le poids de l’urbanité avec ses contraintes domestiques et matérielles lui pesait tant.
Il y a à peine quelques jours le prenant à Dakar pour se soigner, il montrait encore malgré sa maladie, une fierté que ni la douleur ni le handicap progressant n’arrivaient à éteindre.
 
Au-delà d’une vie bien remplie, qu’il aurait probablement voulue matériellement plus prospère, il se disait toujours riche de ce qu’il n’avait pas. Et quand, en le taquinant, je lui rappelais le temps où il sillonnait la Mauritanie pour arrêter les braconniers « arboricoles », qui transformaient « la couverture végétale » en charbon de bois, il souriait de ce beau sourire qui peupla mon enfance ; de la fierté innée et éternelle d’un enfant pour son grand frère.
 
Adieu , Grand frère. Puisse la terre te soit légère.
*
وبشر الصابرين الذين إذا أصابتهم مصيبة قالوا إنا لله وإنا إليه راجعون أولئك عليهم صلوات من ربهم ورحمة وأولئك هم المهتدون
*
صدق الله العظيم
ELY Mustapha

vendredi 20 novembre 2015

29 millions d’euros, pourquoi financez-vous mon pays ?

 

Lettre ouverte à madame Carola Müeller-Holtkemper,

ambassadeur d'Allemagne en Mauritanie

 

MllerHoltkemper2Excellence,

J’ai appris par la presse que votre pays a octroyé 29 millions d'euros à la Mauritanie. La Mauritanie est mon pays et je ne peux, à l’échelle d’un humble citoyen, que vous en remercier. Vous le faîtes au nom de la coopération internationale entre Etats pour appuyer le développement d’un pays qui en a sérieusement besoin sur tous les plans économiques, sociaux, culturels etc.

Excellence,

L’argent par lequel vous financez le développement de la Mauritanie, vous le savez autant que moi, est l’argent du peuple allemand et il est supposé qu’un autre peuple, en l’occurrence mon peuple, en bénéficie. Et sur ce plan, je ne doute pas de votre bonne foi dans ce domaine.

Toutefois, ce que vous financez réellement ce n’est pas le peuple mauritanien mais son intermédiaire, le gouvernement mauritanien. Et là, de la coupe aux lèvres, il y a une distance infinie.

Excellence,

Je ne doute pas de votre excellente connaissance de la gestion des finances publiques en Mauritanie et de l’indice de développement du pays. Et c’est d’ailleurs pour cette raison que je vous interpelle. Comment se fait-il que vous financez un gouvernement dont jamais l’audit de gestion n’a été fait  et qui n’a jamais été soumis à un contrôle économique ou financier interne ou externe quelconque? Et dont les membres eux-mêmes se refusent à faire la déclaration de leur patrimoine ?

Certes, il ne vous appartient pas de vous immiscer dans les affaires intérieures des Etats. Mais il suffit de parcourir les rapports des organisations internationales, la presse spécialisée économique et financière pour vous rendre compte que vous financez non pas un peuple à travers son Etat, mais une nomenklatura à travers son gouvernement.

Excellence,

Les chiffres sont là pour vous montrer que l’argent du peuple allemand que vous servez à la Mauritanie, n’ira pas à son développement. Les chiffres sur la Mauritanie, je vous les rappelle :

- Indice de développement, en 2013, de 0.467

- Le revenu annuel par tête d’habitant est de $1044

- Le taux de pauvreté de 42%

Pour un pays qui a connu une croissance économique soutenue (7 à 6,7% en 2013) et dont le secteur minier représente un quart du PIB soit près de 20 % des recettes de l’État, et plus de la moitié des exportations. Un pays dont les recettes fiscales passèrent de 14 % du PIB en 2009 à plus de 22 % en 2013 ;

Un pays qui dispose de mines de fer, de cuivre, d’or et de gisements importants (hydrocarbure, titane...) qui possède des ressources halieutiques immenses avec l’une des côtes les plus poissonneuses du monde ;

Un pays dont le conseil des ministres n’est consacré qu’à l’octroi onéreux des concessions minières et dont le gouvernement en tire bénéfice par contrats interposés ;

Un pays qui compte un peu plus de 3 millions d’habitants soit moins que la population de la ville de Berlin en 2011 et dont les richesses, si équitablement réparties, pourraient en faire le pays à revenu par tête d’habitant le plus élève du monde. Et pourtant...

