mercredi 25 juin 2008

La barre d’outils de Haut et fort !

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Le web mauritanien …à portée de main



Yahoo ! s’en était fabriqué une, Google aussi. Et voici la barre d’outils du blog Haut et fort. Totalement orientée vers le Web Mauritanien.



Désormais en installant la barre d’outils de « Haut et fort », vous pourrez accéder en un clic à tout le web mauritanien. En effet, cette barre déploie dans le menu de votre navigateur (Internet explorer ou FireFox), tous les sites mauritaniens (les blogs, forums, sites privés et sites officiels, les sites civils et politiques, la presse écrite et audiovisuelle et même les pages jaunes !).




Cette barre d’outils est facilement configurable (couleurs, taille des caractères du menu) et elle est facilement installable et désinstallable.


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Enfin, cette barre d'outils sera mise à jour chaque fois qu’évolue le paysage web mauritanien.

Pr ELY Mustapha

Ps : Cette barre peut-être distribuée librement. Programmation et design : Copyright @Pr.ELY Mustapha

mardi 24 juin 2008

Petit mauritanien

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Je ne sais si, dans vingt ans, tu liras cette lettre mais je ne souhaite qu’une chose : que tu la lises dans une Mauritanie prospère et fière de son passé et sûre de son avenir.

Petit Mauritanien,

Aujourd’hui , tu as cinq ans je te regarde gambader sur tes frèles jambes et je m’interroge.
Je m’interroge sur ce que te laisseront les générations d’aujourd’hui et sur le poids que déjà te font supporter celles d’hier.

Que vont-t-elles te laisser en héritage ?

De quelque côté que je me retourne je ne vois que la désolation d’un sous-développement orchestré.
Tes airs de jeux sont des dépotoirs à ciel ouvert .Une capitale en ruine noyée dans les immondices où les routes sont des nids de mort où rugissent des tacots branlants à tombeau ouvert. Des nids de desespoirs producteurs de l’handicap et pourvoyeurs des gémissiments des accidentés qui peuplent les lits à descente de nos hôpitaux insalubres.

Ton univers d’écolier est une aire de non-savoir . Une école où l’instituteur, prophète de jadis, est dévenu dans une société sans repères, l’icône de l’ignorance et le pôle de l’irrespect. Vivant en dessous du seuil de subsistance et s’accrochant à qui mieux mieux aux haillons d’une société qui a rangé le savoir aux rayon de l’inutile. Qu’aurais-tu appris, mon enfant, dans ce miasme éducationnel sinon à prendre les chemins de la déliquance ?

Qu’auras-tu reçu en héritage de tes pères ?

Ils ont pillé le pays et ses ressources. Ils ont laissé un pays exangue où des miliers de citoyens végétent dans une pauvreté criante dans des bidons-villes aux relents de misère instituée. Des familles entières vivant de vent et d’espoir et que déciment en silence la soif, la faim et la maladie.

Petit Mauritanien,

Je sais que tu ne comprendras pas pourquoi sur une terre d’Islam tant d’hommes et de femmes ont pillé les ressources de la communauté . Comment ils ont appauvri leur pays et hypothéqué ton avenir. Comment ils ont crée la ségrégation entre toi et ton frère au nom de leur désir de pérennité. Te laissant ainsi supporter le schisme social de leur bétise raciale. Tu te demanderas si les préceptes spirituels et moraux de l’Islam furent l’une des préoccupations de nos gouvrnants et tu n’auras pas tort.

Que vont-t-ils te laisser en héritage ?

Un Etat fragilisé par la culure de l’intérêt personnel , du clanisme et la corruption dans lequel demain tu ne seras peut-être qu’un maillon qui perpétuera la chaine.
Tu ouvriras les yeux sur un pays aux ressources naturelles épuisées où le sable, aux pieds nus, est une braise et le soleil, sans toit, un enfer. Car ils auront tout emporté dans leur voracité jusqu’à la dernière sardine des côtes jadis prospères de ton pays.

Depuis des dizaines d’années que les richesses de ton pays sont exploitées, elles n’ont jamais contribué à un développement durable.

Tu ne pourras compter ni sur un tissu industriel d’envergure, ni sur une production nationale compétitive sur les marchés internationaux, ni sur une technologie exportée , ni sur un savoir faire qui aurait fait notre fierté nationale ou internationale. Rien.

On ne t’aura laissé, en pillant tes richesses, que du vent. Un pays comptant parmi les pays les plus pauvres du monde ayant un indice de développement plus bas que le niveau d’une mer qu’ils auront exploitée à outrance et pollué à satiété.

Aujourd’hui je te regarde et le sourire innocent que tu m’adresses fait mal et j’y mesure toute l’ampleur de l’injustice que l’on te fait.

Je ne sais si en lisant dans vingt ans cette lettre, au moment où peut-être je ne serai plus là , tu aurais eu droit, toi et tes enfants , à une école studieuse, à un cadre de vie sain à un travail épanouissant et à une vie heureuse dans un pays développé .

Je ne le sais pas. Mais je le souhaite vivement. Bien qu’au moment où j’écris cette lettre, j’ai un doute profond en celà.

Non pas un doute en ce que notre pays puisse se redresser un jour et t’offrir une vie heureuse à laquelle tu auras généreusement contribué par ton savoir, tes efforts et ton travail, mais un doute quand à l’ampleur du sacrifice qu’il faille consentir par une société minées par les non-valeurs.

Certes nous inaugurons aujourd’hui une ère démocratique mais elle sera ce qu’en feront ses acteurs. Soit le catalyseur d’un changement qui te bénéficiera dans vingt ans, soit le début d’un changement dans la continuité dont tu souffriras encore dans vingt ans et au-delà.
Petit Mauritanien,

L’espoir est permis que demain soit meilleur qu’aujourd’hui ; et toutes les bonnes volontés de ce peuple oeuvrent à cela.

Mais si cela n’était pas le cas, sache au moins dans ta misère future, dont nous sommes responsables, que nous étions dans le passé plus misérables que toi. Et que si nous ne t’avons rien laissé en héritage, c’est que nous étions encore moralement plus méprisables. Un épisode à gommer de l’histoire des peuples.
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Récrée-toi une Nation nouvelle. Et ne te retourne pas.
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Pr ELY Mustapha
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P.S: Cet article fut publié, il y a exactement un an , à la veille d'une démocratie naissante pleine d'espoir. Et nous le republions pour que mémoire reste, face à ce qui , hélas, n'a pas changé.

lundi 23 juin 2008

Au Fonds ....des choses

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Quels chiffres, croire ?

La question est la suivante :

Pourquoi le rapport, pour 2006, adressé au comité national pour « l’initiative transparence des industries extractives « (CNITIE) fait-il apparaître 208 445 000 dollars, de revenus pour le compte pétrolier alors que le rapport d’audit fait apparaître uniquement la somme de 175 699 512 dollars soit une différence nette de 32 745 488 dollars !

Quasiment 33 millions de dollars ne sont pas trouvables.

1. D’où viennent ces chiffres ?

La méthode :

On a comparé entre le rapport national sur l’initiative pour la transparence des industries extractives pour l’année 2006 adressé à CNITIE, préparé par Le cabinet Ernst &Young (Expert indépendant ) et publié le 31 juillet 2007 , d’un côté,

et le rapport d’audit externe du Fonds national des hydrocarbures effectué par Price Waterhouse coopers présenté le 18 avril 2007, de l'autre.

Les chiffres :

Le rapport 2006, précité, fait apparaître un revenu pour le fond national des hydrocarbures de 208 445 000 dollars répartis comme suit :

Redevances superficielles annuelles : 297 000 dollars
Bonus : 107 861 000 dollars
Profit oil : 88 933 000 dollars
Impôts directs sur les bénéfices : 9 646 000 dollars
Contribution à la formation des agents de l’administration : 1 708 000 dollars

Le rapport d’audit externe quant à lui fait apparaitre un montant de : 175 699 512 dollars dont voici la répartition :

Le commun des mortels remarquera donc la différence entre ces deux montants.
2. Pourquoi ces chiffres sont-ils différents ?

Si l’on s’en tient d’abord à la bonne foi de ceux qui gèrent ces ressources, l’on ne peut qu’en tirer la conclusion qu’une part de ces montants aurait été affectée à des emplois différents ou que les déclarations des sociétés pétrolières sont erronées. Ceci équilibrant cela.


Mais étant des esprits libres, nous ne pouvons pas concevoir que de telles ressources aient pu être ici déclarées et attestées par des cabinets indépendants de confiance internationale (Ernst and Young ) en fin d’exercice de l’année 2006 et qu’ils soient rapportés différemment par un audit externe du Fonds sur la même période 2006 par un autre cabinet d’audit de même renommée (PriceWaterhouseCoopers)..

Aussi nous croyons que ces chiffres sont différents pour une raison essentielle :

Pour établir son rapport 2006 le premier cabinet (Ernest&Young) agissant en tant qu'expert indépendant, a bien reçu les déclarations de versements effectuées par les sociétés pétrolières à l’Etat mauritanien, d’un côté. Et il a aussi reçu les déclarations de versements reçues par l’Etat lui-même, de l’autre. Ceci lui a permis de faire les rapprochements entre ce que les compagnies attestent avoir versé à l’Etat et ce que l’Etat dit avoir reçu des compagnies pétrolières.

Ce cabinet déclare même que « le rapprochement entre les déclarations consolidées des compagnies extractives des secteurs miniers et pétroliers, d’une part et les déclaration de l’Etat d’autre part n’a pas mis en évidence d’anomalies significatives.»

Donc les 208 445 000 dollars de revenus pétroliers reçus par l’Etat sont donc bien appuyés sur les rapprochements des déclarations des parties (Compagnies pétrolières et Etat).


