mercredi 1 juin 2022

Education de misère, misère de l’Education : sans toit, ni loi. Par Pr ELY Mustapha

  Pour constater qu’un toit pourrait s’écrouler, il faut avoir la dignité de pouvoir lever la tête.

 
Les autorités mauritaniennes portent  la responsabilité pleine et entière de la misère qui frappe depuis des décennies l’Education nationale en Mauritanie. Un système croulant qui après avoir fait démolir les écoles en les vendant à ceux qui les ont détruites pour construire des milliers de boutiques, trous à rats de commerçants véreux, voilà que les écoles s’écroulent par elles-mêmes , blessant et tuant leurs élèves…

A Bribaya (Nema) à Toujounine, des toits d’écoles s ’écroulent sur des enfants et les responsables passifs ne font qu’enregistrer les morts comme si l’administration mauritanienne n’était constituée que de croque-morts.

 A défaut de voir le Président Ghazouani se déplacer ou  le Ministre l’Education nationale démissionner avec ses staffs, l’on admire un ballet d’émissaires locaux aller constater les drames comme s’il s’agissait d’un non-évènement.

Des enfants morts, des parents en deuil, des propriétaires d’écoles et de mahadhras insalubres qui ont reçu autorisation d’ouvrir leurs couloirs de la mort pour des enfants laissés-pour-compte d’un système éducatif qui se négocie, s’achète et se vend ; système éducatif bâti sur la falsification et le non-savoir, et dont les enseignants, ne sont que l’ombre d’eux-mêmes, les parias d’un système de bigotisme et d’ignorance qui les empêche d’avoir les moyens humains et matériel d’une quelconque dignité, ni de lever la tête. Car pour constater qu’un toit risque de s’écrouler il fait avoir eu l’occasion de lever la tête.

Le ridicule ne tuant pas, l’on n’a pas vu avant le drame le ministre des affaires religieuses, aller distribuer des linceuls aux familles, comme il l’a fait aux populations à l’arrivée de la COVID. « Vous allez mourir, couvrez-vous », semblait-il leur dire. Et l’occasion est cette fois-ci d’or pour ce ministère car le toit s'est effondré sur la tête d’enfants d’une Ecole d’enseignement religieux, un budget pour les linceuls…couvrez-moi ces morts-innocents.

Impuissance, bêtise, cruauté. La Mauritanie, un pays où les enfants meurent sur les bancs de l’Ecole.

Parce que les écoles sont insalubres, parce que l’administration publique qui doit y veiller, et qui l’est autant, est incompétente et incapable de contrôler, inspecter et encadrer les institutions éducatives (leurs bâtiments et leurs programmes).

Institutions qui naissent comme des champignons au gré des autorisations de complaisance délivrées par la corruption, à travers les liens tribaux, claniques et autres trafic d’influence militaro-mercantile.

Combien de toits vont encore s’écrouler, combien de petites têtes y laisseront la vie ?

La dignité, ne s’achète pas, ne se corrompt pas… elle donne la fierté de garder la tête bien haute. Au-dessus de la misère humaine.

Et pour constater qu’un toit pourrait s’écrouler, il faut avoir la dignité de pouvoir lever la tête.

Et dans un pays, où la misère a atteint un plafond, l’Education de misère ne conduit qu’à la misère de l’Education. Sans toit, ni loi.

ELY Mustapha

mardi 31 mai 2022

Les peuls sont-ils mauritaniens ? par Pr ELY Mustapha

 S’ils sont en Mauritanie, ils sont aussi nombreux au Nigeria, au Niger, dans le nord et ouest du Cameroun, au Mali, au Sénégal, en Guinée, au Tchad, en Gambie, au Burkina Faso, au Bénin, en Guinée-Bissau, en Sierra Leone, au Ghana, en Côte d'Ivoire, au Togo et au Soudan. En Guinée Conakry, ils font même 53,4 % de la population !

