jeudi 17 août 2023

La malédiction de Kadhafi : faut-il exorciser les dirigeants français ? Par ELY Mustapha

L'histoire est tissée de mystères et de légendes, des paroles maudites qui semblent s'inscrire dans le destin des nations et des peuples. Les malédictions, prononcées dans des moments de rage et d'agonie, portent en elles une énergie sombre et déconcertante. Les hommes peuvent oublier, mais l'univers, lui, semble parfois refuser de pardonner. Ainsi naquit la malédiction de Muammar Kadhafi, un souffle empreint de mysticisme et de tourments.

 

Le souvenir de Muammar Kadhafi, l'ancien dirigeant de la Libye, reste inscrit dans les pages de l'histoire contemporaine. Sa fin tragique et la destruction de son pays par des forces internationales, dont la France, marquèrent une tournure sombre et ambiguë des événements. Dans les moments de désespoir qui précédèrent sa mort, Kadhafi aurait proféré une malédiction énigmatique sur la France, semblable à celle que Jacques de Molay, dernier grand maître de l'ordre du Temple, jeta autrefois à ses oppresseurs.

"Nicolas ! Sarkozy ! Hollande ! J'accuse vos mains souillées de sang et votre soif de pouvoir démesurée. Devant le tribunal de l'Histoire, je vous convoque à comparaître pour répondre de vos actes abominables. Maudits ! Maudits ! Que votre lignée endure la colère de l'opprimé jusqu'à la treizième génération de vos descendances !"

Telles furent les paroles maléfiques prononcées avec une ferveur brûlante par Muammar Kadhafi, guide déchu de la Libye, adressées aux dirigeants de la France impliqués dans la destruction de son pays. Comme Jacques de Molay, Kadhafi déverse sa malédiction du fond de sa conscience, réclamant justice pour les injustices perpétrées contre sa nation et son peuple.

Ces paroles, murmurées dans les derniers souffles de Muammar Kadhafi, sont-elles une simple malédiction de l'esprit ou le reflet d'une énergie surnaturelle ? Les conséquences de ses paroles maudites semblent se manifester de manière subtile, influençant l'histoire contemporaine de la France.

La malédiction de Kadhafi se pose en écho aux maux infligés par l'intervention militaire conduite par la France, en alliance avec d'autres puissances, qui a abouti à la chute du régime de Kadhafi en 2011. Sous prétexte de protéger les civils et de promouvoir la démocratie, l'intervention a déclenché une série d'événements imprévus. La Libye s'est rapidement enfoncée dans le chaos, avec une fragmentation du pouvoir, une multiplication des milices armées et une crise migratoire d'ampleur régionale. Les conséquences néfastes de cette intervention ont jeté une ombre sombre sur la Libye et au-delà, affectant la stabilité de toute la région du Sahel.

La malédiction de Kadhafi, tout comme celle de Jacques de Molay, porte avec elle une charge émotionnelle et une dimension symbolique profonde. Elle incarne la quête de vengeance et de justice des opprimés, laissant derrière elle une marque indélébile d'un passé tumultueux. Alors que les dirigeants français affirment avoir agi pour le bien du peuple libyen, la malédiction de Kadhafi remet en question les motivations réelles et rappelle les coûts humains et sociaux de leurs actions.

Le désert de la Libye portait encore les cicatrices des bombardements et des combats. Les derniers jours de Muammar Kadhafi avaient été marqués par une fureur mêlée de résignation. Alors que les forces ennemies encerclaient sa dernière cachette, les murmures de sa colère s'élevèrent dans les vents brûlants du désert. Dans un geste qui semblait puiser dans une force ancestrale, Kadhafi leva son bras vers le ciel et lança ses paroles ensorcelées.

"France, toi qui as semé les graines du chaos dans ma patrie, toi qui as répandu le sang des miens sur le sable sacré, écoute mon dernier souffle de vengeance ! Comme l'ombre du passé, cette malédiction  poursuivra tes dirigeants et rongera leurs ambitions.  Les alliances qui te semblaient solides se fissureront et la colère de tes propres enfants se retournera contre eux .Tes rues seront remplies de tumultes et tes élites  connaîtront le déclin. Tel le corbeau portant la marque du péché, le destin de tes dirigeants qui ont fait souffrir mon peuple sera scellé par ma malédiction, et ton empire s'effondrera sous le poids de leurs actes."

