vendredi 22 janvier 2010

Raison et déraison

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D'un extrémisme à l'autre

Une pléiade « d’ oulémas » introduits dans une prison pour rencontrer des salafistes. Quels sont leur objectifs ? Où ils veulent les ramener à la raison, les ramener au « droit chemin ». Ou ils veulent négocier avec eux pour obtenir des concessions politiques.

Deux questions alors se posent : peut-on ramener un extrémiste à la raison ? Quel intérêt à « faire entendre raison » à des extrémistes ?

I- Peut-on ramener un extrémiste à la raison ?

La « raison » pour laquelle l’extrémiste est justement extrémiste tient d’une perception du monde qui n’appartient qu’à ceux qui ont choisi le néant pour exprimer leur être. Mais tous les extrémistes, n’ont pas la même perception de ce néant. Ainsi pour certains, ce « néant », c’est la destruction de tout ce qui peut contredire leur imaginaire du monde, ou menacer leur propre existence qui est instrumentalisée pour faire de cet imaginaire une réalité. C’est l’extrémisme à vocation « domination du monde ». Pour d’autres, ce néant destructeur est l’expression d’un mal être, d’une oppression, d’une réaction à un anéantissement d’un peuple d’une civilisation.

Entre le palestinien qui se fait exploser et un salafiste qui tue des otages, il y a un point commun : ils utilisent la mort pour s’exprimer. Mais si l’extrémisme du premier est une contre-réaction, non-stratégique et machinale, à la volonté sioniste qui veut détruire son être dans la réalité, l’extrémisme du second est une réaction stratégique préméditée contre la volonté mécréante qui veut détruire son être dans son imaginaire. La réalité du premier : l’occupation, l’humiliation et l’extermination. L’imaginaire du second : la guerre sainte, le pouvoir absolu, l’autoritarisme.

L’extrémisme, même s’il ne s’exprime pas par le terrorisme, a une rationalité qui n’est donc pas saisissable uniquement sous l’angle spirituel. L’extrémisme c’est d’abord une dynamique qui trouve dans la raison errante (des diasporas, des minorités, des exclus, des humiliés, des opprimés, des apatrides), le catalyseur pour l’expression d’êtres en souffrance. L’extrémisme est ensuite, une machinerie politico-spirituelle qui met en action un moteur à explosion qui puise son énergie dans cette masse d’êtres en souffrance. Etres qui en recherchant les moyens d’expression de leur état trouvent dans les milieux extrémistes qui les reçoivent, les instruments et les encadrements nécessaires à la réalisation de cette expression. Et la voie choisie n’étant pas pacifique, l’extrémisme s’exprime alors par les moyens extrêmes, à son image : le néant destructeur.

Alors croire que l’extrémisme est seulement une affaire de religion et que le dialogue pourrait résoudre des extrémistes à renoncer à leur « combat » est d’une naïveté époustouflante. La religion, n’est pas le cœur de l’extrémisme, elle est son instrument. La religion ne sert pour l’extrémiste, qu’à justifier ses actes. Il trouve en elle, la solution psychologique de dilution de son « mea culpa ». Elle lui sert de bouclier pour endiguer sa mauvaise conscience et acquérir les autres à la sienne.

Pour l’extrémisme, la religion n’est pas la finalité, elle est un instrument au service d’ambitions sociales, politiques issues d’un imaginaire sur lequel est construit le monde tel qu’il veut qu’il soit. La connaissance de la religion chez les extrémistes est entièrement bâtie sur l’interdit, la coercition et la violence. Les aspects de cette religion qui prônent la non-violence, la tolérance et le dialogue sont, à escient, au second plan. La religion ne sert alors qu’à justifier l’acte de destruction au service du but assigné : l’accaparation du pouvoir.

La « raison » qui guide l’extrémisme, c’est donc moins la gloire de Dieu telle que cette gloire devrait ressortir d’une religion de tolérance où l’homme y est sacré, mais de la sienne propre qui ressort de la perception d’une religion violente où l’homme y est sacrifié.

Faire entendre « raison » aux extrémistes, en employant l’argumentaire religieux c’est justement oublier que leur « raison » puise ailleurs la dynamique de son action violente. Et cette instrumentalisation de la religion est d’autant plus pernicieuse, que la religion est par excellence dogmatique. Elle se prête tant et si bien à l’argumentaire qu’au contre-argumentaire où chacun pourrait y trouver les mille et un méandres justifiant son acte. Celui-ci invoquant la guerre sainte, celui-là la non violence. Celui-ci l’interprétation littérale des versets, celui-là leur valeur interprétative contextuelle.

Chacun développant ses sources principales et secondaires, en recourant au Coran, à la Sunna, à la doctrine, à la jurisprudence, à l’ijmaa, à l’ijtihad, à El kiyas. Et cette religion universelle et millénaire a développé, à travers ses érudits, ses écoles, ses obédiences, une galaxie doctrinaire dans laquelle chaque courant pourrait y puiser à satiété des éléments pour justifier de son action.

Alors l’approche à l’égard des extrémistes, ne doit pas, et ne peut, être celle de convaincre. L’argumentaire religieux pouvant toujours trouver un contre- argumentaire religieux à l’infini.

C’est autant dire que vis-à-vis de l’extrémisme, cette démarche spirituelle de vouloir « raisonner » va se heurter à la nature même de cette « raison » telle que nous avons pu la mentionner plus haut. Vouloir le faire c’est confondre entre l’instrument « religion » et le « mobile » réel de l’extrémiste qu’il faut chercher ailleurs dans une volonté de concrétiser son imaginaire.

La religion a certes servi à lui inculquer cet imaginaire dans un endoctrinement qu’il a subit et a permis de justifier, auprès de sa « conscience » ses actes de violence. Mais si la religion est un instrument, elle n’est pas le catalyseur. Et c’est là où le dialogue avec les extrémistes est faussé lorsqu’il prend la religion comme critère.

En effet, l’extrémiste, l’est devenu d’abord au nom de sa condition économique et sociale avant que la religion ne lui serve pour extérioriser son extrémisme. Le catalyseur premier est, comme déjà mentionné la situation précaire, humiliante ou opprimée qui jette dans l’extrémisme. C’est là où ceux qui servent de groupes de réseaux, de filières internationales, recrutent ces parias dans leurs rangs en leur faisant passer les étapes de l’endoctrinement et de la militarisation.