Ils sont dans toute l'Afrique de l’Ouest, « squattent » toute la bande sahélo-saharienne, soit au total une quinzaine de pays différents soit entre 25 à 65 millions de personnes !

Les peuls sont partout, jusqu’en Afrique du Sud et dans la corne de l’Afrique ! Ce seraient les « chinois » locaux de l’Afrique, partout. Ils portent d’ailleurs différentes appellation, Foulani, Fulbés, Fulfulde, Pular ou encore Fellata…et même toucouleurs. De quoi donner le tournis pour s’y retrouver.

Ils sont partout avec leurs troupeaux qui vont et viennent du Nord au Sud et d’Est en Ouest. Rien ne les arrête, même pas le désert ! Une mobilité à l’énergie solaire qui ferait pâlir les adeptes des énergies renouvelables. Tesla lui-même serait un Peul !

Puisqu’ils sont partout, peut-on dire que les peuls sont mauritaniens ? On ne peut reconnaitre une nationalité qu’a des personnes identifiables et individualisables. Elles ne peuvent être ici et partout à la fois. Le pouvoir d’ubiquité, soit être à deux endroits à la fois, du peul ne peut lui permettre d’être mauritanien. Le peul est l’exemple même de la physique quantique, développant dans les pâturages, les propretés d’un l’électron…suivi de ses vaches.

D’ailleurs peut-on admettre qu’un peul soit plus attaché à l’herbe qui pousse sur toute l’immensité de l’Afrique qu’à un quelconque territoire qu’il traverse au gré des saisons, et des pâturages et qu’il puisse, spécifiquement, être mauritanien ?

S’il était vraiment mauritanien, pourquoi le Peul ne peuplerait pas densément le désert mauritanien, pourquoi ses vaches ne seraient pas dans les oasis et ses taureaux sur les dunes ? Pourquoi les poulos ne vendraient pas le « Kossam » dans le Tiris-zemmour et les bergers peuls ne seraient pas en train de « pâturer » dans la passe d’amougjar ? Simple parce que le peul n’est pas mauritanien. Il est peul voilà c’est tout.

 

La question est donc résolue et nous venons d’apporter assez « d’arguments » pour ce vieux maure un peu fêlé, qui voudrait « chasser les peuls de Mauritanie, parce qu’ils ne sont pas mauritaniens. ».

Aujourd’hui sous les verrous, cet ersatz est l’exemple de ce que la Mauritanie d’aujourd’hui a produit de pire dans les mentalités dégénérescentes de plus de quarante ans d’un régime militaire d’exacerbation du tribalisme, du clanisme et de la médiocrité humaine.

Peut-on argumenter sur les racines du peuple peul, dont l’existence sur le territoire est bien plus ancienne que la Mauritanie elle-même ?

 Lorsque le gouverneur Xavier Copollani traça à l’équerre les frontières de la Mauritanie et lui donna une telle appellation, les peuls étaient déjà là avec leur culture millénaire, leur langue, leur poésie, et leurs épopées légendaires. L'épopée de Silâmaka et Poullôri, la geste de Ham-Bodêdio, l'empire peul du Macina. L'épopée de Boûbou Ardo Galo …  

Plus ancien encore, fondateurs de prestigieuses civilisations, l'historien Cheikh Anta Diop a lié les Peuls à l'Égypte ancienne, Tauxier les lie à  leur pays d'origine (moyenne Égypte) vers le VIe siècle avant l'ère chrétienne. C’est autant dire que même la Maurétanie romaine n’existait pas encore !

C’est autant dire que le peul n’a pas besoin d’être mauritanien pour exister, mais la Mauritanie a besoin du peul pour exister, car il en est une composante humaine vitale pour son existence. Enfant sans conteste de son sol, il  lui apporte la richesse humaine d’une civilisation millénaire dont la Mauritanie  fut ( et est)  un espace historique.

Mais au lieu d’émuler cette synergie du peuple mauritanien avec toutes ses ethnies, l’Etat mauritanien, a depuis longtemps démissionné de son rôle d’unificateur et d’appareil de solidarité nationale.