Au fil des années qui suivirent, l'effet de cette malédiction se fit sentir. La France fut en proie à une série de revers et de troubles inexpliqués. Le déclin économique se fit sentir, avec des fluctuations boursières et une stagnation industrielle. Les tensions politiques et sociales s'accentuèrent, créant un climat de discorde qui sema la méfiance entre citoyens.

La malédiction de Kadhafi a également ravivé les débats sur l'identité nationale en France. Les questions liées à l'immigration, à la diversité culturelle et à l'intégration ont été exacerbées. Les tensions entre les communautés ont augmenté, ce qui a créé des fissures dans le tissu social et a rendu plus difficile la construction d'une société unie.

Après la mort de Kadhafi, les années qui suivirent semblaient porter les signes de la malédiction proférée. La France, autrefois glorieuse et confiante dans son influence mondiale, commença à ressentir les effets de la malédiction de Kadhafi. Le déclin s'insinua lentement, comme une ombre grandissante projetée par une lune écarlate.

Le vent du destin avait tourné, et les paroles proférées par Muammar Kadhafi, même dans ses derniers souffles, semblaient porter un poids mystique. Était-ce une simple malédiction de l'esprit ou le reflet d'une énergie surnaturelle ? Peu importait la réponse, car les conséquences de ses paroles maudites commencèrent à se manifester de manière subtile, tissant un fil sombre dans l'histoire contemporaine de la France.

Les premiers signes du déclin se firent sentir dans les couloirs du pouvoir français. Une série de décisions politiques hasardeuses semblaient désormais guidées par une main invisible. Les dirigeants, à la recherche de renommée et de succès à court terme, s'engagèrent dans des aventures militaires discutables et des interventions étrangères controversées. Cependant, ces actions ne furent pas couronnées de succès. Les conflits s'enlisèrent, drainant les ressources nationales et sapant le moral du peuple. La nation jadis admirée pour sa diplomatie et sa culture commença à perdre de son prestige sur la scène mondiale.

Les alliances ébranlées par les actions imprudentes de la France commencèrent à se déliter. Des partenaires autrefois loyaux et des amis de longue date commencèrent à remettre en question leur allaince. La voix de la France, autrefois entendue et respectée, devint peu à peu un écho lointain dans les cercles internationaux. La malédiction de Kadhafi semblait s'étendre, transformant les actions de la France en éclats de méfiance et de désapprobation.

Au sein du pays, les dissensions et les divisions s'intensifièrent. Les citoyens commencèrent à remettre en question les intentions et la décisions politiques et sociales de leurs dirigeants. Les manifestations devinrent monnaie courante, exprimant le mécontentement grandissant envers une classe dirigeante perçue comme déconnectée des réalités quotidiennes. Les erreurs du passé semblaient refaire surface, rappelant les échecs historiques que le pays avait connus.

La malédiction de Kadhafi n'était pas seulement une suite d'événements isolés, mais plutôt une toile complexe tissée dans les fils du temps. Les conséquences de ces paroles maudites atteignirent également les territoires lointains, en particulier en Afrique et au Sahel. Des troubles régionaux éclatèrent, exacerbés par les déséquilibres créés par les actions passées de la France et de ses alliés.

Les dirigeants africains, se souvenant de l'intervention en Libye et de ses conséquences, commencèrent à se méfier des offres d'aide et de coopération de la France. La crédibilité de la France en tant que partenaire de développement fut sérieusement entamée. Les voix s'élevèrent pour appeler à une plus grande autonomie et à un leadership régional renforcé, laissant la France dans une position délicate.

En Afrique et au Sahel, la malédiction de Kadhafi prit une tournure sinistre. La montée du terrorisme et de l'instabilité dans la région accentua la perception d'un lien avec la malédiction.Les soldats français s'enlisaient au Sahel et  les groupes extrémistes exploitèrent habilement les failles créées par les décisions précédentes de la France. Les troubles se propagèrent comme un feu incontrôlable, mettant en péril la stabilité de la région. Les efforts pour contrôler ces menaces furent entravés par un manque de confiance envers les actions de la France et par des divisions internes grandissantes.

Sur la scène internationale, les alliés de la France commencèrent à montrer des signes de méfiance. Les voix qui s'élevaient pour dénoncer les actions de la France se multiplièrent, rappelant les erreurs passées. Les interventions militaires et les politiques étrangères controversées de la France furent mises en lumière avec une intensité renouvelée. Les alliances autrefois fermes commencèrent à se briser, tandis que la réputation de la France était ternie par des doutes et des suspicions.

