dimanche 20 avril 2008

Un gouvernement d’Union nationale : pour quoi faire?

Le mariage de la carpe et du lapin

On le distingue clairement depuis quelques semaines , l’idée de « gouvernement d’Union nationale» a repris du poil de la bête. Déclarations et appels du pied se succèdent pour accréditer l’idée suivant laquelle la constitution d’un gouvernement d’union nationale serait bénéfique pour le pays. Qu’est ce qui pousse à une telle solution et pourquoi cherche-t-on à la promouvoir ?

Il ne fait pas de doute que les rumeurs persistantes et auto-entretenues depuis des mois d’un remaniement gouvernemental sont à l’origine de la montée au créneau de certains tenors de partis pour revendiquer dans la foulée un gouvernement d’union nationale. Mais qu’est-ce que le peuple à y gagner ? Un gouvernement d’Union nationale est-il concevable eu égard aux nécessité de la bonne gestion des affaires de l’Etat? Serait-ce du simple opportunisme ou une lassitude de certains de l’opposition face à l’horizon 2012 ?
Toujours est-il que la « revendication d’un gouvernement d’Union nationale » cache bien des intérêts inavoués et ne saurait en tout cas servir d’argumentaire pour résoudre les problèmes de gouvernance.

I- Que ceux qui ont gagné gouvernent et que ceux qui ont perdu s’opposent..jusqu'en 2012 !

Dans la recherche de l’instauration d’un gouvernement d’union nationale, il y a des incohérences qui sont de véritables atteintes à la volonté du peuple, aux mécanismes démocratiques et à la dynamique qui doit gérer l’exercice et l’alternace au pouvoir.

1. Du point de vue des principes qui guident l’exercice du pouvoir

Il faut que l’opposition comprenne qu’elle a perdu les élections et que son rôle n’est pas de chercher à rejoindre le gouvernement mais à se comporter comme opposition. Autrement elle trahirait ceux qui ont voté pour elle et qui aujouird’hui veulent qu’elle joue son rôle d’opposition c’est-à-dire un contre-pouvoir et non pas se fondre dans le gouvernement. Le vœu de ceux qui ont donné leurs voix à l’opposition n’est pas de la voir siéger au gouvernement, adopter sa politqiue, entériner ses choix, exécuter ses directives, mais de jouer un rôle de contre-poids aux dérives de cette politique, aux errements de ses choix et à l’inadaptation de ses directives à travers à la conception que cette opposition se fait de la gestion de la cité.

C’est dans cette dialectique que le pouvoir doit s’exercer. Que ceux qui sont au pouvoir mettent en œuvre leur politique et que ceux qui sont dans l’opposition proposent, attirent l’attention sur les déviations, critiquent et font que les décisions soient discutées, reprises, améliorées, affinée s, ajustées, réfléchies, concertées et donc mieux encadrer les réalités et les besoins du pays dans les différents domaines.

L’opposition en Mauritanie représente 47 % de la population. Elle en tire une légitimité certaine pour agir sur le pouvoir, à travers la critique constructive, les propositions réfléchies dans l’intérêt du pays mais elle n’en tire pas constitutionnellement une légitimité pour siéger au gouvernement.

Que deviendrait la démocratie s’il n’y a pas cette dialectique entre majorité et opposition ?

C’est là ou la notion de « gouvernement d’unité nationale » est négative pour la démocratie.
La gestion saine de l’Etat est basée sur un jeu politique qui implique que les gouvernants gouvernent et que les opposants s’opposent. Les premiers trouvent dans l’opposition un frein à leurs excès, les second y trouvent le moyen de participer à la gestion de l’Etat.

Dans un gouvernement d’Union nationale, la présence de l’opposition remet en cause ce principe fondamental de la gestion de la chose publique. Et cela peut conduire à deux situations :

- soit l’opposition, dans le cadre de la nécessaire cohésion de la politique gouvernementale et de la solidarité de ses membres (qui est absolument nécessaire pour une gestion stable , cohérente, transparente et continue) , va se fondre dans ses objectifs et il n y aura donc plus d’opposition.

- soit l’opposition, va à travers ses représentants au gouvernement vouloir appliquer une politique divergente et cela va nécessairement entrer en conflit avec la politique générale du gouvernement édictée par le Président de la République et mise en éxecution par son premier Ministre...à travers ses ministres. Et dans ce cas aucun ministre de l’opposition ne se verra accepter d’être l’éxécutant d’une politqiue autre que celle définie pour le gouvernement. Pourra-t-il y subsituer les directives de son parti ou sa propre conception idéologique des choses ? Certainement que non. Car cela entrainerait très vite, soit son isolement, sa mise sous blackout et dans tous les cas la crise gouvernementale.
Or la Mauritanie a besoin d’un gouvernement fort, solidaire dans ses principes, et dans son action et non point de crises à l’italienne qui neutralisent la gestion publique , mettent à mal l’action gouvernementale et retardent le développement et les plans économiques et sociaux.

2. Du point de vue de l’efficacité de l’action gouvernementale.

Vouloir être dans le gouvernement c’est soit être membre de la majorité qui a élu le président de la République sur la base de son programme politique, soit être convié par le Président de la République à participer officiellement à l’éxecution de ce programme auquel on adhère. Or on le remarque bien, l’opposition n’a pas voté pour le Président de la République, donc fondamentalement, elle n’est pas son alliée, et l’oppsoition perdrait toute crédibilité si elle se mettait aujourd’hui à être l’exécutante de la politique de celui contre lequel elle s’est opposée. N’est-ce pas là un comportement incohérent qui s’il devait arriver réduirait à néant tout espoir de changement.

L’argumentaire selon lequel, l’entrée de l’opposition au gouvernement serait bénéfique puisqu’elle pousserait en avant les réformes ou qu’elle ferait mieux que ce que ferait un gouvernement homogème est absolument critiquable. Il serait juste de dire qu’il ya autant de gens médiocres que de gens compétents dans la majortité que dans l’opposition. Ce n’est pas une question d’union c’est une question d’opposition.

L’opposition ne serait pas un remède si elle prenait, en TOUT ou EN PARTIE, la place du gouvernement, l’opposition est un remède parce qu’elle EST une opposition. Son essence est dans son rôle institutionnel de « s’opposer » et de pousser vers un idéal politique par lequel elle modulerait l’action des pouvoirs publics. En perdant ce rôle, elle n’existe plus.

L’entrée de l’opposition au gouvernement ne peut être considérée comme une panacée, une solution aux difficultés de l’actuel gouvernement. Car cela signifierait simplement qu’un ministre de l’opposition serait plus apte à gérer son département qu’un ministre de l’actuel majorité. Ce qui n’est pas forcèment une vérité. Ce qui les différentiera c’est l’attachement de l’un au programme défini par le président de la République, pour le ministre de la majorité, et au programme défini par son parti pour l’autre. Est-ce la une différence essentielle eut égard au conflit qu’elle peut générer, aux incohérences et aux retards quelle peut engendrer? Certainement que non quand on pense au coût d’une telle situation pour la collectivité et pour la continuité des politqiues publiques.

II- Que ceux qui ont perdu s’opposent et que ceux qui ont gagné gouvernent jusqu’en 2012

Dans l’actuel revendication d’un gouvernement d’union nationale il y a une méconaissance des conditions dans lesquelles ce type de gouvernements est nécessaire et du rôle qu’il doit jouer dans les institutions de l’Etat. Et cela ne correspond ni au contexte partisan actuel en Mauritanie, ni aux éxigences de la gestion publique. D’autant plus, que son adoption dans certains pays n’a toujours pas été très heureuse.


1. Des conditions d’un gouvernement d’union nationale.

L’appel a un gouvernement d’union nationale intervient lorsqu’il deveint impossible de constituer un gouvernement homogène politiquement à la suite d’élections desquelles un majorité ne s’est pas dégagée. Dans ce cas le gouvernement se doit d’intégrer des sensibilités politiques différentes en fonction notamment de leurs poids électoral et de leur représentation au parlement. Les négociations ont alors pour but de fournir des sièges ministériels afin de réaliser un équilibre partisan permettant d’avoir un consensus sur la composition du gouvernement et donc d’enteriner son action future. Bien que les cas de figure et les déterminants du recours au gouvernement d’union nationale puissent être parfois divers (crise politique majeure, contestations élctorales,etc), il n’en reste pas moins que deux conditions président et conditionnent le recours impératif au gouvernement d’union nationale :

- L’impossibilité de constituer le gouvernement par absence de majorité

- La liberté du chef de l’exécutif , lorsqu’il détient une confortable majorité de faire appel à des membres d’autres formations politiques d’affinités proches.

En somme, c'est le détenteur du pouvoir qui décide de recourir au gouvernement d'union nationale. Ce n'est pas l'opposition qui revendique l'Union nationale. C'est paradoxalement le cas en Mauritanie. Où c'est l'opposition qui propose..d'entrer au gouvernement! N'offrant ni l'un des profils spécifiés ni justifiant cette nécessité autrement que par un argumentaire unioniste dont les tenants et les aboutissants sont peu convainquants.
Toutefois, le gouvernement d’union nationale , quelle que soit sa nécessité est toujours sujet à critique tant en ce qui concerne sa stabilité et son efficacité.

Ainsi l'on a pu observer que « cette idée (de gouvernement d’union nationale), si séduisante sur le papier, est une idiotie dans la pratique. Sur un programme, on peut prendre des idées de partout, elles ne sont ni de droite ni de gauche. Par contre, les personnes sont marquées politiquement, elles ont une culture, une origine, un parcours qui s'est fait dans un camp. Les combats communs, les valeurs partagées créent des liens qu'on ne peut pas ignorer. Les transfuges sont rares et souvent mal vus des deux camps. On est mâle ou femelle et si les androgynes existent, ils sont rares. En politique, c'est la même chose. Quand on constitue une équipe, c'est pour gouverner, pour mettre en place un programme, pour agir. Il faut donc que l'équipe soit cohérente, entre personnes qui se comprennent, qui partagent une culture politique commune. Composer un gouvernement d'Union nationale, c'est constituer un attelage baroque, marier la carpe et le lapin. Pour l'efficacité, on peut repasser.