Excellence,

Votre pays à travers votre ambassade, tout comme c’est le cas de tant de pays européens, à travers leurs ambassades accréditées auprès du gouvernement mauritanien, verse des millions d’euros à la Mauritanie... sur la base de quels choix, quels principes et quels objectifs ?

Le pays est exsangue, sur tous les plans économiques, financiers, sociaux, éducatifs. L’Etat vend même les écoles primaires pour renflouer son budget (voir ici) et harcèle les investissements privés pour pomper davantage l’économie (voir ici).

Nouakchott, la capitale, que vous connaissez bien, est un dépotoir d’ordures où règne les maladies et la misère quotidienne d’hommes, de femmes et d’enfants, que certainement vous croisez à tous les coins de rues mains tendues (à moins que vous n’ayez des vitres fumées et même là encore !) .

L’infrastructure est une catastrophe, et les villes sont des bidonvilles, des chemins de misère et des nids de poules.

Excellence,

Les prêts, dons et autres libéralités que font les Etats, comme le vôtre, à mon pays ont, je n’en doute pas, d’autres finalités. Celles d’émuler la coopération internationale, d’exécuter des programmes d’aide définis par votre gouvernement pour chaque pays et d’asseoir une présence d’appui au pays-hôte, soucis d’efficacité diplomatique de toute ambassade.

Cependant, la Mauritanie est un pays, dont la corruption des dirigeants est notoire et dénoncée par les organisations et la presse nationale et internationale (voir ici et ici ), dont les ressources publiques sont détournées et les biens publics accaparés par une nomenklatura militaro-politico-mercantiliste qui vide le pays de ses ressources et qui maintient les populations dans un sous-développement indescriptible.

Ne parlant ainsi que de la misère économique, nous pourrions aussi invoquer la misère institutionnelle (autre misère humaine) à travers la violation des droits de l’homme, l’esclavage endémique, l’emprisonnement des opposants, la dissuasion policière et la criminalité organisée. Cela mérite-t-il 29 millions d’euros dans les poches de ses provocateurs?

Excellence,

« Lorsque dans mon pays, les mendiants peuplent les rues, lorsque l’infrastructure tant industrielle, économique et sociale est inexistante, lorsque les quatre-cinquièmes de la population vivent dans la misère et le dénuement complets, lorsque le chômage est le lot de toute une jeunesse, lorsqu’une capitale croule sous l’indigence de ses responsables et le poids de ses quartiers malfamés, lorsque le pays profond vit sous le seuil de pauvreté sans les moindres infrastructures de base, lorsque l’enseignement est un faire-valoir de la misère de l’élève, de l’étudiant et de l’enseignant, lorsque la corruption gangrène le pays au vu et au su de tout le monde, lorsque les détournements de biens public sont le commun de la gestion publique, lorsque le taux de mortalité (enfant et adultes) est l’un des plus élevés du monde … (extrait de lettre à Christine Lagarde –voir ici), le fait d’avoir octroyé à mon pays 29 millions d’euros ne justifiera que le généreux appui de votre pays au mien et l’efficacité diplomatique de votre ambassade mais nullement qu’en connaissance de cause de ce qu’il en adviendra, vous l’ayez octroyé.

Tout comme pour l’homme (Man ist, was man isst), le pays est à l’image de ce qu’il reçoit de l’Etat. Jusque-là misère et sous-développement.

Les 29 millions d’euros, on les retrouvera bientôt dans les villas cossues, les berlines de luxe et les comptes à l’étranger. L’argent du peuple allemand.

Recevez, Excellence, l’expression de ma haute considération.

Pr ELY Mustapha.

mercredi 18 novembre 2015

Petit manuel de survie à l’usage d’une opposition en sursis

 

 

clip_image002Règle n°1 : Savoir jouer son rôle d’opposition

Eviter le dialogue avec le pouvoir et le ramassis des miettes. Purger du parti tous les partisans du dialogue déshonorant. L’honneur passe pas la dignité et un parti sans honneur, ne mérite ni le respect, ni les voix.

Règle n°2 : Se décarcasser pour plus de dynamisme

S’expurger de ses leaders actuels et renouveler ses dirigeants. Dégager la nomenklatura sénilement dialoguante.

Règle n°3 : Mettre au pilori les sangsues militantes

Purger de ses rangs tous les transfuges qui appellent du pied le pouvoir et qui travaillent à la politique du ventre.

Règle n°4 : Déstabiliser légalement le régime à travers ses actes

Déclencher un plan d’action de poursuites judiciaires contre tous les membres du gouvernement, le Président lui-même et ses affiliés si impliqués dans la corruption, le détournement des biens publics et l’empoisonnement du pays.