Dans la sphère internationale, la France perdait de son influence. Ses efforts diplomatiques étaient entravés par des désaccords et des échecs apparents.

Les anciens alliés commençaient à regarder ailleurs pour former des alliances nouvelles.

L’Ours et le Dragon, piétinaient le coq.


Faut-il exorciser les dirigeants français ?

 

 ELY Mustapha

mardi 28 mars 2023

RAISON ET DÉRAISON : peut-on ramener un « extrémiste » à la raison ? Par Pr ELY Mustapha

 
 
En Mauritanie, une pléiade « d’oulémas » s'était introduite dans une prison de Nouakchott avec pour mission de  rencontrer des extrémistes religieux. Leur objectif : les ramener à la raison, sur le « droit chemin".

Suite au  massacre perpétré ces derniers jours par des terroristes s'échappant d'une prison de Nouakchott, la  question qui, désormais, se pose :  peut-on ramener un extrémiste à la raison ?

 

I-          Ramener un extrémiste à la raison.

La « raison » pour laquelle l’extrémiste est justement extrémiste tient d’une perception du monde qui n’appartient qu’à ceux qui ont choisi le néant pour exprimer leur être. Mais tous les extrémistes, n’ont pas la même perception de ce néant. Ainsi pour certains, ce « néant », c’est la destruction de tout ce qui peut contredire leur imaginaire du monde, ou menacer leur propre existence qui est instrumentalisée pour faire de cet imaginaire une réalité. C’est l’extrémisme à vocation « domination du monde ». Pour d’autres, ce néant destructeur est l’expression d’un mal être, d’une oppression, d’une réaction à un anéantissement d’un peuple d’une civilisation.

Entre le palestinien qui se fait exploser et un salafiste qui tue des otages, il y a un point commun : ils utilisent la mort pour s’exprimer. Mais si l’extrémisme du premier est une contre-réaction, non-stratégique et machinale, à la volonté sioniste qui veut détruire son être dans la réalité, l’extrémisme du second est une réaction stratégique préméditée contre la volonté mécréante qui veut détruire son être dans son imaginaire. La réalité du premier : l’occupation, l’humiliation et l’extermination. L’imaginaire du second : la guerre sainte, le pouvoir absolu, l’autoritarisme.

L’extrémisme, même s’il ne s’exprime pas par le terrorisme, a une rationalité qui n’est donc pas saisissable uniquement sous l’angle spirituel. L’extrémisme c’est d’abord une dynamique qui trouve dans la raison errante (des diasporas, des minorités, des exclus, des humiliés, des opprimés, des apatrides), le catalyseur pour l’expression d’êtres en souffrance. L’extrémisme est ensuite, une machinerie politico-spirituelle qui met en action un moteur à explosion qui puise son énergie dans cette masse d’êtres en souffrance. Etres qui en recherchant les moyens d’expression de leur état trouvent dans les milieux extrémistes qui les reçoivent, les instruments et les encadrements nécessaires à la réalisation de cette expression. Et la voie choisie n’étant pas pacifique, l’extrémisme s’exprime alors par les moyens extrêmes, à son image : le néant destructeur.

Alors croire que l’extrémisme est seulement une affaire de religion et que le dialogue pourrait résoudre des extrémistes à renoncer à leur « combat » est d’une naïveté époustouflante. La religion, n’est pas le cœur de l’extrémisme, elle est son instrument. La religion ne sert pour l’extrémiste, qu’à justifier ses actes. Il trouve en elle, la solution psychologique de dilution de son « mea culpa ». Elle lui sert de bouclier pour endiguer sa mauvaise conscience et acquérir les autres à la sienne.

Pour l’extrémisme, la religion n’est pas la finalité, elle est un instrument au service d’ambitions sociales, politiques issues d’un imaginaire sur lequel est construit le monde tel qu’il veut qu’il soit. La connaissance de la religion chez les extrémistes est entièrement bâtie sur l’interdit, la coercition et la violence. Les aspects de cette religion qui prônent la non-violence, la tolérance et le dialogue sont, à escient, au second plan. La religion ne sert alors qu’à justifier l’acte de destruction au service du but assigné : l’accaparation du pouvoir.