Cela est déjà arrivé en France, en période de crise ou sous la Quatrième République. Cela arrive aussi à l'étranger, avec l'exemple de l'Allemagne, mais aussi de l'Autriche. A chaque fois, les résultats sont mauvais, sur l'action concrète, le bilan de ces gouvernements étant souvent maigre, mais aussi sur l'évolution de la vie politique du pays. Pour qu'un système politique fonctionne sainement, il faut une majorité et une opposition, avec chacune un rôle bien déterminé à jouer. La majorité gouverne, l'opposition surveille, guette les failles et les exploite, obligeant ainsi la majorité à rester vigilante et soudée. Elle n'en fait que mieux son travail. Un gouvernement d'union nationale, c'est un grand producteur d'eau tiède. Une grande coalition de partis habituellement opposés et idéologiaquement divergents ne peut se mettre d'accord que sur les plus petits dénominateurs communs, souvent après d'âpres négociations qui donnent un "contrat de législature" figé qui ne donne finalement satisfaction à personne. En cas d'échec ou de bilan mitigé, ce sont les deux camps qui se trouvent discrédités, ce qui fait le lit des extrêmes. En Autriche, ce sont des années de grandes coalitions Droite-Gauche qui ont permis l'émergence de Haider. En France, l'exemple de la quatrième République est éloquent sur les deux tableaux. »[1]

2. Des conditions d’une opposition crédible

L’opposition doit renoncer à rechercher un gouvernement d’unité nationale, mais être plus efficace en cherchant à jouer son rôle de contre-pouvoir et de structure éducative d’exercice de la démocratie. Elle participera beaucoup mieux à influencer le jeu politique et atteindre ses objectifs.

Laisser le Président de la République libre de ses faits et gestes. De nommer sur la base de ses engagements préélectoraux et sur ses choix personnels en tant qu’indépendant les personnes qu’il juge les plus adaptées à ses promesses politiques. Notamment les dossiers du retour des refugiés, la résolution des différents contentieux nationaux, l’amélioration du niveau de vie etc.
Il faut laisser le gouvernement gouverner, sans l’entraver, sans interférences et lui donner le temps de gérer ses dossiers. Et cela en tant que gouvernement d’une majorité. Et que l’opposition ne cherche ni à l’intégrer ni à le neutraliser. Mais à s’opposer au sens politique noble du terme. Et cela pour aider à ajuster toutes les décisions prises sur ces dossiers brûlants et pour qu’ils aboutissent.

L’opposition a besoin de liberté, elle a besoin de n’être liée que par des principes qu’elle défend. Elle doit être présente dans le peuple et avec lui . Défendant pied-à-pied et au jour le jour ses intérêts. Haranguant les foules quand il le faut , appelant à la résistance quand c’est nécessaire. Bref une opposition qui s’oppose. ( Situation à laquelle nous avons déjà consacré deux réfléxion dont voici les liens : http://haut-et-fort.blogspot.com/2007/10/le-poison-de-lopposition.html et http://haut-et-fort.blogspot.com/2007/09/lopposition-mise-en-cage.html )

Or déjà en entrant dans le jeu de l’institutionnalisation et de la « fonctionnarisation du leadership , l’opposition a été prise au piège. Elle est devenue une partie du système auquel elle est sensée s’opposer. L’ultime phase serait de la stériliser dans un gouvernement d’union nationale.

Le pays a besoin dans les circonstances difficiles actuelles d’un gouvernement solidaire et déterminé qui gouverne. Et non d’un gouvernement d’union nationale impraticable et contraire au jeu de la démocratie.

Le pays a besoin d’une opposition qui se démarque de ce gouvernement et qui joue son rôle politique de régulation et de proposition sans lesquels le gouvernement peut aller à la dérive.
Un gouvernement d’union nationale, s’il doit mener à quelque chose c’est bien à l’enlisement et à la neutralisation du processus démocratique.

Or le peuple démuni attend toujours des décisions cruciales et non pas à des stratégies unionistes du « bouge de là que je prenne ta place ».
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Que le gouvernement gouverne.

Que l’ opposition s’oppose.

Que chacun remplit son devoir. Ainsi va la démocratie. Et va l’alternance.

De la Mauritanie et de ses enfants

Graines de violence

Il n’est de société que sociale et d’avenir que d’enfants sains de corps et d’esprit. De ce constat, une idée jaillit: un pays qui n’investit pas dans l’enfance est condamné aux vicissitudes futures de l’incivisme et de la violence.

"Depuis les années 1980, les déséquilibres macroéconomiques et la quasi-absence de progrès social constituent une caractéristique commune à maints pays africains, confrontés à une profonde crise économique et sociale, sans précédent .
La Mauritanie n’a pas échappé à ce contexte, malgré la mise en œuvre, dès le début des années 1980, de programmes de réformes structurelles, et l’adoption en 1994 d’une stratégie de lutte contre la pauvreté.
Dans ce pays, influencé par un environnement interne peu favorable, les vicissitudes du contexte international et l’incertitude des politiques internes, au milieu de la décennie 1990, de nombreux ménages ou individus sont dans l’incapacité d’obtenir ou de perpétuer un niveau de bien-être correspondant à un minimum acceptable par les normes de la société."[1] Les enfants en furent les premières victimes, leurs géniteurs les principaux responsables.
L’Etat n’arrivant pas à juguler ni du point de vu normatif ni sur le plan social la dérive de comportements que perpétue, dans l’indifférence générale, une société mal en point. Une société dans laquelle la cellule familiale, pierre angulaire du développement, est en perpétuel éclatement.

Les causes de ce relâchement de la cellule familiale sont dues en grande partie à l’insouciance des géniteurs qui ne se préoccupent pas du lendemain de leur progéniture. Leur attitude est confortée par le fait que :

- Les lois civiles, relatives au statut personnel, ne font pas le poids avec des pratiques sociales qui ne stigmatisent pas la séparation des couples et le divorce. Ce dernier est d’ailleurs institué en « sport national ».

- La famille éclatée sait que ses enfants trouveront refuge chez les parents de l’un ou l’autre des membres du couple,

- Aucun mécanisme juridique ou social ne dissuade les divorces pour « convenances personnelles ». A telle enseigne d’ailleurs que cela s’est érigé en pratiques éhontées.

Qui souffre le plus de cette situation ? Les enfants.

Abandonnés à des grands parents ou à des cousins qui ne peuvent parfaire leur éducation ou tout simplement laissés à leur compte dans la rue, les enfants souffrent et cela la société risque fort de le payer un jour où l’autre. Et elle a commencé.

Le développement de la criminalité et l’essor du banditisme trouvent leur terroir dans ces enfants qui grandissent hors de la cellule familiale.

Enfants qui n’ont pas reçu cette tendresse parentale qui modèle, en leur subconscient, leurs instincts humains.
Enfants auxquels on n’a pas inculqué les principes majeurs qui les préparent à devenir des parents modèles et des citoyens chérissant leur pays.
C’est dans la solidarité du couple et dans le regard d’un père ou d’une mère que l’enfant perçoit son identité et acquiert sa personnalité. C’est dans la cellule familiale que l’enfant se crée, se développe, se forme et devient une part entière de la société. Un citoyen.

La facilité du divorce en Mauritanie est sans doute pour une grande part imputable à la mentalité du couple et de son environnement familial, mais il reste que cet état de fait est aggravé par des facteurs importants. Si ces facteurs trouvent un jour solution, cela contribuera à diminuer ce fléau social qu’est le divorce. Outre les difficultés matérielles et financières du couple, ces facteurs s’analysent en l’absence :

- d’assistance institutionnelle aux couples en difficultés ;

- d’une politique du revenu et de l’épargne chez le couple ;

- d’organismes d’assistance à l’enfance viables et organisés ;

- de juridictions spécialisées dans les problèmes de la famille et de l’enfant.

On comprend alors le rôle éminent que l’Etat, lui aussi jusque là démissionnaire, se doit de jouer pour que enfants et parents mauritaniens se retrouvent. Et pour que la société en bénéficie. Sans qu'elle puisse servir de terroir propice où germent les graines de la violence: l'enfance désespérée et la jeunesse abandonnée.
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Pr ELY Mustapha

[1] Lachaud J-P "La pauvreté en Mauritanie : une approche multidimensionnelle". Centre d’économie du développement. Université Montesquieu-Bordeaux IV - France. Voir aussi les multiples rapports des institutions internationales sur le développement humain en Mauritanie.

samedi 19 avril 2008

De la citoyenneté et de l’Etat

Homo sapiens sapiens

Trop vite citoyen d’un pays aux frontières tracées, à la hâte, en équerre.
Le système étatique s’installa et précéda la prise de conscience de la citoyenneté. Celle d’hommes enchaînés encore à leur tribalisme et à leur régionalisme. Concepts plus palpables, plus proches, plus utiles, et plus compréhensibles pour eux qu’une entité aussi diffuse que l’Etat.

L’existence même de l’Etat en souffre. Son acceptation par le citoyen l’est encore plus. L’allégeance à l’Etat est un concept qui ne fait l’objet d’aucun consensus. Autrefois nomade, libre et sans contrainte de temps et d’espace, le mauritanien a gardé dans son mental cette liberté qui fait qu’il ne croit pas en l’Etat. Il le tolère.

Quarante-huit ans après l’indépendance, le Mauritanien n’est pas plus citoyen qu’il ne l’était en 1960. Il est devenu citadin, mais pas citoyen. Un être des villes, un individu, contraint à leur mode de vie. Nullement un être partie prenante au devenir d’une nation qu’il entend préserver et améliorer pour les générations futures.

