jeudi 23 octobre 2008

A Son Excellence Monsieur Nicolas Sarkozy, Président de la République Française, Président en exercice de l’Union Européenne


Monsieur le Président,

Le coup d’Etat du 6 Août 2008, est une atteinte directe à la volonté du peuple mauritanien qui, en Mars 2007, s’est exprimé par un suffrage universel salué par toute la communauté nationale et internationale et a élu à une majorité écrasante de 52 % son Président de la république.

Cette élection libre , transparente et démocratique depuis 1978 date de l'avènement des régimes militaires en Mauritanie, a été supervisée par d’éminents observateurs internationaux, personnes physiques et morales, et a bénéficié du soutien moral et financier de l’Union européenne et de sa caution en tant que berceau historique des démocraties.


Monsieur le Président,

La violence faite aujourd’hui au peuple mauritanien à travers le renversement de ses institutions démocratiquement élues, et le piétinement de sa volonté librement exprimée ne peut trouver sa justification nulle part et certainement pas dans un argumentaire inventé de toute pièce par une junte putschiste pour justifier son forfait. Argumentaire qui, au-delà du cynisme qui s’en dégage, n’étant autre que le « redressement de la Démocratie ».
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Un général, chef d’une garde présidentielle, qui renverse le président démocratiquement élu d’une nation en justifiant son acte par un tel argument pourra-t-il trouver dans un esprit rationnel raison d’écouter ?

Un général limogé par le Président de la République au nom de ses prérogatives constitutionnelles de « chef des forces armées », a-t-il le droit de contester un tel acte et à fortiori commettre un coup d’Etat ?

Qu’adviendrait-il de la Démocratie si chaque fonctionnaire se rebellait contre un acte administratif à lui défavorable et si chaque soldat se servait de ses armes contre son chef ?

Monsieur le Président,

Le putschiste qui a commis ce coup d’Etat, en bafouant toutes les lois constitutionnelles, le justifie par le danger qu’un tel décret le limogeant et le remplaçant par un autre officier entrainerait pour la stabilité du pays. Or il n’en est strictement rien. Tout officier est remplaçable par un officier de même valeur et cela ne justifie pas les coups d’Etat.

Un tel acte est aujourd’hui présenté à la communauté internationale, par une pléiade de commis malléables et corvéables à merci, comme un acte salvateur visant à protéger la Démocratie mauritanienne contre la politique menée par le président de la République renversé, ce qui ne correspond nullement à la réalité.

Durant ces quinze mois au pouvoir, le président Sidi Ould Cheikh Abdallahi, n’a jamais commis une infraction ni contre la loi , ni contre le jeu normal des institutions démocratiques. Il a été un président au dessus de tout soupçon.

C’est au contraire le général putschiste qui considérant, le Président comme son vassal puisqu’il a contribué à son élection, a voulu lui dicter ses choix et sa politique.

Face à sa résistance, il a déployé tout un mécanisme de déstabilisation institutionnelle, notamment un lobby parlementaire acquis à sa cause pour empêcher tout bon fonctionnement des institutions. Il a crée de toute pièce une fronde parlementaire qui s’est attaquée à l’institution présidentielle, qui a bloqué les choix gouvernementaux du Président et qui a généré des tensions jusque dans l’entourage familial immédiat du président.

Cette fronde, malgré les blocages qu’elle a générés durant des mois,, n’ayant pas abouti à déstabiliser le Président , il fallut alors recourir au coup d’Etat. Le décret présidentiel limogeant le général putschiste n’en fut qu’un catalyseur dans lequel les putschistes ont pu trouver mille et une raisons pour justifier leur forfait. Notamment la volonté du président de "décapiter" l’armée , de plonger le pays dans le chaos ou d’instaurer l’insécurité face au terrorisme. Raisons qui sont d’autant une cogitation mégalomane d’un général qui, hantant depuis longtemps les allées du pouvoir, se croyait indispensable. Un putsch pour reprendre ce qu’il a toujours considéré , à l'instar du chapelet de putschistes qui l'a précédé, comme son propre patrimoine : l’Etat.

Monsieur le Président,

Les militaires sont-ils les plus indiqués pour établir la démocratie ou constitutionnellement habilités à la « redresser » ? Le code militaire et les lois martiales s’établissent sur la discipline pas sur la démocratie. Une discipline à mettre au service d’une démocratie, pas sa destruction.

Aujourd’hui, la junte clame que les institutions démocratiques continuent à fonctionner normalement, ce qui est une aberration constitutionnelle. En l’absence du président de la République « incarnation constitutionnelle » de l’Etat, le parlement s’en trouve par la même neutralisé. Seul le président de la République a, constitutionnellement, autorité pour convoquer les sessions parlementaires. Les deux présidents de l’assemblée et du Sénat ayant depuis les premières heures du putsch refusé toute collaboration avec la junte , témoignant ainsi davantage de l’illégalité des sessions parlementaires convoquées d’autorité en violation de la constitution.

C’est autant dire qu’il s’agit d’un parlement fictif peuplé par un nombre de sénateurs et de députés d’une fronde toute acquise aux putschistes. Parlement qu’ils ont continué à convoquer pour entériner l’idée d’une continuité libre et démocratique des institutions de la République. Parlement présidé par des vice-présidents autoproclamés en vertu d’un règlement intérieur caduc . Le président du Sénat et le président de l’Assemblée nationale ayant pris leur distances face à cette comédie parlementaire et n’ont jamais participé depuis le putsch à ces mises en scènes « législatives ».

Parlement maintenu formellement en fonctionnement pour des objectifs de règlements de comptes personnels qui n’honorent ni le pays ni la République. Car durant ces deux mois du putsch son activité s’est exclusivement consacrée à humilier, par des convocations répétitives et sous contrainte, l’épouse du chef de l’Etat renversé et à mettre en place une Haute cour de justice pour dissuader et dégrader l’image du Président de la République devant l’opinion nationale et internationale. Une activité pseudo-parlementaire toute orientée vers la vindicte et n’a de législatif que le nom. Est-ce là la mission d’un parlement qui participe aux institutions démocratiques ?

Jamais un parlement n' a fonctionné et ne fonctionnera sans ce qui justifie l’existence et l’équilibre des trois pouvoirs dans l’Etat. L’exécutif, le législatif et le judicaire. Or l’exécutif mis sous séquestre et le judiciaire mis au service de la dissuasion opposante, que reste-il de la démocratie, des droits et des libertés publiques ?

Non seulement, l’esprit des lois est violé et les corps institués réduits à se consumer sous la volonté d’une junte qui veut imposer aux institutions républicaine son existence.

C’est ,en concaténant l’histoire, mettre Montesquieu au service de Machiavel et envoyer Talleyrand bénir Danton sur l’échafaud .

Monsieur le Président,

Ce qui se passe actuellement en Mauritanie, est une des plus grandes mascarades que nos institutions aient vécues depuis l’indépendance. Des putschistes qui prennent le pouvoir en instrumentalisant des parlementaires au garde-à-vous, acquis à leur cause corps et âme et dont la plupart leur doit son élection. Parlementaires qui ne sont pas eux-mêmes saufs de tous les reproches que l’on peut faire à l’entourage du président et à son dénigrement.

Monsieur le président,

Notre peuple épris de paix et de justice, demande instamment que cessent ces violences qui lui sont faites, que ces militaires qui ont pris depuis plus de trente ans le pli des coups d’Etat , et la manipulation des hommes et des institutions trouvent une dissuasion suffisamment forte pour les contraindre à ne plus jamais recommencer.

Et cette dissuasion ne peut venir que du peuple avec l’aide de la communauté internationale, celle éprise de justice et de liberté.

Or le peuple mauritanien après plus de trente ans de dictature militaire, n’en peut plus. Réduit à la misère dans un des pays parmi les plus riches .Classé parmi les pays les plus pauvres malgré des richesses faramineuses mais dilapidées durant tant d’années de régime militaire

Monsieur le Président,

Le terrorisme n’est pas né avec le Président Sidi Ould Cheikh Abdallahi. Le tragique 11 septembre en témoigne à l’échelle mondiale et les non moins tragiques évènements en Algérie notamment et en Mauritanie ( la tragédie de Lemgheity en Mauritanie), durant le régime qui a précédé celui de Sidi Ould Cheikh Abdallahi, en témoignent à l’échelle de la sous-région maghrébine.

Faire croire que le Président Ould Cheikh Abdallahi a permis le terrorisme en Mauritanie ou qu’il l’a encouragé est une contre-vérité. La vérité est à chercher ailleurs dans le développement du terrorisme dans la sous-région et son expansion . Expansion qui n’a pas trouvé devant elle une résistance militaire et sécuritaire puisque les chefs de l’armée obnubilés par le pouvoir, vivant dans ses allées, peu préoccupés des troupes ni de la mission de défense du territoire et son intégrité qui leur est constitutionnellement confiée, sont certainement les premiers fautifs.

Un général concentrant à Nouakchott, l’essentiel de l’armée , de ses munitions et des moyens dont elle dispose et qui tout orienté vers la conquête du pouvoir puisque c’est son deuxième putsch, n’a pu servir son pays qu’en détruisant ses institutions démocratiques.. Et la dernière tragédie de "Tourine" témoigne bien de l’état de vulnérabilité dans lequel se trouvent nos troupes face à un ennemi terroriste et sournois.

Monsieur le Président,

Toute personne, douée de raison, ne doit pas vous dire qu’il faut œuvrer dans le sens des sanctions contre la Mauritanie. C’est une option qui ne doit pas trouver auprès de vous et de vos alliés européens une quelconque sollicitude.

La Mauritanie à besoin de l’aide internationale, des moyens financiers provenant de toutes les institutions étatiques nationales et internationales, des organisations internationales pour continuer son développement.

En la privant de ces moyens financiers, ce n’est pas une junte que l’on sanctionne car elle a constitué durant ces trente dernières années, directement ou indirectement, au pouvoir des fortunes qui la mettraient certainement pour longtemps à l’abri du besoin, ce sont ces populations pauvres vivant au jour le jour et dont le moindre manque dans leur approvisionnement les ferait très vite chavirer dans une famine qui n’est pas une vue de l’esprit comme en témoignent déjà les rapports des organisations humanitaires internationales.

Les sanctions financières emporteront très vite une infrastructure économique et sociale fragile et hypothéqueraient pour longtemps tout espoir de développement. Les projets publics et privés s’arrêtant chaque jour du fait de cette crise, entraineront la mise à genou de tout un pays.

Aussi nous demandons à ce que la Mauritanie ne soit pas privée de ses moyens économiques et financiers pour que des millions d’innocents ne souffrent pas aujourd’hui et encore plus demain des turpitudes d’une poignée de militaires.

Ce que nous demandons ce n’est pas de sanctionner la Mauritanie et son peuple, ce que nous demandons c’est de sanctionner des militaires putschistes récidivistes pour le salut de toute une nation et le devenir de ses institutions démocratiques.

Nous voulons qu’ils quittent le pouvoir et que la légalité constitutionnelle soit restaurée. Nous voulons que le peuple mauritanien retrouve les institutions qu’il a élues et qui ont eut l’appui et l’assentiment de toute la communauté nationale et internationale. Et que toute solution à trouver le soit dans notre Constitution encore en vigueur , à travers une expression démocratique libre et populaire .

Monsieur le Président

Pour que le peuple puisse tenir debout face à ses tyrans, il ne faut l’affamer.