 L’ignorance de l’autre, le bigotisme civil, le laisser-aller éducatif et culturel, le favoritisme tribal, l’obscurantisme religieux, le « je m’en-foutisme » des décideurs publics, la pauvreté des populations, la misère des classes la démission des intellectuels, le clientélisme politique et l’avenir en impasse, font que naissent des "esprits" tordus qui spolient toute une nation.

Pr  ELY Mustapha


mercredi 20 avril 2022

Politiques publiques : l’impératif d’une planification économique et sociale basée sur une vision nationale de développement. Pr ELY Mustapha

Dans ses lettres à Lucilius, le philosophe stoïcien romain, Sénèque écrivit : « il n’y a pas de bon vent pour celui qui ne sait où aller » auquel, sans être philosophe, nous ajouterons que « celui qui ne sait pas où il se trouve ne peut savoir où il va ». Ni d’ailleurs celui qui ne sait d’où il vient, ne peut savoir où il va.

Tout capitaine de navire vous le dira : voguer sans instruments de navigation ne mène pas à bon port.

 Depuis le temps où les hommes perdus dans les immensités terrestres scrutent les étoiles, au timonier en pleine mer ajustant son sextant, l’humain a toujours su qu’il doit son salut au tracé de sa route. Il y trouva les chemins de sa migration et les voies de sa survie.

L’Etat, collectivité humaine, a besoin de tracer son chemin vers ses objectifs, ceux notamment du développement et du progrès dans toutes ses dimensions. Il ne le pourra cependant pas s’il navigue à vue sans référentiels (économiques, sociaux, scientifiques, technologiques industriels etc.), lui permettant à la fois de les atteindre et de mesurer ses capacités de concrétiser ses objectifs en réalisation. D’en mesurer, les impacts sur son développement, d’en analyser les écarts pour les adapter à ses moyens (ressources) et les ajuster au contexte (national et international) dans lequel il évolue de façon périodique (annuelle, pluriannuelle) et de les maitriser à travers une planification appuyée d’une stratégie de développement source d’édiction de politiques publiques claires, éclairées, rationnelles et efficaces sur le moyen et long terme.

Ainsi, lorsque le Président Ghazouani affirme que la situation de sous-développement de la Mauritanie est due à « l’inefficacité des politiques publiques. », il n’a pas tort.

En effet, si les politiques publiques sont inefficaces, c’est parce que l’Etat mauritanien, n’est point le maître de sa navigation. Ses repères lui sont fixées. Sa gestion est celle qu’on lui impose, celle du moment. Pas celle de l’avenir.

La politique publique a pu être définie comme un phénomène social et politique spécifique, empiriquement fondé et analytiquement construit (Dictionnaire des politiques publiques)

Les politiques publiques s’élaborent et s’exécutent par l’intelligence économique mise en œuvre par un Etat stratège dans un environnement où s’exercent des forces multiples.

C’est autant dire qu’une politique publique est un construit sur des paramètres objectifs auxquels s’attachent des indicateurs de réalisations/objectifs issus de l’exécution de la planification de développement économique et sociale sur le moyen terme (plans quatriennaux, quinquennaux etc.)

Le plan de développement économique et social encadre l’action de l’Etat il y inscrit ses objectifs généraux et sectoriels aux fins de générer les mutations positives socio-économiques, technologiques, industriels etc. nécessaires au développement du pays.

Sans plan de développement économique et social permettant à l’Etat de naviguer de façon indépendante, souveraine et maitrisée vers des objectifs de développement qu’il a choisis à travers une vision propre de son développement, de les adapter et des les ajuster en fonction des résultats atteints en fin de période planifiée, d’une consultation des acteurs économiques sociaux nationaux sur les objectifs et les résultats, l’Etat naviguera au sextant des « autres ». Ceux qui lui fixent le « tracé » de son « développement », évaluent ses réalisations et les écarts entre celles-ci et les objectifs à l’aune des propres intérêts de ses « partenaires financiers »

Ayant abandonné sa planification souveraine élaborée par ses ministères du plan dès l’indépendance et jusqu’en 1978, l’Etat mauritanien, a été pris au piège des « stratégies de réduction de la pauvreté » et leurs plans d’actions qui ne sont en fait que la feuille de route qu’imposent les institutions financières internationales à l’Etat.