La différence entre individu et citoyen est de taille.

En effet, être "citoyen" signifie que l’on fait partie d’un corps politique, d’un État, qu’on a dans cette collectivité nationale, des droits, des obligations, et donc des responsabilités.

Au contraire être un « individu » n’implique rien d’autre qu’une appartenance à une espèce biologique: l’homo sapiens sapiens.

Le citoyen est celui qui apporte par son action quotidienne une pierre à l’édifice de la maison « nation ». Car dans son droit, elle sera son refuge. La citoyenneté est un acte d’allégeance qui signifie, depuis Aristote, d'avoir pour sa cité (aujourd’hui l’Etat) un attachement tel que le citoyen exposera sa vie pour la défendre et défendre par la même ses institutions.

La citoyenneté est antinomique de tout ce qui porterait atteinte aux biens publics et privés. Tels que le vol et la corruption.

En Mauritanie, et jusque dans certains salons, on se vante de sa propre malversation et de sa corruption. La corruption est au coin de la rue. Tout le monde se fait rançonner. Du taximan, par le policier, aux administrés, par les fonctionnaires.

Les grands marchés publics sentent le souffre et les dessous de table, le moindre service administratif ou économique est monnayé par des individus (non des citoyens) sans scrupules.
L’Etat semble impuissant et de cette impuissance les individus en tirent une source d’irrespect pour ses agents et ceux qui le représentent.

Ce n’est pas la carte d’identité infalsifiable qui fera un citoyen infalsifiable.
Ce n’est pas le recensement patronymique qui fera des individus des citoyens reconnus.
C’est bien plus que tout cela. C’est l’image que l’Etat renvoie à l’individu qui le décidera à devenir ou non citoyen.
Aussi paradoxal que cela puisse paraître, la citoyenneté ne se décrète pas. Elle est une conviction, une attitude. Le reflet d’un environnement sociopolitique, institutionnel et partisan respectable.

L’image que l'Etat, durant ces longues années, a renvoyé l’individu mauritanien est éminemment négative.
Tout Etat n’a, en effet, que les « citoyens » qu’il mérite.

Réhabiliter l’Etat aux yeux du citoyen est la première des priorités de toute action politique nationale.
Purger les rouages de l’Etat de la corruption, du népotisme et de la malversation. Assainir les finances publiques.
Revoir la stratégie sociale et culturelle d’intégration des individus dans le giron de la nation. Communiquer et informer. Ouvrir les forums, les discussions, et permettre l’interpellation populaire des responsables.
Accepter le dialogue et le compromis. En somme, inviter les individus sous un arbre à palabre national et permanent.
En résumé, mettre l’Etat au service du citoyen est une condition d’acquisition de son allégeance. Et de réduction de sa résistance et de sa violence. Car c'est dans l'absence de conscience de sa citoyenneté que l'on sombre dans la violence à l'égard de la chose publique.

Mais qui, de ceux qui ont tenu un jour en Mauritanie les rênes du pouvoir, a accepté de jouer le jeu d’une démocratie condition sine qua non d’émulation positive de la citoyenneté ?

La réponse est simple : aucun. Pourquoi ? Parce que même au pouvoir ont doit être (et rester) citoyen. Or, le pouvoir en Mauritanie reste encore une affaire d’individu(s). Homo sapiens sapiens.
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Pr ELY Mustapha

jeudi 17 avril 2008

De l’Islam, de la politique et de l'Etat.


Vérités et contrevérités
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Il est des vérités qui vont à l’encontre des idées reçues.Il en est une qui dérange: l’islam est bien un mode de gouvernance.
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Les préceptes islamiques gèrent la vie de la cité et le Coran, les hadiths, la doctrine et la jurisprudence musulmanes développent bien une assise fondamentale de la gestion politique des affaires de l’Etat, de la société et du citoyen.
Il est absolument faux de dire que la religion se limite à un rapport limité et personnel entre le croyant et son Dieu. Elle développe aussi tout un environnement de rapports entre tous les croyants, jusque dans la gestion des affaires de leur cité.
Dire que l’Islam n’est pas adapté à la gestion des affaires de l’Etat, dire qu’il est destiné à gérer exclusivement des rapports métaphysiques et spirituels, est une contrevérité.

Toute l’histoire du politique en terre d’islam depuis le prophète Mohamed, que la paix soit sur lui, jusqu’au dernier Calife montre bien que l’islam a été aussi bien la charte des conquérants que la constitution des gouvernants. Toute l’expansion de la civilisation arabo-musulmane s’est faite sur cette base.

L’argumentaire du genre « l’Islam est incompatible avec la gestion de l’Etat et des affaires publiques », est absolument contraire a ce que fut l’Islam et sa formidable capacité à développer ses préceptes et ses méthodes pour embrasser tous les aspects sociaux économiques et politiques de l’Etat.

Pour ne prendre qu’un exemple , mais Ô combien édifiant, peut-on nier que le Calife Omar Ibn El Khattab, que la paix soit sur lui, ne fut pas un grand homme d’Etat, qui fit des principes de l’Islam une doctrine d’Etat et de l’Islam la source principale de l’acte politique ? Source qu’il a su si bien adapter au temps et aux circonstances. Développant par la même la Justice, le droit et l’Etat.

Pourquoi tend-t-on aujourd’hui à court-circuiter la nature politique de l’islam et à le confiner dans une sphère domestique d’un rapport purement spirituel entre l’homme et Dieu et jamais entre l’homme et ceux qui le gouvernent ?

Les raisons en sont multiples et permettent de comprendre pourquoi l’islam en particulier, et les religions en général, sont écartés du politique et ne peuvent valoir idéologiquement.

Parmi ces raisons il y’en eût une qui prit son essor avec la laïcité de l’Etat. La fameuse séparation de l’Etat et de l’Eglise qui, en Europe, marqua un tournant historique majeur dans la gestion des affaires publiques.

Dans sa définition généralement admise, "la laïcité désigne le principe de séparation dans l'État de la société civile et de la société religieuse, ainsi que le caractère des institutions qui respectent ce principe."(Wikipédia)
"Selon ce principe, la croyance religieuse relève de l'intimité de l'individu. Les convictions religieuses (ou l'absence de conviction) de chacun, qu'il faut peut-être distinguer des options spirituelles ou métaphysiques théistes plus ou moins indépendantes des religions, sont alors volontairement ignorées par l'administration."

Mais fait important : la Mauritanie n’est pas un pays constitutionnellement laïque (tels que la France ou le Portugal) c’est un pays où « l’islam est la religion de l’Etat ».

En effet le préambule de la constitution mauritanienne du 20 Juillet 1991 déclare la confiance du peuple en la toute puissance d’Allah et « fort de ses valeurs spirituelles et du rayonnement de sa civilisation, il proclame en outre, solennellement, son attachement à l'Islam (..) »

L’article 5 déclare que « l'Islam est la religion du peuple et de l'État. » et le président de la république est forcément de religion musulmane (article 23)

On comprend bien que l’Islam est la religion du peuple, une collection d’êtres, mais que signifie « l’Islam est la religion de l’Etat » ?

Une entité abstraite, personne morale peut-elle revendiquer une religion ?

Si l’on s’en tient à une définition synthétique de la religion, la notion de « religion de l’Etat » n’a aucun sens.
La religion est un ensemble de croyances et de dogmes définissant le rapport de l'humain avec le sacré.

Ainsi le sens de « religion de l’Etat » n’a de signification que dans la mesure où l’Etat se présente en protecteur du culte musulman, des lieux de culte et s’inspire de l’Islam dans son action et dans les textes juridiques régissant son fonctionnement et la répartition des pouvoirs en son sein (Constitution). L’Islam est aussi la source de son arsenal juridique socio-économique.

Dans cette perspective, la Démocratie y perd beaucoup de son intérêt.

D’abord, un Etat qui affiche une obédience religieuse, islamique ou autre, réalise une chose et son contraire :

- il balaie tout courant politique qui prend appuie sur la religion islamique ou qui en fait son programme. En effet « l’Islam étant la religion de l’Etat », aucune force ne peut entrer concurrence ni faire valoir ce principe constitutionnel autre que l’Etat lui-même. Donc exit tout parti islamique.

- Mais curieusement aussi, il condamne implicitement tout courant politique qui n’accepte pas à priori de gouverner selon les préceptes islamiques ou de s’en inspirer. Exit donc, les partis marxistes, communistes et autres forces ouvrières. Exit les partis libéraux et néolibéraux à aile capitalistique occidentale etc. etc.

L’Etat mauritanien n’étant ni laïc, ni théocratique, il se gère entre deux eaux. Il n’arrive pas affirmer sa laïcité ni à confirmer sa théocratie.
Toute la gestion de l’Etat jusque dans l’octroi des autorisations d’exercice des partis politiques s’en fait ressentir. Il ne s’agit donc nullement d’interdire des partis sur la base de leur obédience religieuse, puisque rien dans la constitution ne le permet mais sur la base de « l’air du temps » (extrémisme, fondamentalisme etc.) Or l’Islam n’est ni par définition ni par essence extrémisme ou fondamentalisme. Il est ce qu’en font les hommes. Et cela vaut pour toutes les religions (extrémistes chrétiens, extrémistes juifs etc.) et toutes les idéologies du monde (extrémistes de gauche, extrémistes de droite). Tout est question de modération.

En Mauritanie, le critère religieux n’est pas exclusif de la lutte partisane et la constitution n’exclut pas ce critère puisque la condition fondamentale pour les partis politiques est « de respecter les principes démocratiques et de ne pas porter atteinte par leur objet ou par leur action à la souveraineté nationale, à l'intégrité territoriale à l'unité de la Nation et de la République » (article 11).