Règle n° 5 : Se forger une idéologie de ralliement

Un parti sans idéologie est un parti sans idées. Militer pour exercer le pouvoir demande un consensus idéel. Il faut le forger.

Règle n° 6 : Créer les conditions de son indépendance financière

Celui qui dépend financièrement n’existe pas. La politique des moyens est stérile si l’on n’a pas les moyens de sa politique. Un parti pauvre n’arrivera pas à ses buts. On n’emprunte qu’aux riches. Même les voix électorales n’y échappent pas.

Règle n° 7 Provoquer le régime et aller au charbon

Mettre en avant les intellectuels du parti aguerris aux questions militaires, économiques, financières et sociales pour provoquer et susciter le débat et le forcer avec les appointés du régime. Et en faire publicité nationale et internationale.

Règle n° 8 Développer une stratégie de combat

Faire appel à l’expertise en matière de stratégie de lutte socio-économique militante et développer un plan d’action contrant pied-à-pied les velléités (souvent anarchiques) des potentats du pouvoir.

Règle n° 9 Frapper le régime à son talon d’Achille

Mettre en place des cellules expertes de veille et d’action capables d’analyser les actions du régime (corruption/drogue/détournement de biens publics/spoliation des richesses nationales/mise en danger sanitaire du citoyen etc.) de les dénoncer, de les publier et de les poursuivre (en justice à l’échelle nationale et internationale)

Règle n°10 Forger un programme crédible

Elaborer un programme politique qui fédère et attire les sans voix, les jeunes, les démunis et les laissés pour compte, c’est-à-dire la majorité de la population. Un programme politique qui ne soit pas une pâle copie des programmes d’autres partis.

Règle n°11 Harceler le pouvoir sur les questions de l’heure.

Provoquer un tollé médiatique sur les questions (sociales, économiques, de santé et d’ éducation...) qui taraudent le citoyen et ouvrir les forums à tous les niveaux sur les sites internet et sur les réseaux sociaux.

Règle n° 12 Actionner le levier de la redevabilité

Demander des comptes et réclamer sans transiger un audit de la gestion des finances publiques de l’Etat et des entreprises publiques. Demander un audit environnemental sur la gestion du patrimoine naturel par l’Etat en connexion avec les concessions minières qu’il délivre et les exploitations industrielles en cours.

Règle n°13 Emuler un militantisme visionnaire

Se débarrasser de la politique du ventre et adopter celle de la raison militante en élaborant pour son parti une vision fédérative de toutes les attentes de ses membres (qu’elles soient idéelles ou matérielles) en connexion avec le devenir du pays (rayonnement-développement)

Règle n°14 Crédibiliser le parti en clarifiant ses rapports avec le pouvoir

Initier l’autocritique de la stratégie d’action pour l’exercice du pouvoir et en tirer les conséquences pour une redéfinition des rapports avec le pouvoir qui crédibilise le parti aux yeux du citoyen. Une autocritique du parti qui devrait passer par son « mea culpa ».

Règle n°15 Construire un parti sans peur et sans reproches

Certains régimes, militaires notamment, ne cèdent ni au dialogue, ni au discours mais à la dynamique de groupes constitués. Prendre la rue à témoin, organiser de façon continue des meetings publics, porter la parole dans les lieux publics où le citoyen est mis en souffrance (commissariats, hôpitaux, tribunaux...).

Pr ELY Mustapha

mardi 17 novembre 2015

Pourquoi ont-ils fait ça à Paris...et ailleurs ?

 

Le réactif et le combustible

souffrancePourquoi ont-ils fait ça ? Voilà une question terriblement naïve et que, certainement, tout individu se pose, malgré sa logique humaine, sa raison, son cœur et ses sentiments.

Une chose est certaine, Charlie Hebdo, ce n’était qu’un début et les attentats qui se suivent montrent bien que ce n’est pas pour la défense d’un quelconque dogme, ni religion qu’il s’agit, mais qu’il s’agit d’une réaction complexe à autre chose que les analystes et autres experts des mouvements djihadistes n’ont pu, jusque-là, percevoir.

Si l’on observe ceux qui commettent ces attentats, on ne voit que leur physique : arabes, maghrébins, orientaux, occidentaux, islamistes, barbes et appendices : kalachnikov... leur mental invisible est depuis longtemps accaparé par des mentors dogmatiques qui les ont emprisonnés dans des chaines faites d’un métal religieux mais dont les maillons n’étaient que leur prédisposition à être endoctrinés et mis dans les bouches des canons de chair.