Quant au second cabinet d'audit externe ( PriceWaterhouseCoopers), il n’a tout simplement pas reçu les Etats déclaratifs de versement lui permettant de vérifier la réalité des chiffres en faisant les rapprochements nécessaires. Il s’est tout simplement fié aux montants fournis la Banque centrale de Mauritanie !

En fait PriceWaterhouseCoopers, a complètement éludé la moitié de son travail d’audit, en n’ayant pas la possibilité de contrôler la réalité des ressources versés dans le fonds, en amont, et donc de réaliser un Etat des rapprochements lui permettant de vérifier la différence entre les fonds versés par les compagnies pétrolières et les fonds que l’Etat dit avoir reçu.

Donc, en éludant ce contrôle en amont qui seul permettait de connaître des montants réels versés par les compagnies pétrolières à l’Etat, PriceWaterhouseCoopers a réduit son audit à une congruité.

Cet audit a ignoré les dispositions de l’article 9 de l’ordonnance 2006-008 du 04 avril 2006 qui dispose en son alinéa 3 : « Le rapport annuel (...) inclut l’audit financier du Fonds national des Hydrocarbures (…) et le rapprochement certifié entre le paiement des sociétés et les revenus du fonds. ».

Aussi l’audit de PriceWaterhouseCooper, a tout simplement entériné les chiffres en ressources et emploi fournis….par la banque centrale. Or la banque centrale n’a déclaré à ce titre que 175 699 512 dollars !

Et cet auditeur de déclarer dans son rapport : « Nous n’avons pas obtenu les preuves du respect au 31 décembre 2006 des dispositions de l’article 9 de l’ordonnance relatives à la publication par le ministère des finances de rapports trimestriels et annuel sur le fonctionnement du fonds. Il s’ensuit que nous n’avons pu nous assurer du rapprochement entre les sociétés pétrolières et les revenus enregistrés dans le compte du fonds. »

Voilà donc l’explication. Le contrôle en amont (montant des ressources reçues des sociétés pétrolières) n’ayant pu être réalisé, l’audit s’est limité à la vérification d’Etats financiers de gestion du Fonds en emploi sur des ressources prédéclarées (sans possibilité de vérifier leur réalité).

3. Quels sont alors les vrais chiffres ?

Voilà une question que chaque citoyen se devrait de poser. Et que d’ailleurs il se pose dans un Etat où la gabegie n’est point absente. Et où tout prête à la suspicion. Ces rapports datant de l’année dernières se devaient d’avoir entrainé un lever de bouclier des institutions chargées de surveiller la transparence des industries extractives , or l’inertie complaisante semble avoir imbu tout le système.
A la question « Quels sont alors les vrais chiffres ? », il convient de répondre avec beaucoup de prudence. D’abord en posant les jalons à sa réponse, avant de fixer les responsabilités, ensuite.


Ce qui milite en l’incertitude des chiffres :

- L’existence des écarts entre les déclarations des sociétés pétrolières et celles de l’Etat, quant aux montants reçus, fait planer une certaine réserve quant aux chiffres finaux. En effet dans le rapport de 2006 , le cabinet Ernest & Young indexe certain écarts entre les montants déclarés par les compagnies et ceux reçus par l’Etat. Toutefois ces écarts t apparus en 2006 parfois en faveur des Compagnies pétrolières (288 000 dollars), d’autres fois en faveur de l’Etat ( 4 972 000 dollars), influencent peu les chiffres globaux déclarés, à moins qu’ils ne soient amplifiés par l’absence de sincérité des déclarations des uns et des autres.

- L’absence de transparence dans l’information sur la gestion du fonds des hydrocarbures. L’auditeur PriceWaterhouseCooper le signale : « Nous n’avons pas obtenu les preuves du respect au 31 décembre 2006 des dispositions de l’article 9 de l’ordonnance relatives à la publication par le ministère des finances de rapports trimestriels et annuel sur le fonctionnement du fonds. ».

- L’audit effectué par PriceWaterHouseCooper a porté sur un exercice s’étalant sur 6 mois uniquement de l’année 2006. En effet, me cabinet déclare : « Nous avons audité le Tableau des ressources et des emplois ainsi que les notes qui les accompagnent (états financiers) du Fonds national des revenus des hydrocarbures (FNRH) pour l’exercice clos le 31 décembre 2006, premier exercice commençant exceptionnellement le 14 juin 2006 ». Cet exercice ne s’ étalant que sur 6 mois donne une autre réalités des chiffres qui ne seraient donc pas le reflet du revenu annuel du fonds, mais d’un premier exercice de six mois.

Ce qui milite en l’inexactitude des chiffres :

- L’écart constaté entre les chiffres présentés par Ernst & Young (Expert indépendant), et ceux présentés par PricewaterhouseCooper (auditeur), est trop grand pour ne pas laisser planer le doute. C’est à l’autorité chargée de la gestion du fonds de justifier ces écarts. Cela n’est pas encore fait.

- L’amalgame des chiffres, nous retrouvons des appellations qui semblent être des fourre-tout. Telle celle de « primes et bonus », où un montant 100 millions de dollars payés par l’opérateur Woodside a pris place (suite à l’accord à l’amiable intervenu le 6 juin 2006 concernant la révision du contrat de partage de production).Un détail des rubriques apporterait plus de clarté.

- Les revenus des placements bénéficiant d’un contrôle relatif . « Les revenus des placements sont des paiements d’intérêts dont bénéficie le Fonds National des Revenus des Hydrocarbures (FNRH) dans le cadre des opérations que la Banque Centrale de Mauritanie effectue pour son compte sur le marché monétaire international. ». Les placements, leurs modalités et les revenus qu’ils génèrent sont laissés à la discrétion du gestionnaire du fonds. Le projet de loi sur la gestion du FNRH, déposé devant Parlement en 2007, se devait de résoudre cette situation. Sa suite tarde à venir.

- Enfin, les multiples tensions qui existent au niveau des acteurs gérant le FNRH, les procès, scandales et autres accusations portant sur la gestion publique des contrats pétroliers ont généré un environnement peu propice à la confiance.
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En conclusion :

Le respect de l’ordonnance 2006-008 est impératif pour un meilleur respect des modalités de contrôle de la gestion du fonds des hydrocarbures à travers notamment son auditeur externe ainsi que les organismes de surveillance et de garantie de la transparence des opérations sur les hydrocarbures.

L’évaluation de la politique de l’Etat à l’égard des sociétés pétrolières afin de juguler les dérives d’une administration publique encline depuis plusieurs années aux chemins de traverses.


Mais, franchement, peut-on vraiment croire, que face à tant de flux financiers provenant du pétrole et des mines, il n’ y ait pas quelque part un mouvement de malversation qui s’est déjà constitué ? Difficile de ne pas l’admettre. Mais qu’est-ce qui pourrait retenir la main de celui qui soustrait les biens de l’Etat, si ce n’est l’Etat lui-même.
Et l’état de l’Etat laisse à désirer.


Pr ELY Mustapha

mardi 17 juin 2008

Commissionné dans une commission

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V.I.P
(Very Important Person)


Ça y est je suis dans une commission. Oui, vous vous avez bien lu. Je suis dans une commision. En fin de liste. Oui tout-à-fait, en fin de liste. Oui comme un élève retardataire qui se place en bout de file. Les petits devant les grands derrière. Merci qui ? Merci le rédacteur de ce décret. Car par ordre alphabétique , j’aurai été certainement parmi les premiers de la liste. Mais voilà, je suis au bout, mais pas à bout. Bien que mon nom n’ait jamais figuré en fin d’une liste quelconque, dans ces circonstances cela avait-il un grand intérêt ? L’intérêt du décret n’est-il pas justement de rémédier à une situation qui, elle, est au bout du rouleau. L’Education nationale, dans toutes ses facettes, de la préscolaire à la professionnelle.

Mais deux questions "existentielles", me taraudent l’esprit, moi "l’outsider et le réfractaire" : d’abord, « pourquoi moi ? » et ensuite « que « veux-t-on de moi » ?

Je suis important

Et c’est alors que je découvris le décret n° 2008-111 daté du 7 mai 2008 qui dispose en son article 2 : « la commission comprend quatorze membres choisis parmi les personnalités de nationalité mauritanienne connues pour leurs compétences, leur intégrité morale, leur honnêteté intellectuelle et leur impartialité. » !

Voilà on vient de me le dire officiellement par un décret présidentiel, contresigné par pas moins de cinq ministres à la suite du Premier Ministre lui-même, que je suis une personnalité vraiment importante, je dirai même très très importante. Les Anglais appellent mon genre de personne : VIP (pour les non anglicisants cela signifie : « Très importante personne » -Very Important Person ».

Et tout cela c’est moi : Compétent, intégre moralement, honnête intellectuellement et même impartial ! », de quoi mériter le prix Nobel ! Ou le prix Chinguitty.

Aussi, je me jette un satisfecit et je me gonfle les chevilles.
Cependant, quelque chose me chiffonne un peu. Le rédacteur de ce décret, n’a pas pris le temps de nous dire si tous ces qualificatifs sont cumulatifs pour une même personne ou s’il faut en choisir un au hasard qui vous sied le mieux. Ou si chaque membre de la commission devait choisir celui qui lui plait.

Qu’à cela ne tienne, maintenant , je sais qui je suis. Tout-à-fait! Je suis tout cela. C’est formidable quand on vous renvoie votre image. Ça résoud bien des interrogations existentielles. Et surtout quand on le dit à votre place. Et en plus haut et fort ! Le bonheur quoi.