A ce titre le cadre partisan en Mauritanie, se doit d’être repensé non à la lumière de ce que la pensée unique (occidentale ou orientale) voudrait qu’il devienne mais à celle des réalités du pays et du choix de ses populations.

C’est à ce prix qu’une démocratie mauritanienne véritable verra le jour.
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Pr ELY Mustapha

mercredi 16 avril 2008

Oualata: le secret de la Mauritanie heureuse

La dédicace de l'auteur

J'ai toujours vu dans le verbe «écrire», un cri et un rire. Une souffrance et une joie. Un martyre et une libération. Un mot qui réunit les deux termes de la passion. Le cri qui met au monde et le rire de la délivrance. C'est un verbe-thérapie conjugué le temps d'un malaise pour libérer l'esprit.
En Science fiction, écrire est la thérapie d'un imaginaire que l'on voudrait qu'il soit ou qu'il ne soit pas. Avec ses souffrances et ses joies. Et quand l'imaginaire est un prétexte pour saisir un réel critique, alors écrire devient la thérapie d'un devoir que l'on peine à accomplir. Celui de livrer au monde dans les formes de l'écrit ce qui ne peut s'exprimer autrement dans le champ du réel. C'est ainsi que j'écrivis ce roman avec la conviction que j'allais à une thérapie qui ne vaudrait pas seulement pour moi mais aussi pour tous ceux d'un pays traumatisé, et au-delà, qui me liront.
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«Oualata, le secret d'une Mauritanie heureuse», est un écrit, cri de détresse conjugué au temps du rire. Un roman-voyage qui traverse le triste réel d'une nation souffrante en lui appliquant le baume d'un imaginaire heureux.
Moi, dans tout cela, je ne suis rien qu'un romancier qui traverse un champ fertile de cultures croisées en semant derrière lui quelques graines d'écrire, cet arbre de souffrance et de joie.Quant à vous lecteurs, prenant entre vos mains ce roman où se mêlent la fiction, la politique et la satire, vous comprendrez que le secret qu'il renferme est aussi une dédicace à tous ceux qui le liront. Medely

La présentation de l'éditeur
OUALATA Le Secret de la Mauritanie Heureuse
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Aux confins de l'actuelle Mauritanie, la belle et antique cité de Oualata, au fort tristement célèbre, est le champ d'une incroyable aventure. Un voyage dans le temps nous fait traverser les époques qui jalonnèrent l'édification d'une nation heureuse.
La fiction, dans cette oeuvre, se fait continuellement satire de la mauvaise gouvernance, du racisme et de l'état de la Mauritanie à la triste époque du "Podocène". Sur le même ton, l'auteur nous propulse, dans sa formidable voiture, non sans ironiser sur les avatars d'une technologie très avancée, à travers une Mauritanie Heureuse, harmonieusement pluriethnique.Au-delà de la fiction se dessinent des constats et un idéal politique de "citoyen d'un pays heureux".
Le récit, dense et désopilant, tient le lecteur en haleine et lui donne envie de relire certaines pages pour réfléchir aux grandes questions abordées, auxquelles la satire confère une puissante visibilité.
Nul doute que les fondateurs de Oualata ont, comme ils le font à travers les fresques des femmes sur les maisons, inspiré à l'auteur ces messages de sagesse, d'harmonie et d'amour qu'il nous lègue dans un sourire malicieux. (http://www.passiondulivre.com/livre-42562-oualata-le-secret-de-la-mauritanie-heureuse.htm)

Roman disponible:

- Editions Cultures Croisées:
1, av.Maurice de Vlaminck -P.64 77680 roissy-en-Brie. Paris France. http://www.ed-cultures-croisees.org/

- Amazone:
http://www.amazon.fr/Oualata-Secret-Mauritanie-Heureuse-Medely/dp/2913059309

- FNAC:
http://livre.fnac.com/a2050910/Medely-Oualata-le-secret-de-la-Mauritanie-heureuse?Mn=-1&Ra=-1&To=0&Nu=1&Fr=0

- Sud Planete:
http://www.sudplanete.net/Litterature.php?menu=livre&no=7360

- Alapage:
http://www.alapage.com/-/Fiche/Livres/9782913059306/oualata-le-secret-de-la-mauritanie-heureuse-medely.htm?fulltext=Oualata&id=311931208378367&donnee_appel=ALAPAGE

-ClicAndDeal:
http://www.clicanddeal.com/store/Product.aspx?productID=674f2f5c-100b-4f18-8b2d-5da9a5103c4b

Les lectures du blog

Un monde sans l'Islam

Dans le dernier numéro de "Foreign Policy" (Janvier-Fevrier 2008) un article fort intéressant de Graham Fuller "Un monde Sans l'Islam". Le monde aurait-il été meilleur si l'Islam n'avait jamais existé?

"(...) some values are easily misunderstood. That is the case for Islam today. Too many people believe that Islam is the cause of much of the world’s suffering. For them, the thinking goes, a world without Islam would have no holy wars, no terrorists, no clash of civilizations. In this issue’s cover story, Graham Fuller exposes how bankrupt these beliefs are, convincingly arguing that even if you remove Islam from the history books, the world would still end up where it is today.
The values we hold dearest are often the ones we are taught. "Extrait de l'édito de Foreign Policy"
.
Voici, pour respecter le copyright, un extrait de l'article:

"But the question remains, if Islam didn’t exist, would the world be more peaceful? In the face of these tensions between East and West, Islam unquestionably adds yet one more emotive element, one more layer of complications to finding solutions. Islam is not the cause of such problems. It may seem sophisticated to seek out passages in the Koran that seem to explain "why they hate us." But that blindly misses the nature of the phenomenon. How comfortable to identify Islam as the source of "the problem"; it’s certainly much easier than exploring the impact of the massive global footprint of the world’s sole superpower.

A world without Islam would still see most of the enduring bloody rivalries whose wars and tribulations dominate the geopolitical landscape. If it were not religion, all of these groups would have found some other banner under which to express nationalism and a quest for independence. Sure, history would not have followed the exact same path as it has. But, at rock bottom, conflict between East andWest remains all about the grand historical and geopolitical issues of human history: ethnicity, nationalism, ambition, greed, resources, local leaders, turf, financial gain, power, interventions, and hatred of outsiders, invaders, and imperialists. Faced with timeless issues like these, how could the power of religion not be invoked?
Remember too, that virtually every one of the principle horrors of the 20th century came almost
exclusively from strictly secular regimes: Leopold II of Belgium in the Congo, Hitler, Mussolini, Lenin and Stalin, Mao, and Pol Pot. It was Europeans who visited their "world wars" twice upon the rest of the world—two devastating global conflicts with no remote parallels in Islamic history.
Some today might wish for a "world without Islam" in which these problems presumably had never come to be.
But, in truth, the conflicts, rivalries, and crises of such a world might not look so vastly different than the ones we know today."
-------------------------------------------------------------------------------
En définitive, un monde sans l'Islam serait toujours un monde de violence.
La seule chose que nous ajouterons à cet auteur est que le monde sans Islam est un monde qui persévèrera certainement dans la violence mais ce que l'Islam apporte au monde ce n'est pas la violence mais la paix. Complétons alors le titre: "Un monde sans l'Islam...a-t-il une chance de paix?"
-
Pr ELY Mustapha
Ps: Les "gras " dans le texte sont de nous.

dimanche 13 avril 2008

Conférences sur la radio AMN

La radio AMN inaugure ses cycles de conférences

Aujourd'hui (dimanche 13 avril 2008 et jusqu'à minuit GMT) vous pouvez écouter sur la radio
les conférences suivantes:

- Penser l’islam aujourd’hui - Abdelmajid Charfi

- Femmes et droit en Islam - Sana Ben Achour

- Islam et argent - Moncef Cheikh-Rouhou

- Islam de France, Islam en France - Bernard Godard

- L'islam en Europe - Moussa Khedimellah

Pour écouter ces conférences accédez à la radio à gauche de l'écran.

Pr ELY Mustapha

10 000 !

10 000 visites sur "haut et fort!"


Dimanche 13 avril 2008, le blog a atteint les 10 000 visites. Bonne lecture.
Toujours ensemble, pour le meilleur.... en évitant le pire.

Pr ELY Mustapha


Mais 10 000, qu'est-ce que cela signifie pour nous?
Une myriade de visiteurs amis.
Pour ce blog, poussière de poussière de l'infini?
Rien.
Pour l'Humanité?
L'infini.


Pour la Mauritanie:


10 000 infectés.
Le nombre de cas cumulés estimé de VIH/SIDA En 2001 ! Et le taux de prévalence chez les femmes enceinte de + 0,57 %. (OMS-2008 )

10 000 tonnes. La production de riz, soit environ 15% de la consommation nationale (FIDA)

10 000 hectares. La superficie de déforestation annuelle (Trainforests 2008)

10 000 habitants/1 médecin.

10 000 orphelins ( moins de 17 ans) du fait de la perte de leurs parents du fait du Sida en 2005 (UNAIDS-2006)



Pour le savoir:

10 000 (dix-mille) est l'entier naturel qui suit 9 999 (neuf mille neuf cent quatre-vingt-dix-neuf) et qui précède 10 001 (dix mille un).
Les textes de grec ancien utilisent le mot "myriade" pour 10 000, souvent dans un sens figuré pour signifier un grand nombre indéfini.


"En notation scientifique, il est écrit sous la forme 10 (puissance) 4 ;
Il est aussi écrit 1 E4 ;
Le carré de 100 ;
La racine carrée de 100 000 000 ;
Un myriagone est un polygone à 10 000 cotés ;
10 km, 10 000 m, ou 1 E4 m est égal à :
6,2 miles ;
Le coté d'un carré d'aire de 100 km² ;
Le rayon d'un cercle d'aire de 314,16 km².