Ce que l’on voit se sont des personnes connues, parfois, sans histoires et qui de façon inattendue se mettent à tuer leurs semblables. Aller chercher le pourquoi chez les doctrinaires de la violence en Islam, serait aller trop vite en besogne sans chercher à comprendre ce qui, dans leur discours, met des hommes et des femmes dans les prédispositions à agir ainsi, à adopter la voie violente ?

La vision minimaliste et erronée qui consiste à dire que c’est en utilisant le Coran que les prêcheurs de la violence endoctrinent leurs émules et les envoient au meurtre, se doit d’être totalement révisée.

Le Coran ne porte pas en lui les germes de la violence et n’y encourage pas. Il est vrai, cependant, que toute phrase prise d’un texte, sortie de son contexte, peut signifier autre chose que ce pour lequel elle fut écrite. Il en fut ainsi de la référence au « Jihad » dans le Coran, qui, sortie de son texte, de son contexte historique et de sa justification temporelle à travers les écrits des jurisconsultes, peut être redoutable. Et c’est justement de telles « coupures » textuelles que les doctrinaires de la violence font dans le texte coranique pour exposer la pseudo-volonté d’Allah : éliminer les mécréants.

Toutefois, il serait naïf de croire qu’un doctrinaire de la violence aurait l’adhésion corps et âme de personnes souvent très instruites, en exposant une phraséologie tirée d’un texte sacré, pour les envoyer au massacre.

Il y a bien plus que cela. Il y a ce que l’on ne voit pas et que les doctrinaires de la violence utilisent comme combustible pour enflammer l’âme de leurs disciples. Ce combustible ils le prennent dans le conscient et l’inconscient de tout croyant et l’enrichissent, comme un uranium, avec des références religieuses tronquées.

La question n’est donc pas (comme le soutiennent ceux qui méconnaissent la religion musulmane) de savoir si le Coran est par essence, une source de violence, mais de comprendre comment ceux qui émulent la violence s’en servent pour engendrer la violence.

L’appel au jihad, n’est que le « réactif » (religieux) d’un combustible (conscient/inconscient)) présent chez le potentiel djihadiste et que le doctrinaire utilise pour l’enflammer.

Le réactif, on l’a souligné, ce sont quelques passages coraniques sur le jihad, sorties de leur contexte textuel et historique et qui servent à justifier, auprès du disciple, la « volonté de Dieu »

Mais alors quel est donc ce combustible ?

Les doctrinaires de la violence on très vite découvert le « filon mental » qu’ils vont exploiter pour accaparer l’âme et le corps de leur disciples.

Ce filon est un « inconscient/conscient collectif » qui survit encore, chez les peuples colonisés (politiquement, économique, financièrement...), frustrés et exploités dans le présent et le passé, et que des mentors dogmatiques exploitent encore. Exploitant l’inconscient revanchard et la frustration.

Voici quelques éléments de ce combustible :

  • Massacres par légions françaises entières d’arabes et d’africains au cours de la période coloniale.
  • Spoliation des richesses de peuples entiers et leur soumission aux diktats de gouvernements et de multinationales qui se continue jusqu’à nos jours.
  • Un peuple palestinien spolié de ses terres, de ses lieux saints et quotidiennement sous la terreur et massacres aériens et terrestres généralisés.
  • Des pays islamiques du Maghreb et du Moyen-Orient exsangues et meurtris du fait d’occupation-destabilisation militaire occidentale et des groupes islamiques que ces alliances ont-elles-même créées. Et dont « les armes de destruction massive », qui ont justifié le massacre de peuples entiers, n’ont jamais été retrouvées.
  • La frustration du sous-développement auto-entrenu de pays entiers qui, malgré leurs richesses, dépendent pour leur survie, économique et social de pays occidentaux.
  • La domination de droit et de fait, à travers le Conseil de Sécurité, du monde entier par une poignée de pays.
  • Des gouvernements pillards et corrompus dans les pays arabes et en Afrique portés à bout de bras par l’occident.
  • Une jeunesse de pays sous-développés frustrée, jetée à la mer et cherchant un salut qui ne vient pas.
  • Un monde en globalisation qui ignore les souffrances des démunis et qui met les pays et les peuples sous la pensée unique mercantiliste occidentale.
  • Plus particulièrement, en France, des présidents récents qui n’ont pas su donner à leur pays les moyens de son immunité contre le terrorisme et cela par absence de charisme et de géostratégie propre se moulant dans celle des Etats-Unis et surtout l’absence d’adhésion des français à leur alliance, qui ne dit pas son nom, avec des puissances pour la déstabilisation des pays tiers. .