A ce propos le FMI est clair : « Les documents de stratégie pour la réduction de la pauvreté sont élaborés par les pays membres à l’issue d’un vaste processus de consultation avec les parties prenantes et les partenaires au développement, dont les services de la Banque mondiale et du FMI. Ils font l’objet de rapports d’avancement annuels et décrivent les politiques macroéconomiques, structurelles et sociales menées par les pays à l’appui de la croissance et de la réduction de la pauvreté, ainsi que les besoins de financement extérieur et les principales sources de financement en la matière. ».

Cette présentation « des stratégies de réduction de la pauvreté », est une métaphore que l’on pourrait traduire en langage plus simple : « Les documents de stratégie pour la réduction de la pauvreté sont élaborés conformément aux orientations des partenaires financiers (groupe de Bretton Woods notamment et autres créanciers bilatéraux) afin de concrétiser, à travers un monologue institutionnel dominant , les  politiques macroéconomiques définies par ces partenaires pour atteindre non pas les objectifs de développement du pays , mais ceux de leurs créanciers ; à savoir la concrétisation de leur philosophie politique et  économique et la garantie de leurs intérêts de prêteurs. »

C’est ainsi que les « stratégies de réduction de la pauvreté en Mauritanie », 2006 à 2015 pourtant bouclées ont été un sans résultats puisqu’à cette date ni le développement n’a pointé le nez, ni la pauvreté n’a été réduite.

C’est alors que surgit la fameuse « Stratégie de Croissance Accélérée et de Prospérité Partagée (SCAPP) » (2016-2030). Déclinée en deux volumes ! Perlée de ses plans d’actions, affirmant avec moults chiffres et projections un insaisissable progrès vers un développement introuvable.

Il faudrait dire que la démarche même sous-tendant cette stratégie est aux antipodes du rationnel : « la croissance accélérée ».

Comment peut-on accélérer une croissance dans un Etat qui n’a même pas la maitrise des paramètres de son économie ?  Où la population vit encore en deçà du seuil de subsistance et qui n’a développé ni les structures s’intelligence économique, ni des institutions viables de maitrise de de sa planification économique et sociale et qui navigue à vue…à la vue de ceux qui lui dictent jusque ses politiques publiques. Politiques publiques dont l’Etat n’est ni l’artisan, ni le maître et qui, ne pouvant les exécuter, remanie les gouvernements pour justifier son handicap.

Et pour cause. En effet, comme le constatait, déjà, le Bilan de la mise en œuvre du cadre stratégique de lutte contre la pauvreté (CSLP) 2006-2010 :

La mise en œuvre du CSLP présente un certain nombre de faiblesses d’ordre technique, notamment : (i) la faiblesse des capacités de planification, de suivi et d’évaluation au niveau des départements liée aux insuffisances du système d’information statistique ; (ii) la faiblesse dans la mobilisation des ressources financières programmées liée à la faible capacité d’absorption ; (iii) l’absence d’un cadre de gestion axée sur les résultats ; (iv) le manque d’appropriation du processus CSLP par les départements sectoriels ; (v) le faible niveau d’exécution des actions et mesures programmées et la mise en œuvre d’actions non prévues ;(vi) le manque de coordination entre les services centraux et régionaux de l’Etat ; (vii) la faible implication des autorités locales dans l’élaboration des stratégies régionales ; (viii) la faible participation des populations bénéficiaires aux projets qui les concernent ; et (ix) le chevauchement des projets dans certaines localités et le manque de recherche de synergies entre les différentes interventions.