Le grec classique utilisait les lettres de l'alphabet grec pour représenter les chiffres grecs : il utilisait la lettre capitale mu (M) pour représenter 10 000, dont le nom en grec est myriade ;
1040 000 = 10 00010 000 : la valeur d'une myriade à la puissance de lui-même, écrit (par le système d'Apollonius de Perga) comme un petit M directement au-dessus d'un M plus grand.
En unités scientifiques :
10 000 mètres carrés est un hectare.

En zoologie, il existe approximativement 10 000 espèces d'oiseaux.
-
En histoire :

L'armée des 10 000 troupes des soixante jours, 1862-1863. Guerre de Sécession ;
L'armée des dix mille était un groupe de mercenaires dans la Grèce antique qui marcha contre le roi de Perse Artaxerxès II ;
La déesse peut apparaître comme la "Dame aux dix mille noms", comme l'était Isis qui était appelée Isis aux dix mille noms ;
Le massacre de Katyn - "les 10000 perdus" par Louis FitzGibbon du Journal of Historical Review - le meurtre des prisonniers de guerre et des officiers polonais par les soviétiques en 1940 ;
Les dix mille martyrs, de L'encyclopédie catholique ;
Les immortels perses, aussi appelés les Dix mille ou les 10000 immortels, nommés ainsi parce que leur nombre de 10 000 était immédiatement rétabli après chaque perte ;
La guerre des 10000 jours : Vietnam par Michael MacLear ISBN 0-312-79094-5 aussi intitulé La guerre des dix mille jours : Vietnam, 1945-1975 (10000 jours équivaut à 27,4 ans) ;
La tombe des dix mille soldats - défaite de l'armée de la dynastie Tang de Chine dans le royaume de Nanzhao en 751.



Dans les langues :

La phrase en langue chinoise, en langue japonaise et en langue coréenne "vie pour dix mille ans" était utilisée pour bénir les empereurs en Asie orientale ;
Une myriade est un nom en grec classique et en anglais pour le nombre 104 = 10000 ou un groupe de 10000 personnes, etc. En hébreu, en chinois, en japonais et en coréen, il existe des mots avec le même sens classique.

En littérature :

Man'yōshū (万葉集), « Collection des dix mille feuilles ») est la collection existante la plus ancienne et la plus révérée de poésie japonaise.

Dans la culture:
Le musée des 10000 choses merveilleuses est à Londres ;

En philosophie:
Lao Zi a écrit à propos des "dix mille choses" dans le Tao Te King. Dans le bouddhisme Zen, les "10000 choses" est un terme signifiant l'ensemble de la réalité phénoménale. " (source: http://fr.wikipedia.org/wiki/10000_(nombre)

Tout ceci pour vous dire qu'à 10 000 on meurt très rarement idiot.

Pr ELY Mustapha

vendredi 11 avril 2008

Les perles de la République

La bonne direction....

Le terrorisme de la vendeuse de couscous


La palme d’or de la République revient cette semaine à Yahya Ould Ahmed El Waghef, le Ministre Secrétaire Général de la Présidence de la République, au cours d’une rencontre le 11 mars 2008 avec les acteurs de la presse dans le cadre d’une série de réunions de concertation avec les partis politiques, les organisations de la Société Civile et les organes d’information a déclaré :


"La fuite de prisonniers ne peut en aucun cas constituer une menace pour la sûreté qui est aussi primordiale que tout autre objectif du pouvoir"


Bon, puisque la sureté de l’Etat n’est pas menacée par les prisonniers qui s’évadent, alors pourquoi les recherche-t-on alors ? A moins que l’on se soit habitué au sommet de l’Etat à jouer à cache-cache.

De toute façon on le sait. Ce qui menace la sûreté de l’Etat c’est la vendeuse de couscous au coin de la rue.



Perdu au scrabble militaire

La palme d’argent revient à Ahmed Daddah, dans une interview au journal « El Emel El Jedid » (Le Nouvel Espoir), qui, à la question de savoir si les autorités de la transition étaient reconnaissantes ou même seulement conscientes de son rôle, Ould Daddah précise:


«nous avons œuvré en sa faveur et nous l’avons laissé nous exploiter, parce que chaque partie tirait profit de la stabilisation du coup d’Etat».


Chaque partie ? En effet. Et Ahmed Daddah en faisant partie. Une grosse partie. Comme quoi on ne se rend compte de son importance dans un scrabble où on a jamais les consonnes (CMSN, CMJD..) que lorsqu’on a perdu.



Sidi Dzedong…ou presque


La palme de bronze, revient quant à elle incontestablement à Sidi Ould Cheikh Abdallahi, qui dans son discours à la nation déclare :

« Je voudrais aussi rappeler à nos citoyens aisés l'impératif de faire preuve de générosité, de sens de la solidarité, et de renoncer à faire concurrence aux populations cibles de ce programme (…) Allah nous a comblés d'un sol prodigue, de ressources hydriques, de bras travailleurs et d'esprits entreprenants. Ce sont-là des atouts qu'il est inadmissible de ne pas exploiter et aussi un bienfait qu'il n'est pas permis de dilapider. Aussi, je vous convie tous, hommes et femmes, jeunes et vieux, investisseurs, agriculteurs et consommateurs, à mener une campagne nationale en vue de produire le plus possible pour nourrir notre peuple, pour que nous ne demeurions pas tributaires des fluctuations des prix du marché international pour notre pain quotidien, et pour que nous puissions avancer à grands pas vers la sécurité alimentaire».


« Hommes, femme, jeunes et vieux, investisseurs, agriculteurs et consommateurs… » « campagne nationale », « produire le plus possible », « nourrir notre peuple », « indépendance alimentaire », « avancer à grand pas » ...


Monsieur, le président est probablement au courant de beaucoup de choses. Une seule chose semble lui échapper. Le peuple mauritanien, n’est pas le peuple chinois. Ni en nombre ni en discipline.


Faisant du maoïsme sans le savoir, Sidi pourrait pour quelques jours s’aider du livre rouge pour rendre effectif son discours à la Nation. Pour s’inspirer, voilà un passage du livre rouge de Mao Zedong :


« Chez beaucoup de nos cadres se développent des tendances dangereuses, qui se manifestent par leur répugnance à partager avec les masses les joies et les peines et par leur souci de renom et de profits personnels.

C'est très mauvais.

Au cours du mouvement pour l'accroissement de la production et la réalisation d'économies, nous devons simplifier nos organismes et transférer des cadres aux échelons inférieurs, pour qu'un grand nombre de nos cadres retournent à la production; c'est l'une des méthodes pour surmonter ces dangereuses tendances." (Mao Zedong.De la juste solution des contradictions au sein du peuple» (27 février I957).)


L’application de cette pensée résoudrait bien le problème alimentaire et le problème de nos fonctionnaires, qui sont à l’origine de nos problèmes alimentaires…...


Un Sidi Zedong pour un bout de temps, une sécurité alimentaire pour longtemps.


Pr ELY Mustapha

Une société mauritanienne traumatisée

Les seigneurs de la guerre

J'ai écrit l'article qui suit le 21 juin 2006 et il fut publié sur Cridem. Je le reprends ici car en vérité tout cela n'était-il pas prévisible et dans l'air du temps? (je n' y ai pas changé la moindre virgule, car rien n'a changé.)


Que s'est-il passé dans notre pays pour que tant de haine latente, tant de coups, tant d'arrestations, tant de règlements de comptes viennent spolier notre espace de vie et d'espérance ?
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Qu'avons-nous fait durant toutes ces années, pour que notre pays si paisible aux mœurs si clémentes devienne le champ de tant de tensions et de soubresauts, de revanche et de réactions hostiles ?
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Est-ce ces coups de force à la tête de l'Etat qui ont convaincu le citoyen que plus rien dan notre pays ne peut plus se faire que par la force ? Avons-nous transposé cette violence jusque dans nos comportements quotidiens, reproduisant dans nos rapports sociaux cette violence qui inconsciemment nous vivons ?
.
Est-il possible qu'une société saine se bâtisse dans la tourmente des complots, des arrestations et des actes de violence ? Est-il possible que le mental naissant de nos enfants d'aujourd'hui se construise autour de cette tension permanente, sans engendrer des générations futures de seigneurs de la guerre?
.
Qu'on se le dise, la société mauritanienne est profondément traumatisée par tant d'années de coups de force, de frustration et de violence ; à telle enseigne que ce qui préoccupe n'est plus un éphémère putsch mais une inguérissable plaie qui s'est ouverte dans l'inconscient collectif engendrant la peur, la crainte et la révolte contenue.

Si l'Etat par la violence qu'il montre et par les tensions qu'il engendre est bien le premier responsable de cette traumatisante situation, ils n'en reste pas moins que les facteurs immunisant du peuple se sont depuis longtemps émoussés. En effet, ce qui protégeait mieux, que tout autre bouclier notre société et l'esprit de nos enfants des dérives, était notre foi, notre culture et le respect de nos valeurs.Où est donc notre foi qui prône la tolérance et l'amour du prochain ?
.
Notre Islam s'est réduit dans nos têtes à un simple appel de muezzin et non point en une confiance en l'infini miséricorde de Dieu.
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Nous avons réduit notre foi en prières de pardon mille fois répétées oubliant que bien mieux que de demander pardon c'est de ne point commettre de crimes. Nous avons, jusque dans ces lieux construits pour adorer Dieu, immiscé les politiques d'ici-bas au nom de gouvernants éphémères face à l'éternité de Dieu.
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Nous avons réduit nos enfants à quémander dans les rues leur pitance pour plaire à quelque marabout au détriment d'une bonne éducation coranique initiée par leur géniteurs.
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Géniteurs défaillants, enfants abandonnés. Une foi en déliquescence. La culture qui est le moyen de résistance des peuples à l'oppression et à l'adversité s'est quant à elle réduite à sa plus simple expression. Elle est ce que les organes officiels veulent qu'elle soit ou qu'elle devienne. En somme rien.. Sinon une culture du non-développement, de l'esprit grégaire. Une culture de l'oisiveté et de la propagande. Quant à nos valeurs, elles ont souffert de tant d'années d'injustice et d'oppressions qu'elles ont fini par céder et se transformer en leur contraire.
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Tout ce que la morale réprouvait, tous les vices se sont transformés en vertus...Le vol, la traîtrise, le mensonge, pour ne citer que ceux-là, ont envahi l'espace des valeurs. Et le dernier bastion de résistance à l'interdit, est tombé mettant ainsi à nu les faiblesses du citoyen face aux hégémonies du pouvoir.
...
Voilà pourquoi, la foi, la culture et les valeurs morales s'étant affaiblies, la brèche par laquelle la violence s'est infiltrée s'est ouverte. Et quand cette violence est au quotidien que restera-t-il au peuple sans défense sinon le trauma ou la reproduction de cette violence?
.
La haine n'engendre que la haine. Et dans cet amalgame les tensions poussent et repoussent au gré des dissensions et des structures socio-politiques et politico-militaires qui se reproduisent à l'infini.
.
Oeuvrons pour que tombe cette tension et cette violence, retrouvons notre foi, réhabilitons notre culture, redorons nos valeurs pour qu'en nos enfants ne grandissent pas des seigneurs de la guerre.