Il ne faudrait pas que l’arme du pain soit utilisée, elle ne servirait que l’objectif de ceux qui veulent le soumettre davantage à leur diktat. Un être affaiblit est vulnérable, une nation affamée est imprévisible.

Sanctionner les putschistes, les obliger à quitter le pouvoir.

Jamais le peuple mauritanien n'a cultivé la haine. Imbu des principes de tolérance issus de son islam et de ses cultures millénaires, il appelle à trouver une solution conforme à son idéal de paix et de justice. Trouver un accord, préservant la légalité et la dignité de tous les protagonistes pour le salut des institutions républicaines et pour la démocratie, se doit d'être la seule arme pour que la Mauritanie ne soit pas le bouc émissaire d’intérêts qui ne servent pas la Nation.

Nous ne voulons plus jamais ça. Au nom de l’idéal des nations et de la liberté des peuples.


Pr ELY Mustapha

mercredi 22 octobre 2008

Icare en Etat de Siège



« Combien de crimes ont été commis
simplement parce que leur auteur
ne pouvait supporter d'avoir tort » (A.Camus)


Il est important de se souvenir que ould Abdel Aziz est un militaire mauritanien et nous tenons à toute notre armée et respectons nos soldats et le rôle qu’ils jouent dans la défense du pays, et l’intégrité de notre territoire.

Il est en effet, un point à éclaircir et qui souvent passe inaperçu mais dont l’incidence sur la façon de traiter les choses est très importante.

En effet, depuis 1978, l’armée a toujours été perçue à travers ses officiers supérieurs. Surtout ceux qui sont dans les allées du pouvoir politique soit parce qu’ils le détiennent soit qu’ils en assurent le » gardiennage ». Ainsi aujourd’hui, lorsque l’on parle du général ould Abdel Aziz , il semblerait que cela est perçu comme s’adressant à l’armée mauritanienne. La confusion dans les esprits entre le général ould AbdelAziz et l’armée nationale se doit d’être absolument évitée et combattue dans les analyses faites du comportement de ce général.

Le général Ould Abdel Aziz, n’est pas le chef des armées ni la personnification de l’armée mauritanienne. C’est un officier supérieur comme tous les autres qui a par des circonstances historiques sous l’ancien régime a eu pour mission le commandement de l’unité chargée de la sécurité du Président. C’est un chef de bataillon. Un bataillon de l’armée nationale. Bataillon qui relève directement de l’Etat Major national et bien entendu du « chef suprême des armées », le Président de la République.

Le Général , commandant du BASEP relève donc organiquement et fonctionnellement du chef d'état Major national. Or ce général a pris une indépendance et un monopole tels sur les armes et munitions des unités nationales qu’il est devenu une espèce « d’Etat major dans l’Etat major » durant le régime de Taya. Puis il a évolué avec le régime de Sidioca, pour devenir « un Etat dans l’Etat» . Et enfin en reversant le président Sidioca par devenir « l’Etat lui-même».

En recherchant cette ascension vertigineuse vers le pouvoir , il est en train, comme Icare de se brûler les ailes. Il est aujourd’hui pris au piège de sa recherche constante d’autorité et il est certain qu’il n’en mesure pas encore la dimension exacte.

Comment le pourrait-il ?

En effet, comme on a pu le démontrer ailleurs, le titulaire du pouvoir est très vite anesthésié par le microcosme politique mauritanien. Ses randonnées dans les quartiers populaires et la recherche du « bain de foule » est le premier signe avant-coureur d’un comportement qui vise à revitaliser une chute dans le moral et que le « populisme », tel un remontant aurait pour rôle de rehausser.

Le recours à l’exacerbation du sentiment national, à l’égard de la position de la communauté internationale et des organisations nationales est encore une forme de recherche d’un soutien dont on connait les limites mais dont on ne mesure pas les conséquences sur la stabilité nationale. Ceux qui ont exacerbé le sentiment national en savent quelque chose et tentent encore de s’en expliquer devant les tribunaux internationaux.

Pris entre la gangue d’un populisme qui ne donne pas ses fruits, un microcosme politique envahissant et anesthésiant et le reste du monde qui menace le pays et qui a commencé à mettre en exécution ses décisions, le général ould Abdel Aziz est en train d’expérimenter la dissuasion et l’intimidation. Des interpelations, des convocations musclées, des citations devant la police et la sécurité sont le lot actuel d’anciens responsables mais aussi de membres de partis politiques.

Que recherche le général à travers une telle attitude d’intimidation ?

La situation dans laquelle se trouve actuellement le général, correspondrait en tout point à la situation que les militaires appellent sur le terrain de combat « l’état de siège ». Mais ce n’est pas de cet état de siège là dont on parle mais bien de celui qu’Albert Camus a si bien décrit dans sa pièce théâtrale du même nom.

« L'État de siège est une pièce de théâtre écrite par Albert Camus en 1948, qui traite de la peur, et plus exactement de la mise en place d'un régime totalitaire par l'instrumentalisation de la peur (. ..) Cette pièce dénonce le fonctionnement des régimes totalitaires en démontant le mécanisme de soumission de la peur.

Mais le discours universel de cette pièce de théâtre concerne tous les hommes. Camus veut avant tout prévenir contre un éventuel retour de ce type de régime. Il aborde ainsi les thèmes de la résistance, de la révolte et de la liberté comme garde-fou contre la manipulation, la résignation, la soumission, la passivité... » (wikipédia)

Ce état de siège là est bien celui qui caractériserait un usurpateur de pouvoir qui, ayant épuisé toutes les voies pour "convaincre" du « bien-fondé » de son acte , retourne vers ce qu’il maîtrise le plus : la violence.

Camus, dans sa fameuse pièce nous apprend alors que pour venir à bout de la volonté de totalitarisme « c'est de ne pas en avoir peur » mais « de lui opposer la solidarité. »

Icare en état de Siège, voilà comment apparaît aujourd’hui ould Abdelaziz. Mal conseillé , mené par le bout du nez par une pléiade de courtisans porteurs de faux espoirs en sa pérennité au pouvoir. Et qui disparaitront à la vitesse où ils sont apparus. Spécialistes de la défection au premier coup de vent contraire, or la tempête commence déjà à se lever.

Quel peut-être le moral d’un général qui prend d’assaut une place forte et qui se rend compte qu’il ne peut ni la garder, ni y renforcer ses positions, et qu’il ne peut y rester puisqu’il y est assiégé? Il ne peut demander ni des renforts intérieurs, ni compter sur l’extérieur qui l’a déjà condamné… à en sortir.

Dans cet univers, le général putschiste est bien pris au piège. Le sait-il? Certainement. Il doit être certainement en train de revoir toutes les techniques apprises à l’école militaire pour se sortir de situations difficiles. Du camouflage à la diversion en passant par l’ultime sursaut du soldat assiégé : forcer une voie de sortie.

Alors il faut sauver le soldat ould Abdelaziz, avant que la dernière solution ne s’impose à lui. Car personne n’acceptera plus les solutions forcées ni les coups de force.

Aussi la seule solution est le dialogue et l’imposition de l’esprit de tolérance pour une solution durable de sortie de crise. Une solution qui sortira le général de son état de siège et le pays du danger économique qui le menace.

Pourtant les solutions concrètes proposées ne sont pas infinies et se résument concrètement en quatre possibilités :

- Celle avec le général et avec le président : Entériner le putsch et l’illégalité mais Instaurer une cohabitation à penser et à codifier

- Celle sans le général et avec le président : restaurer la légalité constitutionnelle en rejetant le putsch et l’illégalité

- Celle sans le président avec le général : entériner le putsch et l’illégalité

- Celle sans le général et sans le président : entériner le putsch et l’illégalité sans restaurer la légalité constitutionnelle.

Quelle que soit la solution, il faudrait la trouver rapidement pour le salut de la nation. L’auteur de « l’état de siège », n’a-t-il pas écrit :« Combien de crimes ont été commis simplement parce que leur auteur ne pouvait supporter d'avoir tort » (Albert Camus) ?

Et il vaut mieux avoir eu tort que d’avoir mis sa nation en danger.

Pr ELY Mustapha

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mardi 21 octobre 2008

Motus et bouche cousue. Mystère et boule de gomme.


Et si le Président Sidioca s’exprimait, que dirait-il ?

Partant d’un principe infaillible régissant les canaux de communications en Mauritanie , on dira que tout se sait.

La question est : Que dira le Président Sidioca que l’on ne sait pas ?

Mystère et boule de gomme. Qu’est-ce qui serait si exclusif pour entrainer une reconsidération de l’image que chacun s’est faite, durant ces quinze mois de gestion, du régime de Sidi Ould Cheikh Abdallahi ?

Voilà une gageure.

S’il nous dit que tout un complot a été ourdi contre lui à travers une connexion militaro-parlementaire, on le savait déjà. Probablement qu’il fournira plus de détails, mais cela ne change rien à la chose.

S’il nous dit que les militaires l’ont mis sous contrainte durant son mandat, cela ne nous apprend rien. C’était évident, cela se voyait au grand jour.

S’il nous dit qu’il n’avait pas le libre-arbitre, ni la liberté de ses gestes et des ses actes, cela se comprendrait. Mais ça aussi on le sait.

Que pourrait-il alors révéler qui serait si sensationnel, qu’il entrainerait un lever de bouclier général et renverserait la vapeur en alliant ses contradicteurs à sa cause ?

Mystère et boule de gomme… Et pourtant…

Pourtant, quelque chose pourrait bien se déclencher et cela ne peut être que sur la base de la connaissance que le Président aurait eu de certains dossiers sensibles qu’il aurait eu à gérer, dont il a la preuve et qui seraient éminemment explosifs pour entrainer le tollé général.

En effet, où sont passés les dossiers de la drogue et de ses trafiquants impliquant des réseaux politico-admistrativo-économiques nationaux ?

Où sont passés les dossiers de la Mafia mauritanienne soulevés par Interpol et son impact sur la sécurité de la nation?

Où sont les dossiers impliquant, dans ces processus, de hautes personnalités de l’Etat du régime précédent et actuel dans les problèmes de sécurité nationale?

Quel impact cela-t-il eu sur le mandat du président et la volonté des putschistes de s’en débarrasser ?

Y ‘a –t-il eu une pression constante sur le président afin d’étouffer tous ses dossiers et qui s’est traduite par un conflit ouvert entrainant l’acte du président voulant se débarrasser nuitamment du général?

Le général en renversant Sidioca, voulait-il protéger non seulement ses intérêts, sa personne mais aussi d’autres personnes dont l’implication dans ces dossiers pouvait entrainer des révélations compromettantes?

L’affaire du décret de limogeage, serait-elle l’arbre qui cache la forêt ?

Toujours est-il que Sidioca se devra bien de parler mais pas de ce qu’on sait, mais de ce que l’on soupçonne.

En définitive, Sidioca à le choix : soit rompre la « loi du silence », soit garder le silence. Dans ce dernier cas, comme on dit "tout ce qu'il dira sera retenu contre lui."

En effet, s’il devait, avec ce qu’il sait , puisque baignant pendant quinze mois dans le secret des Dieux, briser « la loi du silence » ( qui plane sur ce qui détruit le pays, à savoir la drogue, la mafia organisée, la criminalité financière et économique ainsi que les personnes qui autour de lui et dans les centres de décisions organisent tout cela, s’en servent pour maintenir les réseaux des stupéfiants et autres trafics dont ils s’enrichissent et assujettissent politiquement le pays grâce aux moyens illicites dont ils disposent ) et permettre de voir les choses autrement, alors tant la communauté nationale qu’internationale saisira, au-delà de leurs discours salvateurs, la motivation réelle de ceux qui l’on renversé.