Donc un conseil si vous pouvez être membre d’une commission n’hésitez pas. Non seulement c’est bon pour le CV, (je dis bien « C » pas « R »). Ça ajoutera une ligne à votre CV : « ancien membre de la commission d’Etat... etc etc. »

Mais le pire dans tout cela c’est quand on dit que vous êtes tout ça, il faut soit prouver que vous l’êtes, soit que vous ne l’êtes pas. Et dans les deux cas, c’est le piège.

Soit on essaie de n’être rien du tout et être un membre tout court. Et comme dans cette commission nous sommes quatorze, c’est facile de passer inaperçu. Il suffit de se taire et de regarder. Ecouter ce qui se dit, noter sagement tous les propos et acquiescer de temps à autre de la tête surtout quand c’est le président de la commission qui parle. Cela aura des effets immédiats, il se retournera toujours vers vous quand il sera en difficulté, vous deviendrez alors son allié , muet et salutaire. Et comme après tout comme, l’a dit le décret, vous êtes une « personnalité très importante », même votre silence le sera aussi. Cette attitude est fortement recommandée dans le genre de commissions dont le rôle est d’adjuger quelque chose. Les commissions des marchés publics, élèvent ce genre de membre au rang suprême de la notoriété. Dans la commission pour l’Education, cette attitude n’est pas indiquée. Aussi j’ai décidé d’être très éduqué ( ce qui est – défense d’en rire – mon état naturel), c’est-à-dire jouer mon rôle de commissionné. Travailler sans concession aucune sur les principes et valeurs qui me sont chers et qui font la trame de ce blog. Et que certains de nos chers amis ont exprimé ( Voir les messages, sur ce blog, de Maatala, de Lambda, de Yanis, de Hamid et de tant d’autres.)

Qu’attend-t-on du VIP ?

La première question existentielle (sachant maintenant qui je suis) étant résolue , il me reste à resoudre la seconde question existentielle à savoir : « Que veux-t-on de moi ? »

En jetant un coup d’œil à l’article 5 dudit décret je suis effaré par ce qui m’attend : « Le cadre de la commission porte sur la définition des missions assignées à l’Education et à la formation , les contenus globaux de formation et la détermination d’aptitude et de compétences ainsi que des valeurs communes à promouvoir, en vue de former une génération de mauritaniens soucieuse de l’unité du pays, enracinée dans nos valeurs originelles et ouverte aux éxigences de la modernité. ».
La commission des Etat généraux, n’ est ni plus ni moins qu’une mission civilisationnelle. Son instrument « l’Education et la formation ». Vaste continent, puisque le décret en donne le contenu : « l’Education et la formation comprennent précisément :
- Le préscolaire
- Le fondamental
- L’enseignement originel
- Les enseignements secondaire et supérieur
- La formation technique et professionnelle »

En somme , un travail de coureurs de fond à perdre haleine. C’est autant dire que tous les qualificatifs rapportés par le décret créant cette commission ne suffiraient pas et qu’il faudrait y ajouter : « personnalité mauritanienne, sachant garder son calme, capable de se retenir dans les moments difficiles, pouvant travailler en milieu de stress permanent, ayant un haut degré de responsabilité pour ne pas mettre les pieds dans le plat, sachant parler en regardant droit dans les yeux son interlocuteur pour se faire comprendre sans ambiguité et surtout ayant le sens du travail collégial sans concesssion sur ses convictions personnelles. »

Bref, être « éduqué » aux commissions à plusieurs membres.

Comment la commission va-t-elle procéder pour abattre cette charge de travail? « La commission , suivant l’article 6 dudit décret, procède à la préparation, l’organisation et l’exécution des différentes phases des Etats généraux de l’Education et de la formation (EGEF). A ce titre, elle devra :

- Dresser un état des lieux exhaustif du système éducatif national dans son ensemble
- Engager et superviser un large processus de concertation à l’échelle du pays autour des problèmes de l’Education et de la Formation ;
- Formuler des solutions appropriées, en impliquant toutes les forces vives de la Nation
-Organiser et superviser le déroulement des Etats généraux de l’Education et de la formation et préparer les documents de synthèse. »
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Aussi dès son installation la commission s’atellera à :

- Définir son approche méthodologique et le chronogramme de ses activités ;
- Produire et soumettre au Gouvernement un rapport diagnostic du secteur Education-formation;
- Définir et soumettre au gouvernement un rapport définissant une stratégie de développment du secteur éducatif .

A la fin du processus, la commission devra remettre au gouvernement un rapport général des EGEF, comportant le diagnostic, la vision, la stratégie du secteur de l’Education/Formation et les actes des EGEF. »

On comprend maintenant pourquoi pour être membre de cette commission il faut être "VIP" (je le repète : Very Important Person- comme moi).

Mais rassurons-nous la commission ne va pas torturer ses VIP, elle va s’appuyer sur une pléiade d’individus pour l’aider à remplir sa mission. L’administration publique, tous secteurs confondus, avec ses experts et ceux qui pensent l’être , les consultants nationaux et internationaux et bien d’autres ressources humaines sont à sa disposition…

La commission devra aussi dans le cadre de sa mission « tenir des réunions avec les partis politiques , les élus, les organisations professionnelles et toutes autres parties jugées utiles , soit à son initiative, soit à la demande de ceux-ci »

Ainsi chacun peut demander à exprimer son avis devant la commission . Une bonne chose, les sans-voix constituant la majorité de ce pays. Ceci est renforcé par le fait que « La commission peut sur une question déterminée, entendre toute personne dont elle juge l’avis utile à l’accomplissement à sa mission, comme elle peut avoir recours à l’expertise nationale et internationale »

Donc la commission sera très bien secondée et aura davantage un rôle de supervision ce qui fait qu’en tant que VIP, je me demande d’ailleurs ce que je vais apporter à cette commission qui va faire appel à tous les experts de la république et d’ailleurs. Bon du moment que j’y suis, on ne sait jamais je pourrai être utile à quelque chose. Par exemple, dire ce que je pense. N’est-ce pas un grand privilège qui m’est, à l’instar de mes collègues, offert ?
Merci qui ? Merci celui qui, après mure réfléxion, m’a mis à la fin de la liste.

Le VIP face au budget de la commission

L’argent. Voilà ce qui nous unit dans le besoin et… dans l’opulence. Un VIP se doit d’être « budgétisé ». D’où viendra l’argent ? Et comment sera-t-il géré ? Préoccupations d’un VIP qui vient tout droit des finances publiques. L’argent du contribuable. Eduquer le contribuable avec son argent. Difficile mission n’est-ce pas ?

La commission dispose d'un budget qui est à la charge de l’Etat. Fixé, comme le mentionne le décret, en concertation avec le ministère de l’Education Nationale, il sera mis « à la disposition de la commission dès son installation pour lui permettre de remplir au mieux sa mission ».

La gestion du budget de la commission se fera suivant les règles, principes et techniques de la comptabilité publique puisqu’un comptable éxecutant ce budget sera nommé par le ministre des finances.

Rassurant n’est-ce pas ? C’est donc un contrôle de régularité sur les ressources financières mises à la disposition de la commission. En effet « les fonds alloués à la commission sont des deniers publics soumis à ce titre aux contrôles prévus par les lois et réglements en vigueur. »
L’ordonnateur principal du budget étant le président de la commission.

Pour ne pas s’étaler sur les défaillances du contrôle de régularité des finances publiques, je renvoie le lecteur à mes écrits et pour une appréciation globale, à ce lien

En conclusion, il s’avère qu’avec tous les VIPs qu’elle compte, et tous les qualificatifs qui les mettent dans le champ de l’infaillibilité, la commision semble partie pour accomplir sa mission.
Cependant toute institution ne se juge qu’à son action sur le terrain et la réalisation des missions qui lui sont assignées.

Aussi j’ai été ces derniers jours à Nouakchott, pour le vérifier.

La commission a-t-elle siégée ?

La commission a-t-elle commencé son travail ?

La commission travaille-t-elle d’arrache-pied pour réaliser ses objectifs ?

Ses membres s’entendent-ils tous très bien sur ses objectifs, sa mission et ses moyens ?

Hélas je ne pourrais vous le dire.

Article 4 du décret créant la commission: « Dans l’exercice de leurs fonctions, les membres de la Commissions sont soumis à une obligation de réserve ».

Heureusement pour nous, « la commission rend public ses activités et ses propositions par voie de presse ou par toute autre voie jugée utile », sans cela j’aurai été un « VIP » sans-voix et, pour moi , cela ne vaudrait pas toutes les commissions du monde.

Pr ELY Mustapha

mardi 3 juin 2008

Bilinguisme et langue officielle

La grande confusion

Lorsque l’on parle, de réforme de tout système éducatif, les yeux sont braqués sur la langue. C’est autant dire qu’ils ne peuvent la voir que si on la tire. Mieux encore on l’étale . "Uniglottes", "biglottes", "polyglottes" se font un devoir de penser que sans la langue, il n y a pas de salut au palais de la connaissance. Mais quelle langue, faut-il tourner sept fois dans sa bouche avant d’en user ?
La langue est d’une importance capitale. Elle est le vecteur de la connaissance et du savoir.

Le débat actuel autour de la langue est biaisé par le fait que si la réponse recherchée est bien claire, les questions par contre sont très mal posées.

Ainsi la question : « Pourquoi ne veut-on pas du bilinguisme en Mauritanie dans l’éducation nationale » est extrêmement mal posée.

Et sa réponse pour la redresser ne peut-être que : « toute personne douée de raison et de culture ne peut nier que le bilinguisme se doit d’être institué dans l’éducation en Mauritanie. » Il y va de la survie et du développment même du pays. L’enfermement linguistique est aussi fatal aux civilisations que le papier à mouche, aux mouches.