Pr ELY Mustapha
21 Juin 2006


Lien de l'article sur Cridem: http://www.cridem.org/index.php?id=82&no_cache=1&tx_ttnews[swords]=ely%20mustapha&tx_ttnews[pointer]=4&tx_ttnews[tt_news]=4332&tx_ttnews[backPid]=84&cHash=7552e7708f

mardi 8 avril 2008

Alerte sur la Mauritanie

Le pays se talibanise

La Mauritanie est en train de glisser vers la voie algérienne qui a mené à la montée et à la fortification de l’extrémisme en Algérie.

Les affrontements qui se déroulent à Nouakchott entre les forces de l’ordre et les extrémistes ont un amer goût de déjà vu dans la sous-région et ils présagent d’horizons sombres. La Mauritanie se talibanise, car Sidioca est en train de commettre exactement les mêmes erreurs que Chadly Benjedid. Le Président algérien qui a ouvert la porte à l’intégrisme dans la sphère socio-politique.

En 1979, le colonel Chadli Bendjedid, succéda à Boumédiène. Dès son arrivée au pouvoir, il engagea une politique de libéralisation économique et sociale doublée d’une stratégie non consensuelle d’arabisation et d'islamisation qui favorisa l’émergence de groupes politiques extrémistes. Chedly Bendjedid menait une politique financière dont profitait son cercle d’influence ce qui renforça le climat de corruption qui régnait déjà dans le pays. C'est à cette époque qu'apparut l'islamisme radical.

Dès son arriva au pouvoir Sidi Ould Cheikh abdallahi, retrouva devant lui l'héritage de ses prédécesseurs. Notamment les effets d'une arabisation exclusive et d'une islamisation politisée sur des populations démunies. Germes de la discorde plantés, par des régimes obscurs, dans le terroir d'une violence potentielle.
Il libéra les salafistes, entreprit une politique laxiste, du moins désinteressée à l’égard de tous ceux qui ont pillé l’Etat et à l’égard du fondamentalisme religieux que jamais il ne condamna politiquement, ni n’interdit la présence dans la sphère institutionnelle. Ainsi les observateurs ont dénoncé toutes les récentes nominations à la Cour Suprême et à la tête des instances juridictionnelles, comme n’ayant bénéficié qu’à des fondamentalistes.

Par ses élans religieux publics (construction de mosquée au sein de la présidence) et ses recours fréquents à la gestion spirituelle des crises (prières nationales de la pluie), son intérêt pour les confréries religieuses, Sidioca est entièrement tendu vers une spiritualité qui boute la laïcité hors de l’Etat. Un tel comportement ostensible, et notoire accrédite l’idée d’une tolérance poussée à l’égard de la Religion qui pourra être mal interprétée jusque dans son extrême.

Sidioca, n’est-il pas, à travers l’image qu’il donne de son train de vie et de sa tolérance trop grande à l’égard de tout en politique, en train de faciliter l’implantation d’un extrémisme qui déjà fait entendre parler de lui. La capitale vient d’être le théâtre d’accrochages sanglants, des extrémistes tuent sur le territoire les étrangers et les militaires des garnisons reculées.

La violence extrémiste armée gagne la ville et c’est la même image par laquelle a commencé la montée de l’extrémisme en Algérie dans les années 80.

Chadly bendjedid par son train de vie, la tolérance des mouvements extrémistes et leur acceptation dans le jeu politique, avait dès 1979 inauguré ce qui sera le cycle infernal de la violence en Algérie. C’est en effet, Chadli Bendjedid qui a libéré Chebouti, la tête pensante actuelle du MIA ... Et qui avait négocié la cohabitation avec le FIS . Ce qui donnera, à la suite du premier tour des législatives , les résultats que l’on sait. Ils furent annulées. Chadli Bendjedid démissionna en janvier 1992, il est remplacé par un Haut Comité d’Etat. Le FIS est dissous par le tribunal administratif d’Alger en mars 1992. Mais il était trop tard… La violence islamiste se déchaina.

En Mauritanie, il n’est pas encore trop tard si nous ne voulons pas que notre pays tombe dans la spirale de la violence Et c’est maintenant ou jamais.

Des mesures d’envergure se doivent d’être prises immédiatement :

- Le Président de la République doit prendre les choses en main. Interdire officiellement tout mouvement extrémiste quelle que soit son assise ou son obédience religieuse.

- Mobiliser les forces de sécurité pour le désarmement immédiat de toute la population (recherche de caches d’armes, et enquêtes sur le porteurs d’armes autorisées)

- Désigner un haut comité national d’enquêtes sur les responsabilités civiles et militaires en matière de diffusion des armes et des munitions

- Constituer un corps étoffé de brigades mobiles pour la surveillance ders frontières terre-air-mer (disposant des moyens et de la logistique nécessaire) avec un commandement relevant directement du Président de la République.
.
Les mesures économiques :

L’intégrisme prenant sa source dans la misère et la haine, il convient de juguler rapidement ce qui le justifie :

- Elèver rapidement le niveau de vie des populations (la misère vecteur de l'intégrisme)

- Créer de l’emploi le plus tôt pour les jeunes au chômage (grenier humain de l'intégrisme)

Les mesures politiques :

- Résoudre de façon transparente et populaire (exemple par référendum) le problème de l’ambassade d’Israël en Mauritanie. Quel que soit l’effet réel de sa présence, elle est un puissant argument aux mains de ceux qui jouent sur la fibre islamiste ou nationaliste.

- Trouver une solution à l’impunité de ceux qui ont pillé les ressources de l’Etat durant ces dernières années et à l’égard desquels des populations entières vouent une haine latente qui n’attend pour s’exprimer qu’un vecteur fédérateur argumentant sur les concepts de l’exploitation et de la misère.

- Communiquer rapidement avec les populations. Aller sur le terrain de la misère. Parler aux populations. Faire sentir la présence effective de l’Etat avec un nouveau visage de proximité et de soutien. Supprimer le fossé que les populations sentent entre eux et l’Etat et dans lequel peuvent s’engoufrer les pires idéologies de l’abandon et de la réaction violente.
Car pour se faire entendre face à sa misère quotidienne, le plus honnête des citoyens peut s’allier avec le diable.

En somme, réduire à néant tout l’argumentaire qui réveille les fibres revendicatrices (intégristes, extrèmistes ) et qui est amplement utilisé par ceux qui veulent arriver à des fins de chaos.

Si la misère est combattue, si la jeunesse trouve de l’emploi, si le niveau de vie s’èleve si chaque citoyen se sent important, utile et rémunéré en conséquence de ses efforts lui permettant de vivre et de faire vivre sa famille, alors aucune oreille n’écoutera plus les argumentaires des obscurantistes.

Les mesures de cohésion et de devenir de la Nation:

- L’Etat doit unifier la nation dans un idéal commun. Il doit promouvoir une vision du devenir de la nation. Il faut qu’il dévéloppe un idéal de société de prospérite, de travail et d’avenir radieux à batir.

- L’Etat doit promouvoir , expliquer et faire adhérer les populations à un modèle de développement économique et social, pour que le peuple sente que la nation se bâtit dans une voie claire et consentie.

- L’Etat doit promouvoir des plans de développement nationaux, non pas confinés dans des bureaux de technocrates mais des plans expliqués dans les médias, exécutés et dont les réalisations sont montrées aux populations sur le terrain.
Bref, un ensemble de mesures pour juguler rapidement la diffusion des moyens armés de la violence (argumentée par la misère, le chômage et la haine) . La solution politique n'en sera que beaucoup plus aisée.
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Mais...

Mais si tout cela est techniquement réalisable, il reste des mesures que personne ne peut mettre en œuvre sauf le Président lui-même. A savoir redéfinir sa manière de gérer sa fonction de Président de la République. Manière à laquelle nous avons déjà il y a quelques temps consacré un article entier dont voici le lien :
.
http://haut-et-fort.blogspot.com/2007/09/bienvenue-sous-la-tente-ocre.html

En définitive, il n’est pas exagéré de dire que la Mauritanie a amorcé un virage dangereux qui risque d’entrainer le pays dans une spirale de la violence dont nul ne peut présager de la fin.

Alors, monsieur le Président agissez !

Car de deux choses l’une. Ou l’on dira, dans une décennie, que vous avez été le premier Président d’une Démocratie à laquelle vous avez évité le pire ; ou au contraire que vous avez été le premier président d’une démocratie qui a fini dans la violence.
Cela ne tient qu’à vous. Agissez ! Avant qu'il ne soit trop tard...