Par contre, s’il devait parler pour nous dire qu’on lui a fait du tort de le renverser, et que tout ce qu’on lui reproche est faux et que les militaires l’ont mené en bateau et l’ont mis sous pression à travers le général et ses complices au parlement , et que son épouse est innocente de tout ce qu’on lui reproche et qu’il est victime d’une incompréhension, alors Sidioca ferait mieux de garder le silence.

En effet, Le silence lui profiterait mieux. Il en lui-même un cri pour une personne que l’on incarcère. Et le silence lui préservera une aura positive qu’il ne devrait pas déchirer en parlant pour ne rien révéler autrement que ce que chacun sait.

Ce serait, encore une fois ,une mauvaise stratégie et ne rendrait nullement service à ceux qui appellent à la restauration de la légalité, à travers son retour.

Motus et bouche cousue. Mystère et boule de gomme.

Pr ELY Mustapha

Comité militaire pour le redressement de la démocratie (CMRD)

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Communiqué numéro 4: plus ingrata , tu meurs.


Le Comité militaire pour le redressement de la démocratie (CMRD) ex-HCE, informe l’ensemble des mauritaniens, ceux pris en otage et ceux qui courent encore, que son putsch étant dès le début voué à l’échec vient de se voir confirmer la même chose, après Addis-Abeba par Paris et Washington.


Aussi toutes les personnes, objet du communiqué n°1 (qu'on peut consulter ici ), que le retournement de vestes à commencé et que tous ceux qui veulent le faire sont priés de vérifier d’abord qu’ils ne sont pas définitivement fichés dans la liste des personnes indésirables publiée aujourd’hui par Washington. Pour ceux-là le CMRD ne peut plus rien, car il en fait lui-même partie.

De même le CMRD, informe toute la population non encore abrutie par les deux mois de sa dictature que les élections objet du communiqué numéro 2 ( qu'on peut consulter ici) , ne peuvent plus être tenues du fait que l’Union Européenne ne lui laisse plus qu’un mois pour quitter les lieux, Mais que si elle veut bien, il y a un certain Ahmed Daddah, (très connu au bataillon) qui voudrait bien prendre leur place même pour quelques secondes.

De même aussi, le CMRD informe tous les mauritaniens que le communiqué n° 3 (qu’on peut consulter ici ) n’a plus d’objet non plus car comment voulez-vous que le général Abdelaziz tienne sa promesse de « résoudre tous les problèmes de la Mauritanie » en un mois ? Mais proposerait bien un Grand Sénateur Mauritanien (GSM), du côté de Rosso, pour continuer à vous mener en bâteau législatif en attendant le prochain putsch.

Enfin, comme les membres de la junte et leurs supporters sont déclarés "persona non grata" aux States et qu’ils le seront bientôt en Union européenne et un peu partout dans le monde, le CMRD a le plaisir de vous informer que le 20 novembre, date d’expiration de l’ultimatum, il sera pris en charge par l’ANAIR au titre de réfugié de l’intérieur.

Et pour finir et afin de bien lire ce communiqué et pour respecter la bienséance prière de ne pas prononcer « CMRD » , en un seul mot mais en plusieurs lettres. C’est la seule chose de positive que nous aurons laissé à la Nation, vu que nous savons maintenant que notre nom était prémonitoire de la chose qui nous est arrivée.

Signé au palais provisoirement présidentiel

Par le chef de la junte ( persona non grata en chef )

Et les membres de la junte (plus « ingrata » encore)
Pr ELY Mustapha

lundi 20 octobre 2008

La stratégie qu’il faut, là où il faut, quand il le faut.

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Défendre l’institution pas la personne.

Des membres de la société civile auraient rendu visite à Sidi Ould Cheikh Abdallahi. Et comme d’habitude la presse officielle, n'a pas fait son travail d’information. Un entrefilet pourtant : Sidioca aurait exprimé sa volonté de défendre publiquement sa gestion. Et voilà.

Un homme séquestré depuis plus de deux mois, privé de ses mouvements et de sa liberté de parole n’aurait eu rien à dire à ceux qui viennent s’enquérir de sa situation que de vouloir faire le bilan de son régime ?

En vérité, si Sidi Ould Cheikh Abdallahi, va justifier son retour sur la base de sa gestion des affaires publiques durant sa présidence, c’est là une très mauvaise stratégie. Car ce n’est pas sur ce plan qu’il aura le satisfécit de qui que ce soit ni la mention la meilleure. Il suffit au lecteur de lire tout ce que l’on pu écrire ici sur les errements politiques économiques et sociaux des gouvernements sous sidioca. La dernière lettre que nous lui avons adressée après son renversement résume les quinze mois d’évaluation de sa politique et de celle de son gouvernement (lire la lettre ici) .

Il ne faudrait pas que Sidioca se trompe de stratégie et se mette à défendre sa gestion. Ce n’est pas celle que nous défendons et c’est prêter le flanc à une critique qui ne sera pas dans beaucoup de ses aspects exagérée.

La stratégie de Sidioca ne doit pas être de dire « j’étais un bon président », je dois donc être réinstallé dans mes fonctions mais de dire je suis le président légal et légitime de la République islamique de Mauritanie et le peuple m’a choisi à 52 % contre tous les détracteurs qui étaient en lice avec moi aux élections présidentielles et qui ont approuvé à l’instar de la communauté internationale mon élection transparente et sans fraude.

Il ne faudrait pas que Sidioca se trompe de stratégie, ce n’est pas le Sidioca gestionnaire que nous défendons et s’il revenait nous le descendrons encore dans nos critiques comme nous l’avons toujours fait de tous ceux qui gèrent notre pays.

Ce que nous défendons c’est le président élu par le peuple et dont le renversement est l’expression du piétinement du peuple et de sa volonté. Car seul le peuple qui l’a élu est habilité dans les formes constitutionnelles à le destituer, pas un militaire légalement limogé.

Que Sidioca, sache que en tant que président de la république, il est le symbole d’une démocratie naissante qui lui a conféré légalité et légitimité. C’est uniquement sur ce plan qu’il doit se battre pour réintégrer ses fonctions.

En effet sa gestion, à travers notamment tous ceux qu’il a nommés aux emplois politiques et administratifs n’est pas brillante, ni ne peut être donnée en exemple. Ses détracteurs y trouveront à manger et à boire pour la retourner contre lui.

D’ailleurs quel président de République en quinze mois de gouvernement pourrait se vanter de résoudre les problèmes de sa nation ? Quinze mois ne suffiraient même pas un ministre pour entamer un programme respectable dans son département.

C’est au bout de plusieurs années que le programme d’un président peut être évalué. C’est à la fin de son mandat que ses réalisations sont comparées avec ses promesses et particulièrement le programme pour lequel il a été élu.

Que Sidioca , ne se trompe donc pas de stratégie. Le bilan de sa gouvernance est fortement mitigé, certes avec quelques points d’éclaircie (« retour des réfugiés, réforme de l’éducation ») mais ce n’est pas cela qui justifierait son maintien en tant que Président.

Si Sidioca se doit de suivre une stratégie , elle serait la suivante :

- Affirmer haut et fort sa légalité et sa légitimité et ne pas en démordre ni accepter de compromission sur ce principe

- Accepter le dialogue pour la sortie de crise en proposant des aménagements institutionnels qui peuvent consister en l’écourtement de son mandat pour organiser des élections présidentielles

- Accepter de donner des garanties pour les putschistes et leurs alliés à travers une amnistie et un retour dans leurs fonctions ou des fonctions similaires

- Accepter d’éloigner sa famille de toutes les affaires publiques et procéder à la régularisation financière administrative ou juridictionnel de l’institution gérée par son épouse. En recourant au règlement à l’amiable et à l’équité.

- Initier un renouvellement des institutions parlementaires par le recours à des élections législatives anticipées.

- Demander à son ancien gouvernement de déposer sa démission et constituer un gouvernement de transition constitué de membre de la société civile

- Initier un vaste programme de dialogue avec les acteurs politiques et sociaux dans des forums nationaux afin de fixer pour le pays des orientations sociales, politiques et économiques concertées et non plus parachutées par les gouvernements successifs.

- S’engager solennellement à associer tous les acteurs politiques à la gestion du pays.

- De se mettre au service de la nation en allant vers les populations et en résolvant leurs difficultés. A sanctionner sévèrement et publiquement la corruption, les dilapidations des biens publics.

- A donner à travers sa personne l’exemple du décideur qui s’adresse par les médias au peuple et qui ne l’ignore pas en se cantonnant dans sa mosquée et son palais à défaut d’une carlingue d’avion.

Toutes les solutions sont possibles dans l’intérêt du pays et la mise à terme de la crise. Mais il ne faut pas se tromper de stratégie. Le président de la république et son retour ne se justifieraient pas par sa gestion précédente (quel président au monde pourrait d’ailleurs en si peu de temps se prévaloir de la sienne ?), mais bien plus que cela : une légalité constitutionnelle et une légitimité populaire que ceux qui l’on renversé n’ont pas.

Pourquoi tenons-nous au retour même conditionné du Président de la République à ses fonctions ?

Simplement parce que si cela n’est pas fait comme préalable à toute solution de résolution de la crise, les putschistes auraient réalisé deux choses qu’il ne faut pas accepter à moins d’une catastrophe pour l’avenir démocratique du pays ;

- Ils auraient piétiné tout un peuple et sa volonté en destituant son président légal et légitime.

- Ils auraient mis fin à une expérience démocratique qui malgré ses errements se doit d’être continuée.

- Ils auraient repris le fil des putschs successifs qui depuis 1978 détruisent le pays. Et n’importe quel soldat n’hésitera plus à faire son putsch à lui.

- Plus une « démocratie « , à l’avenir ne sera plus à l’abri des putsch puisque ce dernier putsch les aurait légitimés au nom d’un argument fallacieux de « redressement » de la démocratie .

Demander le retour, même provisoire, même conditionné du Président de la république et des institutions légitimes est le seul garant de la continuité de la démocratie et la mise à terme du mal de nos institutions, les putschs.

Et si dans un élan radical Sidioca renonce, de son plein gré sans aucune contrainte, à ses fonctions en démissionnant, cela n’empêche nullement la continuité de la légalité et de la légitimité démocratique par la mise en œuvre des articles 40 et 41 de la constitution en vigueur de la République Islamique de Mauritanie :

ARTICLE 40 : En cas de vacance ou d'empêchement déclaré définitif par le Conseil Constitutionnel, le Président du Sénat assure l'Intérim du Président de la République pour l'expédition des affaires courantes. Le Premier Ministre et les membres du Gouvernement, considérés comme démissionnaires, assurent l'expédition des affaires courantes. Le Président intérimaire ne peut mettre fin à leurs fonctions. Il ne peut saisir le peuple par voie de référendum ni dissoudre l'Assemblée Nationale. L'élection du nouveau Président de la République a lieu, sauf cas de force majeure constaté par le Conseil Constitutionnel dans les trois (3) mois à partir de la constatation de la vacance ou de l'empêchement définitif. Pendant la période d'intérim, aucune modification constitutionnelle ne peut intervenir ni par voie référendaire ni par voie parlementaire.
-
ARTICLE 41 : Le Conseil Constitutionnel, pour constater la vacance ou l'empêchement définitif, est saisi soit par :

- le Président de la République
- le Président de l'Assemblée Nationale
- le Premier Ministre.