L’Ecole mauritanienne se doit de former les générations mauritaniennes dans toutes les langues. Les langues sont les clefs fondamentales du renforcement et de la compréhension entre les peuples et les nations .
Que le législateur impose d’enseigner dans nos écoles, le français, l’anglais ou toute autre langue européenne ou asiatique est en soi une initiative à saisir au vol. Les seuls critères dans le choix prioritairement de l’enseignement de ces langues sont :

- Leur intérêt pour la coopération et le dialogue avec les autres pays et prioritairement avec-nos pays africains frères frontaliers ou lointains. Ainsi dans ce cas le français et l’anglais, d’abord, mais aussi l’espagnol et le portugais s’imposent d’eux-mêmes.

- L’apport pour le dialogue et la collaboration avec les autres nations du monde et surtout celles qui ont des relations historiques avec notre pays et auxquels lient des accords de coopération judiciaires, économiques et financiers. Le français et l’anglais s’imposent encore, à côté de langues de pays qui prennent une dimension exponentielle dans l’économie mondiale, telle que la Chine.


- L’apport pour la compréhension et la défense des intérêts du pays face aux institutions financières publiques, nationales et internationales (Système financier et monétaire international, institutons de Bretton Woods ). L’anglais est là une langue très importante.

- L’apport au rayonnement économique et culturel du pays, qui ne peut se faire qu’en passant d’abord par la langue et la culture des autres. On ne promeut pas sa culture en usant de sa propre langue. Dans cette optique, l’enseignement de toutes langues, notamment celles des Nations-Unies, s’impose par lui-même.

En definitive oui, l’école Mauritanienne se doit d’être principalement bilingue. Accessoirement trilingue ou polylingue, les limites ne doivent être que l’intérêt que revêt l’enseignement ou l’apprentissage de telle ou telle langue pour le pays, tel que souligné dans les points précedents.
Toutefois, il ne faut pas confondre bilinguisme (ou polylinguisme) de la nation et le monolinguisme officiel de l’Etat.
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Le bilinguisme de la nation sauvegarde et développe les intérêts économiques, sociaux, culturels et internationaux spécifiés.

Le monologuisme officiel de l’Etat sauvegarde et protége la cohésion et la continuité des institutions administratives de l’Etat. En assurant, l’uniformité de la langue de travail, de la langue de communication et la compréhension de tous de l’action des autorités publiques.

Lorsque la constitution dispose que la langue officielle de l’Etat mauritanien est la langue arabe. Cela signifie que les actes publiques, les interventions publiques en sommes le vecteur de la communication de l’Etat avec ses citoyens est la langue arabe.

En effet, sans une langue officielle commune, c’est à la fois le dédoublement des actes, c’est l’incompréhension linguistique entre les acteurs publics . Celui-ci parlant le français ou l’anglais celui-là parlant l’arabe et personne ne peut emettre un acte matériel (documents administratifs et officiels) ou engager une communication compréhensible par l’autre.

Et la bonne justice impose que tous les citoyens soient traités également à travers les actes officiels qui les concernent dans une transparence que la pluralité des actes, leur traduction si elle est engagée mettra certainement en cause.
Aussi si pour arriver à l’unité du système administratif et d’information de l’Etat et pour désigner quelle sera la langue officielle de l’Etat mauritanien, ce sera incontestablement la langue arabe.

N’est’il pas curieux, en effet, que sur les plateaux dans nos medias officiels, le journaliste pose des questions en français au négromauritanien (ou au maure qui ne comprend pas l’arabe) qui répond en français et au maure (ou au négromauritanien qui ne comprend pas le français) des questions en arabe et réponde en arabe .

Le premier ne comprenant pas ce que dit le second et inversement et l’auditeur ne comprendra que la moitié du débat et peut-être moins. Mettons cela à l’échelle de l’Etat et l’on pourra saisir l’ampleur de la catastrophe pour la Nation.

Avoir une langue commune de dialogue à l’echelle officiel est un impératif. Il y va de la compréhension et de la cohésion de tous, mais aussi de la bonne gouvernance.

Et quelle langue s’impose le mieux dans le contexte mauritanien ? Il ne fait pas de doute que c’est la langue arabe pour des considération multiples que l’on a développé dans un article précédent (voir mon article à cette adresse : Pour une Mauritanie plurilingue : esquisse d’une solution. http://haut-et-fort.blogspot.com/2007/09/pour-une-mauritanie-plurilingue.html )

Mais, si au vu des élèment évidents développés l’arabe doit jouer son rôle de langue officielle, la question fondamentale est : pourquoi remet-on en cause de cette langue comme langue officielle de l’Etat mauritanien?

Si l’on simplifie , l’on peut dire que les raisons à cela peuvent être ramenées au rattachement de cette langue , consciemment ou inconsciemment, à :

- un courant politique
- un courant extrémiste
- une volonté d’assimilation
- un mouvement rétrograde

1.Le rattachement de l’arabe à un courant politique

Lorsque l’on examine les argumentaires de ceux qui rejettent la langue arabe, on y retrouve une référence explicite aux mouvements militants ou panarabes pour lesquels l’arabe est la langue du pays tout entier. Les Nasséristes , les Baathistes , pour ne citer que ceux-là placent l’adoption de la langue arabe au centre de leur lutte.

Les dernières années qu’à vécues le pays , notamment celle d’une arabisation à outrance et forcénée souvent appuyée par ces mouvements panarabes ou par ceux de leurs girons, a imprimé à ceux-là même qui refusaient l’arabe, un argumentaire supplémentaire pour la rejeter. La violence avec laquelle cette langue a été introduite dans le système éducatif et les exclusions qu’elle a engendrées, n’ont pas été favorables à son acceptation.
Ceux qui ont mis en place ces réformes, l’ont fait loin de toutes considérations pour le pays et le respect des idéaux de la population. Ils ont mal servi la langue arabe sur une terre sur laquelle elle est, elle-même, un symbole de tolérance.

Ceux qui pronaient l’intolérance des « arabes » de Mauritanie et leur politique agressive dans la gestion de l’Etat ont trouvé un filon inépuisable qui leur a permis de s’inscrire en faux par rapport à cette politique, d’en faire un cheval de bataille par lequel souvent ils s’en sont servi pour émouvoir la communauté internationale.
Voici le premier tableau négatif. La stratégie d’enseignement de la langue arabe de ces dernières années a d’autant été rejetée qu’elle a encore ternie celles à venir.

2 . Le rattachement de cette langue à un courant extrémiste

Ce n’est pas l’air du temps qui démentira. Tous ceux qui ont commis des attentats extrémistes en Mauritanie sont des arabes. Les arabes et par assimilation, les « arabisants » sont donc dangereux. La langue arabe c’est la langue de l’extrémisme. C’est le 11 septembre de l’éducation.
Pourquoi apprendrions-nous à nos enfants une langue qui est celle des extrémistes. Ne serait-elle pas une langue qui développe en elle-même un syndrome d’intolérance et de violence ? Idées occidentales développées à la veille d’un certain attentat et qui inconsciemment peuplent le sommeil de ceux qui n’en sont pas encore reveillés.

Simplification hasardeuse des choses qui prend sa source dans une désinformation généralisée qui, malheureusement, est confortée par la réalité amère et violente de ces derniers jours.

Mais la langue arabe, n’a jamais été la langue de la violence . C’est une langue de paix et de tolérance. Et il n’est point ici utile de rapporter le flot infini des humanités de cette langue qui couvre des siècles et des siècles de ressources inépuisables. Ce serait une offense aux esprits de la civilisation universelle. Ce serait en effet, un irrespect manifeste vis-à-vis de cette langue et des civilisations millénaires qu’elle a engendrées que de s’échiner à montrer ses vertus et ses richesses.

3. Le rattachement à une volonté d’assimilation

Ce que craint toute culture c’est qu’elle ne soit assimilée par une autre plus importante ou plus puissante dans son rayonnement humain ou géographique. La disparition d’une culture est toujours un drame pour l’humanité. Ceux qui rejette la langue arabe comme langue officielle, craignent cette assimilation qui est interprétée dans le sens de l’affaiblissement de leur culture et en fin de compte à sa disparition face à une culture dominante véhiculée par la langue arabe. Cette attitude est-elle justifiée on pense bien que non. En effet, les langues nationales se devant d’être enseignées et développées ne perdront ainsi ni leur place ni leur importance dans l’espace culturel national. Au contraire elles s’enrichireront mutuellement et rempliront le rôle qu’elle ont toujours joué : le dialogue. Et lorsque le dialogue existe, il n’ y a point d’assimilation mais enrichissement par les différences. Toute l’histoire de la sous-région a montré que les langues et les cultures ont toujours coexisté. Et cette affiramtion d’assimilation n’a pris son essor que face à l’instrumentation de la langue arabe par des régimes et des groupes politiques qui en porté moralement, physiquement et matériellement préjudice à la constituante négro-africaine mauritanienne ont accrédité cette liaison entre langue arabe et assimilation. Or ni la langue arabe n’est véhiculatrice d’assimilation , ni les cultures des différentes communautés mauritaniennes n’en sont dans un situation d’assimilation les unes des autres mais, depuis toujours, dans un mouvement perpétuel d’enrichissment mutuel.
En faisant disparaître la crainte générée par des pratiques politiques récentes, on réajustera l’attitude des uns et des autres face à la langue arabe.

4. La langue arabe engendrerait un mouvement rétrograde

S’il est une attitude des plus injustifiées et qui met dans le ridicule absolu ceux qui l’adoptent est celle de considérer que la langue arabe est une langue rétrograde. Une langue qui ne sied ni au développement ni à l’ouverture sur les sciences et le savoir modernes . Et par conséquent sont adoption dans le système éducatif ou en faire une langue officielle constituera un handicap au développement du pays et à son ouverture sur le monde. En somme la langue arabe est un frein au modernisme.

