Poésie de la douleur, poésie de circonstance.

samedi 13 septembre 2008

Le parti kaki

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Le RFD pris au piège de ses positions ...militaires

Le meilleur garant pour un parti politique c’est sa cohésion et la permanence de sa ligne politique directrice qui sont les fondements de sa stabilité et de son invulnérabilité.

Le comportement défaitiste et négociateur du président du RFD face aux militaires est en train de porter préjudice à son parti. Alors qu’au moment du putsch le RFD pouvait se présenter en parti fort pouvant changer la donne politique en faveur de la démocratie (voir notre article «Ahmed Daddah pouvait-il agir autrement?»), en exigeant le départ immédiat des militaires en s’alliant avec le reste de l’opposition, il a préféré transiger sur les principes et négocier des entrées à un gouvernement illégal et des échéances électorales octroyées. Il n’eut satisfaction nulle part. Les militaires affichant une fin de non-recevoir à toutes les doléances.

Face à cette situation de refus, Ahmed Ould Daddah, s’est contenté de dénoncer et, encore une fois, de « prendre acte ». Et c’est là où les militaires ont compris, que le RFD était un parti dont la réactivité était bridée par son président, et qu’ils pouvaient le mener en bateau longtemps encore sans craindre de réactions. Mieux encore, ils ont compris qu’ils ont réduit le parti à un état de faiblesse dont ils pouvaient profiter. En effet, affaibli dans ses positions qui se sont avérées inopportunes, rabroué sur tout ce qu’il a demandé des militaires, sans solutions de rechanges et isolé des autres partis auxquels il a, au moment crucial, fait fausse route, le RFD se présente alors comme un parti sur la défensive.

Profitant de cet état, les militaires ont alors déplacé la « guerre » dans le camp du RFD.

Ils cherchent à le déstabiliser, à le disloquer et en fin de compte entrainer sa disparition. Ils ont choisi l’offensive. Et en matière de stratégie militaire, l’offensive n’est entreprise que dans quatre cas spécifiques : être convaincu de sa supériorité militaire pour vaincre l’ennemi, vouloir prendre l’ennemi par surprise ou l’ayant affaibli il s’agit de lui porter le coup fatal, ou enfin, lorsque pris au piège , il n y a plus rien à perdre en forçant une voie de sortie.

En ayant prêté le flanc aux militaires Ahmed Daddah, a baissé la garde. Il a crédité les militaires d’un comportement de bonne foi duquel ils se sont servi pour, justement, mener leur campagne de déstabilisation.

En effet, en entrant en négociations avec les militaires, le RFD a commis une grave erreur de stratégie : il a justifié que les militaires sont la clef qui résoudra la situation de crise.
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Cette reconnaissance explicite leur a donné un poids certain dont ils se servent désormais pour prôner le fait qu’il sont un passage obligé et que le RFD n’est en fait pas si important que cela.
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Aussi, les membres du RFD qui voudraient une solution peuvent directement rejoindre les militaires puisque Ahmed Daddah, n’est pas capable d’en trouver sans eux. Donc le RFD n’est plus nécessaire comme interlocuteur mais qu’au contraire, on peut facilement lui porter l’estocade à travers ses propres partisans. Partisans auxquels ont peut offrir le soutien matériel et logistique qu’ils ne trouvent pas dans leur parti. Et le fruit pourrissant de l’intérieur….

Disposant de moyens financiers et matériels , de l’autorité publique dont le RFD ne dispose pas, d’une réserve inépuisable de courtisans prêts à prouver leur allégeance, d’un ramassis d’intellectuels prêts à vendre leur plume pour une relative considération ou un emploi temporaire, les militaires peuvent changer la donne. Et l’on sait ce qu’il en advint durant ces trente dernières années où le RFD a été bafoué dans ses droits électoraux à travers des élections truquées où ses dirigeants trainés en justice durant des mois sur des inculpations mensongères et des rapports de police fabriqués de toutes pièces par ceux-là dont certains sont au pouvoir ou qui veulent l’acquérir.

Si les militaires ont déplacé leur « guerre » sur le terrain du RFD, c’est qu’ils s’attendent à ce que le RFD tombe comme un château de cartes et qu’ils pourraient les ramasser pour jouer à leur propre jeu. Un parti kaki.
Les contacts entrepris par personnes interposées, au profit des militaires, auprès de militants du RFD afin de les rejoindre en constituent les premisses.

Il est alors temps que ce parti change de stratégie pour contrer celle des militaires et la première de celles-ci est de refuser de rester sur la défensive mais de contre-attaquer en s’alliant avec les autres forces de l’opposition pour une stratégie commune de refus contre le fait accompli et de déployer une politique de blackout sur les militaires en exigeant leur départ sans préalables ni conditions.