La légalité toujours, c’est ce que nous défendons. En dehors de la violence, du fait accompli et du piétinement de la volonté du peuple.

Ainsi donc nous ne défendons pas une personne, nous défendons une institution. Les personnes étant éphémères, seules les nations sont durables.

Pr ELY Mustapha

dimanche 19 octobre 2008

Le putsch du 6 août 2008


Un coup d’Etat bénéfique

En trente ans, et suite aux coups d’Etats successifs, la société mauritanienne a subi des transformations qui, imperceptiblement, ont dénaturé cette société qui cultivait des valeurs éternelles (I). Mais aussi paradoxal que cela puisse paraître, le dernier coup d’Etat du 6 août 2008 lui fit bénéfique (II)

I- Ce qui advint de la société mauritanienne

La société mauritanienne était bâtie sur une universalité de codes éthiques et de valeurs sociales qui lui donnaient sa dimension de respect et de tolérance. Celle où l’on ne pouvait regarder dans les yeux les grandes personnes, celle où l’on devait courber la tête quand toute personne aux cheveux grisonnants nous adressait la parole, celle où l’on mettait le petit doigt sur le bord de l’assiette de repas commun pour ne pas importuner les invités. Celle où l’on ne pouvait élever la voix en présence des parents et des grandes personnes, celle ou l’on se devait d’être bon, sage et meilleur en tout. Non pas seulement pour soi mais aussi pour sa famille et pour son pays. Il y avait dans cette société une fierté et une dignité qui prenaient leurs sources non pas dans l’appropriation matérielle, mais dans la possession de l’éducation et du savoir. Cadres et repères de l’homme en société.

Cette société dans laquelle l’on sacralisait la relation humaine où tous ceux qui tournaient autour de nous étaient notre famille, pourvu qu’ils aient foulé le sol de la maison familiale, prié avec les parents à la mosquée, partagé un bureau de travail ou habité le voisinage. Cette société où la parole était d’or et où l’attachement se faisait plus à la personne elle-même, à son origine, à son savoir, à son éducation qu’à ses biens et ses atours.
Une société matériellement pauvre et spirituellement gigantesque. Cette société où l’ami de la famille était aussi la famille et chacun cherchait à voir dans l’autre ce qui le grandissait. Une société où les valeurs nous venaient de contes d’autrefois ou s’entremêlaient la foi, la dignité et le courage. Une société où le courage n’ignorait pas la tolérance et la dignité le pardon.

Aujourd’hui, la société mauritanienne, s’entre-déchire autour d’une personne, d’un bien, d’une autorité, d’un pouvoir. Elle a perdu la foi qui maintenait sa cohésion et la conviction en un devenir commun. La société, a force de faire du pouvoir son centre d’intérêt et son ultime sujet, est devenue le reflet de ce pouvoir. Elle a confectionné ses attitudes, ses valeurs et son mode de vie à l’image de ce qui la préoccupe depuis des décennies : le pouvoir.

Ce n’est pas la société qui a imprimé ses valeurs au politique mais l’inverse. Entrainant ainsi une reproduction jusque dans la sphère sociale, des tensions qui l’animent et des tares qui le minent. Les dissensions, l’agressivité partisane, la corruption, le népotisme, l’inimitié, l’esprit revanchard et l’intolérance ont conquis une société entièrement assujettie au politique.

Les conséquences en sont une perte de repère pour toute une société et à travers elle sa jeunesse. Les batailles qui se livrent au sommet trouvent leur reproduction dans la violence sociale et la criminalité galopante. Le respect des anciens et des grandes personnes n’a plus de sens puisque ce sont ces personnes qui au pouvoir donnent le mauvais exemple et qui montrent les formes les plus évidentes de l’intolérance et de la cupidité.

Brassée durant des décennies par des régimes politiques entièrement extravertis ne se préoccupant que de conquérir, d’assujettir et de s’enrichir, au mépris du peuple et de sa culture, au mépris de son idéal et de ses valeurs, la société en est devenue le reflet.

Aussi tout ce que se passe actuellement au sommet de l’Etat et tout ce qui s’y est passé durant ces dernières années n’a pu trouver une réaction de rejet du profond de la société, car elle en est une fidèle reproduction. La société n’est plus le frein au rejet des valeurs, elle accompagne ce rejet, l’applaudit et l’admet. Et tous ceux qui ont conquis le pouvoir par la force savent pertinemment qu’ils peuvent compter sur l’immobilisme de cette société qui » accusera le coup » et qu’ils sauront l’associer à leurs méfaits.

Une société conditionné, préparée à l’assujettissement et dont « l’élite » cupide et intéressée, véritable courroie néfaste de transmission entre la société et le pouvoir, la mettra dans l’escarcelle de ce dernier. Une élite participant à l’instrumentalisation politique d’une société sans repères et sans idéal.

Voilà pourquoi ceux qui usent de la violence pour conquérir le pouvoir, bafouer la société ; ses valeurs et son idéal le font parce qu’ils savent qu’ils trouveront toujours dans cette société ceux qui l’aideront à l’assujettir.

Cette société est-elle donc arrivée à un point de non-retour ?

Cette société a-t-elle définitivement pris les traits de ceux qui la gouvernent par la violence, la cupidité et l’égoïsme depuis plus de trente ans ?

Cette société est elle réactivement morte pour tolérer toutes les violences qu’on lui fait depuis tant d’années à travers des putschs successifs hypothéquant sa volonté, son développement et son devenir ?

Cette société est–elle définitivement classable dans les rayons de l’ethnographie sous l’étiquette : « société détruite par absorption de son énergie vitale par un pouvoir parasite » ?
Heureusement l’espoir est permis pour que cela ne soit pas le cas et voici pourquoi.

II- Les bienfaits d’un coup d’Etat

Outre qu’une société imbue de culture millénaire et de valeurs islamiques pourra toujours résister à l’invasion barbare, la société mauritanienne vient de réagir de façon remarquable au dernier putsch. Elle a réagit à l’invasion, politiquement hégémonique, qui détruit les croyances et les espoirs d’existence.

En effet, si le putsch du 6 août 2008 a révélé quelque chose, c’est bien que la société mauritanienne a pu réagir à la violence et à la confiscation de son avenir.

En effet, pour la première fois, depuis 1978, date du premier coup d’Etat en Mauritanie, la société mauritanienne exprime son désaccord face aux putschs et à ceux qui le réalisent.

Pour la première fois la société mauritanienne n’applaudit pas dans un élan d’ensemble.

Et pour la première fois une résistance organisée s’est mise en place pour réfuter ce mal qui a miné depuis plus de trente ans la Mauritanie, son avenir et qui confisque son développement.

C’est en cela que le putsch du 6 Août 2008, constitue une date charnière dans l’évolution de la société mauritanienne.
Une société qui a pu dire « Non » est une société porteuse d’espoir.

Une société qui depuis trente années a été forcée à dire « oui » en tout et à toutes les occasions, vient de dire « Non » Et ce « Non » est précieux a plus d’un titre.

C’est un « Non » à la violence, à la confiscation du pouvoir.
C’est un « Non » au diktat de la force d’où qu’elle vienne.
C’est un « Non » qui désormais prévaudra à la perpétuation de toute volonté de recommencer à user de la force.

En cela le coup d’Etat du 6 Août 2008 a eu des conséquences que ceux qui l’on perpétré ne prévoyaient pas. Et leur surprise fut grande quand les scénarii qui ont jalonné leurs putschs précédents ne furent pas reconduits à l’identique.

Et si aujourd’hui les putschistes savent qu’ils ne resteront pas au pouvoir, que leur acte est condamné par tous y compris la communauté internationale, c’est bien parce que de tels actes ne leurs sont plus permis car ils ne retrouveront plus dans la société le soutien de leurs forfaits. Ni ne se feront accepter pour et par leur violences. Tout comme ceux qui leurs servent de courroie de transmission pour assujettir le peuple.

Le coup d’Etat du 6 Août 2008, a rendu service à la nation en la sortant de son laxisme et de sa torpeur dans lesquels le régime précédant l’a plongée. Il a déclenché une résistance que plus rien désormais ne saurait arrêter et qui aura raison de tous les actes de violence contre la société dans le futur. La société mauritanienne vient d’expérimenter pour la première fois la résistance à l’oppression. Et c’est bien comme cela que les nations libres ont inauguré leur liberté.

En effet, au-delà des régimes précédents, au-delà du régime que chacun veut rétablir, il est un acquis que nul ne saura désormais nier: plus rien ne sera comme avant.

Et la société pour ses valeurs, et le devenir de ses institutions, n’en sortira que grandie.

Pr ELY Mustapha

samedi 18 octobre 2008

De la phraséologie du général

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Le parrain de Cocody


L’on se rappelle de ce président qui bégayait et qui tout au long de ses longs (très longs) vingt ans au pouvoir n’ a parlé qu’un quart d’heure et qui parle tout seul maintenant au Qatar.

On se rappelle du moustachu qui assura une transition et qui parlait dans ses moustaches en caressant le peuple dans le sens du poil.
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On se rappelle du tout dernier président mystique, qui dura 15 mois et qui ne parlait qu'en planant dans les avions.
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Et, enfin, celui qu'on aura aimé s'en rappeler mais qu'on supporte encore actuellement et qui parle tout le temps; même à ceux auxquels il ne devrait pas du coté de Cocody.

Mais contrairement aux autres chefs d’Etat « putschistement » installés, il dispose d’une phraséologie remarquable, qui mérite attention car elle exprime la pensée profonde du personnage.

Ainsi on lui attribue cette phrase remarquable durant la dernière transition (eh, oui, il y aura d’autres transitions y compris celle en cours !) à propos d’Ahmed Daddah :

« Il ne sera jamais président même si les chinois votaient pour lui ».

Ainsi donc le général avait déjà une haute opinion de Daddah.
En effet, Ahmed Daddah pour être Président y mettrait non seulement les chinois, mais aussi les khmers rouges.

Toutefois, la question absurde mais à laquelle le général devra répondre (puisqu’il a réponse à tout) est : sachant qu’Ahmed Daddah ne reculera devant rien pour être président, comment ne serait –il pas président si les chinois (et les khmers rouges) votaient pour lui ?

La réponse du général est simple : Si les chinois votent pour Ahmed Daddah, je le prendrai en otage. J’ai pu prendre tout un peuple en otage en lui faisant croire que c’est pour son bien, J’ai pris son président en otage en lui faisant croire que ce qu’il a fait ce n’est pas bien, pourquoi ne prendrai-je pas en otage un leader de l’opposition qui ne fait plus rien de bien dans l’opposition qui n’est opposé à rien et qui ne pense qu’à son bien?

Autre phraséologie intéressante, durant l’un des premiers conseils des ministres de la junte, le général aurait coupé d’un revers de la main la parole à son ministre des affaires étrangères qui exposait les probables sanctions que l’Union Africaine prononcerait contre la Mauritanie en disant : «Passez, passez… lui-dit-il , ce n’est pas important …c’est l’Algérie qui est derrière tout ça».
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Aujourd’hui que l’Union Africaine maintien ses sanctions et que l’Union Européenne et les Etats-Unis suivent, que devrait dire le général ?