La « raison » qui guide l’extrémisme, c’est donc moins la gloire de Dieu telle que cette gloire devrait ressortir d’une religion de tolérance où l’homme y est sacré, mais de la sienne propre qui ressort de la perception d’une religion violente où l’homme y est sacrifié.

Faire entendre « raison » aux extrémistes, en employant l’argumentaire religieux c’est justement oublier que leur « raison » puise ailleurs la dynamique de son action violente. Et cette instrumentalisation de la religion est d’autant plus pernicieuse, que la religion est par excellence dogmatique. Elle se prête tant et si bien à l’argumentaire qu’au contre-argumentaire où chacun pourrait y trouver les mille et un méandres justifiant son acte. Celui-ci invoquant la guerre sainte, celui-là la non-violence. Celui-ci l’interprétation littérale des versets, celui-là leur valeur interprétative contextuelle.

Chacun développant ses sources principales et secondaires, en recourant au Coran, à la Sunna, à la doctrine, à la jurisprudence, à l’ijmaa, à l’ijtihad, à El kiyas. Et cette religion universelle et millénaire a développé, à travers ses érudits, ses écoles, ses obédiences, une galaxie doctrinaire dans laquelle chaque courant pourrait y puiser à satiété des éléments pour justifier de son action.

Alors l’approche à l’égard des extrémistes, ne doit pas, et ne peut, être celle de convaincre. L’argumentaire religieux pouvant toujours trouver un contre- argumentaire religieux à l’infini.

C’est autant dire que vis-à-vis de l’extrémisme, cette démarche spirituelle de vouloir « raisonner » va se heurter à la nature même de cette « raison » telle que nous avons pu la mentionner plus haut. Vouloir le faire c’est confondre entre l’instrument « religion » et le « mobile » réel de l’extrémiste qu’il faut chercher ailleurs dans une volonté de concrétiser son imaginaire.

La religion a certes servi à lui inculquer cet imaginaire dans un endoctrinement qu’il a subit et a permis de justifier, auprès de sa « conscience » ses actes de violence. Mais si la religion est un instrument, elle n’est pas le catalyseur. Et c’est là où le dialogue avec les extrémistes est faussé lorsqu’il prend la religion comme critère.

En effet, l’extrémiste, l’est devenu d’abord au nom de sa condition économique et sociale avant que la religion ne lui serve pour extérioriser son extrémisme. Le catalyseur premier est, comme déjà mentionné la situation précaire, humiliante ou opprimée qui jette dans l’extrémisme. C’est là où ceux qui servent de groupes de réseaux, de filières internationales, recrutent ces parias dans leurs rangs en leur faisant passer les étapes de l’endoctrinement et de la militarisation.

Alors qu’une poignée d’oulémas s’infiltre dans une prison pour faire « entendre raison » à un groupe d’extrémistes, on comprend qu’il s’agit d’un dialogue de sourds. Car ni la raison, ni la volonté, ni la détermination des uns et des autres ne sauraient trouver un point de rencontre.

II- Quel est l’intérêt de « faire entendre raison » aux extrémistes.

La question existentielle est : A quoi va servir cette volonté des oulémas, chapeautés par un département ministériel, de « ramener » ces extrémistes à la raison ?

- Ou l’objectif final est de leur « faire entendre raison », ce qui ne sert strictement à rien pour des individus devant d’abord rendre compte de leurs actes devant la justice.

- ou une telle initiative viserait à soustraire ces extrémistes à la Justice. D’où la gravité d’une telle démarche pour toute la nation.

- Ou de s’attirer leurs « faveurs » pour faire entendre raison à leurs homologues détenant des otages que la Mauritanie et ses partenaires voudraient faire libérer

.Une stratégie pour amadouer des extrémistes…et libérer des otages.

Quoiqu’il en soit, on sait ce qui est arrivé à ceux qui ont voulu dialoguer avec les extrémistes. Les extrémismes s’infiltrent par les ouvertures politiques et profitent de la faiblesse des Etats.

Le dialogue avec l’extrémisme, ne se conçoit pas avec ceux endoctrinés qui, ayant pris les armes, ont semé la mort. Ceux-là ne doivent bénéficier ni d’un dialogue, ni d’une volonté de « les ramener à la raison ». Ce sont des prévenus qui doivent rendre compte à la société et être jugés comme tels. Ils relèvent de la justice. Et toute volonté de quelque partie qu’elle soit de dialoguer avec eux est une atteinte à la bonne marche de la justice et constitue une interférence grave avec le pouvoir judiciaire.