Alors qu’une poignée d’oulémas s’infiltre dans une prison pour faire « entendre raison » à un groupe d’extrémistes, on comprend qu’il s’agit d’un dialogue de sourds. Car ni la raison, ni la volonté, ni la détermination des uns et des autres ne sauraient trouver un point de rencontre.

II- Quel est l’intérêt de « faire entendre raison » aux extrémistes.

La question existentielle est : A quoi va servir cette volonté des oulémas, chapeautés par un département ministériel, de « ramener » ces extrémistes à la raison ?

- Ou l’objectif final est de leur « faire entendre raison », ce qui ne sert strictement à rien pour des individus devant d’abord rendre compte de leurs actes devant la justice.

- ou une telle initiative viserait à soustraire ces extrémistes à la Justice. D’où la gravité d’une telle démarche pour toute la nation.

- Ou de s’attirer leurs « faveurs » pour faire entendre raison à leurs homologues détenant des otages que la Mauritanie et ses partenaires voudraient faire libérer .Une stratégie pour amadouer des extrémistes…et libérer des otages.

Quoiqu’il en soit, on sait ce qui est arrivé à ceux qui ont voulu dialoguer avec les extrémistes. Les extrémismes s’infiltrent par les ouvertures politiques et profitent de la faiblesse des Etats.

Le dialogue avec l’extrémisme, ne se conçoit pas avec ceux endoctrinés qui, ayant pris les armes, ont semé la mort. Ceux-là ne doivent bénéficier ni d’un dialogue, ni d’une volonté de « les ramener à la raison ». Ce sont des prévenus qui doivent rendre compte à la société et être jugés comme tels. Ils relèvent de la justice. Et toute volonté de quelque partie qu’elle soit de dialoguer avec eux est une atteinte à la bonne marche de la justice et constitue une interférence grave avec le pouvoir judiciaire.

Avec cet extrémisme là, des réseaux terroristes nationaux et internationaux, on ne dialogue pas. On se bat.

Le dialogue que les oulémas se doivent d’avoir c’est avec la jeunesse des banlieues, des quartiers déshérités de ceux qui croupissent dans la misère et qui sont déjà par leur extrême dénuement, des extrémistes silencieux, mais qui, demain, exprimeront leur extrémisme autrement.

En effet, la société mauritanienne étant devenue depuis une trentaine d’année une société à forte tendance conflictuelle (lire ici « Une société mauritanienne traumatisée : les seigneurs de la guerre ») et l’extrémisme nait souvent là on l’attendait pas ( lire ici « la journée d’un terroriste : « Es-tu prêt à prendre ce qui t’appartient, avec l’aide de Dieu ? »).

Dans sa lutte contre l’extrémisme et le terrorisme international, l’Etat mauritanien aligne des oulémas, là ou des nations entières alignent leurs remparts sécuritaires et les alliances anti-terroristes.

C’est d’une naïveté mortelle que de croire qu’en dialoguant avec une poignée d’individus on aura vaincu le terrorisme, renforcé la sécurité nationale et libéré des otages réclamés par les occidentaux. Une raison déraison.

Pr ELY Mustapha

dimanche 17 janvier 2010

Leurres et lueurs

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L'effet d'annonce



Les autorités mauritaniennes se sont spécialisées dans une stratégie à haut relents politiciens : « l’effet d’annonce ». Elles jettent en pâture aux medias, un semblant de volonté de bien faire dans un discours enrobé d’un volontarisme qui n’a qu’un unique objectif : séduire pour un moment l’opinion nationale, le temps de couvrir d’autres actes en cours ou d’endormir la vigilance de ceux qui ont encore un soupçon d’éveil.

C’est dans cette optique que s’inscrit l’appel aux intellectuels mauritaniens à l’étranger et notamment, celui du ministre de la santé aux spécialités médicales.

Appeler des intellectuels à rentrer en Mauritanie, quoi de plus facile…à dire qu’à faire. Et voilà que des expatriés mauritaniens répondent à l’appel. Lueurs d’espoir pour une diaspora hautement qualifiée qui aimerait que la valeur ajoutée qu’elle apporte aux autres nations puisse bénéficier à son propre pays. Mais, hélàs ! Ce n’est qu’un leurre , dont l’intérêt est à rechercher ailleurs, dans les bas fonds de la politique que dans une réelle volonté de faire profiter le pays de ses ressources humaines exerçant à l’étranger.


En effet, Toute personne pourvue de bon sens, sait que les compétences mauritaniennes exerçant à l’étranger ne peuvent revenir au pays que si les conditions suivantes sont réunies :

- Un cadre financier adéquat , budgétisant, leur intégration dans les emplois et fonctions auxquels elles ont droit



- Une grille salariale adaptée à leur niveau de compétence, d’expérience, d’ancienneté et de spécialisation.



- Une indexation de leurs émoluments sur les postes qu’ils occupaient dans le pays jusqu’à leur retour au pays.



- Un cadre administratif leur garantissant, une évolution dans leur carrière au sein de l’administration ou de l’organisme public ou privé dans lequel ils vont exercer.



- Mise en place d’une structure publique d’Etat d’accueil des compétences, de leur encadrement et leur insertion dans le circuit économique.



- Mise en place d’une cellule gouvernementale chargée du suivi des facilités administratives, sociales, éducatives à accorder aux familles des rapatriés et à leurs enfants.



- Une campagne de sensibilisation des autorités financières et bancaires pour faciliter le rapatriement des biens financiers, fongibles et non fongibles des expatriés.



- Mettre un cadre juridique, financier et fiscal d’avantages accordés aux expatriés pour leurs investissements sur le sol national.



- Mettre en place des solutions bancaires sûres pour recevoir les dépôts d’épargne et d’acquisition de logements.



- Favoriser la mise en place d’un cadre favorable pour l’entreprenariat et le montage de projets par les expatriés sur le sol national.



Mais comme on le voit rien de tout cela n’existe en Mauritanie. Il existe certes des textes épars sur l’investissement mais aucun cadre juridico-financier , ni même social ne porte sur les expatriés mauritaniens, encadrant ou préparant de façon rationnelle le retour des compétences mauritaniennes.



Alors on comprend la fatuité de l’appel d’un quelconque ministre au retour des compétences mauritaniennes à l’étranger.