Sa réponse (puisqu’il a réponse à tout et la suite dans les idées) : « Passez…passez, ce n’est pas important… c’est les chinois de Daddah qui sont derrière tout ça… »

Autre phraséologie rapportée par les médias, le généralissime aurait dit, s’adressant à la communauté nationale et internationale opposée à son putsch : « si ce qui vous intéresse c'est seulement la personne de Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdellahi, nous sommes capables de vous exposer sa dépouille dans les rues de Nouakchott. »

Et si cette « pensée » lumineuse » a vraiment été exprimée par le généralissime , alors on est en face d’un putschiste doublé d’un hâbleur. Car le généralissime sait très bien que son salut est lié à la personne du Président Sidi Ould Cheikh Abdallahi. Et que tant son intégrité physique que morale sont les conditions premières de toute solution pacifique.

Une telle « phraséologie », si elle est vérifiée, nous incite à dire qu'elle est absolument irresponsable et ses conséquences son éminemment graves, pour la tranquillité des esprits et pour l’avenir du pays.

Alors en définitive, le président bégayant qui n’a parlé que 15 minutes durant toute sa présidence de 20 ans, celui moustachu qui parlait transitoirement dans ses moustaches et celui mystique qui ne parlait, qu’en planant dans les avions ont au moins cela de responsable, de n’avoir jamais voulu entrainer par leurs propos le pays dans la vendetta.

Alors si ce généralissime putschiste se complait dans une phraséologie inepte à proposer des solutions aberrantes et développer des scénarii de parrain à la hollywoodienne, alors non seulement sa mise en scène est déjà bien compromise et sa réalisation lui coûtera éminemment bien plus cher, que le scénario du parrain de Cocody….Abidjan…côte d’ivoire…observatoire….
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Et si toute cette phraséologie est arbitrairement attribuée au général, alors qu'il prouve qu'il déteste l'arbitraire en rendant le pouvoir arbitrairement confisqué.

Pr ELY Mustapha

jeudi 16 octobre 2008

Des journées déconcertantes.


Faut-il participer aux journées de concertation ? Voilà une question d’actualité et qui taraude certains esprits.

Il est évident que ce ne sont pas les journées qui importent. Elles seront à l’image de toutes les journées nouakchottoises, chaudes, venteuses…et secouées de tessfags.

La vraie question est de savoir se « concerter » sur quoi ?

Tout esprit doué de raison vous dira que pour se concerter, il faut d’abord que ceux qui se concertent l’aient librement voulu. La concertation présuppose le libre arbitre, la liberté de se concerter ou de ne pas se concerter, de pouvoir se concerter sur tout ce qui est relatif au sujet de concertation et surtout décider d’entrer en concertation ou de ne pas entrer en concertation, accepter ou ne pas accepter le contenu des concertations.

Or ces conditions ne sont pas réunies. Voilà pourquoi :

- Ceux qui veulent se concerter le demandent par la force
- Ceux qui veulent se concerter sont ceux qui imposent la concertation
- Ceux qui veulent se concerter sont ceux qui imposent le moment de la concertation
- Ceux qui veulent se concerter ont déjà fixé le contenu de la concertation
- Ceux qui veulent se concerter veulent imposer leurs idées par la force

Peut-on recourir à la concertation quand on est soi-même dans une situation d’illégalité manifeste empêchant jusque votre capacité à demander la concertation ?

Peut-on demander la concertation quand on met toute la force publique au service de la dissuasion et de l’intimidation de tout avis contraire ?

Peut-on entrer en concertation quand ceux qui le demandent on déjà fixé les limites de ces concertations ?

En fait, la réalité de la situation est que c’est une concertation « imposée» ce qui est la définition la plus simple d’une violence à l’égard de l’esprit humain.

Aller aux journées de concertation, c’est entériner l’illégalité qui veut s’imposer par la violence déguisée en « concertation ».

En voici la preuve la plus immédiate puisque le général putschiste vient de déclarer :

- Qu’il y a des sujets interdits à la concertation ( « lignes rouges »). La première d’entre-elles est que le retour du président renversé ne doit pas être évoqué !

- Qu’il ya des sujets obligatoires de concertation dont le premier est d’apporter « des retouches » que la Constitution doit obligatoirement subir.

C’est cela la concertation putschiste. Sa philosophie : je me concerte avec vous sur ce que je vous demande de dire et d’accepter. C’est une autre forme de putsch pour la conscience. Et aucun esprit libre ne doit l’accepter.

On comprend déjà qu’il ne s’agit pas d’une concertation mais la recherche d’une assemblée de personnes qui sous le couvert d’une concertation entérineront simplement ce que veulent le généralissime et sa suite.

Résumons-nous pour la bonne conscience :

- Ceux qui proposent la concertation sont des putschistes détenant des pouvoirs illégaux
- Ceux qui veulent se concerter le veulent par la force et la menace
- Ceux qui veulent se concerter ont des idées arrêtées sur le contenu et sur les limites de la concertation.

Alors aller aux journées de concertation c’est simplement adhérer de facto à ce que les putschistes veulent et surtout leur donner ce qu’ils veulent ; à savoir « enrober » de légalité et de légitimité leurs actes à travers des « concertations » imposées.

Mais alors quand peut-il y avoir concertation ?

La réponse tient en une phrase : rétablir la légalité constitutionnelle revendiquée par la communauté nationale et la communauté internationale d’abord, et se concerter, ensuite, librement sur le devenir du pays.

Cela prendra ce que cela prendra mais c’est l’unique alternative. Celle qui se respecte et qui respecte non seulement la dignité du Mauritanien et sa conscience éprise de liberté.

Les solutions dans un cadre légal et démocratique sont les seules à admettre. Les solutions dans un cadre illégal et dictatorial ne sauraient être acceptées. Avec ou sans concertation, elles ne sauraient valoir ni pour aujourd'hui ni pour demain.
Qui se rappelle encore des journées de concertation du dernier putsch du 3 août 2005 qui ont mobilisé des masses et dilapidé des ressources entières?
Qu'en reste-t-il ? Rien. Sinon le goût amer que l'histoire vient de se repéter au mépris de tout un peuple.
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Pr ELY Mustapha

A l’étable du maréchal ferrant

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Des cavaliers devenus écuyers


Ely ould mohamed Vall, et mohamed ould Abdel Aziz leur doivent toute leur « gloire » putschiste.

Nul ne pourrait nier que c’est le putsch du 8 juin 2003 qui a ébranlé les fondements du régime de Ould Taya, alors que les deux personnages cités plus hauts se morfondaient dans leurs emplois au service de ce dernier. Ce sont les "cavaliers du changement" qui ont fait reprendre espoir à la résistance à l’oppression et détruit l’image d’infaillibilité du régime de Ould Taya.

Le coup d’Etat du 3 août 2006, n’est qu’un aboutissement de cette onde de choc qui a ébranlé le pays un certain 8 juin 2003. Depuis, les cavaliers en déroute avaient subi les pires exactions, de procès en procès, isolés, démunis rayés du corps militaire ils ont souffert le martyre.

La transition venant, ils se constituèrent dans un parti qu’ils appelèrent « Hatem » et se lancèrent dans l’expérience démocratique. Ils participèrent aux élections, cautionnèrent les élections démocratiques et approuvèrent les autorités élues. Les cavaliers du changement avaient donc béni le changement démocratique et ils participèrent au dialogue avec les autorités démocratiques auprès desquelles ils revendiquèrent la participation à la gestion à travers un gouvernement d’Union nationale…

Et voilà que le second putschiste passe à l’acte et confisque le 6 août 2008 la démocratie naissante. Et les cavaliers du changement devinrent…. des écuyers.

Des écuyers au service de celui qui justement un certain 8 juin les mit en déroute par son allégeance à celui qu’ils voulaient renverser. Celui qui les poursuivit par monts et par vaux en concert avec le directeur général de la sûreté de l’époque qui n’était autre que le putschiste du 3 août 2006… Et qui les rattrapèrent à la frontière et qui les mirent aux fers.

Aujourd’hui, les cavaliers du changement sont au service d’un putschiste qui a renversé la démocratie qu’ils ont cautionnée et à laquelle ils ont participé. Ils sont devenus des écuyers dans l’étable du pouvoir.

Il est fort probable, que ces cavaliers réduits en écuyers, reçoivent une influence qui les soumet à un diktat qu’ils ne peuvent refuser.

Vu leurs voyages en Libye auraient-ils conclu alliance avec le leader libyen Kadhafi en contrepartie de leur soutien à la junte ?

Ont-ils cru en la junte pour leur rendre leurs droits matériels et moraux usurpés, les réintégrer dans le corps militaire ou les faire participer au pouvoir ?

Lorsque l’on voit aujourd’hui dans les médias, un responsable de Hatem, ould kaabach, faire ses doléances au nouveau maître de l’étable et reconnaître que le soutien des cavaliers du changement à son putsch n’ a pas permis de résoudre leur situation on a comme une impression de déjà vu dans la cour des miracles. Et que, hélas, c’est la déception qui fut le lot de leur cavalcade dans les allées de l’écurie du maréchal ferrant.

Comment les cavaliers en sont arrivés à lâcher le harnais de leurs chevaux pour se mettre au service d’un Maréchal ferrant ? Est-ce cela le code de la chevalerie ?

Que s’est-il passé pour que les « virulents » cavaliers de 2003 fassent désormais fi du code de la chevalerie ?

Quand des hommes, durant la pire période de la chape de plomb sous ould Taya, prennent les armes au péril de leurs vies, alors que personne n’osait le faire ; quand des hommes ont défié pendant plus de cinq ans les pires exactions du régime et de ses substrats (aujourd’hui putschistes au pouvoir), l’on ne peut que se demander comment ils peuvent aujourd’hui accepter de se mettre au service de la dictature, de l’omnipotence et de l’illégalité ? En somme, tout ce qui, contre lequel ils se sont battus et qui a coûté la vie à bien des innocents.

Quand un cavalier accepte de devenir écuyer dans l’étable d’un maréchal ferrant, il est plus à plaindre que son cheval.
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Pr ELY Mustapha.

mercredi 15 octobre 2008

Bêtise, putschiste…et infini.

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Essai sémantique d’une relation de parenté


Un putsch, c’est bête. C'est des gens armés qui décident de prendre le pouvoir. Qui le prennent, qui le détiennent et qui se mettent à vous expliquer…pourquoi ils l’ont pris ! Et c’est là où c’est curieux. C’est là où le putsch est étrangement bête.
En effet, comment une logique de la force qui se justifie par la force et qui s’explique par la force, cherche-t-elle à argumenter ? La force étant, dit-on, la faillite de l’argument, on ne saurait donc s’en servir pour se justifier.

C’est la logique du « je te marche dessus, tu n’y peux rien, mais je vais t’expliquer pourquoi je te marche dessus ». Et mieux encore, pour te convaincre que je te marche dessus, je vais utiliser toutes les figures de style connues pour te prouver...que je te marche dessus.

On s’empare du bien d’autrui, de sa liberté et l’on se lance dans l’explication de sa confiscation. On voit donc qu’un coup d’Etat ne trouve sa justification que dans la bêtise. Et mieux que tout autre acte similaire, il s’y confond. Un coup d’Etat est une bêtise.

Un certain Robert Byrne, disait que « la différence entre le génie et la bêtise, c'est que le génie a des limites ». On voit donc la galère.
Théoriquement donc les putschistes ne trouvent leurs limites que dans…l’infini. D’ailleurs ils se complaisent à se mettre dans des situations qui les placent dans l’infini.