Avec cet extrémisme-là, des réseaux terroristes nationaux et internationaux, on ne dialogue pas. On se bat.

Le dialogue que les oulémas se doivent d’avoir c’est avec la jeunesse des banlieues, des quartiers déshérités de ceux qui croupissent dans la misère et qui sont déjà par leur extrême dénuement, des extrémistes silencieux, mais qui, demain, exprimeront leur extrémisme autrement.

En effet, la société mauritanienne étant devenue depuis une trentaine d’année une société à forte tendance conflictuelle (lire ici « Une société mauritanienne traumatisée : les seigneurs de la guerre ») et l’extrémisme nait souvent là on l’attendait pas ( lire plus loin « la journée d’un terroriste : « Es-tu prêt à prendre ce qui t’appartient, avec l’aide de Dieu ? »).

Dans sa lutte contre l’extrémisme et le terrorisme international, l’Etat mauritanien aligne des oulémas, là ou des nations entières alignent leurs remparts sécuritaires et les alliances anti-terroristes.

C’est d’une naïveté mortelle que de croire qu’en dialoguant avec une poignée d’individus on aura vaincu le terrorisme, renforcé la sécurité nationale et libéré des otages réclamés par les occidentaux. Une raison...déraison.

ELY Mustapha

samedi 14 janvier 2023

La chirurgie linguistique...ou comment manier le bistouri avec sa langue. Par Pr ELY Mustapha.

 

 D'après un dessin original de Bexte sur la COVID (Rigolages sur twitter)

نواكشوط عاصمة للثقافة في العالم الإسلامي للعام 2023 ...

 


نواكشوط عاصمة للثقافة في العالم الإسلامي لعام 2023 ...
"... وَمَا تَفْعَلُوا مِنْ خَيْرٍ فَإِنَّ اللَّهَ بِهِ عَلِيمٌ" ﴿ البقرة﴾
The house of oum el moouminin el hartania.
A masterpiece of Islamic architecture from the cultural city of Nouakchott.
90% of the population living in slums and below the poverty line.
A masterpiece of the Mauritanian's politico-military-mercantile genius art.

samedi 7 janvier 2023

Le descendant de Antar Ibnou Cheddad a dit: La Mauritanie, un pays qui vit sur ses ancêtres. Par Pr ELY Mustapha

كن ابن من شئت واكتسب أدبا
يغنيك محمـوده عن النسـب

إن الفتى من يقول : ها أنـا ذا
ليس الفتى من يقول : كان أبي


Il est étonnant de vouloir être quelque chose en se référant à sa lignée. La Mauritanie, un pays extrémement pauvre, qui vit une misère sociale, économique et humaine de tous les jours et tout le monde se targue d'une noblesse qui sied mal à son environnement et à ses actes.

La question existentielle est : peut-on être si noble et vivre dans un pays si appauvri par sa « noblesse »?
La noblesse est-elle dans la lignée ou dans les actes ?

Chaque mauritanien a son arbre généalogique pour faire de l'ombre à son prochain. Un pays désert où il y a tellement d'arbres qui ne produisent aucun fruit. Sinon celui d'une noblesse déplacée d'un pays déclassé dans le concert des nations.
Les mauritaniens ont excélé dans leurs références généalogiques pour prouver on ne sait plus quoi. Peut-être qu’à défaut de devenir, ils veulent être...ce qu'ils furent. Il est plus facile (sinon plus lâche) de vivre dans le passé que dans le présent. Surtout quand le présent exige des sacrifices.

Pourquoi se référe-t-on à son arbre généalogique en Mauritanie ?

a- La fonction socio-psychologique de vouloir prouver qu’on est bien né.

En Mauritanie, personne ne s’aventurerait à se présenter comme un znagui, ou un elheimi ou même comme un forgeron. C’est une sous race, des "intouchables , des moins que rien. Des sous-hommes et des sous-femmes… Par contre se présenter comme" d’une lignée guérrière, zouaya, chérifienne et autres c’est plus acceptable. Quand on est fils ou fille de personne, on ne doit ni apparaître ni paraître.