Le retour des compétences mauritaniennes profitera certainement d’une volonté politique allant dans ce sens, mais il ne faut pas qu’elle soit un pion avancé pour des intérêts inavoués sur un échiquier politique conflictuel, ou « l’effet d’annonce » est une forme de gesticulation pour ventiler un espace politique clos.


Pour que les compétences mauritaniennes puissent revenir au pays, il fait leur assurer un niveau de vie leur permettant non pas seulement de vivre décemment mais surtout de pouvoir exercer leurs métiers dans la dignité et hors d’un besoin qui est, comme on le sait, la source de toutes les maux professionnels et de toutes les infractions.



Or les autorités mauritaniennes, n’ont pas préparé les cadres macroéconomiques et microéconomiques nécessaires à ce retour.



Sur le plan macro-économique, il n’existe même pas un plan de développement économique et social , à moyen terme, dans lequel pourrait s’inscrire l’insertion et la participation des compétences nationales dans le développement du pays. L’Etat est encore aux prises avec son cadre de lutte contre la pauvreté et empêtré dans les conditionnalités de Bretton woods ;



Sur le plan budgétaire, aucune loi de finances ne prévoit la charge financière à supporter pour l’intégration des compétences dans les circuits socio-économiques.



Aucune structure administrative n’a pris en charge officiellement de façon effective cette intégration en lançant un programme viable d’intégration.


Aucune approche socio-administrative n’a été entreprise pour expliquer les enjeux de l’intégration des compétences, son apport pour le développement et réduire la force d’inertie et de résistance que l’administration mauritanienne, notamment publique, affiche à l’égard de cette intégration. Qui est, qu’on le veuille ou non, perçue de façon négative par bon nombre de cadres en place qui y voient une menace concurrentielle pour leur propre emploi ou tout au moins pour leur promotion à venir.


Sur le plan micro-économique, le terrain n’est pas du tout balisé pour accueillir le flux de compétences qui drainera avec lui les exigences liées à son niveau de vie. Notamment de bonnes structures de scolarisation pour les enfants, un système de santé à la hauteur du service qui lui est fourni à l’étranger, un espace culturel et de vie adéquat etc.



En sommes, l’Etat se devrait de préparer le terrain, en concert avec les acteurs économiques privés désirant accueillir et employer les compétences mauritaniennes.



Mettre en place de façon concertée avec tous les acteurs économiques une charte d’intégration, d’assistance pour l’emploi des compétences.



Sans ces différentes mesures, quelle compétence s’aventurerait actuellement sur le terrain de l’emploi en Mauritanie ?



Alors qu’un ministre, de la santé ou autre, fasse appel aux compétences mauritaniennes de la diaspora, ce n’est qu’un leurre qui ne devrait même pas attirer l’attention. Car ce n’est qu’une lueur que des politiciens allument le temps de créer un espoir bénéfique à leur éphémère image. Aussi éphémère que la politique qu’ils servent et qui nait davantage du gargouillement d’un ventre affamé que d’une volonté profonde, planifiée et réfléchie visant à associer les compétences au devenir de leur pays.



Un ministre qui appelle les compétences de la diaspora à rentrer au pays, est soit dans l’ignorance totale de la situation de son département, en particulier, et du pays en général ; soit que les compétences mauritaniennes, se font attraper , comme les mouches, avec du papier à mouches.



Le dernier appel en date est celui du ministre de la santé. Essayons de le prendre au mot. Ce ministre a-t-il fait une enquête sérieuse sur le personnel médical et paramédical en Mauritanie ? A-t-il une idée des grilles salariales de ce personnel dans les secteurs public et privé. A-t-il essayé de faire des enquêtes sur les rémunérations des médecins, sur leur niveau, leur régularité et leur adéquation à la charge médicale ? Y’ a-t-il une étude sur les grilles salariales des professionnels du secteur ? Ces grilles salariales sont-elles à jour tiennent-elles compte du niveau de vie ? Combien de médecins sont au chômage ? Quel est le taux d’occupation des emplois dans les structures hospitalières par des médecins qualifiés ? Quelle transparence dans le recrutement du corps médical ? Quelles sont les conditions professionnelles et matérielles de leur emploi ? Quel est leur degré d’adhesion et d’application des normes déontologiques et éthiques de leur profession ? Quelle est l’efficacité et la viabilité des corps institués d’encadrement socioprofessionnels du corps médical ? Quelle responsabilité des ordres professionnels dans l’état d’exercice de la profession ? Quel est l’opinion du médecin face à son environnement de travail ? Quelle est l’attitude de ceux privés ou publics qui l’emploient ?



Enfin, Lorsque la « nébuleuse » médicale en Mauritanie aura bénéficié de l’attention requise, à travers toutes ces évaluations et que le terrain soit suffisamment déblayé et aura acquis une transparence permettant de mieux fixer ses difficultés et les solutions à lui apporter, alors des études primordiales pourraient être lancées. Notamment :



- Quel sont le besoins actuels du système médical en effectifs et en moyens ?



- Quels apports financiers conjoncturels et structurels peut-on lui apporter pour qu’il puisse remplir son rôle ?



- Comment étoffer le système en compétences pour pallier le manque en personnel dans les différentes spécialités ?



- Où trouver ces compétences, comment les acquérir, les intéresser et les garder ?



Lorsque ces questions auront trouvé réponse, alors il y aura la phase primordiale qui consiste en deux étapes :



- Planification, à moyen terme, des voies et méthodes pour arriver aux objectifs



- Budgétisation des moyens financiers pour l’application de cette planification



C'est dans cette phase que le processus d’intégration des compétences médicales mauritaniennes à l’étranger pourra être mis en œuvre.



On voit donc bien qu’entre la réponse entre la première question que l’on a posée (Quelle enquête sérieuse sur le corps médical) et la « phase primordiale » ci-dessus, non seulement il faut bien plus qu’une volonté politique éphémère et bien plus qu’un appel de ministre tout aussi éphémère. Il faut une conviction d’Etat, une foi de ses dirigeants dans le devenir du pays et une croyance sans faille que la Mauritanie c’est ce qu'en feront ses enfants. D’ici et d’ailleurs.



Pour illustrer les propos précédents et pour rester dans le concret. Supposons un instant que des médecins de différentes spécialités exerçant en France veulent réintégrer le système médical mauritanien. Cela est-il dans le contexte socio-économico-financier mauritanien plausible ?