En voici un exemple illustratif : lorsque le général Ould Abdel Aziz a dit au second jour de son coup d’Etat : « Je vais résoudre tous les problèmes de la Mauritanie », qu’est-ce qu’il voulait dire par là ?

Simple : il a placé son action dans l’infini. Résoudre tous les problèmes de la Mauritanie ; n’est-ce pas se placer dans ce qui n’a de solution que sur un espace temps dont la limité est inconnue.
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Lorsque le général et sa junte ont renversé le régime Sidioca, ils ont justifié leur acte par «le redressement» de la Démocratie. Sémantiquement la démocratie étant « le gouvernement du peuple par le peuple », donc le «redressement» de la démocratie n’est autre que le redressement…du peuple. Et comment la junte va procéder ?
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Simple: soit en redressant chaque citoyen individuellement, soit en procédant par grappes. Au choix. L’essentiel c’est qu’au bout du compte on aura redressé le peuple, donc la démocratie.
Combien de temps cela prendra-t-il ? Un temps infini en attendant que le dernier individu à redresser soit redressé. Individu qu'on doit aller chercher puisqu’il court encore quelque part dans le désert.

On voit bien que dire « redresser » la démocratie est une bêtise qui n’a d’équivalent que l’acte de coup d’Etat. Mais qui se ressemble s’assemble.

La bêtise étant infinie, l’on remarquera donc que dans tous les actes que la junte entreprend, il y a une volonté de l’inscrire dans l’infini. « On va mettre fin au terrorisme ». « La Mauritanie pourra vivre sans l’aide extérieure ». » Nous allons compter sur les pays arabes ». « Les sanctions internationales n’auront aucun effet sur notre situation économique ». etc. La justification de sa pérennité en éludant définitivement tous les graves problèmes auxquels le pays fait face.

Ainsi donc la bêtise et l’infini n’ayant donc pas de bornes, le putsch qui est une bêtise infinie, n’a pas de bornes non plus.

Une curiosité n’est-ce pas ? Car, en effet, comment expliquer qu’un sous- ensemble d’individus « bornés » puisse appartenir à un ensemble qui ne l’est pas ?

« Il est impossible, disait Aristote dans sa Métaphysique, qu’un même attribut appartienne et n’appartienne pas en même temps et sous le même rapport à une même chose" …

Mais Aristote avait le génie...

Pr ELY Mustapha

lundi 13 octobre 2008

La grande arnaque de la junte

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Quel observatoire international des Droits de l’homme ?

Depuis hier les médias mauritaniens relayés par des organes de presse internationaux publient en grande pompe l’information suivante : "Il n’y a pas de coup d’Etat en Mauritanie, selon l’Observatoire international des droits de l’homme ."

Or cet observatoire a une réalité fort douteuse et on ne le retrouve nulle part dans l’annuaire des ONG internationales, ni référencé parmi les organisations internationales gouvernementales… Aucune source officielle, ni connexe ne présente cet "observatoire international des droits de l'homme", ni ne fait accompagner les commentaires de ceux qui disent lui appartenir de son identification institutionnelle et légale.
En tout cas, s'il est à l'image de ceux qui le représentent, c'est bien une institution dont le crédit est bien faible.
En effet, ceux qui ont rencontré le général Aziz , ont simplement emprunté le chemin fort connu de l’arnaque de l’Etat mauritanien.

Il n y a chez ces deux hommes qui se sont entretenu avec le général Aziz aucune relation avec l’organisation "Human Rights Watch", parfois appelée « Observatoire international des droits de l’Homme ». Il n’ont pas non plus de relations avec « l’observatoire international des droits de l’homme », fort récent (2007), mais qui est en réalité par son appellation complète « l’observatoire international des droits de l’homme en Algérie ».

Il s’agit notamment de celui qui s’est présenté comme le président de cet observatoire en la personne d’un certain Moustapha Touré, et celui qui s’en est donné le titre de « Secrétaire général », Elie Hallassou.

Le premier connu davantage en côte d’ivoire sous le nom de « Touré Al Moustapha », est un homme d’affaires trempé dans des affaires douteuses. Le second, appelé « le libanais de Gbagbo » est le président d’une « Association citoyenne pour Gbagbo » (ACG), que l’on qualifierait bien chez nous d’ONG « Ettesfag. ». Un routier de la politique ivoirienne spécialiste des démêlées politico-financières ivoirienne y compris avec Gbagbo lui-même.

Aussi pour ces deux « affairistes », venus en Mauritanie, chacun peut se douter de ce qu’ils sont venus chercher.
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Ils n’ont pas plus à voir avec les droits de l’homme, ni un quelconque observatoire international des droits de l’homme, que le premier écumeur des mers de l’arnaque.

On comprend qu’en quelques heures ils ont sorti des affirmations si aberrantes qu’elles laissent perplexes le plus ignorant de la politique mauritanienne (voir le texte joint ci-dessous) . Et pour cause. Ils sont plus intéressés matériellement qu’humainement à ce qui se passe en Mauritanie.
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Pour ce qui est du « Secrétaire général »:

« Licencié de sa société, il vit depuis trois ans sans ressources financières aucune et se dit abandonné par tous. Hallassou Elias Elie, président de l’Association citoyenne pour Gbagbo (ACG) est aux abois. L’homme d’origine libanaise a été licencié depuis le 30 juin 2005 de la Satoci (Société africaine de transformation de la ouate cellulose industrielle) où il occupait le poste de directeur commercial. » (Abidjan News du vendredi 8 août 2008)

Pour ce qui du président du fameux « observatoire international des droits de l’Homme », Touré Moustapha il est président d’un mouvement de la même catégorie applaudissante que son secrétaire général. Mouvement appelé « j’aime Gbagbo » à propos duquel écrivit, récemment, le quotidien ivoirien « l’inter » :

« Al Moustapha et son mouvement le MJG, Mouvement J’aime Gbagbo ont participé hier à l’animation à la place de l’indépendance de Séguéla. Le leader du MJG ne manque pas d’occasion pour se faire remarquer du N°1 Ivoirien »

Ce même Touré Al Moustapha qui vient d’être traduit en justice pour une affaire de vol de voiture à la douane. Et sur laquelle s’interroge le même journal : « Qu’est- ce qui a valu au juste au président du MJG, son arrestation et sa détention pendant quelques jours au commissariat du port ? De sources policières, M. Al Moustapha Touré aurait commis des irrégularités dans l’acquisition d’un véhicule au port autonome d’Abidjan. » Le quotidien ivoirien « Soir info » mardi 20 décembre 2005 relate quant à lui des affaires de location et de fraude de véhicules à la douane par ledit Touré Al Moustapha (« Affaire “ une Porsche 4x4 saisie par le D.G. de la Douane » par Paul Euloge Ahipeau)

Voici ceux qui, Président et sécrétaire général, ont été officiellement reçus par les autorités mauritaniennes avec une couverture médiatique renforcée, et qui sont venus déclarer au nom d’un soit disant « observatoire international des droits de l’homme », à créer ou en création, qu’il n y a pas eu de coup d’Etat en Mauritanie.

Ils ont "évalué" l’état des droits de l’homme en Mauritanie. La question est moins de savoir ce que leurs dires valent, mais bien plus: combien ils coûtent. La reconnaissance à quel prix ?
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Jusqu’à quand la Mauritanie restera-t-elle l’objet de l’arnaque internationale. Jusqu’à quand notre administration se laissera-t-elle soudoyer pour faire périr les intérêts de la Nation au profit de celui de quelques uns ?

Jusqu’à quand, à travers leur incompétence, notre diplomatie et nos services d’information officiels cautionneront-ils le ridicule qui frappe notre pays, ses institutions et ses dirigeants?

Pr ELY Mustapha
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Voici rapportées par les médias les inepties des émissaires de l'Observatoire international..."
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« Il n’y a pas de coup d’Etat en Mauritanie », a déclaré dimanche à Nouakchott le Président de l’Observatoire international des droits de l’homme, Touré Moustafa, considérant que « c’est le peuple qui a décidé de changer de Président », a constaté APA sur place.
Le patron de l’Observatoire évoquait le putsch ayant déposé l’ex président mauritanien Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi, le 6 août dernier.Dans une déclaration faite à la presse à sa sortie d’une entrevue avec le président du Haut conseil d’Etat, au pouvoir à Nouakchott, le général Mohamed Ould Abdel Aziz, il a declaré, « On nous a fait croire que les droits de l’homme sont bafoués ici, on nous a fait croire qu’il y a eu un coup d’Etat en Mauritanie, alors que nous venons de constater que c’est archi faux, il n’y a pas eu de coup d’Etat en Mauritanie », a martelé M. Moustafa.

Il a précisé que « quand il y a des coups d’Etat, il y a des morts, on entend des coups de feux, il n’y a rien de tout cela", ajoutant avoir constaté que « les institutions fonctionnent normalement et qu’il n’y a pas de prisonniers politiques ».
« Alors nous disons à la Communauté internationale, nous disons à l’Union africaine (UA) d’aller à la source, de demander au peuple mauritanien », a aussi dit le président de l’Observatoire, reçu en compagnie de son secrétaire général, Elie Hallassou.Il a souligné que « sur les 95 députés, il y a 73 qui soutiennent le président actuel" et qu’il « s’agit ici simplement d’une décision du peuple mauritanien qui n’avait plus confiance en l’ancien président"."Je pense que nous sommes satisfaits de notre visite en Mauritanie, où chacun vaque à ses occupations, où il n’y a aucun problème, où les droits de l’homme sont entièrement respectés", a conclu M. Moustafa.Pour sa part, M. Hallassou a considéré que « les droits de l’homme, c’est aussi le respect de la souveraineté, le respect des institutions, c’est laisser au minimum, les Mauritaniens régler leurs problèmes internes".Il a exprimé son opposition à une « internationalisation de ce qui se passe en Mauritanie", appelant à ce « qu’on laisse au peuple mauritanien, le soin de déterminer son avenir".« C’est là un des axes fondamentaux des droits de l’homme sur la liberté et la souveraineté, l’indépendance et l’autonomie", a rappelé le secrétaire général de l’Observatoire.


Source http://www.cridem.org/ reprenant l' Agence de Presse Africaine

Les nouvelles du Front

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A l’attaque !
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I- Les attaques en cours

Khatou attaque les sénateurs ...Les sénateurs attaquent Sidioca. Khatou attaque les sénateurs qui attaquent sidioca. Aziz attaque Sidioca. Khatou attaque le Sénégalais. ELY attaque l'Anglais.

La sécurité attaque les terroristes. Les terroristes attaquent Tourine... Aziz attaque la pauvreté à El Mina et le trésor public à la BCM.
Le FMI attaque le gouverneur de la BCM. Les Américains s’attaquent à la liste noire. L’Union Européenne attaque les APD.
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Les criquets attaquent le vert à Adel Begrou . Les pro-putschistes attaquent une verte à Paris , le FNDD est attaqué par une verte à Paris. Les rapatriés attaquent leur pain rassis. Des jeunes au sud attaquent la police. LE FNDD s'attaque à la rue deserte. La police attaque le FNDD. Un gaz lacrymogène attaque, dans les vapes, un roumouz el vessad.
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Ould Daddah s’attaque à Bongo. Bongo s’attaque aux putschistes. Les intellos s’attaquent mordicus à leur dignité. Ould Boulkheir s’attaque à son isolement. Le FNDD attaque la solution de Messaoud. Sidioca s’attaque à la moquette.