Le ridicule d’un tel raisonnement n’a d’équivalent que le dégré d’ignorance, de la langue arabe elle-même et de la civilisation arabe, dans lequel se trouvent ceux qui le tiennent

Tout cet espace ne suffirait pas à démontrer l’amplitude de cette erreur, mais une chose est certaine, la langue arabe est un vecteur certain de développement , de modernisme et il ne tient qu’à ceux qui l’utilisent de rejeter toute volonté de réduire son rayonnement national et international.

Et quelle meilleure illustration pourrions-nous trouver pour conclure que ces vers du poête Hafedh Ibrahim faisant "s’exprimer" la langue arabe sur les faiblesses qu’aujourd’hui , à tort, on lui porte :


رَجَـعْتُ لـنفسي فـاتَّهَمْتُ حَـصَاتي ** ونـاديتُ قَـوْمي فـاحْتَسَبْتُ حَـيَاتي

رَمَـوْني بـعُقْمٍ فـي الشَّبَابِ وليتني ** عَـقُمْتُ فـلم أَجْـزَعْ لـقَوْل عُدَاتي

وَلَـــــــدْتُ ولـمّا لـم أَجِـدْ لـعَرَائسي ** رِجَــالاً وَأَكْـفَـاءً وَأَدْت بَـنَـاتي

وَسِـعْتُ كِـتَابَ الله لَـفْظَاً وغَـايَةً ** وَمَـا ضِـقْتُ عَـنْ آيٍ بـهِ وَعِظِاتِ

فـكيفَ أَضِـيقُ اليومَ عَنْ وَصْفِ آلَةٍ ** وتـنـسيقِ أَسْـمَـاءٍ لـمُخْتَرَعَاتِ

أنـا الـبحرُ فـي أحشائِهِ الدرُّ كَامِنٌ** فَـهَلْ سَـأَلُوا الغَوَّاصَ عَن صَدَفَاتي

فـيا وَيْـحَكُمْ أَبْـلَى وَتَبْلَى مَحَاسِني ** وَمِـنْكُم وَإِنْ عَـزَّ الـدَّوَاءُ أُسَـاتي

فــلا تَـكِـلُوني لـلزَّمَانِ فـإنَّني ** أَخَــافُ عَـلَيْكُمْ أنْ تَـحِينَ وَفَـاتـــــــي

أَرَى لـرِجَالِ الـغَرْبِ عِـزَّاً وَمِـنْعَةً ** وَكَــمْ عَــزَّ أَقْـوَامٌ بـعِزِّ لُـغَـــــــاتِ

أَتَــوا أَهْـلَهُمْ بـالمُعْجزَاتِ تَـفَنُّنَاً ** فَـيَـا لَـيْـتَكُمْ تَـأْتُونَ بـالكَلِمَـــــــاتِ

أَيُـطْرِبُكُمْ مِـنْ جَـانِبِ الغَرْبِ نَاعِبٌ ** يُـنَادِي بـوَأْدِي فـي رَبـيعِ حَـيَاتي

وَلَـوْ تَـزْجُرُونَ الـطَّيْرَ يَوْمَاً عَلِمْتُمُ ** بـمَا تَـحْتَهُ مِـنْ عَـثْرَةٍ وَشَـتَـــــاتِ

سَـقَى اللهُ فـي بَطْنِ الجَزِيرَةِ أَعْظُمَاً ** يَـعِـزُّ عَـلَـيْهَا أَنْ تَـلِينَ قَـنَاتـــــي

حَـــــــفِظْنَ وَدَادِي فـي الـبلَى وَحَفِظْتُهُ ** لَـهُـنَّ بـقَـلْبٍ دَائِــمِ الـحَسَرَاتِ

وَفَاخَرْتُ أَهْلَ الغَرْبِ، وَالشَّرْقُ مُطْرِقٌ ** حَـيَـاءً بـتلكَ الأَعْـظُمِ الـنَّخِرَاتِ

أَرَى كُــلَّ يَـوْمٍ بـالجَرَائِدِ مَـزْلَقَاً ** مِــنَ الـقَبْرِ يُـدْنيني بـغَيْرِ أَنَــــــــــاةِ

وَأَسْـمَـــــعُ لـلكُتّابِ فـي مِصْرَ ضَجَّةً ** فَـأَعْـلَمُ أنَّ الـصَّـائِحِينَ نُـعَـاتـــــي

أَيَـهْجُرُني قَـوْمي عَـفَا اللهُ عَـنْهُمُ ** إِلَــى لُـغَـةٍ لـم تَـتَّصِلْ بـــــــــــرُوَاةِ

سَـرَتْ لُوثَةُ الإفْرَنْجِ فِيهَا كَمَا سَرَى** لُـعَابُ الأَفَـاعِي فـي مَـسِيلِ فُرَاتِ

فَـجَاءَتْ كَـثَوْبٍ ضَـمَّ سَبْعِينَ رُقْعَةً ** مُـشَـكَّـلَةَ الأَلْــوَانِ مُـخْـتَلِفَـــــــاتِ

إِلَـى مَـعْشَرِ الـكُتّابِ وَالجَمْعُ حَافِلٌ ** بَـسَطْتُ رَجَـائي بَـعْدَ بَسْطِ شَكَاتي

فـإمَّا حَـيَاةٌ تَـبْعَثُ المَيْتَ في البلَى ** وَتُـنْبتُ فـي تِـلْكَ الـرُّمُوسِ رُفَاتي

وَإِمَّــا مَـمَـاتٌ لا قِـيَامَة بَـعْدَهُ ** مَـمَاتٌ لَـعَمْرِي لَـمْ يُـقَسْ بمَمَاتِ


Sans une langue officielle, unificatrice et de dialogue, il n y a pas d’Etat. Sans le respect et l’enseignement de toutes les langues du pays, il n y a pas de nation.

Pr ELY Mustapha

dimanche 25 mai 2008

Dieu, la Maison blanche et l'ange de la tempête

Comment la religion influence la politique des Etats-unis


Deux ouvrages, en anglais, pour mieux comprendre ce qui se passe au-delà du visible. De ces éléctions qui tiennent la planète en haleine

Le premier: God in the Whit e House: A History: How Faith Shaped the Presidency from John F. Kennedy to George W. Bush

Comment concilier entre John F. Kennedy déclarant que la religion ne devrait jouer aucun rôle dans les élections et Bush qui dit: «Je crois que Dieu veut que je sois président"?
Dans son ouvrage, l’historien Randall Balmer nous entraîne dans un tour de religiosité présidentielle dans la dernière moitié du XXe siècle. De Kennedy dans on discours de 1960 qui a dressé un mur presque absolu entre politique américaine la vie religieuse, à la religiosité soft de Lyndon B. Johnson 's Great Society ; de Richard Nixon manipulant la religion pour se conformer au stoïcisme tranquille de Gerald Ford ; De l’introduction de l’évangélisme par Jimmy Carter à Ronald Reagan optant pour la même attitude, De Bill Clinton et sa manière déguisée de transformer la religion en une non-question aux messages ouvertement chrétiens de George W. Bush, Balmer révèle le rôle que la religion a joué dans la vie privée et de ces présidents américains.

Le second: An Angel Directs the Storm: Apocalyptic Religion and American Empire

Ce livre a fait valoir avec passion, pour la première fois dans une enquête approfondie, la politique religieuse des américains néo-conservateurs actuels. Il montre que derrière le néo-impérialisme de la Maison Blanche et George W. Bush se profile une vision apocalyptique des États-Unis du sacré destin "à la fin de l'histoire", une vision qui est partagée par des millions d'Américains.
Les auteurs retracent les racines de l'Amérique apocalyptique et puritaine du millenium et les lectures fondamentalistes contemporaines du Livre de l'Apocalypse.
Ils suggèrent urgemment que les Américains retrouvent le chemin d’une critique de l'Empire du type adopté par les fondateurs du christianisme pour ne pas risquer de devenir les idolâtres d'un nouveau Saint Empire romain germanique qui entraîne d'autres dans la servitude.
En somme , une alerte, avant que les Etats-Unis par leur impérialisme n’entrainent l’apocalypse.


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Mauritania libris.

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Pr ELY Mustapha

L’équation qui empoisonne l’économie mauritanienne

R = C + E


R, comme Revenu, C, comme consommation, E , comme épargne. Simple comme bonjour. Le Revenu (R) est égal à la consommation (C) plus (+) l’épargne (E).

Un Revenu s’utilise soit en Epargne, soit en Consommation. La proportion de revenu utilisée en consommation, ne peut plus être épargnée. Lapalissade ? Non. Drame quotidien du ménage mauritanien.

La question est de savoir quel impact a, aujourd'hui, le revenu sur le niveau de vie du ménage. En somme, y a–t-il une politique mauritanienne du revenu ? Comment fait-on en Mauritanie pour allier la production, la productivité et le revenu. L’absence de politique du revenu ne serait-elle pas à l’origine de la crise socio-économique des ménages et de celle que vit toute la population ? L’Etat n’est-il pas le premier fautif dans l’appauvrissement actuel des ménages, et la déliquescence matérielle des populations.

La consommation des ménages : du matériel vers l’immatériel.

Le revenu des ménages en Mauritanie est entièrement consacré à la consommation. Hélas, depuis quelques années cette consommation a pris un contenu critique pour la survie du ménage et a consacré son endettement définitif.

En effet, si l’on examine les composantes de la consommation du revenu dans les années soixante-dix et au début des années quatre-vingts l’on s’aperçoit que ces composantes étaient alimentaires à plus de 70%, le reste se répartissait en dépenses d’habillement et de santé principalement.