Voici le tableau de rémunération annuelle moyenne du corps médical français en 2007, par spécialité, (secteur public) :




Considérant ces rémunérations et par application du taux de l’ouguiya (377UM/1€ , au 17/01/2010) on remarquera que le salaire moyen mensuel le plus bas de la grille est de 1.433.888 UM et le salaire moyen mensuel le plus élevé est de 2.861 775 UM.







Notons bien qu’il s’agit là de salaires moyens et n’incluent pas les autres avantages inhérents à chaque structure hospitalière ni aux revenus du médecin du fait d’autres activités médicales non hospitalières.



On remarquera aussi la part qu’occupe l’indemnité dans le salaire moyen (graphique), ce qui est un important moyen d’intéressement et de stabilisation et de négociation conventionnelle du niveau de rémunération.



Les exemples peuvent être multipliés et l’on aurait pu prendre les exemples du corps médical dans le secteur privé (rémunération bien plus substantielles). Toutefois, l’intérêt est bien plus démonstratif qu’exhaustif. Et la question est alors simple : le gouvernement mauritanien peut-il assurer à un médecin mauritanien la rémunération mensuelle ci-dessous mentionnée (soit plus d’un million et demi à deux millions et demi d’ouguiyas ) ?



La réponse est évidemment non. Alors la question résiduelle est : le médecin mauritanien bénéficiant d’un tel salaire à l’étranger (avec les avantages inhérents à son statut et l’environnement éducatifs, scolaire et de santé dont bénéficie sa famille à l’étranger) acceptera-t-il de revenir au pays ?



Cette question aucun ministre ne se l’est posée. Elle est pourtant primordiale.



Maintenant, il est vrai qu’un ressortissant mauritanien, pourra décider de rentrer au pays. Après tout se dira-t-il, il faut que je contribue au développement de mon pays. Et c’est une attitude fort louable. La fibre nationale peut jouer et l’acceptation d’une rémunération moindre peut se faire. Mais le dilemme persiste. Et il n’est pas faux de dire que toute la diaspora mauritanienne est prise entre le marteau et l’enclume : Assurer une vie hors du besoin, pour soi et sa famille à l’étranger, ou revenir au pays et tomber dans le besoin et la précarité en hypothéquant son emploi et l’avenir de ses proches.



Et c’est ce dilemme là que les politiciens du jour en Mauritanie, se doivent de comprendre. Tant que les compétences mauritaniennes, ne trouveront pas un terrain socioprofessionnel propice dans leur pays, elles ne reviendront pas. Et cela n’est certainement pas dû à l’effritement quelconque de l’amour qu’ils portent pour leur pays, mais à l’incertitude qu’ils ont en ce que leur pays puisse leur assurer l’environnement leur permettant de participer dans la dignité au développement de leur pays.



Tout autre politique n’est que leurre. Mais à quand quelques lueurs ?



Pr ELY Mustapha

samedi 14 novembre 2009

AZIZ, Sisyphe.

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Les "Roumouz El Vessad" sont-ils saisissables ?

Aziz dit-on s’en est pris aux « roumouz el vessad ». Et la presse nationale s’en est , semble-t-il, fait un écho répété à mille lieux. Comme si les « roumouz el vessad » étaient saisissables et comme si nos journalistes n’étaient pas soumis pour la plupart au diktat de roumouz el vessad.

Une chose est certaine et milite en faveur de Aziz dans « sa » lutte contre les « Roumouz el vessad : Il les connait bien. Très bien. Il a vécu avec. Longtemps. Très longtemps . Des dizaines d’années durant. Traversant leurs régimes militaires. Serrant souvent leurs mains et se taisant devant leurs actes.

Peut-on croire un seul instant que Aziz, plongé dans tous les régimes précédents, ne savait pas qui était qui et qui faisait quoi ?

Plus de vingt ans dans les hautes sphères des régimes précédents de Taya à Sidioca, Aziz connait les Roumouz el vessad sur le bout des doigts.

Aziz durant ces vingt dernières années , sachant et se taisant est, lui-même, responsable pour omission. Par inaction. Pour avoir laissé faire.

Si , cependant l’on prêtait à l’homme la bonne foi. Pas pour tout , bien-entendu, mais tout au moins pour l’acte de répression des « Roumouz el vessad », pourrait-il le faire ?

Aziz a-t-il réellement entrepris d’enrayer les roumouz ? Ou seraient-ce plutôt les résidus d’un scénario électoral qu’il tarde à clore? Le pourrait-il face aux forces politiques en présence qui toutes renferment leur lot de Roumouz ? Est-il lui-même, de par son passé, un exemple dans le respect du bien public et privé. Un exemple qui justifierait la lutte qu’il voudrait mener contre les roumouz.

1. Les conditions pour que Aziz soit cru dans sa lutte anticorruption.

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- Publier l’ensemble de son patrimoine personnel existant sur le territoire national et ailleurs.

Aziz devrait commencer par publier , lui et toute sa famille son patrimoine sous contrôle d’une autorité indépendante. Et justifier tous les biens acquis en sa possession et en celle de ses proches directs.

Ces informations se doivent d’être vulgarisées et mises à la disposition du public. Qui, on le sait, ne croit que ce qu’il voit. Pas les bonnes intentions.

- Dresser une liste exhaustive de l’ensemble des roumouz el vessad (XouldY en a déjà publié une

copie déjà du temps de Taya). Mais n’importe quel mauritanien consulté dans la rue pourra en

établir une. Les Roumouz ont pignon sur rue et sont fort connus.

- S’attaquer à travers cette liste « au gros poisson », dont un grand nombre est déjà dans l’entourage

de Aziz lui-même.

- C’est en s’attaquant au « gros gibier » que le petit tombe. L’inverse comme en train de le faire Aziz, en se prenant aux petits « dealers », n’a aucun effet sur la lutte contre les Roumouz. Ils savent renouveler très vite leurs recrues.

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2. Identifier les « roumouz el vessad » , circonscrire leurs méthodes et leur trouver solution.

Pour ces aspects nous avions déjà consacré plusieurs articles dédiés aux mécanismes de ces infractions, de leur régime juridique, des responsabilités et des solutions politiques et judiciaires à envisager et à mettre en oeuvre. Parmi ces articles:

- Roumouz EL Vessad : la gabegie en symbole (cliquer ici)

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- Comment piller son pays en toute impunité ( cliquer ici).