II- Les attaques à venir…

Aziz attaque ELY. ELY attaque Aziz. Les sénateurs d’Ely attaquent Aziz. Les militaires d'Aziz attaquent Ely qui cherche des militaires pour attaquer Aziz. La tribu de Khatou attaque Aziz qui a attaqué sa tribu en s’attaquant à Khatou. La tribu de ELY qui est la tribu de Khattou attaque ELY qui a attaqué Aziz.
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La faim attaque le peuple. Le vide attaque les rayons des boutiques, le désert laudateur attaque la politique. Les RV attaquent leurs comptes en Espagne. La junte attaque une transition. Le pays attaque...une nouvelle ère de la bêtise militaro-politique.
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Pr ELY Mustapha

samedi 11 octobre 2008

Attention : Danger !

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Sous les dunes, des collines.

Deux nouvelles relayées par la presse nationale cette semaine attirent l’attention. La première est celle du passage à tabac d’un jeune négro-mauritanien par des policiers à Nouadhibou. La seconde est la rixe tribale maure qui a eu lieu à Toujounine.

Ces deux faits sont éminemment graves pour la stabilité du pays et la cohésion nationale. Quand un Mauritanien, est passé à tabac par des policiers du fait de son appartenance à la frange négro-mauritanienne et que des batailles entre factions tribales maures se déroulent en toute impunité, alors le danger est bien là.

Ces faits, ne doivent pas être considérés comme anodins, ni des faits divers mais le début de quelque chose qui risque d’être irréparable. Tous les pays africains qui aujourd’hui sont dans une situation post-conflictuelle ont commencé par dégénérer à la suite d’évènements ethniques, raciaux ou tribaux.

Un peuple ignoré, asservi, miséreux, guidé de façon autoritaire et malgré lui peut sombrer rapidement dans la discorde, la scission, la revanche, et les troubles tribaux, raciaux ou ethniques. Toute la chronologie des évènements conflictuels en Afrique, nous enseigne que c’est par des étincelles de ce type que les conflits dégénèrent.

Aussi il convient de prendre urgemment les mesures qui s’imposent dans les deux cas suivants. Celui où l’information rapportée par la presse est vérifiée (I) et celui où elle ne le serait pas (II).

I- Dans le cas où l’information est vérifiée

Si les faits rapportés par la presse s’avèrent vérifiés, il convient de prendre urgemment les mesures appropriées afin de juguler le phénomène avant qu’il ne prenne des proportions incontrôlables.

La première des mesures est l’arrestation et la traduction immédiate des policiers responsables devant les autorités judiciaires. De déterminer leur responsabilité. D’indemniser la victime au plus tôt. De mettre en garde officiellement les autorités de police et de sécurité contre les dépassements qu’ils font désormais volontiers à l’égard du citoyen bénéficiant d’une impunité certaine et perpétuant une violence donnée en exemple au sommet de l’Etat . Violence persistente dans l’air du pays. Violence qui, si l’on n 'y prend garde peut entrainer, chez les populations surtout celles qui tribalement ou ethniquement se sentent lésées ou menacées entrainer, un "ras le bol" aux conséquences incalculables.

II- Dans le cas où l’information n’est pas vérifiée

Dans ce cas, il faut absolument que des sanctions soient prises à l’égard de ceux qui publient ces informations dangereuses sans s’assurer de leur véracité ou qui les utiliseraient pour des objectifs inavoués. Il y a actuellement en Mauritanie un certaine « presse » qui ne respecte pas la déontologie de la profession, regroupant des pseudo-journalistes et qui se complait à publier toute information pourvue qu’elle ait des vertus manipulatrice.

Il existe aussi une autre presse, qui s’est spécialisée dans la publication de l’information anonyme. Sa responsabilité est grande quant à la véracité et à l'existence matérielle des preuves de l'information qu'elle publie. Cette presse-là est aussi irresponsable que la première.

En conclusion, face à ces faits dont il faut déterminer (s’ils sont vérifiés) les conséquences pour les victimes et pour le pays, et (en cas de fausseté) la responsabilité de ceux qui les publient afin de les mettre en demeure quant aux conséquences qui peuvent en découler.

En effet, tout autant qu’il faut respecter la liberté de la presse, tout autant qu’il faut que la presse joue un rôle d’information saine, vérifiée et rigoureusement établie. Tout journaliste se doit de détenir les preuves de ses allégations, tout journal se doit de vérifier les allégations de ses journalistes. Il y va de la crédibilité de la presse nationale et, en ces temps troubles, de la sécurité du pays.

D’autre part, si les faits rapportés sont vérifiés, alors toute la responsabilité incomberait aux autorités publiques de ne pas avoir jugulé le problème à sa base et traduit les responsables devant la justice.

En effet, tout autant que nous avons besoin du respect et de la protection de notre presse et de ses journalistes, nous n’avons pas besoin d’une presse « mille collines », en Mauritanie. -
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Et tout autant que nous avons besoin d’un pays serein à travers toutes ses composantes tribales et ethniques, nous n’avons pas besoin que de tels évènements dangereux restent impunis. Pour le salut du pays.
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Pr ELY Mustapha
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jeudi 9 octobre 2008

En notre âme et conscience

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Ce qu’il faut croire et ce qu’il faut vouloir

Voilà ce que tout homme libre se doit, en cette crise qui frappe le pays , de croire :

- Le terme « rectificatif », est une aberration. Il doit être banni du langage démocratique. La démocratie ne se rectifie pas, elle est ou elle n’est pas. (sur ce point voir mon article « la démocratie peut-elle rectifiée ? »)

- Les « militaires» ne sont pas habilités à dicter ce que doit être la démocratie, ou ce qu’elle n’est pas. Ce qui n’est ni leur rôle ni leur mission. Et ils ne sont pas mieux placés à ce propos que les charretiers de nos banlieues.


- Sidi ould cheikh abdallahi est l’élu du peuple pas celui des militaires ». Lorsqu’un peuple s’exprime à 52 % pour désigner son président. Qu’il l’accepte, que ses adversaires le reconnaissent comme tel à l’instar de la communauté internationale, Il devient absolument contraire au droit, à la logique démocratique d’accepter sa destitution parce que c’est voulu par des militaires limogés.

- Les putschistes n’ont jamais été préoccupés par l’intérêt du pays et ne sont pas venus sauver la nation du chaos et de la guerre civile. Ils ont pris le pouvoir pour perpétuer une hégémonie de leurs corps sur l’Etat. Hégémonie ayant duré trente ans et dont la perte subite en 2007 leur pesait lourd.

- Contrairement à la logique de certain, Sidi ould Cheikh Abdallahi, n’est pas une personne commune. Il est constitutionnellement « l’incarnation de l’Etat » mauritanien. Réclamer son retour ce n’est pas réclamer sa personne « ut singuli », mais un « symbole » élu par un peuple dont il faut respecter la volonté. Car ce que les militaires ont fait par leur putsch c’est piétiner cette volonté à travers celui qui la représente. Croire le contraire parce que des militaires durant la campagne de sidioca l’ont soutenu , c’est la pire des erreurs. Sidioca, qu’elles que soient les personnes qui l’ont soutenu, qu’elles que soient celles qui ont voté pour lui , lorsqu’il a reçu l’assentiment du peuple, est devenu le président de la république. Une représentation d’un Etat.
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Croire le contrairen c’est croire que toute force qui porte un président au pouvoir a le droit de le destituer hors des voies constitutionnelles. C’est accepter le putsch permanent contre les institutions élues. Et il n’ ya pas un président de la République au monde qui ne doive son élection à un lobby (syndical, industriel commercial, financier etc…) ou à un corps constitué (social, militaire , paramilitaire etc..) . Justifier la destitution du président de la république parce qu’il a reçu un soutien de militaires voulant assurer leur présence au pouvoir, c’est aller dans le sens de la violence contre le peuple qu’il représente et contre la légalité qui lui assure son rôle constitutionnel.

Aussi, le rejet total du putsch, dans ses acteurs, dans son argumentation, dans ses objectifs et dans sa finalité est le devoir de toute personne éprise de paix et de justice. De toute personne qui porte l’idéal de respect pour un peuple mis aux fers par ses propres forces armées asservies à un bataillon présidentiel sous la coupe d’un général assoiffé de pouvoir, imbu de sa personne et préoccupé de ses intérêts personnels accumulés et partagés avec une junte ayant sévi durant trente ans et qui continue à vouloir sévir.

Maintenant que l’on a exposé, en notre âme et conscience ce qu’il faut honnêtement croire, il serait alors important qu’une croyance se doit d’être accompagnée de sa pratique. Qu'est-ce qu'un homme libre se doit de vouloir?

la porte de sortie : Comment ?

Il ne fait pas de doute que nous n'acceptons pas les putschistes au pouvoir et jamais nous ne les accepterons. Au nom de cet idéal maintes fois exprimé et que nous partageons avec les bonnes consciences ici et ailleurs.

La seule solution qui prévaut et qui doit prévaloir, c’est d’aménager à ces putschistes, qui en tant normal auraient dû être passibles de la cour martiale, une porte de sortie.

On ne dira pas, comme certains commentateurs, une « sortie honorable »,car ce que ces militaires putschistes ont fait ne mérite pas que son dénouement soit lui-même qualifié d’honorable. Y a-t-il un point d’honneur à piétiner un peuple, à séquestrer ses représentants, à bafouer l’ordre constitutionnel de la République, à dilapider les biens publics pour une mauvaise cause et à mettre toute une nation en danger social, économique, financier national et international ?

Si une porte de sortie il y a, elle n’aurait pour but ni d’assurer un honneur, ni une dignité à ses militaires putschistes, mais de leur permettre de quitter le pouvoir comme ils y sont venus : par la petite porte. Celle d’une amnistie librement consentie, leur permettant de retourner à leurs emplois militaires sans autres formes de procès.

Ils savent qu’ils ne sont que provisoirement en position de force du fait des armes qu’ils détiennent face à des civils démunis et des représentants légitimes séquestrés mais il savent aussi que leurs heures sont comptées car l’étau national et international se resserre chaque jour d’avantage. Tôt ou tard, ils n’auront de salut que dans la négociation de leur reddition.

Mais, comme on a pu déjà le montrer, la souffrance d’un peuple dicte de trouver une solution, car à moyen et long terme ce ne sont pas les putschistes qui souffriront de malnutrition.
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Alors qu’elle porte de sortie ?

Celle qui permettrait d’évacuer les militaires et d’utiliser la légalité à cette fin. Et la légalité passe avant tout par le retour des dirigeants légitimes et la restauration de la volonté du peuple.
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Cette condition est la seule qui garantisse la continuité de la démocratie naissante mauritanienne en, barrant la route aux putschs futures qui viendront encore et toujours sur la base de ce précédent, « redresser » la démocratie.

Cette condition est la seule qui satisfasse la communauté internationale menaçante et dont les menaces risquent de mettre un pays et son économie à genou.

Si une telle condition est réalisée, tout le reste peut faire l’objet de renégociations et d’aménagement auxquels on a déjà consacré plusieurs articles . Dont voici quelques éléments :

1- Extraits de mon article « Entre charybde et Scylla » (à lire ici)

«Au-delà de tout cela, le peuple reconduirait sa démocratie bafouée pour laquelle la personne de sidi compte moins que la symbolique présidentielle qu’elle représente.