Si aujourd’hui, des attentats secouent Paris, avec ce que cela implique comme révolte de l’être et de la conscience, l’on ne peut s’empêcher de dire que ce qui arrive au citoyen innocent français prend sa source n’ont pas dans le seul discours religieux violent mais aussi dans ce que la France et autres puissances occidentales ont fait du reste du monde.

Cette révolte de l’être et de la conscience, chacun, à son époque, l’a ressentie. Quand les américains brûlaient des villages entiers au napalm sur des milliers de kilomètres, y laissant cramoisis, hommes, femmes, enfants, animaux et végétation. Quand les bombes de Hiroshima et Nagasaki ont réduit en poussières des millions d’êtres et jeté des familles brûlées et irradiées pour des générations dans les rues.

Quand les japonais en Corée et en Mandchourie, égorgeaient les femmes et les hommes pour donner l’exemple. Quand les chinois au Tibet ont massacré les moines et vidé les monastères, quand la France coloniale en Algérie, alignait les résistants pour les fusiller devant femmes et enfants.

Quand en Irak, en Afghanistan, les soldats alliés mitraillaient les familles qui dormaient, générant ainsi la violence qui secoue encore les communautés en Irak, en Syrie, au Yémen et bien plus loin encore.

Quand leur allié, Israël massacre à la bombe à défragmentation les palestiniens et détruit au bulldozer et à la dynamite leurs maisons...

C’est cette violence, tuant des civils innocents, que sont venus porter dans les rues de la Métropole, ceux-là même chez lesquels la violence a été portée par les puissances militaires. « Ceux-là », ce sont des « combustibles » qui dans leur endoctrinement ont entendu ce passage que tout prêche extrémiste reprend à satiété : « il faut porter chez le mécréant la violence pour qu’il ressente la violence que nous ressentons tous les jours sous ses bombes et ses soldats... »

Délocaliser la violence, voilà un « réactif » du « combustible ». Outre qu’endoctriné, il ne craint pas la mort et il va au charbon la conscience tranquille. Tranquille ? En effet aux questions posées à un potentiel kamikaze sur les réseaux sociaux, voici ses réponses :

  • Pourquoi, vous faîtes exploser ?
  • Pour aller au Paradis
  • Mais vous savez que ce sont des innocents vous tuez ?
  • Oui, ils iront aussi au paradis.

C’est ainsi que pour gagner le paradis, il emprunte la porte de l’enfer. Appliquant le réactif au combustible, le doctrinaire de la violence, porte l’horreur aux portes des innocents.

Pour que le réactif ne puisse plus prendre, il faudrait que le combustible perde ses propriétés explosives. Or le combustible, est un être humain, que d’autres humains ont spolié, frustré. Ils ont détruit son pays, sa maison et l’ont réduit à la misère et à un exil dans lequel il devient la proie des prêcheurs de violence. Ils ont gravé dans son subconscient une violence que d'autres exploitent.

Aucune violence n’est justifiable où qu’elle soit. Mais ce qui n’est pas justifiable c’est que des puissances militaires occidentales et leur alliés, s’acharnent à produire des combustibles (humains), pendant que d’autres puissances argentières au Moyen-Orient leurs appliquent les réactifs (religieux) à travers les prêcheurs de la violence, qu’ils entretiennent.

Le « combustible », ne sera plus combustible et le « réactif » ne prendra plus, le jour où un monde meilleur naîtra. Laissons-nous aller au rêve avant que nos « paupières n’explosent »...

D’Occident en Orient, de Paris à Baghdad, que les âmes des innocents reposent en paix.

Pr ELY Mustapha

jeudi 12 novembre 2015

Aziz quitte le pouvoir

Qui pourra se saisir de Maitre Aliboron ?

 

ane1Aziz quitte le pouvoir, le BASEP est dissous, les associations des droits de l’homme intentent des procès à lui et à sa famille pour corruption, détournements des biens publics, violations des droits de l’homme etc. etc.

Les partis de l’opposition s’arrachent l’audience auprès d’un public assoupi (par la dengue) , depuis longtemps anesthésié par les promesses d’un Aziz qui a pris la poudre d’escampette, avec sa famille en avion spécialement affrété avec quelques caisses des réserves de la Banque centrale. Destination Arabie saoudite via le Maroc.