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En effet, sans une véritable conviction du peuple quant à la réalité et à la densité du patrimoine de ceux qui dirigent, et qui veulent lutter contre la corruption , la fraude, le détournement des biens publics, la concussion, le trafic d’influence, et toute autre infraction connexe, il n’ y aura pas de crédibilité. Surtout quand ceux-là même dont il s’agit ont fait partie des rouages des régimes politiques précédents.

Enfin, on ne combat pas les commissionnaires de toutes ces infractions en agissant au compte goutte et en frappant au gré de l’humeur politique. Il faut une stratégie politique, juridique et judiciaire donnant une crédibilité à l’action du pouvoir, une protection des droits des prévenus et une restitution des biens à la nation.

Sans cela toute lutte contre les « roumouz el vessad » , sera pour celui qui l’entreprend, le calvaire de Sisyphe (1)

Pr ELY Mustapha

(1) Pour avoir osé défier les dieux, Sisyphe fut condamné à faire rouler éternellement, dans le Tartare, un rocher jusqu'en haut d'une colline dont il redescendait chaque fois avant de parvenir à son sommet, tel que raconté dans l’Odyssée. Toutefois, Homère ne faisait pas mention de la raison de ce châtiment. Certaines traditions le justifient par la réputation de brigand et de malfaiteur que Sisyphe avait acquise de son vivant. (Wikipedia)

samedi 7 novembre 2009

La Mauritanie une impuissance… nucléaire !

Pour quelques atomes (crochus) de plus.

« Le gouvernement mauritanien a examiné et adopté un projet de décret sur l'utilisation de l'énergie nucléaire civile.

Le projet de décret a pour objectif d'édicter "des normes de base relatives à la protection sanitaire des professionnels et des populations, par rapport aux rejets liquides et gazeux des substances radioactives, ainsi que la dissémination illicite de sources de rayonnement ionisant", selon un communiqué du gouvernement.

Le décret propose également un système de contrôle pour "le respect strict" des normes internationales en la matière.
» Source

Comment un gouvernement serait-il préoccupé par le nucléaire alors qu’il ne peut même pas faire fonctionner correctement une centrale thermique ?

Pourquoi le gouvernement n’investit pas dans la rénovation des centrales thermiques existantes, leur extension et leur appui par des ressources énergétiques renouvelables abondantes en Mauritanie (soleil, vent etc.) ?

Pourquoi, aujourd’hui , la Sonelec est agonisante et ne peut faire face à ses engagements énergétiques ?

La réponse à ces question est simple : le système énergétique national mauritanien fait l’objet aujourd’hui d’une attaque en bonne et due forme d’un lobby commercialo-financier mauritanien adossé au pouvoir politique en place en connivence avec des lobbies français de l’industrie du nucléaire.

La stratégie du lobby commercialo-financier mauritanien, soutenu et affiché par le pouvoir politique mauritanien a élaboré la tactique suivante :

- Mettre à genou le système d’électrification nationale, s’accaparer son infrastructure, et en prendre le monopole

- Mettre le pays devant le fait accompli et introduire de fait la technologie nucléaire comme solution urgente

- Concrétiser l’alliance avec les industriels du nucléaire français pour la fourniture de centrales et autres équipements clefs en main

- Empocher tous les bénéfices de ces juteux contrats d’industrialisation nucléaire et en devenir la tête de pont toute puissante

- Enfin, devenir l’alpha et l’omega du nucléaire en Mauritanie, autant dire prendre le pays en otage.

Pour arriver à ses fins le lobby commercialo-financier mauritanien a commencé par endetter et neutraliser la société nationale d’électricité à travers son système bancaire avec la bénédiction d’un Etat , dont les dirigeants lui sont acquis

Cette étape fut accompagnée de la vente pure et simple aux industriels français (là encore avec le soutien de l’actuel pouvoir en place) du système énergétique mauritanien. Ces industriels très influents sur le politique français ont d’ailleurs été l’atout premier du pouvoir d’ Aziz pour s’assurer la reconnaissance et le tapis rouge.

La dernière étape sera bien entendu (mais c’est déjà potentiellement fait) de « nucléariser », l’électricité mauritanienne.

Cela va rapporter au lobby commercialo-bancaire mauritanien, son soutien politique et ses partenaires français, des sommes faramineuses puisque une seule centrale nucléaire de 1000 MW (comme celles construites en France) coûte 1, 5 milliards d’euros ! Soit plus de 578 milliards d’ouguiyas ! (Source)

Alors on comprend bien la course effrénée des français vers Aziz et son lobby commercialo-bancaire. D’ailleurs l’on se demande si la carte des français n’était pas (depuis la toute première visite de Ould Bouamatou accompagné de Karim Wade aux hommes d’affaires français durant les premiers jours du putsch) acquise à Aziz du fait des contrats offerts aux industriels français par ses émissaires ( voir ici )

L’on s’était d’ailleurs interrogé, à l’époque sur « ce que les français étaient en train de jouer » dans leur attitude attentiste face au putsch du 6 août (voir ici ). Ils attendaient simplement de voir quel avantage ils pouvaient tirer du putsch…Et les émissaires de Aziz le leur ont apporté sur un plateau d’argent. Le nucléaire. Il fallait y penser.

Aziz-Bouamatou sont en train de prendre en otage le système énergétique national et les français en seront les maîtres d’œuvre. Qui détient l’énergie détiendra l’âme du pays.

D’ailleurs, il suffit d’examiner l’historique des concessions minières et leurs bénéficiaires depuis l’avènement de Aziz, notamment celles de l’uranium , pour comprendre que le plan d’accaparation du système énergétique mauritanien est depuis longtemps en exécution. Le nucléaire sera son achèvement.

Mais quel sera la finalité de tout cela ? On serait plus optimiste si l’on s’imposait l’idée que tout cela profitera au pays. Car Aziz, Bouamatou, feront un jour partie des éphémérides et du temps passé . Les personnes comptant moins que ce qu’elles apportent au pays.

Mais des centrales nucléaires en Mauritanie, est-ce réellement une priorité ? En voici quelques raisons :

- Ces centrales outre leur coût initial sont coûteuses. Elles vont endetter longtemps le pays et réduire encore dans la misère des populations vivant déjà sous le seuil de subsistance.

- Ces centrales ont un coût d’entretien, de sécurité et de personnel qualifié exorbitant.

- Ces centrales seront des mines de déchets, dont le traitement et les enfouissements coûteront des milliards au pays…et les français les empocheront.