Il faut dire que l’ancien régime avait exarcerbé cette situation où on accusait une tribu de monopoliser le pouvoir et donc la tribu a pris une importance institutionnelle particulière. Elle était devenue le refuge et le bouclier que l’on utilisait pour se défendre.
La revalorisation de l’appartenace à la tribu a éclipsé celle de l’appartenance à la nation. Mais la tribu n’est pas en elle-même un danger ce qui l’est par contre c’est de croire que par sa lignée on est plus précieux que d’ autres, qu’on a un "plus" par rapport à d’autres et pire encore, qu’on est dans les grâces Dieu. Et qu’en s'annonçant comme tel on est forcément sous la bénédiction divine. Ainsi par sa descendance guerrière on sera plus aptes à guerroyer que d’autres ou par sa descendance chérifienne on est de facto béni par l’éternel.

b- Charité bien ordonnée commence par soi-même : le descendant de guerrier.

Je sus à 25 ans que j’étais de la tribu guérrière des Oulad Nasser de la fraction des « Laa'natra ». Donc que j’étais un descendant direct de sa seigneurie "Antarata el Abbsy". L’inénarrable guerrier et poête , celui qui déroutait les armées par son sabre et les poêtes par sa langue.

Je le sus, hélas tardivement (car ça aurait expliqué pourquoi je terrorisais mes petits amis d’enfance), que j’étais de sang royal et que je l’étais d’une noblesse à toute épreuve. Prouvée et signée. Donc , il n y avait rien à dire, j’étais de la race des seigneurs. Seulement voilà, je n’avais ni cour ni de droit de cuissage sur qui ce soit.
Et je me demandais d’ailleurs si, à force de l’éloignement de génération en génération depuis la lointaine Arabie et les croisements multiples de mes ancêtres traversant les mille et une contrées afro-berbères, en multipliant les épousailles et les alliances, si donc mon sang royal n’était pas tellement dilué que l’on n’y retrouverait à peine un globule rouge appartenant à mon illustre arrière (exponentiel) ancêtre.
Mais c’était confortable d’être de la race des seigneurs et de se dire qu’après tout c’est le nom qui compte. Et je devrais d’ailleurs réclamer à cors et à cris qu’il y a une erreur dans mon état civil et que mon vrai nom était « Mustapha Ibnou Cheddad », ou « Ould Cheddad » pour rester un peu Mauritanien; car à vrai dire si nous nous rattachions tous aux abbassides ou aux ommeyades, nous devrions émigrer ("rebrousser chemin" serait mieux) au Moyen orient. Et nous devons faire vite pour au moins profiter du pétrole qui nous reste là-bas puisque le pétrole du pays dans lequel nous nous sommes installés est de mauvaise qualité ou plutôt la qualité de ceux qui en profitent est mauvaise.

Mais voilà, je sus aussi que ce n’est pas mon aieul qui viendra m’appporter mon pain quotidien et qu’un nom quel qu’il soit ne nourrit pas son homme. A quoi servait-il de déclamer que l’on est fils de seigneur si l’on n'agit pas comme les seigneurs. A quoi sert-il de dire que l’on est descendant d’une noblesse quelconque si nos actes n’expriment ni la noblesse du geste , ni moins encore la noblesse du cœur.

Les mauritaniens devraient adopter un emblème national similaire à celui des français. : Le coq. Le coq est, dît-on, le seul animal qui chante avec les pattes dans la boue.

Se rattacher à une tribu quoraichites quelconque si ce n’est du grand Hijjaz ou tout au moins du lointain Cham ne sert à rien, car même si cela était prouvé, cela ne donnerait à aucun Mauritanien le droit d’un visa pour aller en pélérinage…chez ses ancêtres.

Mais qu’est-ce que cela rapporte à notre pays, cette continuelle volonté de vouloir être descendant d’un "grand quelqu’un" ?

c- Des exemples publics récents : les chérifs dans les medias.

Deux cas de déclaration de lignée publiquement déclarée récemment se retrouvent dans l’interview accordée par la l’épouse d'un ancien  Président de la République à un journal et dans un article d’un ancien directeur général de la Snim .
A une question posée par un journal qui l’interviewait la première dame répondît ainsi :

« Vous conviendrez avec moi qu’il n’est point aisé de se présenter soi-même, mais je tâcherai quand même de le faire. Je suis Khattou Bint El boukhary, descendante d’une lignée Chérif ».