Un réaménagement des pouvoirs, une révision de la constitution pour asseoir un pouvoir équilibré entre le premier ministre et le président, une redéfinition du rôle du parlement dans ses relations avec l’exécutif, l’institution de moyens de contrôle sur l’action gouvernementale et une mise en jeu des responsabilités des gestionnaires publics, l’interdiction des proches du président, ascendants ou descendants directs (épouse, enfants) , durant son mandat , d’exercer une haute charge publique (administration publique ou entreprise publique), de servir d’intermédiaire ou de négociateur dans toutes les affaires publiques de quelque nature que ce soit, d’entreprendre des projets publics ou de créer des organismes régis par les lois sur les associations etc. Une telle interdiction pourrait, par exemple, recevoir une compensation financière intégrée dans les émoluments du président.

Les solutions sont multiples. Il suffit de les envisager et de les concrétiser juridiquement. »

2- Extraits de mon article : le général limogé ou la solution à la crise (à lire ici)

(Dialogue entre le général putschiste et son ombre)

" Le général limogé : Raisonnons logiquement. Toi, tu sais que tu ne peux pas rester, mais tu ne veux pas que sidi revienne. Sidi veut revenir. La communauté internationale t’oblige à restaurer la légalité. Les partisans du retour de Sidi sont intransigeants. Ceux qui ne veulent pas du retour de Sidi le sont autant. Donc la solution ne peut être que mi-figue mi-raisin.

Le général putschiste : « Mi-figue, mi-raisin ? »

Le général limogé : « Etant donné que désormais la seule voie possible est le retour à la légalité. Il n’y a que deux solutions. La première solution: Le retour à la légalité, mais sans toi et sans sidi. La seconde solution : le retour de la légalité, avec toi et avec Sidi. »

Le général putschiste : « En effet, comment peut-on envisager cela ? »

Le général limogé : La première solution consiste en ce que toi tu décides de quitter le pouvoir en confiant le pouvoir à une autorité constitutionnelle pouvant organiser des élections dans les plus brefs délais. L’autorité la plus indiquée constitutionnellement est bien entendu le Président du Sénat, qui gérerait les affaires courantes en faisant revenir le gouvernement légal et organiserait les élections présidentielles dans les délais prévus par la constitution en cas d’empêchement du Président de la République….C’est une solution envisageable, mais il y a un problème. Outre les multiples oppositions dont certainement celle qu’affichera l’actuel Président du Sénat à une telle solution, il faut dire qu’il y a une grave entrave : la séquestration du Président de la République par un putschiste, ne fait pas partie des cas d’empêchement prévus par la constitution. C’est donc une solution caduque.»

Le général putschiste : « Et la seconde solution ? »

Le général limogé : « La seconde solution : Le retour à la légalité avec toi et Sidi. Sidioca est réinvesti dans ses fonctions, avec à la clef des décrets d’amnistie des putschistes et de leur nomination à des emplois préservant leurs grades et leurs avantages éloignés du centre de décision politique. Un projet de réforme de la constitution sera élaboré. Sidi dissoudra l’Assemblée nationale convoquera des élections législatives et demandera au gouvernement de déposer sa démission et de gérer les affaires courantes en attendant l’élection d’une nouvelle Assemblée parlementaire. Il réélira un nouveau premier ministre et un gouvernement emportant le consensus de la Nouvelle Assemblée. Un référendum est organisé après consultation préalable des acteurs politiques sur un projet de révision de la constitution dans le sens de l’équilibre des pouvoir entre les autorités exécutives et législatives. »



En définitive, au-delà des solutions envisageables il nous importait ici de montrer que la lucidité et l’avenir de notre pays nous imposent de ne croire les putschistes ni dans leurs argumentaire, ni dans leurs intentions, ni dans leurs objectifs, ni dans leurs volonté de servir le peuple. Et de ne vouloir que ce qui va dans le sens du respect de la volonté du peuple.
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Et que ce qui nous importe ici, c’est qu'une solution à la crise soit trouvée pour épargner au peuple la misère (voir notre article « triste ramadan ») et pour cela il faut agir non pas en entérinant ce que les putschistes on fait , de l’accepter et de construire dessus, mais d’exiger que toute solution passe nécessairement par un respect de la légalité constitutionnelle, qu’elle soit trouvée dans le cadre de cette légalité et nulle part ailleurs !

Accepter autre chose, c’est accepter la loi de la force, c’est accepter l’humiliation d’un peuple, c’est accepter un précédent d’un « redressement » de la démocratie qui inaugure , si on ne le refuse pas , ici et maintenant et pour toujours, les mille et un «redressements » à venir de putschistes qui attendent leur tour, imbu de l’expérience putschiste impunie de leurs ainés.

Aussi en notre âme et conscience nous disons : Oui à la solution de la crise. Non à sa solution hors de la légalité constitutionnelle, et hors du respect de la volonté du peuple et de ses dirigeants légitimes qui doivent être le passage obligé de toute solution à venir.

Pr ELY Mustapha

mercredi 8 octobre 2008

L’erreur diplomatique de la junte


La mauvaise carte

La diplomatie n’est pas un jeu de médiocrité ni une affaire de novices. C’est d’abord et avant tout une stratégie basée sur une réflexion coordonnée et murie pour atteindre des fins dont la première caractéristique est la conviction. Conviction d’abord de sa propre cause. Celle que l’on défend en premier et celle des autres que l’on défendrait et qui servirait, au-delà de son intérêt, sa propre cause.

La diplomatie mauritanienne, s’est toujours caractérisée par l’inefficacité, l’opportunisme et la stérilité (voir notre article "Ce que nous coûtent nos ambassades."), celle du régime putschiste s’est doublée d’un cynisme grégaire mis au service d’une mauvaise cause (voir notre article « A combien vont-ils vendre la Mauritanie ?»)

L’une des plus grandes erreurs que vient encore de commettre cette diplomatie est tombée suite à la déclaration du premier ministre des putschistes : « l’aide que nous recevons étant essentiellement des pays arabes, nous allons nous tourner vers eux. »

Argumentaire qui fait suite à une position déjà exprimée et fondée sur le recours aux pays arabes en cas de difficultés financières. Les émissaires des putschistes vers le Qatar et la Libye n’ont pas échappé aux observateurs internationaux. Les diplomates mauritaniens et leurs émissaires ont travaillé dans les coulisses de la Ligue arabe, dont son envoyé a été l’une des premières personnes favorables à l’assouplissement de la position internationale à l’égard de la junte. Mais la Ligue arabe s’est fait elle-même rabroué à Addis-Abeba et n’a même pas pesé lourd contre la position du Nigéria favorable aux sanctions.

Les promesses révélées plus tard, et faites dès les premiers jours de la junte par l’envoyé auprès de Kadhafi, le général Ghazouani , consistant en une rupture des relations avec Israël en contrepartie du soutien de la Libye ne sont pas tombées dans l’oreille d’un sourd et ont sonné le glas du flop diplomatique.

L’absence de discrétion, une qualité majeure en diplomatie, une absence de conviction de sa cause doublée d’un amateurisme de personnes intéressées a condamné définitivement à l’échec les grandes manœuvres tous azimuts aux frais du peuple mauritanien et contre son gré (Voir notre article "Le coût du coup d’Etat du 6 Août 2008 ").

Quelles sont les conséquences de cette grave erreur diplomatique?

Simplement que les autorités putschistes, en contrepartie de leurs intérêts égoïstes en voulant négocier un soutien financier arabe pouvant assurer leur pérennité au pouvoir, se sont mis à dos Israël, en somme le monde occidental et à sa tête les Etats-Unis d’Amérique. Grave erreur de stratégie.

En s’orientant vers la Ligue arabe elle-même , inefficace par définition, et les pays arabes qui la composent fortement dépendants des stratégies politiques, économiques régionales et sous-régionales des USA et de l’Europe , la diplomatie de la junte a joué la mauvaise carte.

Aussi, face à un ultimatum qui vient d’expirer, la junte n’a trouvé mieux que de dépêcher auprès de l’Union Africaine une délégation pour négocier des concessions. Cette stratégie était d’avance vouée à l’échec , car la constance de la position de l’Union Africaine et son affermissement tient moins au soutien qu’apportent les pays qui la composent que parce qu’elle est entérinée et soutenue par l’Europe et les USA. A travers notamment le conseil de Sécurité des Nations-unies et le conseil de l’Europe.

L’Union Africaine a reconduit dans sa déclaration, ses exigences. Les Etats-Unis d’Amérique viennent de réaffirmer à travers leur ministre des Affaires étrangères leur ferme position, l’Europe a déjà commencé à mettre en œuvre ses sanctions, le Conseil de Sécurité ne tardera pas à se ressaisir de « l’affaire mauritanienne » pour mettre en œuvre les mécanismes de sanction déjà mentionnés dans sa précédente résolution.

Une diplomatie qui ne peut traiter convenablement les contraintes géostratégiques et politiques de son intervention est condamnée à l’échec.

La seule chose positive à laquelle la « diplomatie » des putschistes a abouti c’est qu’elle a révélé au monde un fait remarquable : La volonté d’une junte putschiste de se servir de la légalité internationale pour asseoir son illégalité.

Pour cela, il faudrait un putsch planétaire contre l’idéal humain pas une diplomatie sans idéal.
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Pr ELY Mustapha

samedi 4 octobre 2008

Les Grenouilles qui demandent un Roi

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Les mauritaniens, des batraciens?
Jean de la Fontaine natif de Aweynat zbel?
Pour s'en convaincre remplacez "grenouilles" par Mauritaniens et "Jupin" par le général.

Une fable de Jean de La Fontaine écrite au 17ème siècle qui tire ses origines de fabulations antédiluviennes et qui vaut encore, aujourd'hui, pour des mauritaniens qui vivent encore au....17ème siècle.

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Les grenouilles se lassant
De l'état démocratique,

Par leurs clameurs firent tant
Que Jupin les soumit au pouvoir monarchique.
Il leur tomba du ciel un roi tout pacifique:

Ce roi fit toutefois un tel bruit en tombant,
Que la gent marécageuse,
Gent fort sotte et fort peureuse,
S'alla cacher sous les eaux,
Dans les joncs, les roseaux,
Dans les trous du marécage,

Sans oser de longtemps regarder au visage
Celui qu'elles croyaient être un géant nouveau.
Or c'était un soliveau,
De qui la gravité fit peur à la première
Qui, de le voir s'aventurant,
Osa bien quitter sa tanière.

Elle approcha, mais en tremblant;
Une autre la suivit, une autre en fit autant:
Il en vint une fourmilière;
Et leur troupe à la fin se rendit familière
Jusqu'à sauter sur l'épaule du roi.

Le bon sire le souffre et se tient toujours coi.
Jupin en a bientôt la cervelle rompue:
«Donnez-nous, dit ce peuple, un roi qui se remue

Le monarque des dieux leur envoie une grue,
Qui les croque, qui les tue,
Qui les gobe à son plaisir;
Et grenouilles de se plaindre.

Et Jupin de leur dire:« Eh quoi? votre désir
A ses lois croit-il nous astreindre?
Vous avez dû premièrement
Garder votre gouvernement;
Mais, ne l'ayant pas fait, il vous devait suffire
Que votre premier roi fut débonnaire et doux
De celui-ci contentez-vous,
De peur d'en rencontrer un pire

Jean de la Fontaine "Les grenouilles qui demandent un roi" (Livre III, fable 4)

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Pr Ely Mustapha

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Poésie de la douleur.