Pour une population de moins de trois millions d’habitant, qui pourrait être alimentée en électricité par centrales thermiques à des coûts correspondant à ses moyens et ses besoins et des ressources renouvelables abondantes dans son environnement, pourquoi veut-on lui imposer le nucléaire ?

La réponse n’est pas nucléaire : Le pays est entre les mains d’un lobby politico-financier qui en a fait sa propriété personnelle.

Le nucléaire « mauritanien », n’en est pas simplement un. Il a servi à faire agréer un régime putschiste aux tenants de la France-Afrique, il est en train de faire naître un monopole politico-commercialo- financier sur l’économie mauritanienne. Dont les conséquences pour l’avenir du pays ne peuvent être que désastreuses.

L’impuissance mauritanienne devient nucléaire. A l’ère cupide d’un sous-développement atomique .

Pr ELY Mustapha

jeudi 5 novembre 2009

Il faut dire la vérité:

Il n ya pas d’esclaves en Mauritanie.

Non mais, on a parfois envie de se révolter ! Des esclaves en Mauritanie ? Allons donc. Le Mauritanien, noir (tacheté) ou blanc (sale) ou gris (cendre), ne peut pas être esclavagiste !

Sa propre religion le lui interdit ! Vivant sous le seuil de subsistance, comment peut-il faire vivre un(e) esclave ? Economiquement et religieusement le Mauritanien ne peut donc être esclavagiste.

En effet, s’il ne peut se permettre d’entretenir sa propre personne, comment peut-on dire qu’il peut entretenir des esclaves ? Qui va alors les nourrir ? Qui va graisser leurs lourdes chaines ? La graisse elle-même etant hors de prix et le fer encore plus ?

On voit donc qu’il est impossible qu’il y ait des esclaves en Mauritanie, faute d’esclavagistes !

Mais alors d’où vient cette folle idée qu’il y a des esclaves en Mauritanie. Je vous le demande!

D’ailleurs l’expérience la plus simple pour s’en convaincre est d’aller en Mauritanie et de chercher les esclaves là où ils doivent se trouver. Et bien sûr ne pas faire comme cet expert des Nations unies (dont la prononciation du nom est un pire calvaire d’esclave), et qui en quelques jours d’hôtel en hôtel climatisé a vu plein d’esclaves de la fenêtre de sa chambre.

Oui, il a bien dit que l’esclavage existe en Mauritanie ! En effet, il a simplement confondu les piétons qui sont tous noirs, qui trainent les pieds enlacés dans leurs boubous handicapants et qui ont une mine désastreuse reflétant la situation cadavérique de l’économie mauritanienne et le désarroi des ménages mauritaniens.

Franchement, où sont alors les esclaves ? Eh bien, ils n’existent pas. Sauf dans l’imaginaire de ceux qui pensent . ..qu’ils existent.

D’ailleurs si l’on visite l’intérieur du pays on voit des villages entiers dit « edwaba », qui regroupent une population de personnes qui se disent des esclaves. Mais il ne faut pas les écouter car si elles étaient esclaves est-ce qu’elles auraient leur propre village ou campement ? Non mais ! Où sont leur maîtres ?

Certes, lorsque l’on rend visite à des villages ou campements on remarque effectivement qu’il y a des personnes , surtout noires, qui travaillent, qui travaillent beaucoup . Mais il ne faut pas en déduire que ce sont des esclaves parce que ceux qui les font travailler ne travaillent pas. C’est aller trop vite en besogne. Mais c’est exactement la même chose dans toute entreprise honorable, les détenteurs du capital ne travaillent pas, ils boursicotent. C’est les employés qui travaillent dur et souvent malgré eux! Peut-on dire que ce sont des esclaves ?

Allons donc ! Il n y a pas d’esclaves en Mauritanie ! Il y a juste des personnes qui travaillent dur, qui ne reçoivent rien en contrepartie, qui n’ont pas d’avenir si ce n’est celui de déserter . C'est la même chose dans l'armée; peut-on dire que les soldats sont des esclaves?

Mais ces personnes noires qui travaillent ont un avantage : rien ne leur appartient, même pas elles-mêmes. En cela, par leur détachement des matérialités de ce monde, elles sont plus proches de Dieu. Après tout n’est-ce pas là la plus belle forme de spiritualisme ? En Mauritanie, il n ya pas d’esclaves, il n y a que des bouddhas.

D’ailleurs au lieu de nous envoyer des experts en dénonciation d’esclavagisme, on ferait mieux de classer la Mauritanie comme monument historique faisant partie du patrimoine mondial.

En effet, notre avantage indéniable sur l’ile de Gorée, classée patrimoine mondial, est que nous avons les locataires qui vont avec.

Bel exemple de complémentarité régionale effective et de futur commerce triangulaire.

Pr ELY Mustapha

For Mauritania « prend acte »

Très fort Mauritania !

For Mauritania « Prend acte ». Une telle attitude ne rappelle-t-elle rien à notre conscience collective?

Face au tournant de 2005, la misère de l’opposition a commencé le jour ou un certain Ahmed Daddah , face à un coup d’état qu’il pouvait contester et contrer en 2005, a « pris acte » neutralisant ainsi le plus grand parti de l’opposition de l’époque et se mettant lui-même au service des militaires. Nous savons ce qu’il en advînt.

« Il a légitimé le putsch, supporté les putschistes et il a « pris acte » de leur putsch. Les militaires, l’on utilisé jusqu’au bout, embobiné et ils ont « pris acte » de son soutien. Soutien dont ils n'avaient besoin que les premiers jours. La communauté internationale méritait bien cela. » ( voir Les militaires ont pris acte ) et Ahmed pouvait-il agir autrement? »

Aujourd’hui for-Mauritania, à la suite d’une opposition vaincue du fait de sa propre turpitude, se prend à « prendre acte » d’une élection qu’elle a dénoncée, décriée et combattue et dont on a pu écrire en son temps : « Jamais au grand jamais des élections n’ont été l’expression de la défaite des principes et des idéaux proclamés que celles annoncées pour le 18 juillet. Tout autant que les grandes œuvres ne se bâtissent pas sur les marécages, les démocraties ne peuvent l’être sur des consciences avilies et des principes estropiés. » (Voir « Le vote des éclopés »)

Que se passe-t-il chez nos intellectuels ? Dès que le vent tourne en défaveur de leurs idées, ils se sentent obligés de rejoindre le courant vainqueur ou tout au mieux de se trouver une troisième voie leur permettant de quitter le combat ?