Un ancien directeur général de la Snim parlant de lui-même à l’occasion d’une réponse au chef de l’Etat : «(...) C’est cependant toujours le même homme, fier de son origine Quraïchite par son aïeul éponyme paternel Abderrahmane Rakkaz et son aïeul Menny (pseudonyme de Fatimetou), fille de l’Imam El Hadramy, de l’épopée de Boubakar Ben Amer et ses compagnons et de l’histoire de la confédération tribale Idoïch ( …) »

Mais les exemples peuvent être multipliés car chaque mauritanien s’attache à son origine et peut souvent remonter très loin dans son arbre généalogique.
Connaître ses racines est une bonne chose. Car on ne peut, dît-on, connaître où l’on va si l’on ne sait pas d’où l’on vient.

Cependant, le Mauritanien s’en sert pour entrainer une présomption de bonne foi à son égard.
On est de telle lignée ou de telle autre donc forcèment on est dans une situation meilleure que les autres. Si ce n'était pas le cas, pourquoi s’évertue-t-on alors à déclamer sa lignée patriarcale ou matriarcale ?

La question est d’autant plus grave qu’elle peut même être constitutive d’une hérésie car Dieu n’a-t-il pas dît que le plus proche de Dieu est le plus croyant d’entre-vous. (إن أكرمكم عند اللهِ أتقاكم )
Et cette croyance en Dieu, signifie que l’on souscrit à toutes les prescriptions de notre sainte réligion.
Prescriptions qui mettent l’homme dans un perpétuel jugement par rapport à ses actes et non par rapport à sa lignée ou à sa descendance...
Que vous soyez descendant direct de tous les rois d’orient ou d’occident ou de tous les saints de la terre, vous ne pouvez vous prévaloir de cette lignée pour justifier vos actes ni devant Dieu ni devant les hommes.

Que les Mauritaniens comprennent que les puissantes nations d’aujourd’hui se sont bâties justement en reconnaissant que tout développement se doit d’être bâti sur l’humain et autour de l’humain, détaché de tout préjugé quant à ses origines ou à sa descendance. Et que le plus valeureux de leurs ancêtres n’est pas un prétexte pour justifier une mauvaise guerre et que le plus chérif de leurs ancêtre n’est pas un prétexte pour prouver sa bonne foi. Car qu'adviendrait-il alors des lois, de la nation et de l'Etat ?
Sinon une concentration d’humains qui chantent les louanges de leur lignée ancestrale dans une misère qu'ils tirent directement de la lignée de leurs actes .

Pr ELY Mustapha (Ould Antar Ibnou Cheddad)

 

dimanche 7 août 2022

Mauritanie : ces « nègres » de la République. Par Pr ELY Mustapha


Il existe et existera toujours ce que l’on appelle les nègres de la politique, qui indépendamment de la couleur de leur peau, leur race où leur religion servent les basses œuvres de ceux qui s’accrochent au pouvoir.

Cependant, en Mauritanie, ces nègres sont de vrais « nègres » au sens de Léopold Sédar Senghor mais avec la dignité et la noblesse en moins. 

Pas ceux qui contribuent à la « civilisation de l’universelle », pas ceux dont : « la Négritude est l'ensemble des valeurs culturelles du monde noir, telles qu'elles s'expriment dans la vie et les œuvres des Noirs », mais ceux qui ont trahi leurs valeurs communautaires pour des prébendes d’un système politique qui les réduit à servir d’agents absorbeurs de toute volonté de leurs communautés.

Ces nègres-là, ce sont des parias d’un système qui aspirent des mamelles de pouvoir en contrepartie de l’infantilisation politique, économique et sociale de leurs communautés.

 Ce sont des « relais » politiques  du pouvoir dont la fonction est d’absorber...toute aspiration de leurs communautés au changement ou même à une quelconque évolution qui n’irait pas dans le sens de ce que l’on décide pour elles dans la  sphère militaro-tribalo-mercantiliste, source de toute politique de l’Etat.

Ces nègres-là ce sont ceux avec lesquels le pouvoir saupoudre le gouvernement ou quelques postes au sein des administrations centrales, ou diplomatiques  et qui lui feront allégeance, non pas par une impulsion républicaine mais par un gargouillement de  leur bedaine dans un Etat où la voracité de ses fils a eu  raison des communautés.

Qui sont-ils ?

Des ministres …des secrétaires généraux… des directeurs, planqués au sein de l’Etat et dont l’unique fonction, au-delà des apparences et des fonctions qu’ils n’ont véritablement pas, est de réduire à néant tout effort de changement de leur communauté. Ce sont les « nègres-zéros » de la table de multiplication du développement communautaire, ils sont l’élément absorbant de tout effort de leur communauté. Comme le Zéro l’est pour toute multiplication.