Dans tous les cas, la part de consommation s’orientait vers les besoins du ménage au sens stricto sensu. Le ménage gérait son revenu pour des dépenses de survie ? Pas pour des dépenses artificielles. Dépenses qui si parfois elles l’étaient se réduisaient souvent à l’habit de qualité que réclamait pour les fêtes les enfants à l’image de leurs voisins.

Le revenu du ménage s’orientait entièrement en biens physiques dont l’image est claire chez tous : « le sac de riz, la provision de thé et de sucre…et la facture mensuelle du boutiquier du coin qu’il fallait rembourser pour que le père de famille puisse traverser la rue en toute quiétude »
(Voir: les variations de l'indice des prix et le prix moyens de produits essentiels à Nouakchott entre le mois de mars 2007 et le mois de mars 2008 tel que présentés par l'Office national de la statistique mauritanien)

C’était cela les composantes principales de la grille de consommation du ménage qui s’aménageait parfois des dépenses de fêtes (souvent des crédits contractés) qui aggravaient les revenu en fin de mois et bien entendu les charges domestiques (eau et électricité s’il y a lieu) . Ces dernières d’ailleurs étaient rejetées en fin de liste de consommation vue que ces services s’acquéraient souvent par une fraude généralisée sur les branchements électriques et hydrauliques. Une tolérance qui constituait curieusement une dépense de transfert de l’Etat vers les ménages. Appelons-la la fraude tolérée.

En définitive la consommation du ménage était donc entièrement quasi-matérielle. Riz, pâtes, sucre, pain, thé, habits, chaussures, loyers, eau, électricité, et santé.
Cette grille maintenait une gestion du revenu orientée vers les besoins des ménages. Une saine option de consommation qui focalisait sur la cellule ménagère. Toute dépense autre que celle prévue dans la grille précitée était un luxe et qui était bannie. Les membres du ménage trouvaient le pain, l’habit et quelques soins. Et voilà que le pire arriva : le besoin immatériel fit son apparition.

L’affection « saine » d’un revenu, désormais confisqué.

Jusque dans les années 2000 donc , l’affectation du revenu était « saine » car orientée totalement et exclusivement vers les besoins du ménage.

Voici comment se présentait la répartition d’un revenu de ménage-type : Alimentation : 70 %, Habillement : 15 %, Transport : 10 % Santé et autre : 5 %

Ces pourcentages restent assez stables avec de faibles variations quelles que soient la catégorie, la nature ou la période. En effet l’affectation des revenus en Mauritanie est fonction des catégories (faibles et moyens revenus notamment) de la nature du revenu (salarial fixe mensuel ou revenu variable et saisonnier) ou d’événements structurels (fêtes et manifestations) qui accaparent périodiquement une part importante du revenu (habits, moutons de fêtes diverses etc).
Dans tous les cas jusqu’à récemment le revenu du ménage avait donc deux caractéristiques : il était affecté à l’acquisition de biens physiques essentiellement, et cette affectation était totale. D’où l’absence de toute épargne de la part du ménage.

Consommation = alimentation + habillement+ transport +autres ( faible pourcentage : santé, scolarité)

R (100%) = consommation (100%) + Epargne (0%)

L’équation R= C+E , se réduisait, en fait, à R= C où le Revenu est entièrement résorbé par la consommation.

Durant la période précitée, l’épargne faible ou inexistante laissait la place à la consommation. Ce qui est négatif.

Le point positif, par contre, était que le ménage consacrait son revenu à ses besoins vitaux.
Le ménage s’endettait, il vivait souvent sur un revenu instable mais il avait la caractéristique d’affecter ses moyens à ses besoins réels. Il réalisait une affectation optimale de ses ressources propres et s’ajustait saisonnièrement à travers les emprunts au long cours (le boutiquier du coin) et la solidarité familiale.

La destruction du revenu des ménages

Au cours de ces dix dernières années deux facteurs on détruit cet équilibre instable. Le premier est celui inhérent à la cherté de la vie dont les fondements sont à chercher aussi bien dans l’absence de compétitivité, de production et de productivité de l’économie nationale que dans des facteurs inhérents à l’économie internationale ( flambée des prix des prix des céréales et de l’ énergie).

Le second facteur et non des moindres est dû paradoxalement à l’Etat lui-même. En effet, par l’introduction des fournisseurs télécoms étrangers, l’Etat a détruit le revenu du ménage. Cela peut semble curieux à première vue, mais c’est une réalité que même les statiques sur l’évolution du revenu des ménages se refusent à prendre en considération.

Depuis, en effet, l’introduction du premier opérateur GSM en Mauritanie la structure de la consommation du ménage a changé du tout au tout. La consommation téléphonique a pris une place très importante dans l’affectation du revenu.

Prenons un exemple. Avant 2000, un ménage qui avait pour tout revenu, 20 000 UM mensuels, les affectait ainsi : 14.000 en alimentation, 3000 en habillement, 2000 en transport et 1000 en santé et autres.

Avec l’intégration de la charge de communication téléphonique,25 % à 40 % du revenu ont été affectés à l’achat de cartes de recharges GSM. Soit 5000 à 8000 mensuellement. Cette proportion peut passer du double au triple en fonction du nombre de membres dans la famille et de sa structure (les enfants usant les revenus du ménage par les recharges) et durant les grands évènements (fêtes etc.).

Si donc on soustrait du revenu du ménage, la charge générée par le poste « communication », le ménage se voit privé du quart , ou quasiment du tiers de son revenu . Et dans certains cas cela dépasse ces proportions de façon dramatique. Certaines familles se privant de tout pour recharger leur GSM.

Les compagnies de GSM en Mauritanie ont en effet développé une politique agressive de consommation du téléphone portable à telle enseigne que non seulement le citoyen en est devenu dépendant (culture d’une parlotte stérile) , mais use son maigre revenu de façon dramatique (une indigence de fait)

Ces compagnies participent ainsi à saper l’économie mauritanienne, par la confiscation de l’épargne nationale qui leur est drainée à travers la consommation téléphoniques sous formes de bénéfices quelles engrangent sans contreparties réelles. Des milliards dont on prive le développement de l’économie nationale.

(J’ai consacré un article précédent à ce grave phénomène que j’avais intitulé : « GSM : le grand siphonnage de la Mauritanie. Les télécoms en Mauritanie ou comment on confisque le développement ». Consultable à cette adresse : http://haut-et-fort.blogspot.com/2007/08/gsm-le-grand-siphonnage-de-la.html )

Ainsi, relativement au ménage, il est passé d’un revenu, certes maigre, mais consacré aux besoins vitaux, à un revenu qui s’est encore rétréci puisque confisqué par le poste consommation des produits télécoms.

Dans cette situation, le ménage est obligé de faire un arbitrage entre ses dépenses vitales et les dépenses qui ne le sont pas naturellement mais qui le sont devenues socialement et culturellement (la parlotte en portable).

Ainsi cela se fera au détriment de l’alimentation, de l’habillement, du transport, de la santé , de la culture ou de l’éducation.

La sous-alimentation (rachitisme et anémies), l’habillement non renouvelé et non soigné (porteur de maladies et de frustrations pour les enfants notamment), le chômage (déplacements coûteux pour rechercher du travail ou simplement aller travailler ; expliquant des lieux de production et des administrations désertés), maladies non soignées (médicaments, médecins et cliniques hors budget), culture oubliée (livres et savoirs inabordables) et éducation médiocre (concédée à bas prix et par des institutions sans ressources).

Amputé donc du tiers de son revenu, le ménage se trouve confronté au dilemme de la survie. N’ayant ni les moyens de se maintenir face à une vie qui devient très chère et qui fait fondre son revenu et un avenir obscur car il n ya pas d’avenir sans épargne, le ménage est dans une situation alarmante qui explique d’ailleurs le profond malaise qui touche l’économie mauritanienne.

Tous les moyens qui devaient être consacrés à ces dépenses du ménage se retrouvent dans une carte GSM payée au prix fort au profit de géants des télécoms qui exportent leurs bénéfices, laissant des ménages exsangues, et une économie à genoux, faute d’une épargne confisquée. Une épargne moteur de l’économie. Une épargne pour l’investissement public et privé.

En effet si l’on considère que la fonction Revenu de l’individu est la suivante :

Revenu = Consommation + Epargne

La fonction revenu national est la suivante :

Revenu= Consommation + Investissement

Or l’investissement ne peut se réaliser que deux manières :

- L’investissement public ( budget de l’Etat)
- l’investissement privé (budgets privés –entreprises , individus)

Relativement à l’investissement public , il se réalise au détriment du revenu des ménage et ne lui profite pas. Pour trois raisons :

- C’est un investissement qui se fait au détriment d’une politique de développement cohérente et même d’un modèle de développement apparent et suivi.
- C’est un investissement essentiellement réalisé sur des emprunts internationaux qui hypothèquent l’avenir du pays et accroissent chaque jour le taux d’endettement par tête d’habitant
- C’est un investissement sur ressources mal gérées sinon confisquées et dilapidées par une nomenklatura à laquelle on a consacré bien des écrits sur ce blog et ailleurs (voir « Roumouz el vessad » à cette adresse : http://haut-et-fort.blogspot.com/2007/12/roumouz-el-vessad.html )
Relativement à l’investissement privé, il se réalise lui aussi au détriment du revenu du ménage (le cas des télécoms précité en est illustratif) et cela pour trois raisons essentielles :

- C’est un investissement entièrement tourné vers un profit capitalistique réalisé par une oligarchie de commerçants et banquiers se souciant peu d’une formation quelconque de capital fixe au profit du pays.
- C’est un investissement qui ne bénéficie pas d’une épargne locale soutenue de la part des ménages. La pauvreté des dépôts d’épargne publique auprès du système bancaire en est le premier exemple. Sans dépôts en épargne tout investissement est pénalisé.
- C’est un investissement qui ne s’insère pas dans une stratégie globale de développement et de production dans un plan de développement public mies en œuvre par l’Etat et contrôlant la participation des capitaux privés à la réalisation des objectifs de développement nationaux (distribution de revenu, croissance du tissu commercial et industriel ; résorption du chômage, compétitivité des entreprises, productivité etc.)