Le pays est laissé à quelques généraux, ébahis courant en tous sens pour protéger les privilèges qu’Aziz leur a octroyés pour les neutraliser et qui rassemblent leurs biens pour les sortir du territoire. La nébuleuse Aziz s’effondre, ses courtisans, qui l’ont applaudi pour la destruction du pays se transforment en courant d’air et leurs boubous changent de couleur. C’est le branle-bas de combat sous les déclarations tonitruantes de ceux qui tapis dans l‘ombre attendaient le départ de Aziz.

Le premier d’entre-eux le moustachu colonel, ELY ould Mohamed Vall, malgré ses déclarations précédentes, ne se précipite pas pour rentrer au pays attendant comme un vieux renard d’y voir clair et déclare à RFI : « Aziz est foutu, le pays aussi ». Ce n’est pas le courage qui va le tuer.

Ahmed Daddah, se réveillant de son long rêve d’être porté au pouvoir par les militaires, se propose pour « sauver la Nation » (encore !). Il déclara sur deux ou trois chaines locales : « si vous me donnez le pouvoir je redresserai le pays. » En effet, ayant toujours pensé que l’on va lui donner quelque chose depuis Koubeni il attend toujours. En vrai couillon de la politique rampante, il déclara qu’en définitive l’écho qu’il avait donné et le soutien en slogans qu’il avait apporté aux militaires (« non à la chasse aux sorcières », sous le CMJD, « le redressement de la démocratie » avec Aziz...), c’était pour le bien du pays et que maintenant, il faut lui faire confiance. Trop tard.

Ould Mansour , tout en demandant un mandat d’arrêt international contre Aziz, récite quelques versets de coran, pour justifier ce qu’il va dire et il le dit devant un parterre de journalistes-peshmergas : « notre devoir aujourd’hui est de sauver notre pays des mécréants... ». Ce n’est pas Minetou mint Moctar ELY qui sera son porte-parole.

Libéré de prison, après un repos, que Aziz a jugé « bien mérité », Biram déclare, « il faut tout renverser ! ». Comme il avait déjà mis les pieds dans le plat, il va renverser la couscoussière. Son ennemi juré, après Enas Ibnou Malek et autres foukahas, c’est Aziz.. Il bât tambour pour rallier les harratines que Ould Messaoud appelle d’un pied qui déjà beaucoup visité Aziz durant son squatte du pouvoir.

Mohamed ould Maouloud, lui comme à l’accoutumé déclare d’une faible voix (comme d’habitude), « Dialoguons entre nous puisqu’il n’y a pas plus avec qui dialoguer ». Ce monsieur-là de l’UFD étonnera toujours par son ascétisme militant. Il sort quand on l’attend plus et disparaît quand on l’attend encore. Il attend le pouvoir sur un plat d’argent. Comme un Dalaï Lama qui attend le Nirvana.

Entre-temps, le pouvoir n’est pas resté vide, un petit général s’est proposé d’assurer la nouvelle transition aussitôt soutenu par une nouvelle racaille de courtisans issus de la pépinière permanente de safagas et autres malappris du système socio-économique corrompu , qu’entretient la société mauritanienne.

Et c’est la course vers les alliances et le pays s’enlise dans la gangue de la médiocrité et la fange de ses rues. Les incursions terroristes aux frontières font trembler les villes frontalières et le service de voirie s’est arrêté à Nouakchott. Aziz avait créé toutes les conditions d’un pays nauséabond et il part les poches pleines d’argent sale.

Du temps d’Aziz, le dialogue, en général, était, en particulier, le monologue d’Aziz. Ce que regrette le semblant d’opposition après le départ d’Aziz, c’est que l’on ne peut même plus dialoguer sans avoir la bouche pleine de mouches, alors qu’Aziz proposait son monologue par bouchées de billets bleus...

Pays misérable, ressources pillées, citoyens crevant de dengue et de fièvre hémorragique. Une économie exsangue, des entreprises bradées et des gouvernements de filous qui durant le règne d’Aziz l’ont assisté dans sa mise à sac du pays. Ces gens-là, tout un chacun réclame leur procès mais tout comme d’habitude, ils se sont refugié derrière leur tribu ou se sont cachés hors des frontières.

Alors Aziz parti qui pourra le remplacer ?

Ceux qui ont des capacités de pillage, de corruption et de détournement des biens publics, en veux-tu en voilà. Ils sont partout.