Que font-ils ?

Chaque fois que leur communauté a des aspirations et qu’elle l’exprime dans la moindre ville, le moindre village, hameau ou bourg, chaque fois que cette aspiration ne s’inscrit pas dans le moule du dirigisme militaro-tribalo-mercantile central, les « nègres-zéros » se déploient aussitôt. 

Ils voyagent officiellement dans les villes, villages, hameaux ou bourgs pour « prêcher la bonne parole », celle que l’on veut que leurs communautés entendent et qu’ils accompagnent de mille et une promesses, le temps que tout s’oublie. Promesses d’une route, d’un pont, d’un assainissement quelconque, d’une bourse pour une progéniture d’un chef de village, d’un véhicule pour le doyen de la communauté etc. etc.

Les « nègres-zéros » savent machiavéliquement comment manipuler leurs communautés, en usant de leur indigence matérielle, de leur pauvreté, de leurs us et coutumes d’hospitalité et de tolérance, de leurs divisons internes en castes, clans ou tribus et de  l'ignorance de leurs droits….

Leurs discours, sous-tendus par des promesses souvent matérielles, ne visent qu’à les assagir pour un temps, le temps de faire gagner du temps à leurs mandants.

En effets les « nègres-zéros » de la République  savent pertinemment que leur maintien à leurs postes est dramatiquement lié à leur capacité de réduire à zéro toute volonté de leur communauté et de toute aspiration de celle-ci. Ils appartiennent à toutes les communautés ouolofs, peuls, soninkés.

Les jours bénis des nègres-zéros de la république, ce sont ceux qui précédent toute élection (locale ou nationale), et ceux où les communautés sont spoliées (l’exemple le plus éloquent n’est autre que le land-grab des terres paysannes au profit des multinationales.)

Dans toute circonstance où le pouvoir a besoin de soutien des communautés, jusque-là ignorées, les nègres-zéros de la république se déploient. On les voit parcourir le pays, discourir et promettre, rencontrer les notables, distribuer quelques sacs de blé dons des USA ou de riz don de chine ou du Japon. Ils recourent à la politique du ventre et au besoin à la distribution d’argent liquide pour venir « au secours de familles nécessiteuses ». Toujours est-il que leur objectif ultime est la satisfaction de leurs maîtres au pouvoir. Leur devise :  Assagir pour se maintenir.

Toutes les nominations au sein de l’Etat, répondent à cette équation : qui nommer pour assurer la pérennité du système en place par absorption de toute remise en cause. Les nègres-zéros sont un membre absorbant dans cette équation.

Ne pas s’étonner donc que des responsables « négres-zéros » font des sorties médiatiques contraires aux intérêts  leurs communautés pourvu qu’ils gagnent "l’estime" de leurs commanditaires, condition pour continuer à bénéficier de mamelles du pouvoir

 Il ne faudrait donc pas s’étonner que le saupoudrage de l’appareil de l’Etat avec quelques nègres-zéros, connus pour leur servitude  soit l’une des stratégies majeures de la politique actuelle en Mauritanie. Assagir pour se maintenir, diviser pour régner.

Cependant ces nègres-zéros ne se différencient que par la couleur de leur peau ou de leur langue. Ils sont ouolofs, peuls, Soninkés ou maures. Il ne se partagent que le fait qu’ils détruisent l’avenir de la Nation en gangrenant l’espoir des communautés…pour des emplois éphémères.

Contrairement à ce qui devrait être à savoir que ceux qui nommés au sein de l’Etat  servent  « d’élites » des communautés et convoient au sommet de l’Etat leur espoirs et aspirations  de développement afin qu’ils soient pris en considération pour consolider l’Etat et affermir la Nation, ils véhiculent, au contraire,  l’égoïsme d’un pouvoir central qui ne se soucie que de sa pérennité. Oubliant par la même que l’avenir de la Nation s’inscrit dans ses  communautés et que l’intérêt de l’Etat ne devrait être que la somme des intérêts de ses communautés. C’est autant dire la terrible responsabilité du « nègre-zéro » dans la multiplication du sous-développement  du  pays.

Pr ELY Mustapha

Nombre total de pages vues

Nombre de visiteurs

Poésie de la douleur.