Dans un communiqué publié, For-Mauritania se transforme en « groupe de réflexions et de proposition », et « prend acte des résultats issus des élections du 18 juillet (…) »

Est-ce la fatigue, la conviction de l’inutilité du combat, l’opportunisme ou la volonté de participer autrement à la démocratie mauritanienne ?

Il ne fait pas de doute que c’est certainement le dernier argument qui prévaut . Car l’on ne peut imaginer que des intellectuels qui se sont levés d’un seul tenant malgré leurs difficiles localisations géographiques, usant de leurs propres moyens et de leurs temps, durant plusieurs mois de travail acharné, se soient tout à coup rendu compte de « l’inutilité de leur combat » ou qu’ils soient frappés d’un opportunisme qui tout à coup naîtrait parmi eux.

Mais alors pourquoi for Mauritania, ne reste pas « for Mauritania ». Ce mouvement intellectuel qui avait pour objectif : « La mise en échec du coup d'Etat du 6 août, la restauration de l'Ordre Institutionnel et le retour dans ses fonctions du Président élu ; la restauration de la Démocratie et sa pérennisation. » ?

La réponse est pourtant simple:

- For-Mauritania défendait la légitimité d’un Président et sa réintégration à ses fonctions de président. Et voilà que le Président a par lui-même démissionné !

- For Mauritania supportait une opposition au coup d’Etat, appelée FNDD alors que c’est cette même opposition qui « négocia » les fatales élections du 18 juillet et convainquit le président de démissionner !

Que restait-il donc à For-Mauritania, sinon jouer au Don quichotte et pourfendre des moulins à vent.

For-Mauritania fut une œuvre honnête d’intellectuels mus par de nobles convictions qui croyaient que l’on pouvait compter sur une opposition mauritanienne digne de ce nom.

Hélas, cette opposition est depuis longtemps gagnée par l’opportunisme et minée par le clientélisme permanent. Opposition dont certains membres et dirigeants en ont fait un instrument de leur politique du « ventre ». Il suffit de s’en convaincre, aujourd’hui, de voir les « mains tendus » vers le pouvoir d’Aziz.

L’erreur de For Mauritania, c’est d’avoir cru qu’il y avait une opposition politique en Mauritanie. Et si aujourd’hui For-Mauritania veut se transformer en « groupe de réflexions et de propositions », c’est que c’est probablement le constat de cet état de fait.

Mais la question est de savoir, malgré les nobles intentions d’un tel groupe, sur quoi va-t-il réfléchir et quelles propositions pourra-t-il faire ?

Ce n’est point que nous doutions des hautes compétences de ce groupe, mais en politique mauritanienne pour « réfléchir et proposer », il faut être du bon côté.

Or le groupe de For Mauritania ayant, ongles et griffes, combattu ceux qui aujourd’hui ont accaparé le pouvoir « criera longtemps dans le désert ». Tant il est vrai qu’en politique mauritanienne d’aujourd’hui, ce n’est pas l’idée qui compte mais la personne. La politique mauritanienne n’est pas bâtie sur une lutte d’idées mais sur une lutte de personnes.

Le pouvoir ce n’est pas l’Etat, son idéologie et ses institutions, c’est Aziz, son Basep et ses courtisans. L’opposition, ce n’est pas le militantisme, l’idéologie et les masses, ce sont ses présidents, secrétaires généraux et les acquis pour compte.

Comment dans ces conditions s’inventer en « groupe de réflexion et de proposition » ?

Ou « for Mauritania » a succombé, face au dépit, à une naïveté qui ne lui sied pas. Ou ce groupe pense qu’avec la légalisation d’un putschiste grâce à la cupidité d’une certaine opposition qui a sacrifié ses principes, les choses ont changé ?

Si, aujourd’hui, Aziz bénéficie de la grâce qui, on le sait, est conférée par les mauritaniens rampants à tout « homme fort » qui les écrase, rien ne dit que cet état de grâce est permanent.

Et ce qui est certain c’est que ce genre de régime qui arrive par la force, qui s’instaure par la force et qui s’impose par la force n’est ni adepte « de la réfléxion » et encore moins de « propositions »…qui ne viendraient pas de lui.

Quant à réfléchir pour l’opposition ou lui proposer, défaite, humiliée, elle n’impose ni ne dispose.

Vivement que For-mauritania reste For Mauritania, ce mouvement dont on a pu dire, au moment de sa création, qu’il illustrait bien, face à la peste politique mauritanienne et ses dictateurs, « qu’il y avait en l’homme (mauritanien) plus de choses à admirer qu’à mépriser ».

Pr ELY Mustapha

vendredi 9 octobre 2009

Soit dit en passant

Pourquoi un prix Nobel pour Obama?


C'est extraordinaire comme on aime applaudir pour tout et n'importe quoi. Il suffit qu'un prix soit décerné à un noir pour qu'on considère que c'est extraordinaire!


Franchement qu'à fait Obama pour mériter le prix Nobel?

- Est-ce parce qu'il a conquis la présidence des States? Non! c'est à la portée de tous les noirs.Car les noirs sont aussi humains que les blancs!

- Est-ce parce que c'est un noir qui est président des USA? Non! Cela devrait passer inaperçu, car ce n'est pas extraordinaire qu'un noir devienne président des USA, ce n'est pas un poste génétiquement blanc!

- Est-ce parce qu'il veut fermer les geoles de Guantanamo? Est-ce qu'on obtient un prix nobel parce qu'on annule une décision de son prédecesseur. Sinon tous nos foutus présidents, noirs, bruns et gris seraient des prix Nobel!

- Est-ce parce qu'il a la peau noire, qu'il mérite un Nobel? Non! Un nobel est lié à une oeuvre, à un monument, à une pensée, à une découverte, à un génie. Bref, à ce que tous les hommes, noirs et blancs sont capables de faire.

Un nobel ne peut être attribué à homme fut-il noir ou blanc, n'ayant que quelques mois à une présidence, n'ayant encore rien résolu des problèmes de guerre et de paix de la planête et cherchant encore ses marques!

Si le prix nobel a été attribué à Obama parce qu'il é été élu à la présidence US, ce Nobel n'a pas sa raison d'être, car il n' ya pas de Nobel pour la course aux présidentielles.