Ceux qui attendent leur tour pour refaire un régime Aziz bis, peuplent les salons de Nouakchott.

Ceux de l’opposition (si elle existe) prêt à retourner leur veste au premier putschiste venu, sont en veille permanente.

Ould Daddah, Ould Mohamed Vall, Ould Maouloud, Ould Boulkheir, Ould Mansour, ould…ould… personne ne pourra remplacer Aziz au pied levé.

Ce sera encore et toujours un autre accord de Dakar où un semblant d’opposition ira vendre Maître Aliboron.

En Mauritanie, l’Etat étant un âne, chacun voulant se l’approprier, finit toujours par arriver un larron galonné pour s’en saisir.

Pour un Âne enlevé deux Voleurs se battaient :

L'un voulait le garder, l'autre le voulait vendre.

Tandis que coups de poing trottaient,

Et que nos champions songeaient à se défendre,

Arrive un troisième Larron

Qui saisit Maître Aliboron.

Il est probable qu’Aziz n’a bien retenu de son passage au primaire que cette fable de la fontaine. Comme quoi pour le remplacer, il convient d’éduquer l’opposition aux fables de la Fontaine. Plus particulièrement à celle du loup et de l’agneau : « La raison du plus fort est toujours la meilleure ».

Il est d’ailleurs fort probable que c’est pour empêcher tout accès à sa source d’inspiration politique, qu’Aziz se débarrasse des écoles primaires.

Pr ELY Mustapha

samedi 17 octobre 2015

Une nation de boutiquiers.

 

ECOLE DU MARCHE…QUE DE SOUVENIRS

clip_image002Lorsque très tôt nous nous dirigions, pieds nus parfois, vers l’Ecole du marché venus du côté des blocs rouges, nous avions nos boubous qui virevoltaient dans la petite brise du matin. Bras-dessus, bras-dessous, insouciants, nous nous racontions les histoires de la veille. Celles de Hemam et de sa troupe, celles que rapportaient la radio ou bien encore celles des films en affiche, du côté du cinéma, que nous inventions dans l’espoir de les voir….le samedi suivant, après un tour en mobylette 102, louée 5 ouguiyas, en face d’El Mouna.

C’était à la fin des années soixante, nous étions une petite communauté de maures, ouolofs, toucouleurs, libanais et français. Un petit monde, heureux d’être ensemble. Autant que je me souvienne, il y avait les Tomy, Bellala , Khochman, Safoui , Fawaz, Hamoudé , Sall , Cases, Assane, Sakho, Laurent, Coste, Sornicle …et bien d’autres.

C’était le temps de ce cher directeur de l’école, Mr Habbot, dont tout turbulent craignait la convocation ; de « bouchon », l’instituteur d’arabe, auquel un certain Mohamed Lemine Habbot (élève dur à cuire) menait la vie dure.

C’était le temps de l’aimable Institutrice Madame Assane (ou Hassan) qui distribuait durant la récréation son panier de pain au beurre. C’était l’inoubliable Mr LY, l’instituteur de français, qui jouait à la guitare les récitations que nous apprenions… « Katiouchka, les pommiers fleurissent la clairière ».

C’était le temps du « problème du Diola ». Celui des Blek le roc, Miki le ranger, Zembla et autres BD que l’on s’échangeait sous cape… en bonus de malabars.

C’était le temps de l’amitié et de la passion pour le savoir …avec un unique cahier tordu et un stylo Bic.

Un temps qui ne reviendra plus. L’Ecole du Marché, un vénérable lieu du savoir où des générations entières de tous horizons, de toutes ethnies et milieux se sont retrouvées, cultivées dans l’égalité et le respect. Et l’on vient de le vendre … au plus offrant.

S’il est vrai « qu’il ne faut pas faire confiance à ceux qui vendent les écoles » (comme je l’ai écrit dans un récent article (lien : http://cridem.org/C_Info.php?article=674749)), il est tout autant vrai que ceux qui vendent les écoles pour en faire des boutiques, n’ont de culture que celle de leur poche. Des milliards qui iront encore dans leurs poches ; le prix encaissé d’un peuple que l’on acculture. Le prix de la honte.

Il est vrai que la Mauritanie est devenue une immense boutique que des boutiquiers-généraux, au sommet, n’en finissent pas de brader.