En somme, tous les handicaps font de ces CSLP un cadre formel que l’Etat n’ayant ni les compétences, ni les moyens de les exécuter y inscrit des politiques publiques qu’il ne peut réaliser. Faudrait-il simplement qu’elles obtiennent l’agrément de ses partenaires et créanciers financiers, lui ôtant ainsi toute capacité d’être maitre de stratégie de développement.

 C’est autant dire que les conditions fondamentales de réussite des politiques publiques sont la maitrise des moyens humains, matériels et financiers de leur réalisation. L’administration publiques manque de compétences, les ressources publiques ne sont pas maitrisées, la collectivité nationale est surendettée et il n’y a pas de vision de développement promue par l’Etat, concertée et participative.

Dans ce contexte, évoquer les politiques publiques dans un Etat sans vision de développement, gérant un surendettement handicapant, dont les ressources sont gérées par une administration publique carante, qui n’exécute pas un   plan de développement économique et social national et souverain traitant des réalités du pays, mais patauge, de décennies en décennies, dans des stratégies de croissance et de lutte contre la pauvreté, dont les tenants et les aboutissant la dépassent.  

C’est autant dire que l’on ne fait pas l’on ne réussit pas les politiques publiques en remaniant les gouvernements lorsque les critères fondamentaux les définissant ne sont pas réunis : la maitrise de sa planification de développement économique et sociale, une administration publique compétente et la volonté d’inscrire ce mécanisme dans une vision d’un développement concertée et participative.

Faudrait-il cependant que le leadership, le désintéressement et le patriotisme soient au rendez-vous, mais cela est une autre histoire…à réécrire à l’aune de ce que devient un pays qui contrairement à ce qu’affirme son Président n’est pas un pays aux ressources limitées (rapportées à sa population) mais un pays appauvri par la gestion non maitrisée de ses ressources.

Il n’y a pas de bon vent pour celui qui ne sait où aller.

Pr ELY Mustapha

 

mardi 24 août 2021

Loin des adwabas: Messaoud, l’opportuniste. Par Pr ELY Mustapha

 

Rappelons-nous au temps d’Aziz, pourquoi Messaoud ould Boulkheir, s’est porté candidat, en premier, pour participer au dialogue et a même invité Ould Daddah à y participer aussi.

Ould Boulkheir a senti les avantages personnels qu’il pourrait tirer d’Aziz avant son départ en jouant sur le registre des garanties et des compromissions. 

En effet, Messaoud Ould Boulkheir a depuis longtemps perdu au contact du pouvoir, son étoffe de militant, il est devenu un « opportuniste » politique.

Qui ne se rappelle-pas du retournement de veste dans son alliance avec Ould Daddah lors des élections de 2007, rejoignant le camp des militaires ?

Qui ne se rappelle-pas son maintien à la tête de l’Assemblée nationale après le coup d’Etat d’Aziz alors que c’est le président légal et légitime Sidi Ould Cheikh Abdallahi qui l’avait placé là (poste qu’il ne devait qu’à son alliance et non pas au nombre des députés de l’APP élus à l’Assemblée).

« Si le pouvoir corrompt, le pouvoir absolu corrompt absolument », à cette réflexion de Lord Byron nous pourrions ajouter que le confort est aussi corruptible que le pouvoir.

 

Ould Boulkheir, s’est trop habitué au confort des perchoirs des institutions de la République pour daigner en descendre. Le militant s’est dénaturé au contact des militaires en bas de soie.

En effet, ould Boulkheir a montré lors de ses récents « emplois » (en tant que Président de la chambre des députés et du Conseil économique et social) ce que l’immobilisme veut dire.

Nous nous rappelons que durant les 15 mois au perchoir il n’a pas pipé un seul mot. A telle enseigne d’ailleurs que tout le monde se demandait où il était passé ?