- Si pire que tout ça, c'est parce qu'un noir a pu être président des Etats-Unis, alors c'est un insulte à l'humanité en général et au génie de la race noire, en particulier!

Ce prix Nobel que nous appelerons" de la négritude qui a pu se hisser à la Maison Blanche", n'aura qu'un seul effet (négatif). Celui, de gonfler les chevilles d'un Obama qui a besoin, plus que jamais de garder les pieds sur terre.

Ecoutons le comité du prix Nobel déclamer: "Il est très rare qu'une personne ait, dans la même mesure qu'Obama, capté l'attention du monde entier et donné à son peuple l'espoir d'un avenir meilleur".

Comme quoi le peuple noir a toujours vécu dans le désespoir...avant qu'Obama n'arrive à la Présidence sous la bannière des ...Démocrates... pour défendre l'espoir du peuple noir!


Enfin si vous voulez savoir pourquoi, d'ailleurs, OBAMA n'aurait jamais dû être élu Président des Etats unis d'Amérique cliquez ici


Pr ELY Mustapha

vendredi 31 juillet 2009

Le calme avant la tempête.


Un phare pour nos rivages


Aziz est élu. Aziz est devenu président. Mais Aziz n’est pas autre chose que Aziz . Un putschiste. Un non légaliste. Un « légalisateur » d’un coup d’Etat. Mais Aziz est désormais « adulé ». Les éternels groupies du pouvoir s’agglutinent à ses bottes qu’il peine à enlever. Il sera bientôt « le tout ,l’unique et l’éternel ». L’indécrottable. L’infaillible. Le « supra-ultra-divin » de la courtisanerie scotchante des « plébiscités » à leur fauteuil roulant pour leurs intérêts. Aziz a légalisé son putsch. Aziz, un putschiste-président. Ou un président-putschiste, au choix et au désarroi de ceux qui le récusent.

Son plébiscite il le doit moins , cependant, au peuple que la misère et la supplique des gouvernants forts et opulents poussent à copuler avec les chimères électorales qu’à cette opposition qui à chaque putsch brade jusque ses principes . Cette opposition qui « prend note », qui « entérine », qui « enregistre » et qui « dialogue » avec tout putschiste qui passe, avait-elle vraiment le mérite et la dignité d’accéder à un pouvoir devant lequel elle se pliait à chaque coup de force et dont « elle prend acte » dans une humiliante et déconcertante attitude qui n’avait d’égale que la cupidité mythomane de ses dirigeants qui pensaient arriver au pouvoir « sur le capot d’une jeep militaire »?

Aujourd’hui cette opposition dont une partie a certes essayé de défendre la légalité (le FNDD , notamment) a été très vite empoisonnée par son autre aile «enregistrante» et rampante, à laquelle elle s’est alliée et qui l’a poussée à ce compromis de « Dakar » qui ne fut en fait que « le ticket » pour une course effrénée et inconsciente vers un pouvoir dont l’accès a été déjà verrouillé par celui qui le détenait depuis le 6 août dernier.

Mais alors que reste-t-il à cette opposition qui a tout perdu ? Rien. Un spasme de contestation d’une élection que personne ne pense plus contester, et même si cela était, le simple bon sens dicterait déjà que Aziz ne renoncerait plus jamais à son « bon droit » d’être président. Alors vaines tentatives de vouloir contrer celui qui est arrivé au pouvoir par la force des baïonnettes et qui s’y maintient par la force des urnes.

L’opposition perdante n’ayant pu contrer par une cohésion et une lutte digne de ce nom , l’accaparation du pouvoir par la baïonnette, n’est plus autorisée aujourd’hui à lutter contre le verdict des urnes. Et pourtant nous avions ici même appelé (et très tôt) à la prise de conscience de la nécessité de cette lutte avant le drame électoral ( voir : « Ahmed Daddah pouvait-il agir autrement ? oui ! » )

Cependant, contrairement à ce que chacun penserait, la balle n’est plus dans le camp de l’opposition mais bien dans celle de Aziz.

En effet, si Aziz a gagné les élections, il n’est toutefois pas sorti de l’auberge. Ceux qui l’on élu tout autant que ceux qui ne l’on pas élu l’attendent au tournant de ses engagements et promesses clamées de Dar Ennaïm à Hay essaken et au-delà, à travers tout le pays

Une opposition responsable se doit alors se réorganiser et très vite autour d’un thème fédérateur de défense de ses positions acquises durant le dernier putsch et les valoriser en prenant rapidement le contrepied du pouvoir sur ses promesses électorales et en prenant à témoin le peuple que le général a su si bien ameuter par ses déclarations. En sommes prendre le pouvoir à son propre jeu politique.

En effet, si les 52% et poussières que le général a acquis sont bien réels, alors il en découle une conséquence dont la portée est d’une extrême importance pour l’opposition : le peuple a cru aux promesses de « pain », « de santé », « de dignité », « d’honnêteté » que lui a miroitées Aziz.

Le peuple est alors dans une expectative, en attente de la concrétisation de ces promesses et si elles ne se réalisaient pas, alors cela pourrait être une déception sur laquelle l’opposition se devrait d’apprendre très vite à « surfer » et à récupérer pour contrer le pouvoir et jouer son rôle d’une opposition forte.

C’est autant dire que durant ces 12 mois de putsch, le peuple s’est grandement appauvri, qu’il a craint le pire des sanctions internationales, et qu’il s’est agrippé au fil d’espoir que lui a miroité Aziz à travers son discours du « ventre » teinté d’un nationalisme latent auquel il a cru. C’est autant dire le caractère explosif d’une telle croyance si celui en lequel elle est fondée n’assure pas.

C’est pourrions-nous donc dire que c’est certainement le calme face à une tempête à venir.

Une opposition intelligente serait celle qui déjà allumerait un phare sur les rivages obscurs vers lesquels l’espoir d’un peuple risque de s'échouer.

Tant il est vrai que le capitaine-général qui a pris possession du bateau-nation n’ayant eu , jusque-là, d’intérêt que pour sa propre gouverne, se devra de bien tenir les gouvernes . Faut-il cependant que sur son sextant, il ait bien calculé les coordonnées exactes de son port d’espérance populaire, car il ne lui est pas permis de revenir à son port d’attache.

Pr ELY Mustapha

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Poésie de la douleur.