Pr ELY Mustapha

dimanche 6 avril 2008

Qui a écrit ce discours du Président de la République ?


Un Discours à la Nation… des commerçants

Le Président de la République a fait un discours à la Nation. Mais il serait plus logique de l’appeler « Discours à la Nation des commerçants. »

Sa substance ne tient en fait qu'en quelques mots : « L’Etat va injecter de l’argent dans l’économie, 36 Milliards et 812 Millions.... Soyez prêts à les détourner de la façon la plus ordinaire qui soit : le vol, le dol, le transfert, l’influence, la répartition intra-mafia, le graissage des fonctionnaires, l’importation avec fausse facturation et à la hausse, l’achat dédouané et détaxé et la revente aux pays voisins … Bref, volez, que Dieu vous bénisse ».

Celui qui a rédigé le discours à la Nation du Président de la République devrait être traduit devant un tribunal populaire pour crime à venir contre le peuple.
Car ce discours va avoir un effet des plus négatifs ; à savoir qu’il va « assagir » ceux qui étaient prêts à demander des réformes structurelles de la gestion des ressources publiques dilapidées et reporter à une échéance indéfinie la véritable solution de la crise économique en Mauritanie, dont la crise alimentaire n’est qu’un aspect.

En somme, un discours qui , en promettant de l’argent, va anesthésier le mouvement de fond des réformes.
En effet, chaque fois que les dures réalités économiques font surface et que des mesures structurelles se doivent d’être prises du fait justement de la pression populaire, le gouvernement intervient, à travers justement ces discours, à solution tronquée à escient pour « apaiser »à son profit ce qui aurait bien pu faire changer les choses.

Cela peut simplement être décrit de la façon suivante : « Monsieur le Président, la vie est chère, le citoyen risque de se retourner contre nous, donnons lui quelque chose avant qu’il ne soit trop tard » Marie-Antoinette, les brioches en moins...

Et l’on propose au président un plan de financement pour relever la situation, mais en réalité, il ne s’agit que de mesures pour maintenir le peuple dans un semblant de croyance en une politique salvatrice dont le but véritable est en réalité de donner du temps à ceux qui prennent l’Etat en otage et leurs acolytes pour perdurer dans leurs activités. Et se mettre donc à l’abri de toute réforme structurelle qui permettrait de véritables solutions à la crise économique Mauritanienne.

Ce genre de discours et les promesses à but fortement conjoncturel et inefficient ne donneront rien de concret pour la solution de la crise. On ne remplit pas d’or le puits d’un assoiffé qui se meurt.

Economiquement, ce plan de sauvetage va se retourner de façon négative à court terme à cause des constats suivants :

Une mesure génératrice d'une inflation aggravante de la crise.

Le discours du Président :« Les volets urgents de ce programme seront rendus exécutoires dans l'immédiat et ce, en vertu d'un décret conformément à nos prérogatives constitutionnelles. Le coût global de ce nouveau programme se chiffre à 28 milliards cent millions d'ouguiyas, en plus des 8,712 milliards d'ouguiyas initialement prévus dans le cadre de loi de finance 2008. »

Soit exactement 36 Milliards et 812 Millions d’ouguiyas seront injectés dans l’économie !

Mais comment peut-on injecter autant d’argent dans une économie en inflation galopante? Sans causer la pire des catastrophes futures ?

C’est une forme de cécité politique ou de sabordage à escient de l’économie nationale ou ce qu’il en reste !

En effet, le taux d’inflation avoisinant les 7% en Mauritanie , accroitre la masse monétaire en circulation va avoir deux conséquences :

- Détériorer encore davantage le pouvoir d’achat
- Entrainer une hausse vertigineuse des prix
En effet, l’inflation étant due à l’augmentation du volume de la masse monétaire en circulation, plus il y a de monnaie plus les biens et services coûtent chers. Le pouvoir d'achat de la monnaie n’étant rien d’autre que la quantité de biens et de services que l’on peut de se procurer avec une unité monétaire, ici l’ouguiya.

L'inflation étant la perte du pouvoir d'achat de la monnaie, elle va forcément se traduire par une augmentation générale et durable des prix.

En injectant ces 36 milliards, l’inflation va accuser des pics qui risquent de réduire tout effort de stabilisation des prix à court ou moyen terme. Un cercle vicieux va naître : financement –inflation-financement.

La solution monétaire n’est envisageable qu'en inflation faible et lorsque des mécanismes d’ajustement de la masse monétaire sont pris pour faire face à une inflation suicidaire. Or aucune mesure d’accompagnement n’est prise ni annoncée.

Si l’on pense que la parade à la crise alimentaire à venir c’est injecter de la monnaie dans le circuit économique (par l’achat de vivres, d’augmentation des salaires), on se trompe lourdement. Et les conséquences risquent d’être une inflation qui va tout absorber. Cette inflation risquant d’augmenter fortement, réduira la monnaie nationale en monnaie de singe et compromettra sérieusement toute solution pour l’avenir.

En effet, la solution du financement des vivres et denrées de première nécessité, outre la catastrophe qu’elle peut engendrer, se doit d’être écartée car elle risque d’être très vite contre-productive.

En effet, les véritables solutions sont ailleurs. En effet, l’économie mauritanienne souffre de maux qui mettent un frein à toute volonté de la redresser.

Une économie dans une bulle spéculative :

L’économie mauritanienne est tenue par une poignée de commerçants – banquiers qui font la pluie et le beau temps. Ils entretiennent une économie de la spéculation sur les prix et sur les biens qui ne trouve nulle part ses limites. Dans cette sphère l’Etat est absolument absent.

Ces commerçants, qui sont aussi souvent banquiers. Importent tout . Fixent les prix de tout . Et manipulent à leur guise le commerce en Mauritanie.

L’administration économique, financière et douanière chargée de l’encadrement et du contrôle de l’activité commerciale est défaillante sinon corrompue et joue le jeu de cette oligarchie commerçante qui a infesté tous les rouages du pouvoir.

En Mauritanie, tous les produits mis en vente font l’objet d’une absence de contrôle (sinon de complaisance) et de surveillance laissant le pauvre citoyen à la merci de la spéculation.
Aussi avant toute mesure de financement, il convient que le chef de l’Etat prenne des mesures pour crever cette bulle spéculative et mettre au pas cette oligarchie qui mine l’économie nationale. Pour cela :

- Mobiliser immédiatement l’administration du commerce , pour effectuer un réajustement immédiat des prix pratiqués en obligeant les commerçant à les ramener aux prix réels compte tenu de la valeur du bien ou du service. Les grossiste et importateurs mauritaniens se sont spécialisés dans la falsification des factures de produits importés et sur la surfacturation des produits qu’ils vendent au détaillant.

L’administration du commerce se doit de procéder à des interventions d’envergure, immédiate, pour « auditer » tout le système de facturation des commerçants. Des mesures sévères et des sanctions exemplaires se doivent d’être prises contre les spéculateur, qui à outrance, détruisent l’économie.

- Mobiliser des équipes de contrôles sur tout le territoire pour enquêter et vérifier sur place la quantité des stocks et leur nature. En effet, la spéculation par les « stocks dormants » constitue l’une des activités les plus rentables des commerçants. On stock pour entrainer sur une certaine période une hausse des prix. On revend au prix fort en fin de période. Entrainant ainsi une cherté continue de la vie.

- Mettre a contribution l’administration du commerce à travers des mesures à effet immédiats pour briser l’entente entre les commerçants qui l’utilisent pour maintenir de façon soutenue et avec la complicité de lobbies sur place un niveau des prix intolérable et injustifié.


En définitive briser la bulle spéculative dans laquelle les commerçants et leurs appuis financiers maintiennent l’économie des biens et services.

Il faut immédiatement une loi d’ordre public économique à application effective pour mettre à l’ordre et sanctionner cette oligarchie économico-politico-financière qui met à mal le pays et qui risque de le jeter dans les affres de la famine pour longtemps.

L’inutilité du financement: il servira d’autres intérêts.

Nous avons la mémoire courte. Rappelons-nous. Il y a à peine quelques mois, la cherté de la vie était telle que les réactions populaires ont entrainé deux mesures :

- Exonération de salaires soumis de l’ITS (impôts sur traitements et salaires)

- Suppression des droits de douanes pour des produits de première nécessité

- Et la banque centrale a baissé son taux directeur pour lutter contre la cherté de la vie

Après toutes ces mesures ou en sommes nous trois mois après? Au point zéro. Nous crions famine et la diète menace. Car quel a été l’effet de ces mesures ?

Pour la première : la faible augmentation des salaires du fait de l’exonération de l’ITS a été très vite absorbée par l’inflation galopante. Et le Président vient d’annoncer une augmentation des salaires de 10% . On en connait, aujourd’hui, déjà le sort et l’inefficacité.

Pour la seconde :La suppression des droits de douane sur les produits à l’importation n’a profité qu’aux grossistes commerçants qui importaient à tour de bras pour vendre par convois entiers de camions aux pays limitrophes (aux frais de l’Etat mauritaniens et du pauvre citoyen), profitant ainsi des gains sur l’exonération douanière. Ni les prix n’ont baissé , ni le citoyen n’en a profité.

Pour la troisième mesure : Nous lui avons consacré , à ce moment là tout un article dans lequel nous dénoncions la baisse du taux directeur de la Banque centrale qui ne profitait qu’aux commerçants et les banquiers (souvent les mêmes personnes ) et jamais aux citoyens . (voici le lien de l’article : http://haut-et-fort.blogspot.com/2007/10/qui-profite-la-baisse-du-taux-directeur.html )

En définitive, l’Etat se doit de venir au secours du citoyen mais c’est la façon économiquement raisonnée qui compte.
Or à travers le discours du Président de la République, il y a comme une ignorance réelle des paramètres macro-économiques (inflation galopante), économiques (spéculation commerciale), administratives (absence de contrôle des prix , de l’importation et de la concurrence), sociales (chomage structurel, absence de revenus distribués, pauvreté institutionnelle). Or sans tenir compte de ces paramètres toutes les mesures annoncées dans ce discours seront sans effets .