« Mais le philosophe d'une nation de boutiquiers, écrivit Henri Michaux, est plus profondément boutiquier que philosophe, comme un chien de chasse n'est pas tellement chien de chasse qu'il n'est chien. » (Un barbare en Asie (1933))

S’il en est ainsi du philosophe, qu’en serait-il du chef d’une nation de boutiquiers, qui n’est point l’Angleterre, qui joue au Napoléon  du marché ? Un cas d’école.

Pr ELY Mustapha

mercredi 1 avril 2015

Monsieur Mohamed Ould Abdel Aziz ne parlez plus en public.

 

 

presse_ne_pas_avaler Il y a ceux qui prenant la parole vous invitent, simplement par leur locution à les écouter. Leur ton est une invite à l’écoute, à la compréhension et surtout, par la clarté de leur exposé, à la discussion. Ils vous ménagent dans leur discours des espaces de tolérance et de bon sens qui vous mettent à l’aise et vous donnent le sentiment que ce vous avez allez répondre est important tant par votre savoir, votre personne et le respect qui vous sont dus.

N’est-ce pas là déjà une forme d’humilité que Dieu a prescrite en nous prévenant que nous ne détenons qu’une infime partie du savoir

(« وما أوتيتم من العلم إلا قليلا ») et que même dans notre attitude de tous les jours nous nous devons d’être humbles :

ولا تمش في الأرض مرحا إنك لن تخرق الأرض ولن تبلغ الجبال طولا كل ذلك كان سيئه عند ربك مكروها ذلك مما أوحى إليك ربك من الحكمة ولا تجعل مع الله إلها آخر فتلقى في جهنم ملوما مدحورا

Ceux qui ont suivi la conférence de presse de celui qui est supposé être un exemple pour la Nation entière en termes d’équilibre personnel, de tolérance et de retenue, fut un homme instable, vindicatif, intolérant et dédaigneux de ses propres concitoyens.

Nous avons vu un homme tendu, sur ses gardes prêt à bondir, comme un soldat pris dans ses derniers retranchements. Mohamed Ould Abdelaziz nous a donné une piètre figure de sa personne publique et de ses capacités de disserter moins encore de dialoguer. Ce dialogue qu’il dit initier à coup d’appels à l’opposition. Mais au vu de la personne et de son caractère, l’opposition a probablement bien compris qu’il ne s’agissait que d’un monologue.

Ses paroles prononcées entre deux déglutitions, il les a voulues une vérité infuse que chacun se devait d’avaler sans coup férir. Mieux encore, des ordres pour la pensée de l’autre, sans tact et sans volonté. Une forme de coup d’Etat contre un parterre de journalistes et qui fut un échec. Or Ould Abdelaziz n’aime pas l’échec, mais allait-il lancer son BASEP contre les journalistes ?  Il s’en est fallu de peu. Ould Abdelaziz a malheureusement montré qu’il ne tire sa force et sa suffisance ni de son intelligence ni de son savoir, ni (comme il vient de nous le montrer) de sa personnalité mais d’une dissuasion armée qu’il possède et entretient aux frais du contribuable.

Pourquoi alors Aziz s’expose-t-il ainsi et donner une si piètre image de lui-même ? La question reste posée.

L’on sait qu’un Président de la République ne tient une conférence de presse que pour annoncer des actions ou évènements importants pour la Nation. Or dans cette conférence, il n’en fut rien. Son contenu fut à l’image de son contenant, un vide absolu. Si ce n’était l’intervention du journaliste d’Essirage, la platitude aurait régné de bout en bout. Une intervention qui a révélé tout le caractère de Ould Abdelaziz. Des coups de poing sur la table, des menaces et une injonction de couper la transmission télévisée.

Un Président posé aurait simplement pu, face à l’insistance d’un journaliste qui réclame des droits, gérer autrement la situation en s’en remettant au présentateur et dans tous les cas en cherchant la conciliation et l’adhésion de tous les présents.

Or nous avons assisté à un « pugilat » médiatique dont Aziz n’en est pas sorti grandi. A défaut de savoir parler avec humilité et convaincre dans le respect de l’autre, Aziz s’en remet à la force. Chassez le naturel et il revient au galop.

Tout cela nous invite à demander à Ould AbdelAziz de ne plus parler en public. Et cela pour le salut de l’image déjà effritée de l’Etat mais aussi et surtout pour laisser au petit peuple un semblant de croyance que même si la République est en déconfiture, celui qui lui impose sa gestion ne le soit pas aussi.

Tout le reste est vanité.

Pr ELY Mustapha

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Poésie de la douleur.