C’est à ce seul prix que les militaires comprendront qu’ils ne peuvent investir un terrain dans lequel la cohésion des militants et leur volonté d’en découdre est inébranlable. Et ce que craignent par-dessus tout les militaires, c’est la résistance organisée.
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Pr ELY Mustapha

4 commentaires:

pygmalion a dit…

أستاذي الفاضل

لقد ارتكب حزب التكتل أخطاء فادحة في إدارته لعملية التفاوض مع العسكريين لأنه لم يحدد لهم الخطوط الحمر التي يترتب على اجتيازها اعتماد خيار شمشون وقلب اللعبة إلى لعبة صفرية ، لذلك رأينا كيف أن الحزب الذي أبقى على قنوات مفتوحة باتجاه العسكر لم يبين لهم الحدود المقبولة لحجم الضغوط المتبادلة وبدل أن يعلن لهم صراحة أن أي تعيين من عناصر الحزب مرفوض ويعني نهاية للتفاوض لا رجعة فيها ، بدل كل ذلك وجدناه يهدد منتسبيه بعقوبة الفصل إن هم شاركوا في تشكيلة الحكومة ، أمر آخر كان بإمكان الحزب وما زال بإمكانه أن يقوم به وهو استخدام القنوات الموجودة من أجل إبلاغ العسكريين بأن التعامل مع مبادرة ولد احمدوا أو أي مبادرة أخرى منشقة سيعني انخراط الحزب فعليا في المعسكر المناهض للانقلاب

Anonyme a dit…

Bravo. Gradement le temps pour AOD de passer la main. Il a trop blesse le RFD. A-

Anonyme a dit…

Sellami a dit...
Bonsoir KBG
C'est le Ramdan et les gens ne dorment pas vraiment la nuit!
Alors j’ai pu lire votre Dialogue avec Sellami. Et je m’en trouve honoré.
Je suis entièrement d'accord avec vous pour trouver une excuse, et je dirai même plus comme Dupont, des excuses, à notre classe politique en 2005, qui était tellement au creux de la vague que n'importe quel mirage l'obnubilait; et que le moindre espoir d'avoir l'air de participer, même à un jeu de poker menteur, était déjà une chose de gagnée dans la misère des esprits et le désert des idées qui était le nôtre à la fin de l’ère de Ould Taya.
L’abime était tellement grande que les bluffs de Ely, les escouades de Aziz et l’entrée de Sidioca sur la scène fourmillante n’avait presque pas inquiété nos penseurs outre mesure. Et tout le monde s’est mis à parfaire son sourire charmeur pour attirer l’attention des militaires afin qu’ils appuient de son côté. Tout le monde ou presque a tenté de les séduire, pour les détourner de leur « candidat» venu de nulle part pour usurper la vedette et battre tout le monde net ! Personne ne s’est vraiment posé, ou presque (je me rappelle que l’UFP l’avait posée tout de même), cette question cruciale à laquelle si nous avions pris le temps de trouver une réponse, nous n’en serions probablement pas revenus à ce stade aujourd’hui : quel rôle doit être dévolu à notre armée dans notre démocratie ?
Ne me rétorquez pas qu’elle doit avoir son rôle d’armée républicaine, rentrer dans ses casernes et se soumette à l’autorité du chef qu’elle a fait élire. Car l’histoire des pays (surtout arabes et africains) où les armées ont gouverné montre qu’elles n’en sont sorties que pour y revenir, dans une forme ou sous une autre. Et tant que son rôle n’est pas constitutionnellement défini, on ne pourra jamais freiner l’ambition dévorante de pouvoir qui anime ses leaders, en attendant que le rapport de force sur le terrain soit suffisamment défavorable à son action brutale d’usurpation pour lui mettre un terme.
Mais si on peut leur accorder une petite circonstance atténuante dans la noyade qui les étouffait à l’époque de la première transition, j’estime qu’il est impossible que l’on en trouve aujourd’hui d’excuses pour cette classe politique lorsqu’elle s’évertuera à occulter les vraies questions qui conditionneront tout le reste.
Nous ne leur permettons pas d’être naïfs ou pressés au point de laisser le pays exsangue, parce qu’un président pas très fort (un euphémisme !) en a eu marre de subir les feux croisés de ses courtisans, de sa femme et de ceux qui l’ont fait roi et a décidé de dire ce qu’a dit l’aveugle en tombant dans le puits (werraha gaa’ !), ou qu’un général obtus et imbu de sa personne s’est décidé à dire finalement que rien ne peut vous gratter mieux que vos propres doigts, et trucide celui qui lui a permis, dans un acte de restitution de bon procédé, de coiffer ses supérieurs sans en avoir le mérite. C’est schématique, mais presque vrai.
Cependant, la banalité de la position développée actuellement, celle du ni Aziz ni Sidi, est tellement commode qu’elle en devient ridicule, et dénote de notre recherche éternelle de la facilité, même celle d’avoir une démocratie sans en payer le prix (la mentalité de « li’ss’aav). Car faire retourner Sidi pour qu’il démissionne occulte que Aziz et encore là, et qu’il ne l’acceptera pas ; au moins pour ne pas être à la merci de la première dame, ne serait-ce que le temps d’une démission ! Eh oui, le débat est à ce niveau, et pas moins que ça !
Et sauf intervention extérieure à la haïtienne, le retour du président déchu est une utopie, même s’il consacre le retour obligatoire à la légalité et la leçon de morale (seddoune lidheri’ati : une sorte de prévention) qu’il peut donner à tout celui qui sera tenté de faire un putsch à l’avenir.
Mais un remake, même amélioré du retour du père Aristides en Haïti ne peut mener nulle part sauf à une « darfourisation » (ça se dit ?) ou une somalisation du pays. A qui profitera ce crime ?

Merci encore KBG !

Anonyme a dit…

Voici le lien de l'article de KBG ssur son blog:
http://vindicte.blogspot.com/2008/09/dialogue-avec-sellami.html

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