L’investissement public est aussi improductif que l’investissement privé dans le développement national. D’ailleurs l’interpénétration entre leurs acteurs, à savoir entre l’Etat et les détenteurs de capitaux privés est un frein réel qui fut tant de fois dénoncé à travers la complaisance, l’utilisation abusive des marchés gré-à –gré, de l’octroi douteux des marchés publics etc. Et cela jusque dans la manipulation des taux d’intérêts bancaires et autres triturations insoupçonnées et insoupçonnables au profit d’un investissement que se partagent des groupes ; pas la nation.

L’aggravation de la situation des ménages : Un Etat sans politique des revenus

Si l’on examine le comportement des entreprises en Mauritanie (nationale et étrangères), qui a côté de l’Etat sont distributeurs de revenus , on remarque une véritable démission de l’Etat dans sa politique des revenus à leur égard.

Le travailleur mauritanien est entièrement laissé au bon vouloir et à la merci de ces entreprises. Les travailleurs licenciés abusivement, les entreprises qui font fi de toute réglementation sociale et du travail sans que les organismes de l’Etat en matière de travail et de sécurité sociale interviennent font partie de l’actualité quotidienne.

Le travailleur mauritanien semble quémander son revenu et est prêt à toute concession pour conserver son emploi face à une démission de l’Etat. Concessions qui vont de l’acceptation d’un salaire sans proportion avec ses qualifications, au gel de ses augmentations salariales légales, ou de son avancement professionnel.

Pour conserver son revenu, le ménage mauritanien est soumis à cette contrainte de l’absence de l’Etat pour défendre son niveau de vie.

En effet, aucune stratégie de l’Etat n’est définie dans sa politique des revenus à l’égard des entreprises, de lier le revenu à des paramètres objectifs. Notamment la productivité de l’entreprise. Le niveau de revenu se doit d’être indexé périodiquement sur la productivité de l’entreprise afin de redistribuer une part des bénéfices sur les travailleurs. En Mauritanie, l’Etat ne se préoccupant pas de cet aspect les entreprises engrangent une part du revenu qui doit revenir au salarié.

Cependant la politique des revenus peut aussi utiliser d’autres instruments tel que l’allègement de la taxation des dividendes distribués aux travailleurs actionnaires minoritaires ou encore la non imposition complète (ou le relèvement des intérêts perçus ) des comptes spéciaux d’épargne où une part du revenu pourrait être virée, par consensus avec l’employé, par l’employeur etc.

Sans politique de revenu dont pourrait profiter , à moyen et long terme, le ménage( par l’épargne qu’il constituerait) ) et le pays (par l’investissement) , la croissance économique est une vue de l’esprit. Le ménage étant un vecteur important de cette croissance, il est jusque-là ignoré des politiques publiques qui n’ y voient que des individus pas la cellule fondamentale de tout développement.

Si l’équation du revenu empoisonne l’économie mauritanienne, c’est justement parce que celui dont elle module le niveau de vie au plus haut point, à savoir le ménage, est aujourd’hui dans une situation économique critique à laquelle l'Etat n’apporte aucune solution. Car dans cette équation, l’Etat ne voit que l'un de ses termes: la Consommation (C) qui lui permet de justifier toutes ses dépenses et les crises de sa politique sociale.

Quant aux autres termes, le Revenu (R) et l’épargne (E), ils sont laissés au compte du ménage pour lequel tant le revenu que l’épargne se réduisent à la consommation (C). Et le serpent (économique) mord sa queue (sociale).

Pr ELY Mustapha.

jeudi 22 mai 2008

Les perles de la République

Enfants d’élevage , étatiques à 80%


La palme de bronze revient à Mme Fatimetou Mint Khattry, ministre chargée de la promotion féminine, de la famille et de l'enfance qui a affirmé que " la solution et le traitement correct de la question de la hausse des prix passent par l'orientation vers l'agriculture et l'augmentation de la production".

A moins quelle se soit trompée sur la nature de son portefeuille, son ministère n’est pas celui du l’agriculture et de l’élevage. Toutefois, bonne confusion entre promotion féminine et pousses de blé tendre, famille et agriculture et enfance et élevage. Ce qui n’est pas mauvais en soi, vu la détérioration de la politique éducative.

La palme d’argent revient quant à elle incontestablement à Jemil ould Mansour (Twassoul) qui pour justifier la participation de son parti au gouvernement de Ould Waquef déclare « Nous avons trouvé que le programme du Président de la République et le nôtre, étaient à 80% identiques.. » (Journal l’Eveil hebdo) . Qui dit mieux ?

La palme d’or revient absolument aux rédacteurs des CV de nos ministres, qui déclarent pour la plupart dans la situation maritale de ces ministres : « marié et père de plusieurs enfants ».

En somme, où le décompte des enfants est absolument difficile (donc chiffre exponentiel) ou les titulaires des CV ne peuvent avancer un chiffre de crainte d’en oublier (exemple le petit dernier de la dernière mariée à la va-vite avant le dernier hivernage et repudiée juste après et qui pourrait bien en porter un autre vu que le mari ne sait plus quand il a quitté la maison l’abandonnant à la charge d’autrui)

Question : Monsieur le ministre, on sait que vous êtes marié, combien d’enfants avez-vous ?
Réponse : Plusieurs…
Question : Veuillez préciser s’il vous plait, vous oubliez votre CV !
Réponse : CV ? Mais êtes-vous sûr que j’ai un enfant de ce nom ?

Polygamie, mariage à convenance, enfants éparpillés, femmes multiples, famille sans nombre, peut-on réellement faire confiance à un père qui ne sait pas qui sont et quel est le nombre de ses enfants. Image de gestionnaires publics qui ne pouvant connaitre le nombre exact de leurs enfants sont à l’image d’un Etat qui ne connait pas les siens.
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Pr ELY Mustapha

La Mauritanie expliquée aux nuls

Le pays au million de sorcières qui s'usent en beauté


Géographiquement :


La Mauritanie est un pays situé en Afrique (bonne nouvelle, n'est-ce pas?), mais il n y a plus d’éléphants depuis le tertiaire(?). Ne nous demandez pas pourquoi ils ont disparu, on ne pourra vous le dire. Le but de ces lignes est de vous familiariser avec la Mauritanie pas avec les éléphants. Quoi qu’il en soit nous n’allons pas vous laisser mourir d’ignorance à ce sujet puisque nous allons vous l’apprendre sans tarder . Il y a une forte probabilité qu’il existe un éléphant quelque part sur le 1 030 700 km² que couvre la Mauritanie. Mais encore une fois, notre but n’est pas de vous dire où. Des renards oui, il y en a partout, les nominations officielles en pullulent. On trouve même des dinosaures, ceux qui ne sont pas végétariens, les vrais carnassiers de la chose publique. Des tyrannosaures Rex .

Comme leurs confrères du crétacé qui colonisèrent la terre durant 160 millions d’années et qui sont apparus sur terre dans la première moitié de la période du "Trias", il y a plus de 230 millions d’années les dinosaures mauritaniens du crétinacé ( une ère "crétine" non encore révolue) sont eux apparus avec la première moitié de l’ère budgétaire et se sont développés avec la seconde moitié, ils ont un large territoire de chasse qui s’étend donc des terres fertiles des crédits aux terres d’abondance des emprunts publics. Ce territoire c’est celui des carnassiers. Les carnivores.
La seule différence entre les dinosaures du crétacé et nos dinosaures du crétinacé , c’est que les premiers en mourant se transforment en pétrole, alors que le seconds meurent pour le pétrole.

La Mauritanie est géologiquement donc , le seul pays au monde qui grâce à ses dinosaures vît encore dans le « crétinacé ». Une ère qui se perpétue encore au grand dame des petits dinosaures herbivores qui constituent désormais la majorité de la faune populaire.

Politiquement :

L’Histoire de la Mauritanie commence en 2005. Un 3 Août exactement.
Oui, c’est à cette date qu’un valeureux colonel dirigeant les services de sécurité de ce pays , décida de le sauver. Le « le » ici c’est le pays, pas le colonel. Lui, le colonel ne pensait qu’à une chose sauver son ami, qui lui était à la tête du pays qu’il voulait sauver.
Ce n’était pas compliqué au début. Le colonel voulait la démocratie, la justice pour le pays et en même temps sauver son ami qui lui savait que son ami aller le sauver . Mais le colonel avec d’autres colonels, voulait faire vite car en 2003 déjà l’histoire de la Mauritanie allait commencer autrement et donc il fallait que l’histoire commence avec lui. C’est ainsi que commença l’histoire de la Mauritanie que nous allons raconter pour les nuls, surtout ceux qui n’ont rien compris au début de l’histoire.

Le colonel donc qui était au centre du pouvoir, puisque depuis vingt ans il était à la sûreté voulu aller à la périphérie c’est-à-dire à la présidence, puisque son occupant s’étant déplacé pour honorer un macchabée à l’est , il fallait que quelqu’un s’occupe, à l’ouest, des Maures vivants en Mauritanie et les autres qui ne sont pas maures mais qui vivent aussi en Mauritanie. C’était très géographique, mais personne ne le savait.
Heureusement le colonel , déclara de dessous sa moustache un évènement qui tomba à poil : la transition. Transition qui se résumait en une phrase : « Nous sommes venus pour partir ». Et tout le monde avait applaudît. Oui c’était génial. Ils chauffent la place puis ils s’en vont. C’est à ce moment qu’un leader de l’opposition ( pensant que la place était chauffée pour lui) qui avait compris plus vite que le peuple , qui lui ne s’oppose à rien, décida d’appuyer la transition.
Pour lui, il fallait faire très attention à ce que l’histoire de la Mauritanie qui a commencé ne se termine pas sans qu’il ait occupé la place qu’ont justement chauffé les militaires. Et pour cela, il fallait éviter de retomber dans le moyen-âge et se livrer à la chasse aux sorcières. Les sorcières, oui ces vielles choses qui ont des verrues sur le nez et qui chevauchent des manches à balai tout-terrain…payés aux frais du Trésor public.