Il n’est sorti de son mutisme qu’à l’occasion de sa villégiature au Maroc où il a failli déclencher un incident diplomatique avec l’Algérie. Que faisait-il durant ces quinze mois ? Il s’encensait dans sa demeure à coup de courtisans et d’abondance, alors que le pays souffrait la cherté de la vie et les émeutes à l’Est.

 

Ce mutisme, dont il n'était sorti, à l'époque,  qu’après le 6 Août 2008, est révélateur d’une personnalité qui ne semblerait chercher à travers sa course politique que le bien-être personnel et les avantages qu’elle peut tirer de son accession aux hautes responsabilités.

 

Et le voilà qu'il recommence. Son appel, aujourd’hui,  à  un quelconque dialogue avec Ghazouani,  n’est que l'expression, encore une fois,  de l’attitude d’un vieux militant qui ne pense plus qu’à son confort et la compromission avec le pouvoir.

Ainsi après plus de dix ans de silence, sous le règne de Aziz, le voilà qui lance des cris d’alerte. Insultant invectivant, dénonçant et se présentant somme le rédempteur de ce monde.

Lui qui,  jusque-là, dormait sur ses lauriers....

Le voilà qui traite Ghazouani de « brebis », qui dénonce la situation socio-économique insoutenable, comme s’il débarquait d’une autre planète ou comme si elle n’existait pas depuis des dizaines d’années.

 

Mais que cherche-t-il ?  Un autre perchoir institutionnel permanent (l’A.N encore ou le CSA ou pourquoi pas une ambassade , un Ministère…). Qu’importe pourvu qu’il y trouve à boire et à manger à satiété, loin des adwabas et de la misère. Ou au moins perdurer à son perchoir actuel.

 

Messaoud ne veut rien d’autre que négocier avec Ghazouani et offrir en contrepartie des garanties comme il l’a fait pour Aziz : son silence et son immobilisme en contrepartie de quelque poste juteux où il pourra continuer son sommeil de velours sur le dos des harratines.

 

Messaoud en invectivant Ghazouani, et appelant au Dialogue (négociation marchande), prouve une chose :  c’est qu’il n’est pas un leader des harratines et que l’APP ne représente pour lui qu’un tremplin formel pour le pérenniser dans ses privilèges.

 

Négocier avec Ghazouani pour des privilèges est une carte qu’il va jouer jusqu’au bout…la cause des harratines est, depuis des décennies, un pis-aller.

 

Pr ELY Mustapha

vendredi 20 août 2021

Je fus arrêté par un policier. Par Pr ELY Mustapha.

J’ai été arrêté dans la circulation automobile, à Nouakchott, par un policier qui me demanda mon permis et les papiers de ma voiture. Je lui répondis poliment que je lui montrerai les documents que s’il arrêtait l’une des voitures qui arrivaient dans sa direction.

Il me demanda pourquoi et je lui répondis que la loi de 2010 sur le statut de la Police nationale dispose que : « la police nationale est chargée, sur l’ensemble du territoire national, d’une mission permanente de sécurité publique…et de la protection des personnes et de leurs biens… ».

Il se retourna et du feu rouge allait démarrer une multitude de voitures comme celle de la photo…

Il ne put faire un geste, et me somma de repartir…je repartis non sans lui avoir dit : « Seul un policier qui pourrait immobiliser 90% des voitures qui circulent à Nouakchott et qui sont de véritables dangers ambulants pour la population…pourra voir les papiers de ma voiture, qui comme il le voit est neuve ... »

Il se pinça les lèvres, je le quittais poliment, il alla s’installer sur le trottoir.

Et je repartis, non sans un pincement au cœur.
Quand l’homme de droit, que je suis, n’obtempère pas aux requêtes d’un homme de loi, il y a comme une forme de sédition qui n’a pas sa raison d’être dans un Etat de droit.

Faudrait-il, cependant que l’homme de loi, le soit ; que l’Etat de droit y soit et que l’homme de droit en soi, ne puisse renier sa raison d’être devant quelque force de non-droit qu’elle soit.

Pr ELY Mustapha -Août 2021

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Poésie de la douleur.