-les milliards qui seront immédiatement injectés vont accroître une inflation et réduire à néant le pouvoir d’achat.

- Les circuits commerciaux dans une entente sournoise vont très vite les canaliser à leur profit à outrance en spéculant sur toutes les denrées achetées. Aucune administration de contrôle , ni de surveillance ne leur est opposable et d’ailleurs ne joue le jeu.

- l’administration centrale et territoriale chargées de leur gestion et de leur convoiement se serviront à outrance . Aucun contrôle n’existant sur ces administrations pour vérifier leurs actes à la conformité de leur mission.

Quelle aurait pu être alors le véritable discours salvateur du président ?

Le voici :

« Chères citoyennes, chers citoyens,
Considérant les difficultés économiques que vous vivez actuellement et pour leur trouver des solutions définitives et durables nous décidons, en vertu des pouvoirs qui nous sont conférés :

Premièrement : La mise en place d’administration financière et de contrôle à laquelle seront confiés les pouvoirs et les moyens les plus étendus pour procéder dans les plus brefs délais à l’exécution d’un programme de lutte contre la spéculation commerciale et financière. Disposant de ce fait du droit de contrôle sur pièce et sur place auprès d’une liste exhaustive d’opérateurs économiques nationaux qui sera dressée dans les plus brefs délais. Cette administration bénéficiera d’une immunité de droit et de fait sur l’ensemble de ses rapports avec les opérateurs considérés et avec les autorités centrales et territoriales. Un manuel de procédure de contrôle et une grille de sanctions sont en cours d’élaboration. Cette administration a compétence sur tous les aspects de l’activité économique , financière et commerciales des opérateurs susvisés. Elle rend directement au président de la République et relève uniquement de lui. Ses membres sont directement nommés par le président de la république. Cette administration pourra recourir dans ces domaines à la collaboration avec des institutions et cabinets étrangers spécialisés pour réaliser sa mission.

Deuxièmement : Un comité de personnalité reconnues et intègres, choisies par moi-même recevra mission de surveillance et de suivi d’un plan de financement à court et moyen termes des secteurs qui bénéficieront de l’aide consentie par l’Etat pour lutter contre la cherté de la vie. Ce comité proposera dans l’urgence, les mesures financières (montants, formes de décaissement, délais, lieu géographique …) les plus efficaces eu égard à la difficulté de financement dans un cadre d’inflation généralisé.
;
Troisièmement : Déclarons la situation économique actuelle du pays de situation d’urgence nationale. Et dans ce cadre la législation sur les infractions économiques et financières, de législation d’ordre public que nous œuvrerons à appliquer avec rigueur en mettant à contribution toutes les administrations concernées avec la responsabilisation personnelle de tous leurs chefs d’administration quant à l’accomplissement de leur mission.
Enfin, dès aujourd’hui je déclare qu’aucune tolérance ne sera acceptée à l’égard des actes qui menacent l’ordre économique nationale et que tout acte financier, commercial et économique visant sciemment à aggraver la situation économique actuelle sera traité avec la plus grande sévérité. »

En conclusion, dirons nous , ce qui en définitive menace l’économie, ce n’est ni le manque de ressources, ni les moyens ; ce qui la menace c’est l’irresponsabilité de ceux qui à certains niveaux de l’Etat, du commerce, de la finance et de l’économie réduisent tout à leurs intérêts mercantiles , étouffant le citoyen et mettant à mal toute une nation.

Aussi , si la solution pour relever le niveau de vie du citoyen c’est injecter 36 Milliards d’ouguiyas , alors c’est une solution qui non seulement est dangereuse pour l’économie, mais qui ne profitera jamais à ceux auxquels elle est destinée. Suivez mon (triste) regard…

Pr ELY Mustapha

vendredi 4 avril 2008

C'est la sélection, spirituelle, des espèces.

Tout va bien !

Tout le monde s’alarme pour rien. Il y a trop d’écrits qui dénoncent tout et n’importe quoi. Tout va bien dans notre pays. Tout va très bien même. Il n y a pas à s’inquiéter tout est sous contrôle. Ce qui arrive en Mauritanie peut arriver dans tous les pays du monde.

Un prisonnier (ou deux ou trois..) qui s’évade, quelques sachets de drogue (qu’importe le poids, la drogue étant ce qu’elle est) découverts au port de Nouakchott, un tir mal groupé sur une ambasssade dont le pays tire sur tout ce qui bouge, rien d'exceptionnel.
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Un niveau de vie qui va en s’améliorant puisque le nombre d’habitants tendant à disparaître (par la faim ou la maladie), bientôt statistiquement il y’aura suffisamment de produits alimentaires et autres denrées pour ceux qui resteront. Il n y a rien de mieux que laisser la nature faire son œuvre. Et attendre son tour.

C’est, depuis la nuit des temps, la séléction des espèces. Les plus endurants, s’adapteront, les autres disparaîtront.

Economiquement c’est même recommandé de laisser les choses comme elles sont.
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Au lieu de dépenser des milliards dans le planning familial , comme le font d’autres pays dilapidateurs , en Mauritanie la réduction de la démographie se fait naturellement.
En effet, la chute démographique se faisant soit par la guerre (qui ne correspond pas encore à notre tempéramment) soit le planning familial (pire que la guerre), nous avons préféré la baisse du pouvoir d’achat et la cherté de la vie. Une réduction de la population de façon économique et latente. C’est ça, naturellement, la démocratie.

Mais heureusement, il restera toujours quelques échantillons représentatifs.
Aux dernières nouvelles, le Président de la République se porte bien dans sa mosquée, le premier ministre dans sa primature, les ministres dans leurs ministères et tous ceux qui habitent à Tevragh zeina se portent bien aussi. C’est autant dire qu’il restera toujours un échantillon représentatif de la population. Tout le reste sera fossilisé et c’est tant mieux car on aura besoin de pétrole dans un millénaire pour les générations futures. Car le développement durable est dur. Il faut d’ailleurs dès maintenant distinguer la (ou les tribus) qui en se fossilisant donneront un meilleur pétrole.

Tout va bien. Ceux qui ont fait des coups d’Etat seront bientôt promus généraux. Notre président très particulier a besoin de général. Gouvernant depuis trois-cent soixante cinq jours dans la généralité la plus générale, il est normal que tout autour de lui devienne soudain général. De brigade de préférence.

Tout va bien. Et que ceux qui veulent critiquer la gouvernance de notre cher pays cessent leur méchante activité. Et que plutôt ils rejoignent le grand élan de développement socio-économico-politique de notre pays.

Et nous visons surtout ceux qui sont à l’étranger et qui échappent à la sélection des espèces. Il faut qu’ils reviennent pour pouvoir disparaître comme tout le monde. Il est inconcevable de critiquer tout en restant ininfectable!

Que les Mauritaniens à l’étranger, viennent tousser avec le reste de la population, attraper les diarrhées bactériennes, subir le desséchement et l’insolation, se faire cracher sur les pieds dans les transports en commun, attraper la malaria, le choléra, la syphilis, se faire injecter des sérums taiwanais et se faire panser par des infirmiers aux doigts aux furoncles…Bref participer au développement…de la sélection des espèces.

Tout va bien, car il n y a rien qui prête dans notre pays à l’alarmisme. Nous avons tout, les ressources halieutiques, les ressources minérales, les ressources pétrolifères, les ressources agricoles et hydrauliques…Tout, on a tout. Et bientôt grace à notre gouvernance éclairée, nous vaincrons tous les obstacles qui se dressent devant nous.

Une gouvernance bâtie sur la prière. Toutes nos mosquées sont depuis l’avènement de la Démocratie à pied d’œuvre. On prie deux fois plus et on optimise les invocations divines ce qui a permis d’utiliser de façon optimale une technologie de haut niveau : les amplificateurs de son.
Les hauts-parleurs de nos mosquées en témoignent aux premières lueurs de l’aube faisant sursauter dans son lit une population déjà paniquée. Mais une panique salutaire, car elle sait que tout va bien puisque c’est le management par la prière.
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Prière pour la pluie, prière pour le bonheur, prière pour la félicité, prière pour la santé, prière pour la paix, prière pour le salut, prière pour la prospérité… C’est la gestion en décibels de la nation. On se rendort confiant en attendant avec confiance le prochain sursaut.

Tout va bien. Que nos détracteurs disent au contraire au monde la vérité. La Mauritanie est un pays qui se développe de façon fulgurante. Sa jeunesse se repose, sa vieillesse se fossilise, et ses dirigeants prient pour eux.

Après tout, entre-nous, que font de mieux que nous les autres nations développées ?

Elles travaillent pour nous ! Nous obtenons tout par la prière !
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Nous les prions de nous octroyer des dons et des subventions, le fruit de leur travail. Et elles s’exécutent !

Nous détournons ce qu’elles nous donnent et nous les prions de nous classer parmi les plus pauvres et elles nous redonnent encore notre subsistance.

Le monde travaille et nous prions. Tout va bien.

Nous réalisons la gouvernance spirituelle. Quelle autre nation vit dans ce monde d’une telle spiritualité ? On vous le demande !
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Alors critiques de tous bords rassurez-vous. Tout va bien. Nous sommes confiant dans l’avenir.
Car grace à la prière, l’évadé reviendra. La drogue, en sucre, se transformera. Le général en particulier redeviendra, le Président, de son somme, se reveillera. Le gouvernement, engourdi, travaillera, la croissance reviendra et le FMI nous oubliera…

Et vous, observateurs de mauvaise foi, pour vous museler, on priera.

Tout va bien. Ici.. Dans l’au-delà.

Pr ELY Mustapha

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Poésie de la douleur.