Le premier d’ailleurs qui les a vues et qui a déclaré qu’il ne va pas les chasser c’est le colonel lui-même. Le leader de l’opposition qui lui les subissait décida aussi de ne pas les pourchasser. C’est la raison pour laquelle les sorcières occupent aujourd’hui, grâce à ce leader non moustachu et à ce colonel qui l’est , l’espace politique mauritanien. Puis le colonel s’en est allé en laissant au leader…les sorcières.

Il s’en est allé non sans avoir inauguré de mémorables monuments pour la postérité : les journées de concertations.

Fameuse journées de concertation sur la gouvernance, la justice et la démocratie, dont le seul qui se souvient encore est le livreur des sandwichs des séminaristes. Un cousin, du cousin du chef du protocole. Mais ça l’histoire ne le retiendra pas. Car cette période historique que fut la transition pour la Mauritanie, restera à jamais gravée dans la mémoire du peuple qui voudrait bien qu’elle revienne pour en découdre avec ses transitaires.

Bref, le moustachu de la transition, celui qui dénonça , non sans rire, avec véhémence au palais des congrès devant un parterre de sorcières, la corruption et le vol a bien fini par partir non sans avoir au préalable concocté, au grand dame du leader de l’opposition, un président qui ne venait pas de chez les sorcières, mais de chez les Haoussas.

Le leader de l’opposition fut pris entre les sorcières qui ont soutenu celui qui venait du pays des Haoussas et les sorcières qu’il avait acceptées dans son parti et qui venaient de chez celui qui contemple désormais de sa fenêtre le fameux Jebel Edoukhan (la montagne de fumée), qui lui renvoie chaleureusement son image de personnage politiquement grillé.

Cependant ce président, fort de son pacte d’alliance avec les sorcières avait décidé quand même de ne pas les ignorer car elles pouvaient lui jeter un sort. Réflexe qui n’est pas étranger à ses longs séjours au bord du fleuve Niger.

Aujourd’hui, grâce à la transition, la Mauritanie est un pays démocratique, au sens où chacun peut faire ce qu’il veut, dire ce qu’il veut, du moment qu’il ne fait pas la chasse aux sorcières. Sorcières qui ont éclipsé depuis belle lurette le million de poètes que comptait la Mauritanie. Car ce qui compte ce n’est pas les poètes mais le million. Le chiffre est plus à propos que ce qu’il désigne. C’est dans l’air du temps.

Economiquement :

La Mauritanie est l’un des pays les plus "riches" du continent ou pour être plus juste : il compte les plus riches du continent. Son Produit intérieur brut par tête d’habitant estimé en 2006 était de 2 600 Dollars. Donc riche à l’infini.

Mais l’examen de la définition réelle de l’agrégat économique considéré (Produit Intérieur brut) nous rappelle que ce concept revêt un sens particulier dans l’économie Mauritanienne.

En effet « Produit », signifie don de la nature au pays ( poisson, pétrole, fer etc). En effet, la Mauritanie ne produit rien, elle vend ce que la nature lui a donné.

« Intérieur », signifie « intérieur de la poche » de certains qui détournent tout ce profit dans leurs poches.

« Brut » signifiant enfin que tout y passe à l’état naturel. Rien n’est laissé en déchets (y compris ceux du poisson).

Enfin « par tête d’habitant » signifie que les seules têtes concernées sont celles des quartiers de Tevragh Zina et environs. Pour les nuls, « Tevragh Zina », signifie littéralement « qui s’use en beauté » , mais qui, en fait, ne s’use jamais car c’est là où le pays est usé.

En définitive le « produit intérieur brut par tête d’habitant », c’est le produit non infini de ressources périssables qu’empochent à l’état brut des têtes de certains habitants de quartiers cossus.

C’est l’une des caractéristiques économiques du pays. C’est un pays riche, très riche… du patrimoine de certaines personnes.

Socialement :

La Mauritanie est un beau pays pour des hommes socialement irresponsables. la cellule familiale, pierre angulaire de tout développement social est réduite à sa plus simple expression. Pays où personne ne sait quel est le nombre de sa progéniture, ni même où elle se trouve. Pays où même les membres du gouvernement inscrivent dans leurs Curriculum vitae, à l’endroit de leur situation matrimoniale : « Marié, plusieurs enfants » . Leur décompte est devenu difficile.

La Mauritanie est un beau pays, où les relations familiales sont devenues si distendues que les enfants courant la rue n’ont plus de parents. Ce ne sont pas des enfants de la rue, ce sont des parias de la république. Leurs mères et pères ont pris le pli de l’irresponsabilité et s’en sont débarrassés à tous âges, jusque les bébés jetés dans les poubelles et qui font les faits divers des journaux. La Mauritanie, pays d’une jeunesse orpheline d’un pays lui-même orphelin de ses adultes.

Des adultes vivant encore au moyen-âge. Blancs et noirs qui se regardent en chiens de faïence et qui pensent que leur lignée ancestrale les empêche d’être des sous-développés pour le reste du monde.

Certains se déclarant d’une descendance directe du prophète, d’autres de guerriers aux sabres acérés, de conquérants des temps révolus ou de saints de saints qui soumirent les émirs..Bref, un peuple qui ne veut pas être un peuple, mais un groupement d’individus se pavanant avec les fantômes.
Les Mauritaniens sont le seul peuple au monde qui vît avec ses ancêtres au moyen-âge (voir mon article : http://haut-et-fort.blogspot.com/2008/04/le-descendant-de-antar-ibnou-cheddad.html )

La Mauritanie expliquée aux nuls se résume ainsi: un pays dominé par des dinosaures voraces, se partageant un produit intérieur brut par tête d’un habitant qui vit un quotidien moyenâgeux du côté de ses ancêtres dans un pays riche… pillé avant, pendant et après sa transition.

Pr ELY Mustapha

mardi 20 mai 2008

55 ouvrages de Jules Verne


L'imaginaire à portée du clic


Mauritania libris fête le maître de la Science fiction, Jules Verne avec 55 ouvrages.

"Jules Verne laisse derrière lui une œuvre riche d'une extraordinaire créativité. C'est l'un des premiers auteurs à mêler avec autant de succès science-fiction, aventure et fantastique. Son intérêt pour la science et le fait qu'il aborde dans ses romans des thèmes qui se concrétiseront dans le courant du XXe siècle (voyage sur la lune, sous-marin, etc.) lui confèrent le statut de visionnaire. Ses romans seront fréquemment adaptés au cinéma, leur récit à grand spectacle se prêtant parfaitement aux productions hollywoodiennes. Ses personnages sont des icônes de l'imaginaire populaire (tels Phileas Fogg, le capitaine Nemo ou Michel Strogoff)". (Wikipedia)

Une collection d'ouvrages qui emporteront le lecteur bien loin dans un imaginaire que l'auteur s'est construit et qui continue à fasciner ses lecteurs.

On raconte en effet une histoire pitorresque qui explique tant de voyages fantastqiues de l'auteur. La voici:

"La légende affirme qu'en 1839, à l'âge de 11 ans, le petit Jules se serait embarqué sur un long courrier à destination des Indes, en qualité de mousse. Son père l'aurait alors récupéré in-extremis à Paimbœuf. On dit que Jules Verne aurait avoué qu'il était parti pour rapporter un collier de corail à sa cousine, Caroline Tronson, dont il était amoureux. Rudement tancé par son père, il aurait promis de ne plus voyager qu'en rêve. Mais ce n'est qu'une légende enjolivée par l'imagination familiale. Dans ses Souvenirs d'enfance et de jeunesse, on apprend qu'il ne s'est qu'échappé, est monté à bord d'un voilier, qu'il l'a exploré, tourné le gouvernail, etc., ce en l'absence d'un gardien. Ce qui lui vaudra la réprobation du capitaine."(idem)

Comme quoi tout se construit, même l'imaginaire des grands auteurs, dans l'espace de l'enfance


Pr ELY Mustapha

lundi 19 mai 2008

Mensonge humain...

Ou songe de singe?

Ceux qui ont lu dans Mauritania Libris "la thèorie de l'évolution de Darwin" apprécieront celle de la "non-évolution" de Haroun Yahya

Ainsi commence l'Ouvrage de cet auteur:

"De nombreuses personnes pensent que la théorie de l'évolution a été proposée pour la première fois par Charles Darwin et qu'elle est fondée sur des preuves scientifiques, des observations et des expériences. Or, non seulement Darwin n'est pas son initiateur mais cette théorie ne repose sur aucune preuve scientifique. Car la théorie de l'évolution n'est qu'une adaptation à la nature de l'ancien dogme du matérialisme philosophique. Ceci dit, même si cette théorie n'est étayée par aucune découverte scientifique, il n'en demeure pas moins qu'elle bénéficie d'une croyance aveugle au nom de ce courant philosophique."

Le décor est planté, nous ne pouvons en aucune façon descendre du singe. Voilà un "ouf" de soulagement. En effet, même ceux qui ont une prédilection particulière pour les cacahuètes peuvent se rassurer, ce n'est pas héréditaire.

Pr ELY Mustapha

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Poésie de la douleur.